Ce matin, le soleil me réveille aux aurores. Finalement, j’émerge comme d’hab’ à 6h30. Je suis réglé comme du papier à musique. Je reproduis le même cérémonial matinal. A 7h30, je sors de mon chemin après avoir admiré une dernière fois la mer Baltique avec au fond à droite la pointe de Sutlepameri que je vais longer ce matin.

Avant de tailler la route, je m’arrête jeter un oeil au château fort protégeant l’entrée de la baie. Dans la cour principale de cae chateau, une scène de concert a été dressée pour accueillir un festival de jazz ce week-end.

Je suis obligé de longer à nouveau une RN, celle-ci est la 9 qui file direct à Tallinn distant de 100 bornes. Quant à moi, je bifurque au nord pour traverser la pointe de Sutlepameri dont je parlais hier. Au bout, je retrouve la Baltique.

Ce matin, ce sont des vaches qui squattent la plage.

Je continue ma remontée au nord en empruntant cette fois-ci une petite route blanche très agréable. La circulation y est redevenue très calme. Je longe à nouveau de superbes maisons au parc toujours aussi bien entretenu.

Pas très loin, cet arrêt de bus a été transformé en bibliothèque ouverte.

Ces routes me font penser aux routes québécoises empruntées avec le fiston pour se rendre de Montréal à Niagara il y a 3 ans. J’avais loué un Dodge dans lequel nous écoutions, entre autres, Les Cowboys Fringants, un groupe québécois. J’avais gardé la playlist que je branche dans mes écouteurs. Les paroles sont sympas et rigolotes avec l’accent québécois. Par contre, il me semble que le chanteur et créateur du groupe est décédé récemment.

A l’embranchement pour rejoindre le petit port de Dirhami, desservant la petite ile de Osmussaar et ma trace suivant l’EV10, je m’arrête pour jeter un oeil à la chapelle Rooslepa et son joli cimetière. Un autre cyclo y est également à l’arrêt. Après quelques mots échangés en anglais, on s’aperçoit vite que ce sera plus facile en français. Il s’agit de Philippe de Chambéry mais originaire de Brive-la-Gaillarde. Il arrive d’Hambourg en passant par le Cap Nord et descend vers le sud en empruntant le même chemin que moi. Cela fait 7.000 mois et 3 mois qu’il est sur la route. Presque comme moi. On papote un long moment. C’est toujours sympa de rencontrer un compatriote. Je le quitte pour qu’il puisse soulager une envie pressante. Bonne route Philippe !

Quant à moi, je continue à monter au nord jusqu’à la pointe de Spithami. C’est la pointe la plus au nord-ouest des pays baltes. Quelques camions aménagés ont squatté l’endroit. Par contre, malgré l’étendue de ce hameau, il n’y a que des résidences secondaires mais sans aucun commerce. Pour mon café matinal, je repasserai !

J’admire une dernière fois le paysage avec ces quelques rochers émergeant d’une mer Baltique bien plate sous un ciel bleu légèrement cotonneux.

Après être sorti de cette pointe, non sans avoir immortalisé cette adorable maison rouge au milieu de la verdure et du bleuté du ciel,

J’emprunte à présent une magnifique piste forestière. Si toutes les routes cyclables étaient ainsi, ce serait super. Mais on s’en lasserait aussi certainement.

Puis je fais un petit crochet pour entrer à Nova où se trouve un café-restau-épicerie. J’opte pour le restau puis le café. J’y engloutis ce plat copieux et savoureux. Il me semble que c’est du cerveau farci avec des pommes de terre et choucroute. En dessert, ce sera gâteau au chocolat maison et expresso.

En sortant du restau, je rencontre Jonas de Berlin. Il est assis par terre en train de finir son déjeuner acheté à l’épicerie. Il voyage en mode bike-packing et rentre sur Tallinn pour prendre le bateau vers Helsinki avant de rentrer sur Berlin. Ce qui n’a pas l’air de l’enchanter. Je pars devant lui. Je reprends la petite route blanche qui serpente à travers la forêt pour me ramener en bord de plage. J’aurais bien été piquer une tête mais j’aimerais m’approcher le plus possible de Tallinn.

Tant pis. Je retrouve la piste qui alterne avec la route. C’est très agréable. Je roule dans les senteurs de pin.

Hélas, cette superbe trace EuroVélo ramène sur la route nationale 17 pour franchir le fleuve KloostriJogi. Alors que je m’arrête prendre en photo ce joli champ parsemé de coquelicots et en profiter pour faire une pissouille, j’entends quelqu’un qui me crie en anglais que c’est interdit de pisser sur la route ! C’est Jonas qui trace à fond vers la capitale pour choper son ferry. Il me fait signe de le rejoindre mais il va trop vite. Surtout qu’on a le vent dans le pif. Je le suis à distance un petit moment avant de bifurquer à nouveau vers la côte alors que lui file tout droit.

Je monte plein nord vers la pointe de Paldiski. Je passe devant une maison aux drôles d’habitants. Il y en a qui ont de drôles d’idée quand même. Vers 17h, je traverse une grande zone portuaire et industrielle. La route principale mène à l’embarcadère pour la Finlande je pense.

Quant à moi, je me dirige vers le centre. C’est le jour et la nuit par rapport à hier soir. Ici, ce ne sont que de grandes barres de vieux immeubles où vivent les ouvriers du port et leur famille. C’est assez sinistre. Je m’arrête dans une épicerie pour acheter mon repas du soir et une bière Karl FreidRich. Je pense qu’il doit y avoir une forte communauté russe ici vu que toutes les étiquettes et annonces sont traduites dans cette langue. Puis je file jusqu’à la pointe pour y admirer le phare qui contemple la mer Baltique du haut de la falaise.

Ensuite, je prends une trace suivant cette falaise avant de trouver mon bonheur. Je n’ai plus qu’à trouver un endroit ombragé à l’abri du vent. Une fois l’emplacement trouvé, je plante une dernière fois ma tente. Et oui, vous avez bien lu. Roulement de tambour !!! Scoop !!! Je m’arrête à Tallinn.

En effet, je suis un peu las de ces longues lignes droites et de ces moustiques. De plus, il me faut régler mes problèmes d’oreille et de poignet. Mon fidèle compagnon a également besoin d’une révision complète avec changement de pneus, de chaîne, de câblerie. Et, j’aimerais bien rentrer pour le 15 août familial dans le Var. Je finirais mon Tour d’Europe à vélo l’année prochaine (ou plus tard …) en partant d’Helsinki pour rejoindre Oslo en passant par le Cap Nord. En attendant, je trinque à ce dernier bivouac devant ce nouveau magnifique coucher de soleil. Elle est pas belle la vie !

Vers 22h30, je rejoins mon duvet après cette nouvelle très longue journée à vélo. Demain, il ne me restera qu’une soixantaine de bornes mais avec l’arrivée dans la capitale.
Résumé :

127kms, 7h05, 17,9km/h, 367D+ 346D-, beau temps, bivouac