J65 – samedi 10 juin – Falerna / Calafatoni

Je viens de passer ma plus mauvaise nuit depuis mon départ ! Je ne sais pas si c’est le temps orageux, la moiteur ambiante (j’ai finalement dormi dans mon sac à viande), les démangeaisons sur les bras je ne sais pour quelles raisons, toujours est-il que la nuit a été compliquée. Je me réveille quand même à 6h du mat’ et me prépare alors que l’orage gronde sur la mer ! Le bateau de pêcheur a l’air bien petit sur cette immensité grisâtre et menaçante …

A 7h, je quitte mon cabanon et reprends ma route calabraise sur la SS18 en ce samedi matin.

Je traverse une grande plaine fruticole et maraîchère sans aucun attrait. De plus, je suis obligé de contourner l’aéroport de Lamezia Terme. Heureusement que nous sommes samedi car la route est étroite et la bande sur le côté souvent inexistante. Heureusement, j’arrive au bout de cette baie et fiburque sur la SS522 pour grimper dans la ville de Pizzo. Et là, je me régale à nouveau les yeux et les papilles. C’est une petite ville côtière édifiée sur la colline …

… avec une activité maritime également.

Je m’y arrête sur la place centrale où les Gelataria Artigianale se font une rude concurrence. En effet, je suis dans le pays où la spécialité est la Tartufo Moro. J’en commande une. C’est une glace vanille avec du chocolat fondant à l’intérieur. Délicieux avec mon café matinal !

Je profite de cette pause pour appeler mon pote Nico ainsi que ma fille Gwendoline. Puis je reprends mon cheminement sur la route SS522 toujours à flanc de montagne. Quand je vous dis que les routes sont défoncées et sales, hélas, parfois, je n’exagère pas trop !

Heureusement, ce n’est pas toujours le cas. Je continue à monter et descendre sous un ciel voilé mais il fait toujours aussi orageux. En ce samedi matin et jour de marché blagnacais, j’ai bien évidemment une pensée pour mes ami.es de L’Arche. A ce sujet, je suis dans le pays de l’oignon rouge (cipolla rossa). Je le goûterai avec ma pizza ce midi. Il est assez doux.

Puis j’arrive dans la magnifique ville de Tropea. Ce n’est pas St-Trop’ mais ce n’est pas mal du tout. D’ailleurs, il y a énormément de touristes italiens qui déambulent dans ses nombreuses rues pavées et piétonnes.

La vue du haut de la ville est vraiment superbe.

Je laisse les touristes s’installer aux nombreuses terrasses de pizzeria et restaurants. De mon côté, je m’achète ma part de pizza aux oignons et ma Peroni dans une boulangerie et vais la déguster sur un banc avec vue imprenable. Puis c’est l’heure de la sieste avant de repartir.

Alors que j’allais repartir, je vois un appel de Bénédicte. Je la recontacte. Elles sont du côté de Castelnaudary et arriveront sur Toulouse dans l’après-midi. Loïc étant dans le train pour Perpignan, ce sera finalement Jessy qui sera chargée de les accueillir et de les héberger dans mon futur appart. Merci Jessy !!! Il est temps de reprendre la route sous un soleil de plomb. Et la route va être rude. Je suis obligé de couper par l’intérieur en empruntant la SP22 et passant par Ricadi. Je suis en plein cagnard et ça grimpe dur. A la fontaine du village, j’aurais bien aimé aussi un peu de Ricardi avec mon eau (n’est-pas Nico ?).

Et une fois en haut qu’est-ce qu’on fait ? Et oui, on redescend ! Au moins, cela me permet de sécher mes fringues qui sont trempées après cette bonne suée. Un cycliste m’a doublé et m’a, à nouveau, encouragé. Ce n’est pas grand chose mais cela fait du bien au moral. Pas comme si le gars passe à côté et t’ignore complet. Le fameux BSAM (Bonjour, S’il vous plait, Au revoir et Merci) que j’ai enseigné à mes enfants. Avec ces 4 mots magiques appris dans la langue du pays, vous risquez d’être beaucoup mieux accueilli. Et un « Ciao ! », « Buon viaggio ! », « Grande ! » ou un pouce levé ou autre signe d’un cyclo est toujours sympa.

En redescendant, je traverse les villages de Coccorinello et Coccorino (j’adore toujours autant) où je m’arrête déguster ma glace. Vu que l’heure avance, je zieute les alentours pour essayer de trouver un squat mais les maisons sont vraiment trop proches les unes des autres. Je repère au loin une tour de guet (sur la 2è pointe de la photo) alors que j’arrive dans une immense baie.

