J72 – dimanche 13 juillet 2025 – Kalngale / Sigulda

Réveillé aux aurores alors que le soleil tape déjà fort en ce dimanche matin. Comme d’hab’, j’émerge vers 6h30. Avec la rosée matinale, la tente est à nouveau trempée. Je la laisse sécher au soleil le temps que je déjeune assis sur mon tronc d’arbre.

Vers 7h30, j’attaque cette nouvelle journée par la plage. C’est original. Je croise quelques joggeuses matinales. Je pense qu’elles auraient pu me suivre sans problème. D’ailleurs, je me fais larguer par un joggeur aguerri. Je me tape 7 bornes d’échauffement sur le sable dur.  Enfin presque. Les 500 derniers mètres sont galère vu que je suis sur du sable mou. De plus, j’ai été obligé de faire trempette des pieds, en portant HakaOne, pour traverser un petit bras de mer. Je ne me taperai pas toute la remontée en suivant la plage. Ça, c’est clair !

Arrivé à hauteur de la bourgade de Carnikava, je bifurque à droite en empruntant un superbe chemin aménagé pour vélos et piétons.

Une fois dans cette station balnéaire, je trouve une épicerie pour y acheter de l’eau et en profiter pour faire quelques emplettes pour ce midi éventuellement. Au parking à vélo, je rencontre Pierre, suiss originaire de Fribourg. Il est venu en train+bus, avec ses sacoches bike parking, jusqu’à Talinn où il a acheté un vélo Gravel d’occase. Là, il rentre chez lui par les chemins de traverse. En discutant, je lui parle de la propreté du pays comparé à la Suisse. Il acquiesce. D’ailleurs, et je n’ai pas dû l’évoquer, toutes les maisons des pays baltes sont parfaitement entretenues. Cela rappelle effectivement son pays. On se souhaite bonne route avant de partir chacun à l’opposé. Je file en empruntant un tronçon de l’EV10 (Tour de la Baltique) jusqu’à Ādazi.

A 9h50, j’arrive devant un grand commerce de bouche qui fait également boulangerie-café. Il y a déjà une vingtaine de personnes qui attendent l’ouverture à 10h. Une fois que les portes ouvrent, je m’installe à la seule table où j’ai repéré une prise pendant que tout ce beau monde faisait la queue. J’attends que ça se calme pour passer ma commande. C’est blindé ! Je quitte cette bourgade pour rejoindre la route jaune V50 qui s’avère être une piste. Elle longe le fleuve Gauja que je vais suivre toute la journée. Je passe devant de superbes demeures avec étang privé.

Puis je me retrouve à nouveau seul au monde dans de grandes forêts de pins.

Après quelques dérapages sur des portions de sable mou, je rejoins le hameau de Kristini où se trouve un sacré nœud routier avec notamment la route A2 qui part au nord-est vers Pskov en Russie. A côté des initiales RUS, il y a un autocollant avec le drapeau russe barré. Plutôt que de m’emmancher dans ce merdier, je préfère emprunter un sentier longeant la route A3 qui mène en Estonie.

Le sentier est pour le moins étroit et la descente pour rejoindre la route pour le moins casse-gueule. Je m’arrête au magasin-restaurant pour acheter une bière bien fraîche (au prix de 1,50€ la canette de 500ml … de quoi devenir alcoolo),   avant de traverser le fleuve.

Un peu plus bas, je trouve un endroit tranquille sur cette charmante plage. J’y pique-nique avant de piquer un roupillon bien mérité. Par contre, quand je repars, de gros nuages noirs ont fait leur apparition. Plutôt que de reprendre des pistes, je préfère tailler la route sur l’axe principal. Au départ, une piste cyclable permet d’y circuler en toute sécurité. J’y croise un néerlandais aussi jeune et autant chargé que moi. Il arrive justement du Cap Nord en partant de chez lui le 4 mai et en suivant l’EV10. Comme ce matin, on se souhaite bon voyage avant que chacun reprenne sa route.   Plus loin, je me retrouve sur une bande de sécurité alors que l’orage éclate. J’ai eu le temps d’anticiper et de sortir mon ciré.

