Le soleil daigne me réveiller en ce dernier jour de bivouac. Cependant, je mets mon réveil à sonner sur 6h30 au cas où. La nuit a été douce malgré cette dernière journée compliquée qui s’annonce. En effet, il va me falloir récupérer mon carton, trouver un hôtel pas trop loin, stocker HakaOne à l’intérieur, trier et ranger les sacoches et, enfin, réserver un avion pour le retour. En attendant, je prends mon dernier p’tit déj’ assis dans l’herbe avec vue sur l’immensité de la mer Baltique.

Il est 7h30 lorsque je quitte ce superbe bivouac. Décidément, j’aurais vraiment été gâté à ce sujet. A part quelques-uns quelconque, j’ai eu du bol de toujours trouver des endroits sympas. Cela fait aussi partie des grands bonheurs de la vadrouille à vélo : dormir dans les bras accueillants de Dame Nature ! Je sors du chemin gadouilleux avant de longer ce champ d’éoliennes.

Après 4 bornes, je retrouve cette cité ouvrière sans âme de Padilski et ses grandes barres alignées comme à la parade. Après recherche, je découvre que la ligne de ferry relie cette ville à Kapellskär, à 90kms au nord de Stockholm en Suède et, aussi, Hanko en Finlande.

Quant à moi, je prends mon vélo pour rejoindre Tallinn. Et pour ce faire, je suis obligé de me taper la route nationale 8, qui va du terminal du ferry jusqu’à la capitale, pendant 13 bornes. Je me tape toutes les motos, bagnoles, caravanes, camions qui ont dû débarquer ce matin. Et toujours à serrer les fesses sur ma bande d’arrêt d’urgence. Super l’EV10 ! Puis je bifurque au nord pour retrouver la côte. C’est quand même plus agréable.

Je croise de nombreux triathlètes dont un qui m’avait déjà doublé hier. Il me reconnait et me fait un signe du pouce de la main. Sympa. Par contre, je ne traverse aucun village. L’heure du café a sonné. Peu avant d’arriver à Tallinn, je rejoins le port de plaisance où j’ai repéré un café. Je m’installe à l’intérieur. Cette ambiance me rappelle mes années avec mon ex-compagne Hélène, la mère de mon fils, passionnée de voile. Je l’accompagnait de temps en temps régater au Cap-d’Agde.

Après cette pause bienvenue, je remonte sur la colline d’où je peux apercevoir la capitale au fond avec ses clochers qui apparaissent au loin sur la droite.

J’emprunte ensuite une piste cyclable qui me mènera à destination. Je me fais doubler par une jeunette à l’entraînement. Comme je suis joueur et que la route devient monotone, je décide d’essayer de la suivre. Nous allons rouler comme cela pendant une bonne quinzaine de bornes à bon rythme avant qu’elle ne mette le clignotant à gauche et fasse demi-tour. Elle devait en avoir marre de voir ce vieux sadique lui coller les basques (à une cinquantaine de mètres quand même).

Il est midi quand j’arrive dans le centre. Je retrouve ces vieilles maisons de bois qui n’ont pas encore été rasées et remplacées par de moches immeubles comme celui du fond.

Je me dirige directement à City Bike que j’avais appelé hier soir. C’est un magasin de réparation, de vente mais aussi de location de vélos. Il y a également un restau et un hôtel au-dessus. Cela me rappelle étrangement la Maison du Vélo en face de la gare Matabiau à Toulouse.

Mon carton, plié en deux, m’attend. Cependant, il me paraît bien petit. Le patron me le vend 6€. C’est bien la première fois que l’on me le fait payer. Je lui achète aussi un rouleau de scotch. Je monte à l’étage où se trouve l’hôtel mais c’est hélas complet. La réceptionniste m’en indique un autre à une centaine de mètres. Je m’y rends. Les chambres individuelles sont toutes occupées aussi mais il reste de la place en dortoir. Je prends.

Après m’être rasé et douché (cela faisait quand même 13 jours !) puis changé, je pars déjeuner. Je suis en plein centre historique. Les terrasses fleurissent dans toutes ces rues. Je vais chez Dominic – wine restaurant. Je me tape la cloche. Ce midi, ce sera risotto aux girolles avec un verre de Rasteau 2020 – vieilles vignes (Côtes du Rhône). J’ai pris ce plat parce que, et je ne me souviens pas l’avoir évoqué, j’avais vu pas mal de vendeurs de girolles dans ces pays baltes. J’ai même mes petits pains faits maison avec du beurre et du sel dessus ! Cela fait 78 jours que je n’ai plus mangé de beurre salé. Je me régale.

Après ce succulent repas, je rentre faire une sieste bien méritée. Puis vient l’heure du démontage d‘HakaOne. Et, comme je le craignais, je suis obligé de démonter le guidon, le garde-boue avant et dévisser l’arrière pour qu’il puisse entrer. Je vais bien m’amuser en arrivant à 1h du mat’ lundi.

Une fois cette tâche terminée, je réserve mon vol directement sur le site de Lufthansa. Je devrais partir à 19h00 pour Munich avec Air Baltique puis Munich-Toulouse avec arrivée après minuit. Mais, comme ce n’est jamais simple avec ces vols avec bagage sportif, j’ai reçu un msg de Lufthansa concernant mon carton et de voir avec l’autre compagnie si elle l’accepte. Je verrais à l’aéroport.

Je vais juste faire le tour du quartier pour me dégourdir les gambettes. Je visiterai la ville demain aux aurores. En rentrant, je rencontre Gaëtan, un jeune motard de Pontarlier dans le Doubs abstiens toi … (mouais facile), qui se fait un road-trip à travers l’Europe de l’est. Puis je finis devant le match des Bleues contre les allemandes à l’Euro féminin.

Avec le décalage d’une heure, je m’endors pendant la seconde mi-temps. Comme d’hab’, elles se font à nouveau sortir en 1/4. Elles nous refont un remake du 8/7/1982 (Schumacher) en se faisant sortir aux pénos après un match héroïque de la Mannschaft à 10 contre 11. Elles sont désespérantes ces pauvres françaises et doivent avoir bien mal à la tête ce matin ! Il y a plus grave dans la vie me direz-vous. Oui, mais le sport (enfin beaucoup de sports) m’a toujours passionné. Et, comme le disait Juvénal : Panem et Circenses (« Du pain et des jeux »).
Résumé :

68kms, 3h36, 18,89km/h, 338D+ 340D-, beau temps, hôtel
super voyage gael
profite bien de ces derniers moments
au plaisir de te revoir
François
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Welcome back Gaël !!
Ce fut un sacré plaisir de te lire chaque jour et de découvrir des espaces inconnus et connus !
Un superbe périple et au plaisir de rouler ensemble rapidement avec le club.
Frédéric (STC)
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