Arrivé en front de mer, je repère le chemin et grimpe le raidard qui y monte. La tour est interdite d’accès à cause des risques d’éboulis mais son pied me permet d’y planter ma tente. Ce sera parfait pour cette nuit. De plus, j’ai vu sur le Stromboli au loin qui est pris dans les nuages. J’espère qu’on le verra mieux demain …

Je n’ai plus qu’à faire ma toilette de chat, me préparer mon apéro du soir puis mon dîner. Et cela clôturera une nouvelle très belle journée ! J’espère qu’il en sera de même pour mes suédoises du sud qui vont pouvoir profiter d’une bonne douche et d’un bon lit après leur 1ère semaine de périple. De mon côté, ce sera matelas sous tente sous tour …

… et lecture de l’Equipe en admirant le superbe coucher de soleil rouge flamboyant sur le Stromboli dans les nuages hélas.

Résumé : 110kms, 6h00, 18,3km/h, couvert AM / chaud PM, bivouac

J64 – vendredi 9 juin – Scalea / Falerna

Excellente nuit dans mon grand lit pour moi tout seul. J’ai également pu recharger tous mes appareils vu que l’électricité était disponible dans mon squat. En effet, je ne peux pas sortir mon panneau solaire pour recharger ma batterie externe vu que le matin j’ai le soleil dans le pif et que l’après-midi je me prends l’orage ! A 7h30, je quitte ce camping et reprends ma route toujours vers le sud.

Je n’ai pas d’autre choix que de suivre la route SS18. Par rapport aux jours précédents, c’est beaucoup moins calme. Ça circule beaucoup. Je roule sur le côté en essayant de prendre la tangente dès que possible. La côte est escarpée et le relief pour le moins vallonné.

Les villages côtiers se suivent mais ils sont sans véritable attrait. Il me faut descendre, suivre de mauvaises routes avant de remonter sans avoir forcément pu trouver une promenade sympa. De plus, la ligne de chemin de fer longe la côte au plus près et, à chaque fois, il faut trouver les tunnels pour la traverser.

Je m’arrête boire mon café à Acquapessa et en profite pour répondre au message de mes deux suédoises qui arrivent sur Toulouse, après avoir longé le canal du Midi et avant de partir vers le Pays Basque. Puis je reprends ma route SS18. Vers 11h, la faim commençant à se faire sentir, je m’arrête dans un magasin de Fruits et Légumes pour y acheter une banane et quelques prunes. Pour 1€, le vendeur me refile une banane et des prunes en plus. Cool ! En fin de matinée, l’envie me prend d’aller faire un plouf lorsque je longe ces petites baies fort sympathiques.

Mais je ne peux pas laisser mon vélo, mes sacoches et mes papiers sans surveillance; ni traîner le vélo sur la plage d’ailleurs. Je continue mon chemin à la recherche de ma pizza quotidienne et trouve mon bonheur dans une panetteria à Fiumefreddo Bruzzo (j’adore !). Je vais déguster mon pique-nique à l’abri d’un palmier en bordure de plage.

Puis, après avoir pris des nouvelles de mon ami Loïc, je m’autorise un siestou, allongé sur mon banc à l’ombre et bercé par le bruit des vagues. Au bout d’une trentaine de minutes, le bruit d’une voiture me réveille et je repars rejoindre ma route SS18. Je pourrais vous raconter que je circule sur une petite route en contrebas de magnifiques villages perchés …

… mais la réalité est moins folichonne avec ce flot continu de véhicules pétaradants et puants. Heureusement, je pense à Fernande et j’ai ma petite bande pour jouir sereinement du spectacle. Et comme le chantait Brassens : « La bandaison papa. Ça n’se commande pas » !

Comme quoi, une photo peut cacher certaines choses ! Alors que j’arrive à Amantea, j’ai ma sacoche gauche qui se fait la malle. Heureusement, il n’y a personne derrière moi sinon mes réserves de bouffe et ma popote auraient été écrabouillés. Je m’arrête pour consolider la réparation de ma sacoche et fixer des serre-clips. Il faut dire que le porte-bagages avant à plier avec le choc d’hier et que l’ensemble est quelque peu brinquebalant. Pourvu que ça tienne …

Je repars. Peu avant la ville de Coreca et alors que j’allais emprunter un tunnel de près de 978 mètres exactement, un automobiliste au volant d’une Alfa-Roméo me klaxonne et se met à ma hauteur en me disant que le tunnel est interdit au vélo et qu’il faut que j’emprunte une route en contrebas. Vraiment cool les gens aussi ! Demi-tour donc et je passe par la route éboulée en contrebas. D’ailleurs, je n’ai plus d’éclairage depuis les gros orages d’il y a 3 jours. Décidément, je suis maffré avec l’électricité. Après ces émotions, je m’arrête déguster une glace Cioccolata Fondente e Melone à Campora San Giovanni. Les 2 serveurs sont à nouveau très sympa et essaie de me parler francese. Je repars pour la dernière ligne droite. Il me faut juste trouver un peu d’eau, ma Peroni et du chocolat … Et bien évidemment un endroit où dormir. Cela devrait le faire. En effet, c’est impressionnant le nombre d’hôtels, bars, résidences, maisons à louer ou à vendre sur cette côte calabraise. Ça sent vraiment le sapin par ici …

