Réveillé à 6h30 du mat’. Je me sors de ma couche, déjeune sans sortir le réchaud (manquerait plus que je mette le feu !), me prépare et pars de ma grange bienfaitrice et de ma petite maison rose vers 7h00. C’est mon 70è jour de vadrouille et, hier, j’ai passé le cap des 6.000 bornes. Cela commence à faire pas mal.

A ce sujet, au niveau bilan de santé, j’ai un souci à l’oreille gauche qui est bouchée (pb de cire). De ce fait, dès que je me lève un peu vite, j’ai la sensation que je vais tomber dans les pommes. C’est certainement dû à ce problème d’oreille interne. Le poignet gauche est toujours douloureux en faisant certains mouvements. Sinon tout va bien. HakaOne, lui, aurait besoin d’une sérieuse révision. Il souffre pas mal lui aussi. D’autant plus qu’on attaque par une piste de 15 bornes.

Après cette piste relativement roulante où je n’ai vu que 2 voitures, je prends un bout de route orange n°211 pour arriver dans la jolie bourgade de Zeimelis. Je m’arrête au restau-café-épicerie du coin pour y prendre un café.

Je fais le tour de la place avec ses beaux bâtiments et son musée d’art traditionnel. A ce sujet et avant de quitter ce pays, je vous fais le petit topo. La Lituanie est donc ce pays le plus au sud des Etats baltes qui sont des anciens pays du bloc soviétique. Sa capitale est Vilnius au sud. La majorité de la population, de presque 3 millions d’habitants, est catholique romaine. La superficie du pays est de 65.284 km2. Le salaire minimum mensuel est de 924€. Le salaire moyen brut mensuel est de 2.337€. Les services puis l’industrie et l’agriculture dominent l’économie du pays.

Quelques kms plus loin, je franchis la frontière. Il est 10h30 pile-poil. Me voici en Latvija ! Il me semble que les nuages s’éparpillent au nord. Le vent est tombé. La route est bonne.

Je me retourne une dernière fois pour dire au-revoir à la Lituanie qui m’aura laissé un souvenir mitigé. Peut-être est-ce dû à la mauvaise météo ? D’ailleurs, de gros nuages s’amoncellent à nouveau au loin vers le sud.

Cependant, au niveau route, je vais vite déchanter. Après quelques kms de bitume, je me retrouve à nouveau sur une piste. La campagne est identique avec ses champs immenses plantés de céréales et quelques forêts.

J’enchaîne les longs tronçons de piste. Celle-ci est particulièrement humide. Il a dû bien pleuvoir la veille aussi.

Je passe devant un magnifique manoir dont l’accès n’est possible que pour les invités ayant réservé. Ce n’est pas mon cas. Je file mon chemin.

Un peu plus loin, ma trace m’indique de traverser la rivière Lielupe pour passer rive droite et atteindre le village de Mezotne. Le bac a dû cesser ou le pont être embarqué mais il m’est impossible de traverser. C’est dommage d’autant plus que de beaux manoirs et un site archéologique se trouvaient en face. Tant pis, je modifie ma trace pour rester rive gauche.

Quand je traverse un hameau, c’est bitumé mais, dès la sortie, je découvre ce nouveau panneau qui m’indique que je vais retrouver une piste.

Vers 13h, je rejoins la bourgade ouvrière de Stalgene. Les bâtiments sont aussi austères qu’en Lituanie. Je pense que ce sont les ouvriers agricoles et de l’usine à l’entrée de la bourgade qui résident ici. Quant à moi, je me rends à la seule épicerie de la bourgade mais à l’opposé de cette cité. Pour aller faire ses courses, ce n’est pas bien pratique. J’y achète de quoi pique-niquer vu qu’il n’y a aucun autre commerce.

Je m’installe en bordure de la Lielupe pour y déjeuner et faire un siestou. Quelques familles sont sur la plage alors que des enfants se baignent. Le ciel bleu et le soleil commencent à percer à travers les nuages. Je tombe la veste et les jambières. Je branche ma musique sur Deep Purple. Et oui, je fais dans le moderne !

Je passe l’après-midi sur les pistes blanches de la route jaune V1038 rive gauche puis V38 rive droite. Je ne rencontre pratiquement aucun véhicule (et encore moins d’humains). Cela m’arrange car je peux choisir la trace plus roulante qui se trouve au milieu de la route. Vers 16h, je rejoins la grande route A8. J’a raté la bifurcation à droite à l’entrée du hameau de Peternieki. Vu la circulation, je ne préfère pas m’engager sur cette 2*2 voies très empruntées. Je refais un km pour partir dans la pampa avant de trouver un passage protégé pour franchir en toute sécurité l’A8.
L’heure avance. Je m’arrête faire le point. Je suis à une trentaine de bornes de Riga donc environ 2 heures de route. C’est trop loin pour réserver une chambre à cette heure. Je décide de poursuivre ma route jusqu’à ce qui me semble être un marais au sud-ouest de la capitale. J’y repère une tour vers laquelle je me dirige.

Auparavant, je m’arrête dans la triste ville banlieusarde de Mārupe pour y faire mes emplettes. Après avoir pris une nouvelle piste à la sortie de cette ville, j’arrive, après avoir franchi un pont étroit sous lequel coule une eau noire et nauséabonde puis emprunté ce cheminement en bois, au point repéré. En fait, c’est un observatoire de faune. J’y grimpe. La vue est superbe. J’ai même la place pour mettre mon matelas ! Mais, alors que je commence à sortir mes affaires, de gros nuages noirs s’amoncellent au nord (photo ci-dessus). Ma météo annonce des orages en début de soirée.

Je n’ai plus qu’à tout ranger et repartir en arrière où j’ai repéré une clairière au milieu de la forêt. Je me dépêche de monter le bivouac avant que l’orage n’éclate. Je suis au centre d’une piste sablonneuse où motards et squadards viennent faire mumuse. Mais je n’ai pas trop le choix.

Alors que le bivouac est monté, j’ai juste le temps de prendre mon sac bleu contenant ma bouffe et de me mettre à l’abri sous un massif de pins. L’orage éclate. Ça tombe comme vache qui pisse. C’est bref mais intense. Je finis de dîner, relativement à l’abri, avant de rentrer sous ma tente. En effet, les moustiques débarquent … Fin de cette longue journée où j’ai bien dû emprunter 80% de pistes.
Résumé :

116kms, 6h45, 17,2km/h, 240D+ 284D-, nuageux / beau temps, bivouac