Le coucou n’a pas besoin de sortir sa tête de la boite en ce jour de Fête Nationale. Je suis réglé comme une horloge suisse. J’émerge à 6h30 après un réveil vers 5h du mat’. A 7h30, je suis à nouveau en route après avoir pris un bon p’tit déj’ et plier mes gaules. La vallée est dans la brume matinale. Cela me rappelle à l’époque où j’habitais en Dordogne, dans le charmant village de Lanquais, avec ma vieille maison périgourdine perchée à mi-colline. Souvent, je partais au boulot à Bergerac avec le soleil et, une fois dans la vallée, c’était la purée de pois.

Après être sorti de la ville de Sigulda, je pars sur une belle route bitumée à travers un plateau planté de champs de haricots verts pris par la rosée matinale

Il en est de même pour ce champ de blé. Pour l’instant, c’est plat et j’avance bon train. Forcément, à un moment, la route bitumée se transforme en piste alors que je pénètre dans la forêt de ce parc national. La plaine fait place à de grandes collines boisées. Ce n’est pas pour me déplaire.

Vers 8h30, j’entre dans le village perdu de Litgane. Je fais un crochet pour aller voir l’ancienne usine de papier qui était la plus importante de Lettonie. A l’époque, ce sont surtout des allemands qui travaillaient là. Une cité, encore existante, avait été construite pour les loger. Je m’arrête également à l’épicerie pour acheter de l’eau. Je suis à sec.

A la sortie de ce petit village, je passe devant un nouveau grand bâtiment de brique à l’abandon qui était l’ancien hôpital. Puis, plus loin, je m’arrête devant l’entrée de grottes. Il s’avère qu’elles ont été creusées pour abriter les cadavres de l’hôpital en attendant l’inhumation. C’est d’un glauque !

Je repars sur ma piste aux étoiles à travers la forêt. Et là, j’en prends plein, non pas les mirettes mais les mollets. Ça grimpe dur. Je double, à très faible allure, une vieille femme qui marche en bord de route. Pourtant, il n’y a ni ferme, ni hameau dans les parages. Je la salue d’un Labrit qui devrait dire bonjour. Mais elle m’ignore complet. Comme hélas trop souvent à mon goût, mes salutations ne provoquent aucune réaction dans la population lettone. C’est assez décevant j’avoue.

De temps en temps, je passe devant de belles fermes en bois complètement perdues dans la campagne. Ce doit être une vie rude de vivre isolé comme cela. Et là, c’est l’été mais j’imagine en hiver …

Vers 10h30, j’arrive dans la ville de Cēsis au centre du parc national. Je m’installe à l’intérieur d’un café-glacier-gaufrier avec terrasse sur la place principale. C’est une jeune et belle lettone, parlant très bien anglais, qui tient ce lieu nommé Gurkis (Cornichon). Il y a des pots et des décos de ce condiment. Drôle d’idée pour un tel lieu je trouve. De plus, les prix sont également salés. Les deux petites gaufres avec un léger nappage de chocolat sont à 5€. Le café noir à 3€. Je comprends pourquoi je suis le seul client.

Puis je pars me balader dans le village avec sa jolie place gâchée par le Centre d’Information (en bas à droite) alors qu’il y a de vieilles maisons en bois à l’abandon qui, je pense, auraient été plus judicieux de restaurer que ce bloc de ferraille.

Par contre, je ne rentre pas visiter le château fort. Je garde celui d’hier en tête et, de plus, j’aimerais bien avancer. A la sortie de la ville, je retrouve ma piste.

Je vais la suivre jusqu’à la ville de Vaidava. Auparavant, j’enjambe à nouveau le fleuve Gauja. Forcément, il faut descendre pour y arriver et remonter pour le quitter. Je suis à nouveau obligé de passer tout à gauche pour grimper ces raidards. Mais j’aime bien. Je préfère cela à la monotonie des plaines céréalières. Arrivé à Vaidava, je me rends dans l’unique supermarché pour y acheter de quoi pique-niquer. Il n’y a pas de restaurant dans cette ville. Je vais m’installer au bord du lac. Puis je profite des hamacs à disposition pour y faire la sieste.

Un peu plus loin, la plage est blanche de monde. A ce sujet, à part dans les capitales, je n’ai vu ni noir, ni maghrébin dans ces pays.

Après avoir pris un café au kiosque devant la plage, j’emprunte un charmant chemin qui fait le tour du lac par l’autre côté. Puis je traverse l’autoroute A3 (vers Tartu en Estonie) qui délimite le parc au nord alors que c’est la A1 (vers Pskov en Russie) au sud. Quant à moi, je remonte au nord-ouest en empruntant les routes bitumées orange P11 puis jaune V194. Je passe grosse plaque. Par contre, ma trace me fait prendre une ancienne voie de chemin de fer « aménagée » en voie cyclable/piétonne.

Vu l’état de cette voie, dès que je peux, je bifurque à droite pour retrouver ma route jaune bitumée. Je profite de quelques arrêts photos, dont cette superbe ferme en bois, pour faire le point sur mon itinéraire.

Passé la rivière Mazbriede et la bourgade de Dikli, je retrouve la piste. C’est usant à la longue d’autant plus que le soleil tape fort en ce milieu d’après-midi. Et je ne peux profiter de cette magnifique voie ombragée par de vieux chênes centenaires. Et oui, à l’époque où la clim’ n’existait ni dans les voitures, ni dans les habitations, les routes étaient bordées d’arbres pour créer une voûte végétale (arbres qui occasionnaient hélas beaucoup d’accidents). Mais que c’était agréable en été de rouler fenêtre ouverte sous ces frondaisons.

Lors de cette pause fraicheur, j’ai à nouveau regardé ma carte pour y repérer un camping dans le village suivant. Je m’y arrête. C’est une aire naturelle aménagée comme en Lituanie. Bien que le sol soit gorgé d’eau, je trouve un emplacement au sec pour y planter ma tente.

Par contre, c’est encore infesté de moustiques. Puis je m’installe pour la soirée à ma table de ministre. Il y a même une prise électrique où je vais pouvoir recharger mes batteries. De plus, j’étais chaud, à tout point de vue, pour aller me baigner mais, vu la couleur noirâtre de l’eau, j’ai renoncé. Ce qui n’est pas le cas des jeunes du village. Quant à moi, ce sera douche froide à la gourde.

Je termine ma journée avec ma pratique de Qi Qong sur la jetée en bois avant de me poser sur le banc pour bouquiner et admirer ce jeu de dupes offert par Dame Nature.

Enfin, je dédicace cette belle journée estivale à mon frangin Franck, le 3è de la fratrie, à l’occasion de ses 16 ans en ce 41 juillet.
Résumé :

94kms, 6h00, 15,7km/h, 600D+ 606D-, beau temps, bivouac