Je repère un phare perché sur la colline à la sortie de Falerna où je viens de faire mes emplettes. J’y grimpe par un super rai dard mais c’est un endroit militaire. Je n’ai plus qu’à redescendre. Pratiquement au pied se trouve un village de vacances et un bar quelque peu à l’abandon.. Je tape l’incruste. Ce sera parfait pour cette nuit. En prime, j’ai vu sur l’immense baie qui forme le début du « pied italien ».

Je n’ai plus qu’à planter mon bivouac et me voilà paré pour une nouvelle nuit à la belle étoile et à l’abri au cas où …

Résumé : 110kms, 6h00, 18,3km/h, temps chaud, squat

J63 – jeudi 8 juin – Pisciotta / Scalea

« Cinq heures du mat’, j’ai des frissons. Je claque des dents et monte le son … ». Je tire jusqu’à 6h. J’ai passé une superbe nuit sous la voûte étoilée. Les orages se sont couchés de bonne heure et il fait à nouveau grand beau. Je déjeune copieusement en profitant à nouveau de cette vue magnifique. Puis je plie mon couchage …

… et quitte cet ensemble de 3 gîtes ruraux à vendre. Il est un peu de plus de 7h.

La matinée va être rude. En effet, je dois couper à travers cette pointe. Je jette un dernier coup d’œil à la baie de Palinuro et m’enfonce dans la montagne brumeuse.

J’emprunte une route qui grimpe tranquillement à travers ces monts. Je croise quelques travailleurs matinaux en voiture pour les blancs et à vélo ou à pied pour les blacks. J’imagine qu’ils descendent travailler sur les complexes hôteliers, les lidos et les restaurants sur la côte. De mon côté, j’en prends pleins les mirettes. A vélo, j’ai aussi la chance de pouvoir m’arrêter où je veux, quand je veux.

Et puis, le flux automobile converge vers la route principale SP430 interdite aux vélos. Je me retrouve pratiquement seul sur ces routes pittoresques à admirer les villages perchés. D’autant plus, qu’une de ces routes est coupée suite à un éboulement !

Les kilomètres défilent tranquillement dans ce parc national. Les jambes tournent bien sur la plaque du milieu. Les yeux en prennent plein la vue. Que du bonheur !

J’arrive à Acquavena et m’arrête dans un charmant café-bar tenu par un couple dont la jeune femme parle un peu français. Elle est vêtue tout de noir. Le glas sonne aux cloches de l’église. A l’entrée du village, j’ai aperçu un corbillard arrêté le long d’une maison. Elle m’apprend que c’est ami âgé de 42 ans, cycliste, qui vient de décéder d’un cancer de la langue (!). Comme quoi, même en étant sportif (et je suis bien placé pour en parler), personne n’est à l’abri de cette saloperie. Je reprends ma route. J’arrive enfin en vue de la baie de Sapri après une longue descente bien agréable.

Cependant, plutôt que de tirer en direct vers Sapri, je fais le mauvais choix de prendre le bord de mer en direction de Villamare. Et là, à l’entrée de ce village, il y a un putain de ralentisseur. Je ne sais plus si j’arrive trop vite dessus, je ne freine pas assez ou je tiens mal mon guidon, toujours est-il que la roue avant tape fort et que je me casse la gueule ! C’est ma première gamelle avec mon Fahrrad. Le vélo chute sur le côté gauche et moi avec. Heureusement que j’ai mes gants ! Je tape fort sur la main gauche. A part un gros bleu, je n’ai aucune séquelle. Les passants viennent aussitôt prendre des nouvelles et je les rassure. Par contre, ma sacoche et le porte-bagages avant gauche ont morflé ainsi que le garde-boue. Je m’arrête pour faire l’état des lieux et réparer. Cela aurait pu être pire. J’ai surtout eu peur d’avoir pêté la fourche avant.

Après cette grosse frayeur, je repars et m’arrête déjeuner à Sapri. Je trouve à nouveau un vendeur de pizzas et lui en achète une part ainsi que ma Peroni. Je m’installe sur un banc en bordure de plage pour casser la croûte. Puis je décide de me faire un petit siestou sur mon banc ombragé alors que le soleil cogne fort. Au bout d’une trentaine de minutes de doux repos, quelques gouttes me réveillent. Le ciel s’est méchamment assombri et j’entends les orages qui éclatent sur les sommets. Sapristi ! Il est grand temps de quitter cette jolie baie de Sapri et de prendre la tangente. Il n’est que 13h30.