Une fois cet orage passé, le ciel se découvre à nouveau au moment où j’arrive au château de Tureida. J’acquitte mon entrée avant d’entrer dans un immense domaine au coeur du Parc National Gaujas. Je visite d’abord la petite église en bois qui accueille des parish.

L’intérieur y est très sobre.

Puis je pars visiter ce château fort qui domine toute la vallée.

Il a été superbement restauré. A l’intérieur de chaque pièce, une exposition thématique permet d’en apprécier encore plus le cadre.

Une escalier en colimaçon accéde en haut de la tour principale. La vue y est superbe d’un côté sur le fleuve en contrebas.

Et, de l’autre sur cette mer d’arbres. En redescendant du donjon, je passe dans une pièce ronde qui était la salle à manger avec sa grande cheminée. Deux jeunes femmes discutent. L’une d’elles a un accent forcément identifiable. Après m’être excusé, je les interromps et lui demande si on ne serait pas cousin par hasard. Effectivement, c’est une québécoise de la ville de Québec. Elle a rencontré un letton et vit l’hiver ici bien qu’elle préfère grandement l’hiver canadien. 

Puis, je retrouve HakaOne qui m’attend sagement. On dévale ensuite la colline à presque 60 km/h avant de regrimper au village de Sigulda. Une fois arrivé, je pars me balader dans un nouveau domaine avec, cette fois-ci, le château fort partiellement restauré mais interdit à la visite. 

Un grand manoir et d’autres bâtiments abritant des artistes locaux complètent ce parc. Rien d’extraordinaire. C’est plutôt les alentours qui sont superbes avec des grottes, des falaises, des forêts …

Par contre, avec ces visites, le temps s’écoule rapidement. Il est bientôt 18h. Il me faut trouver un hébergement pour la nuit. Je repère sur ma carte un camping en bord de fleuve qui n’est qu’à un kms de la sortie de cette bourgade. Cela me parait étrange. Cet imbécile de GPS me fait emprunter des escaliers qui descendent la colline !

Finalement, je repère une clairière avec un point de vue signalé. Je m’y rends et m’y installe. L’endroit est superbe mais avec beaucoup trop de moustiques à mon goût. Sur la piste dans la forêt c’était encore pire. Heureusement, j’avais embarqué une bombe anti-moustiques dans ces cas-là. Apparemment, ça les calme un peu.

Il est l’heure d’écrire et de casser la croûte. Il faut également que je fasse le point sur la suite de mon itinéraire. Et dire qu’il y en a qui croient que je m’amuse ! C’est un boulot à temps complet ces aventures à vélo. En début de soirée, je me décide à aller faire un tour dans la forêt. Je descends l’escalier vertigineux qui plonge à pic dans la forêt. A mi-pente, j’emprunte une sente dans cette forêt primaire où coule un torrent. Il y a tout un réseau de pistes et de passerelles.

Je me croirais revenu quelques années en arrière dans les forêts primaires du Costa-Rica tellement c’est verdoyant et luxuriant. Il faut quand même que je fasse gaffe de ne pas me paumer. J’aurais l’air malin.

Une fois ma balade terminée, je remonte les 333 marches, certifiées par un scrupuleux comptage, pour retrouver mon bivouac.

Alors que je bouquine l’Equipe, j’aperçois au loin une montgolfière qui pointe le bout de son museau. J’en verrais trois décoller du haut de la colline de l’autre côté du fleuve. De temps en temps, dans le ciel qui s’obscurcit, je vois une flamme jaune pour gonfler le ballon et prendre de l’altitude.

La nuit tombe justement. Il est bientôt 22h. Je vais me coucher. Fin d’une nouvelle longue et belle journée de cyclo avec des rencontres sympas et de multiples paysages entre mer, forêt et châteaux !

Résumé :

72kms, 5h00, 14,4km/h, 527D+ 440D-, beau temps / nuageux, bivouac


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