J75 – mercredi 16 juillet 2025 – Treimani (EST) / Saulepi

Ce matin, le réveil a été un peu plus tardif après une pissouille vers 5h du mat’. Je me suis rendormi. Ce sont mes voisins, un jeune couple avec une charmante petite fille blonde, qui m’ont réveillé alors qu’ils déjeunaient. Je n’avais aucun rendez-vous prévu. Donc pas de problème. Par contre, les moustiques, eux, sont bien présents au RDV du p’tit déj’. J’improvise à nouveau ma tenue anti-moustique que j’évoquais hier. Accoutré comme cela, je ne suis pas enquiquiné.

Une fois mon copieux p’tit déj’ avalé, je plie le campement. Je vais faire un dernier tour sur ma plage privée. C’est d’un calme olympien ce mercredi matin. Il est un peu plus de 8h quand je reprends la piste à la sortie de cette aire sauvage de camping. 

Après quelques kms, la piste assez roulante devient bitumée. J’avance bon train. Je double un couple d’allemands fort robustes venant de Kiel en Allemagne que je connais pas sa superbe équipe de hand. Lui est sur un vélo de voyage musculaire, elle sur un vélo électrique avec plateforme à l’avant sur lequel est entassé leur matos. Je serai bien resté derrière pour m’abriter. Mais je termine ces 18kms d’échauffement matinal à bon rythme avant d’arriver à la jointure avec la route nationale 4, prolongation de la route lettone A1

Et là, ce n’est pas la même musique. Bien que ce soit une portion des EuroVélo10 (tour de la Baltique) et EV13 (sentier du rideau de fer : mer noire / Cap Nord), c’est un vrai coupe-gorge pendant 25 bornes. Et il n’y a pas moyen de faire autrement. Je ne comprends pas que, au niveau européen, une piste cyclable ne soit pas réalisée pour éviter ce tronçon voire ne serait-ce qu’élargir la bande de « sécurité ». D’ailleurs, en croisant deux jeunes femmes cyclotouristes, on se fait signe comme d’hab’ et un autre pour dire notre incompréhension.  

Finalement, en arrivant dans la bourgade de Uulu (non, non, il n’y pas de fautes de frappe), la trace EV m’envoie sur une fort jolie piste cyclable. Je passe devant un immense centre de loisir (Lottemaa) et m’y arrête en espérant pouvoir y prendre un café. C’est un centre réservé aux jeunes. Donc pas de café. De plus, quand je repars, le portail d’entrée a été fermé. 

Puis je retrouve le bord de mer à Pärnu en arrivant par de belles pistes cyclables. La plage de cette grande ville et station balnéaire est blindée. Le ciel est bleu bien qu’il moutonne quelque peu. 

Je pars me balader à vélo dans cette agréable ville aux vieilles maisons de bois et aux rues piétonnes. Je fais quand même gaffe aux éléphants qui traversent et aux mamies qui font la sieste.

Il est un peu plus de 11h lorsque j’arrive dans la grande rue piétonne et commerçante. De nombreuses terrasses invitent à se poser. D’autant plus que la circulation y est interdite. Nous, à Blagnac, notre toute petite rue commerçante avec terrasses de café-restau est toujours autorisée à la circulation. Pour y déjeuner, avec le bruit et l’odeur du marteau-piqueur (non, ça c’est Zebda), du véhicule à moteur, c’est super. Nos commerçants, vent debout contre la  piétonisation de cette rue, ont vraiment tout compris.  M’enfin … Vivement que je sois maire ! Donc, ce sera p’tit déj’ diététique ce matin (salade, avocat, oeuf, tomate). 

Après cet en-cas pas suffisamment consistant, je repars en balade dans la ville avant de retrouver la trace des EV.

Après être sorti de cette ville, je fais un arrêt-buffer dans l’épicerie de la bourgade d‘Audru (à une lettre près – le e, cela faisait un anagramme de mon nom de famille), pour y dévorer un casse-croûte avant d’attaquer la deuxième partie de cette journée. Puis je fais une nouvelle pause dans le superbe cimetière fleuri et moussu de cette bourgade. Par contre, dès que je m’arrête (prendre une photo, faire une pissouille, chercher un vêtement, …), je me fais attaquer par une nuée de moustiques. C’est infernal !

D’autant plus que le temps a viré à l’orage (alerte vigilance météo reçue !). Le ciel se couvre de gros nuages noirs menaçants. Je prends quelques grains sur le coin du museau. D’ailleurs, vu le temps qui change, je change aussi l’itinéraire prévu. Plutôt que de suivre l’EuroVélo en suivant la pointe sud-ouest, je coupe à travers forêt. La route est rectiligne. Il n’y a pas trop de circulation. J’avance à nouveau bon train.

De temps en temps, une belle maison en bois attire mon regard.Je file ainsi jusqu’à la bourgade de Tõstamaa ou je retrouve la trace EV. J’ai gagné une dizaine de bornes. Je m’arrête faire mes courses vu que les bourgades ne sont pas nombreuses dans ce coin. Alors que je suis dans le magasin, un nouvel orage éclate.

Il me faut consulter mes cartes. Je repère une tour d’observation à une petite dizaine de kms. Je m’y rend à toute vitesse. En effet, l’étape du Tour de France fait le tour de Toulouse ce jour. J’aimerais bien voir la fin de l’étape avec notamment la montée de Pech-David. Bingo ! C’est parfait.

En y arrivant, je vois deux vélos posés le long. Je ne suis pas le seul cyclotouriste à avoir eu cette lumineuse idée. C’est, à nouveau, un couple d’allemands, originaires d’une ville entre Berlin et Munich, en vadrouille dans le coin. Ils viennent de passer quelques jours sur les îles un peu plus au nord-ouest et rentrent sur Pärnu. Finalement, je serai seul sur mon observatoire. De plus, il fait beau. Quoique, de nouveaux nuages noirs arrivent. Le tonnerre gronde. Cela a l’effet d’effrayer les oies sauvages.

Je m’abrite sur la plateforme du milieu, protégée par le palier du dessus. J’y resterai cette nuit. Un magnifique arc-en-ciel s’est formé au sud au-dessus de la mer Baltique que j’aperçois au fond.

Par contre, au sud-est, c’est un peu plus impressionnant.

Finalement, j’ai pu regarder les trente derniers kms de l’étape sur des routes empruntées lors de nos sorties du dimanche matin. C’est quand même magique la technique. Perdu sur mon observatoire au beau milieu de nulle part en Estonie, je capte France TV, en passant quand même par un VPN, avec la connexion depuis mon portable.

Il est bientôt 21h00 heure locale. Le soleil perce à travers les nuages avant d’aller se coucher. Comme moi d’ailleurs. La journée a été particulièrement longue et éprouvante avec presque 120 bornes au compteur à presque 20 de moyenne (balade en ville comprise).

Vue depuis mon hôtel 4*

J’ai prévu de dormir à la belle étoile sur mon matelas et dans mon duvet. Mais, une fois le soleil couché, le vent s’est calmé. Les moustiques ont alors refait leur apparition. Je suis donc obligé de me camoufler dans mon duvet en plume. Autant dire que je suffoque ! Finalement, je descends chercher ma tente où je pourrais dormir à poil en dehors du duvet maintenant trempé de sueur !

Je suis beaucoup mieux comme cela même s’il fait encore clair pendant un moment avant que je ne m’endorme du sommeil du juste. Je vais pouvoir récupérer. Bonne nuit les petits s petits.

Résumé :

117kms, 6h00, 19,5km/h, 328D+ 343D-, beau temps / orage, squat


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