Je continue à suivre ma route côtière toujours aussi belle. D’ailleurs, avec la chaleur matinale et la pluie qui s’est mis à tomber, elle fume ! J’espère atteindre la pointe tout au fond à droite où le ciel me paraît plus dégagé.

Je bascule dans une nouvelle baie et m’arrête prendre une photo. Les éclairs déchirent le ciel. Le tonnerre gronde. La baie de Sapri est sous le déluge. C’est vraiment incroyable ces orages de juin. La tour de guet, perché au bout de son promontoire rocheux, a dû en voir d’autres.

La course contre la montre continue. J’ai l’impression d’être pourchassé par ces orages. D’ailleurs, quand j’arrive vers 14h dans la baie de Maratea et que je me retourne, on dirait que la nuit est déjà tombée.

Il ne pleut plus. La route est sèche. Par contre, comme espéré, il me semble que les montagnes sont moins hautes de ce côté et que les nuages accrochent moins les sommets. Peut-être est-ce aussi le calme avant la tempête ?

Je poursuis ma course folle contre ces intempéries. Je passe le village de Castrocucco et sa rivière qui délimite la province. Je viens de rentrer en Calabria. Et j’arrive dans la baie de Prai a Mare. Les plages de sable noir ainsi que les lidos sont prêts à accueillir les touristes. Les chaises longues et les parasols (8€ la location de la paire) doivent désespérer autant que leurs propriétaires. De même que les traîne-gogos qui font visiter les grottes sous cet énorme bloc détaché de la terre.

Mon fiston appelle juste au moment où je me pose prendre cette photo. Coup de bol vu que ma 4G est la plupart du temps éteinte quand je roule. Ce n’est hélas pas le cas de nombreux automobilistes (ou même de scootards) qui conduisent le portable à la main. J’écourte un peu notre conversation en lui disant que j’ai l’orage aux fesses et que j’ai encore des courses et un bivouac à trouver avant qu’il ne me rattrape. Désolé fiston !

Je redescends vers la baie de Scalea en Calabre. Il fait beau. Le relief est beaucoup moins accidenté. Une longe plage s’étend le long de cette baies avec sa palanquée d’hôtels, campings et lidos qui se succèdent. Je préférais largement mes magnifiques paysages de Campanie. Je trouve un magasin où faire mes emplettes. Quand je ressors, des gouttes d’eau commencent à tomber. J’entends le ciel ricaner.

Et merde ! Je me renseigne dans un hôtel pour connaître le prix d’une chambre : 62€ la nuit ! Hors budget. Je reprends ma quête d’un endroit abrité mais ce n’est pas évident dans une station balnéaire. Ce ne sont pourtant pas les appartements vides qui manquent. Finalement, je me renseigne dans un camping non étoilé vu que le ciel s’assombrit méchamment. Après bien des difficultés pour remplir ma fiche et payer en CB, la gérante me dit de m’installer où je veux. C’est un camping dans lequel se trouvent beaucoup de caravanes et de cabanons. Je me pose sous une bâche tendue à côté d’une caravane. Puis je pars à la recherche des douches. Je fais le tour d’un bâtiment et aperçois une clé sur la porte de ce que je crois être l’entrée des sanitaires. Mais non, c’est un appartement assez vieillot avec SdB, chambre et cuisine. Parfait pour cette nuit ! Je rapatrie mon vélo et mes affaires puis m’enferme à l’intérieur. Il est à peine 18h00. Il pleut. C’est l’heure de ma Peroni bien méritée.

Résumé : 95kms, 5h55, 16,1km/h, beau temps AM / orage PM, camping

J62 – mercredi 7 juin – Aversana / Pisciotta

À nouveau réveillé des potron-jacquet, j’émerge de mon abri vers 6h30 pas très loin du village d’Aversana qui porte bien son nom. En effet, la route est trempée et les averses ont dû tomber cette nuit. Grâce à mes boules Quiès, je roupille du sommeil du juste. Par contre, j’ai droit à la visite des Carabinieri qui font leur ronde et me demande gentiment de décamper.

Je dé-campe puis dé-jeune tranquillement avant d’avoir la visite de l’éboueur. Le pauvre me paraît complètement désabusé. Il a même l’air surpris quand je lui tends mon sac de déchets. Il se donne bonne conscience en ramassant 2 ou cannettes qui traînent par terre. Mais c’est vraiment dégueulasse partout ! La pinède, les bords de route, les rues, les plages sont jonchés de déchets sans parler des décharges sauvages. Quelle triste humanité ! Je reprends la mauvaise piste cyclable en bordure de route qui longe la côte en direction de Agropoli.

Le temps est menaçant sur les sommets mais reste couvert le long de la côte. Je fais un léger crochet par le village de Paestum et sa ville romaine très bien conservée également. De plus, je peux longer et admirer ce site gratuitement.

Je me pose à Agropoli prendre mon café sans wifi. La plage interminable de cette baie se termine ici. Je vais attaquer le tour d’une pointe qui me paraît plus escarpée. Pourvu que la météo se maintienne … A la sortie de cette belle (et propre !) station balnéaire, je rejoins un VTTiste dans mes âges. Je le double en le saluant d’un « Ciao ! » comme c’est de coutume ici. Pas de réponse mais certainement vexé de se faire doubler par un pachyderme, il accélère et me repasse devant. C’est faux-plat montant et j’en profite pour enlever mon coupe-vent. A ce moment-là, son antivol tombe de sa sacoche de selle. Je le hèle (le cycliste), m’arrête le ramasser (l’antivol) et reviens sur lui (le cycliste) pour le lui rendre (son antivol). Il est tout surpris, daigne me dire bonjour et me remercie. Y’a pas de quoi p’tite quéquette ! Et la grosse quéquette repart grosse plaque pour le laisser sur place. Non mais !!!

Je retrouve à nouveau mes petites routes adorées, à flanc de montagne, très peu empruntées, qui montent et descendent avec des vues imprenables sur la côte. Quel régal de tous les sens et dans tous les sens. Que ce soit du côté terre …

… ou du côté mer.

Vers midi, je descends dans le superbe village côtier d’Acciaroli pour y déjeuner.

Comme la plaque de pizza n’est pas encore prête, je vais au café d’à-côté me taper une Peroni. Je tombe alors sur une équipe de France Télévision qui réalise un reportage sur un célèbre anthropologue italien vivant dans ce village.

(L’anthropologue en question est derrière son ami).

Je déjeune devant le port et sous un olivier d’une belle part de pizza et d’un chausson chaud fourré à la Mozzarella et au jambon pour 4€ seulement. Une fois rassasié, je salue mes compatriotes journalistes et repars sur ma magnifique route. Les paysages sont absolument grandioses.

Je m’arrête ensuite prendre mon café à Pioppi « capitale de la Méditerranée » rien que ça. Il faut dire que l’endroit est fort sympathique pour déguster son expresso.

Par contre, en milieu d’après-midi, les orages grondent à nouveau sur les montagnes. Pourvu que je ne me prenne pas la saucée comme hier.

De toute façon, je n’ai pas le choix. Je suis obligé de prendre dans les terres. Je grimpe donc sur la petite plaque assez haut jusqu’à Ascea, village perché. Pour l’atteindre, la route éboulée à certains endroits grimpe à 12%. Tout se mérite !

Puis je redescends vers le village de Pisciotta où je m’arrête faire quelques courses pour la soirée. Le temps se couvre. Les orages descendent vers la côte. Je prends la route directe en corniche vers Palinuro sans passer par le littoral et la station balnéaire Marina di Pisciotta. Comme d’habitude, je suis aux aguets du moindre abri, cabane ou … agriturismo à vendre. Je m’y arrête et m’y installe !

L’eau n’a pas été coupée. Je prends une douche (froide) sur la terrasse où je laisse mon vélo puis prends mes appartements dans la maison du dessous avec vue sur mer. Il est 17h30, heure de l’apéro et de l’orage qui finit par arriver ! Je suis à l’abri sous un auvent et espère passer la nuit dessous … à moins d’une mauvaise surprise. Puis, vers 19h00, je passe à table, où j’ai réservé en terrasse avec vue imprenable à 180° sur la mare. Je déguste enfin ma mozzarella accompagnée de pomodori (j’adore ce nom pour désigner les tomates) et de thon. Ce fromage, fabriqué dans des caseificio, est délicieux, onctueux et goûteux; rien à voir avec ceux achetés sous vide dans nos commerces.

Cette magnifique journée, certainement ma plus belle depuis mon arrivée en Italie, touche à sa fin. Je vais dormir à la belle étoile sous mon auvent au cas où la pluie s’inviterait à nouveau.

Résumé : 95kms, 5h35, 17km/h, beau temps / orage soirée, squat

J61 – mardi 6 juin – Napoli / Aversana

Réveillé comme d’hab’ vers 6h30, je suis bien obligé cette fois-ci de me rendormir vu que le p’tit déj’ n’est servi qu’à partir de 8h. Et je me rendors comme une souche pour m’éveiller à nouveau vers 8h. Le temps de prendre une bonne douche matinale, de plier mes affaires et de déjeuner avec deux lève-tôt (mes 2 argentines pioncent toujours !), il me faut repartir. Après le sketch de l’ascenseur, où il faut payer 10cts pour descendre, qui part avec mes sacoches alors que je n’ai pas encore rentré mon destrier, je quitte cette ville grouillante et ô combien vivante de Napoli. Par contre, ce n’est vraiment pas une sinécure à vélo où il n’y a pratiquement aucun réseau cyclable. Il me faut 45’ à galérer sur de mauvais pavés et dans la circulation matinale pour me sortir de sa banlieue tentaculaire et bordélique.

Au bout d’une heure, je me pose dans la cité portuaire de Torre del Greco pour me taper un bon café serré et un beignet au chocolat. La route jusqu’à Pompéi ne va pas être de tout repos je pense. J’arrive vers 11h sur le site antique, le temps de trouver un endroit sûr pour laisser mon vélo, j’attaque la visite. Je ne pensais pas que ce site est aussi bien conservé et aussi vaste. Je déambule pendant près de 2 heures à travers ses rues toutes numérotées. Ef 374 pk

Cette ville, ensevelie sous des mètres de cendres et de pierre ponce en 79 ap JC suite à l’éruption du Vésuve, est très bien conservée. Quelques corps, exposés au musée, ont été pétrifiés.

Les décorations à l’intérieur des maisons et les mosaïques sont encore en très bon état.

Même certaines maisons ont gardé un certain charme.

Il en est de même des monuments (amphithéâtre, arène, temples).

De plus, j’ai à nouveau la chance de pouvoir visiter cet endroit exceptionnel sans qu’il n’y ait la foule. Mais il est difficile à travers quelques mots et photos de décrire l’atmosphère particulière qui règne dans ce site immense. Une fois ma longue visite terminée, je déjeune à l’endroit où j’avais laissé mon vélo puis reprends ma route.

Je décide de couper la péninsule, la route pour en faire le tour me paraît vraiment scabreuse, pour me rendre directement à Salermo. Par contre, de gros nuages noirs s’amoncellent sur les sommets. Ce n’est pas bon signe … Après 42kms et 2h30, je suis enfin sorti des villes. Mais très vite les nuages explosent. J’ai juste le temps de m’abriter sous un pont quand l’orage éclate.

J’attends que ça se calme puis repars. Une fois. Deux fois. Mais je ne peux attendre indéfiniment la fin. Il est 15h30 et il fait presque nuit. Tant pis, il faut que je traverse en espérant que le soleil m’attende à Salermo de l’autre côté. Et là, c’est le déluge !!! Je n’avais encore jamais connu cela à vélo. Mon ciré jaune ne me protège plus du tout. Heureusement, il fait chaud. D’autant plus que les voitures qui me doublent ou me croisent m’envoient des trombes d’eau. La route est couverte par au moins 20cms d’eau. Je roule sur la bande du milieu. Certains conducteurs s’arrêtent dès qu’ils trouvent un endroit en hauteur. Les courroies couinent. C’est maintenant un torrent qui déboulent sur cette route. J’avance tant bien que mal. Je bascule enfin dans la descente. Ça se calme. Et j’arrive sous le soleil à Salermo.

Je ne m’arrête pas. Je continue à rouler pour me sécher et me réchauffer. Le vent souffle plein sud et me ramène les nuages. Vers 18h, je m’arrête faire quelques emplettes et commence à repérer un endroit pour dormir au sec au cas où. Je trouve un endroit superbe dans des cabines de plage d’un Lido fermé. Malheureusement, le jeune fils du gardien qui se balade à vélo me repère et me dénonce. Petit salopiot. J’ai beau essayer de négocier avec sa mère. Je dois me résoudre à déguerpir. Je trouve finalement un abri à l’entrée d’une pinède. Je ne dormirai pas le long de la plage, le ciel étant vraiment trop menaçant.

Il est temps de sortir l’apéro et de casser la croûte après cette journée ô combien chargée.

Résumé : 85kms, 5h00, 17km/h, beau temps AM / orages PM, bivouac

J60- lundi 6 juin – San Sebastiano / Napoli

Réveillé vers 6h15, il ne pleut plus. Mes affaires sont sèches. La tente, à couvert des pins, a bien résisté aux trombes d’eau. Par contre, je trainasse un peu trouvant qu’il est un peu tôt pour me lever. Et évidemment, quand je me décide, il se remet à flotter. Je n’ai plus qu’à patienter en pliant mes affaires et attendant une accalmie. Puis je plie mes gaules toutes trempées et je reprends la route dans cette région de Campanie qui a débuté en franchissant la rivière Garigliano.

Je retourne dans la Cité Perdue à la recherche d’un coin sympa où déjeuner. C’est vraiment d’un glauque. Les immeubles sont vétustes. Les détritus encombrent les rues. Les âmes qui vivent ici errent en peine dans cet endroit sordide. Il y a quelques résidents apparemment. La plupart des commerces sont fermés.

Après avoir tournicoté un moment pour trouver un accès libre (tout est encore barricadé !) à la plage, je finis par trouver mon bonheur dans un café fermé en bordure de plage. Je me tape un p’tit déj’ royal : orange, thé noir, céréales et compote de mangue, tartines au fromage, miel puis Nutella. Alors que j’ai plié mes affaires et que je consulte ma carte, le proprio débarque.

C’est un homme de mon âge qui a dû abuser des apéros avec ses clients. Il me salue amicalement et me demande d’où je viens, où je vais, où j’ai dormi … Il m’offre un café alors que son fils arrive. Il m’explique en italo-anglais que la plupart des appartements et maisons appartiennent à des napolitains qui viennent le week-end et les vacances. Il n’y a que quelques retraités qui vivent ici. Par contre, en saison, c’est noir de monde. J’imagine trop bien ! Je les remercie et reprends ma route vers Napoli.

Il me faut reprendre la Via Domitiana qui se transforme en 2*2 voies. Je serre les fesses et sers à droite. De nombreuses stèles d’accidentés se trouvent sur le bord de cette route. De toute façon, je n’ai pas le choix. Des rivières perpendiculaires à la route et sans pont le long de la plage empêchent tout échappatoire. Je traverse Mondragone et m’y arrête pour y acheter la fameuse « Mozzarella di bufala di Mondragone ». Je la dégusterai une fois posée.

Après Scattoza, la route SS7 prend la tangente à gauche pour Naples. Je continue tout droit sur la SP303 en bord de mer. A un moment, cette route est coupée sans aucun panneau préalable et fait place à une piste cyclable à double sens. Que cela fait du bien de rouler en paix ! Je croise de nombreux blacks qui errent en peine vers je ne sais quel destin. D’ailleurs, de nombreux squats jalonnent cette portion de route.

Je finis par trouver un café où je m’arrête pour ma pause. J’en profite aussi pour réserver un AirB&B sur Napoli; les Warmshowers contactés n’ont soit pas répondu, soit pas dispo. Je n’ai vraiment pas de bol avec ce système. Je reprends ma route, cette fois sur une piste cyclable mais jonchée de sacs ordures et plantée de panneaux de signalisation.

J’ai donné RDV à 15h pour la chambre. Il ne faut pas que je traîne de trop. Je m’arrête à nouveau pour m’acheter à déjeuner puis essaie de trouver un endroit en bord de mer. Mais c’est impossible. Ce ne sont que des lidos qui se suivent les uns après les autres. Il y a un vigile à chaque entrée et, même en sortant mon plus beau sourire et mes meilleurs arguments, aucun ne veut prendre le risque de me laisser rentrer (à cause du patron !). Je finis enfin par dégoter un passage entre 2 plages privées. Je mets ma tente et mon sac de vélo à sécher sur la coque d’un bateau et je déjeune avec ma vue sur mer … Non mais !

J’arrive sur Napoli par Giugliano di Campana toujours en longeant la côte. Je m’arrête refaire le plein d’eau vu qu’il fait à nouveau très chaud (30°c à l’ombre) et en profite pour admirer ce temple romain.

Par contre, l’itinéraire me fait couper à travers la colline avec une belle montée puis descente pour enfin arriver sur la baie de Napoli. Au passage, je remarque un immense stade sur ma gauche. Je fais le détour pour zieuter le « Stadio Diego Armando Maradona » (ex San Paolo).

Puis m’arrête à nouveau sur la jetée pour immortaliser le Castel dell’Ovo un des principaux emblèmes de la ville.

A 15h pétantes, je suis devant l’entrée de mon AirB&B qui est une auberge de jeunesse située au 6é et 7é étage d’un immeuble au bord du port maritime et presqu’au pied du Castel Nuovo, immense forteresse défendant l’accès de la vieille ville.

Luca le gérant m’attend, me donne les consignes et les clés de mon dortoir qu’occupent également 2 jeunes argentines. Je vais enfin pouvoir prendre une bonne douche et laver mes affaires. Puis je pars à pied en excursion à travers la ville. Luca m’a donné un plan avec les sites incontournables à voir. Je grimpe jusqu’à Montesanto à travers ruelles et escaliers …

… pour admirer la vue sur la baie et le Vésuve au loin.

Je vous fais grâce des photos des places et monuments. Par contre, bien que la ville soit fidèle à mes attentes (sale, bruyante, vieillotte), je tombe sur le charme de ses rues, de ses habitants cosmopolites et de son agitation (quoique les scooters …).

Après avoir pris un Spritz en apéro dans le quartier étudiant, je dîne dans une pizzéria conseillée par Luca (Pizzeria Di Matteo dans le centre historique). La pizza que je commande a été primée en 2012. Elle est effectivement délicieuse.

Quant à mes voisins de table, ils ne m’ont pas trop dérangé !

Je n’ai plus qu’à rentrer et faire un gros dodo avant de repartir pour de nouvelles aventures demain …

Résumé : 85kms, 4h15, 20km/h, beau temps, chambre AirBnB

J59 – dimanche 5 juin – Monte Circello / San Sebastiano

La nuit a été quelque peu agitée suite à la réception d’un sms de ma belle-sœur Florence. Rien de dramatique bien au contraire. Comme d’habitude je suis réveillé vers 6h30 et me prépare pour cette nouvelle journée. Par contre, le ciel et la mer se sont drapées de nuances de gris ce matin. Après avoir déjeuné avec vue sur mer, je quitte ce bivouac de bout du monde pour redescendre parmi les humains. J’adore ces endroits où je me retrouve seul au bout du monde !

La vue en descendant de mon perchoir est splendide. D’un côté de ce promontoire, je découvre le littoral avec ces 3 lacs dont je parlais hier …

… Et de l’autre côté, la baie de San Felice Circello.

Je m’y arrête d’ailleurs en ce dimanche matin grisâtre où les habitants doivent faire la grasse mat’. J’imagine cet endroit en plein été … Quelle chance j’ai de pouvoir profiter de ces endroits alors qu’il n’y a personne !

Je longe ensuite la baie et, comme je le craignais hier, ce sont des résidences sécurisées qui se jouxtent; chacune donnant sur sa plage privée. J’ai bien intuité de grimper sur la colline. Après avoir passé le cap de cette baie de Viale Circe, le paysage change complètement. Dorénavant, les montagnes tombent à pic presque dans la mer. Finies ces grandes plaines littorales et ces immenses plages. J’emprunte dorénavant la route SR213. Comme chaque dimanche matin, des pelotons de cyclistes l’empruntent. J’ai droit à chaque fois à des encouragements. De plus, la circulation est relativement calme. J’arrive dans la superbe ville de Sperlonga où je m’arrête pour ma pause matinale.

Je n’ose pas trop attaquer les ruelles qui montent dans la vieille ville. En ce dimanche matin, il y a du monde, de la pente et de l’étroitesse. Je bascule donc de l’autre côté de cette jolie baie et emprunte une route creusé dans la pente et dans la roche d’où de nombreux tunnels à traverser. A ce sujet, l’éclairage que m’a installé le patron de Cyclable est super. Je l’ai réglé en mode Auto. Avec un capteur solaire, elle détecte automatiquement la luminosité et s’allume toute seule dans les tunnels empruntés.

Après m’être arrêté pour prendre cette photo et brancher mon panneau solaire (pas pour longtemps !), un véhicule, croisé dans l’autre sens et qui m’avait klaxonné, a fait demi-tour et s’arrête à ma hauteur. A son bord, un père et sa fille d’une vingtaine d’années. Ils engagent la conversation en anglais et me demandent d’où je viens, où je vais et si j’ai besoin de quelque chose de particulier … Incroyable ! Je les remercie et leur dit que je file vers Napoli puis la Sicile. Ils me conseillent alors des endroits à visiter, me souhaitent un bon voyage et repartent. Je repars vers Gaeta, pointe de cette baie, où je m’arrête déjeuner. Les parasols sont de sortie ce qui n’est pas le cas du soleil qui, lui, doit faire une bonne grasse mat’. D’ailleurs ils tombent même quelques gouttes alors que je déjeune dans un parc en front de mer.

Je passe de l’autre côté du cap et décide de m’arrêter faire un siestou sur un banc public à l’abri d’un pin parasol. Bien m’en a pris car les quelques gouttes se sont transformées en une petite averse. Je me réveille en plein sommeil en me demandant où je suis et quel est l’imbécile qui me verse de l’eau sur la tronche. Le temps de sortir mon ciré jaune, la pluie s’arrête ! Je repars donc et continue ma tournée des baies alors que le soleil daigne enfin faire son apparition. De baie en baie, la voilà la jolie baie …

Comme j’ai un peu la tête dans le cul, c’est Q2 … enfin non, je veux dire U2 qui m’accompagne en ce début d’après-midi. Comme d’hab’, j’essaie de rester au plus près de la mer où le spectacle est quand même plus agréable que le long de la route SS7 (ou Via Domitiana). Par contre, parfois, je suis obligé de remonter les rivières pour choper un pont. C’est le cas de la Riume Garigliano. J’en profite d’ailleurs pour faire le plein d’orange directement du producteur au consommateur. Elles n’en sont que meilleures.

Je ne suis plus qu’à une soixantaine de bornes Napoli. Mais il faut que je surveille l’heure et la topographie pour ne pas me faire avoir. Les stations balnéaires vont s’enchaîner les unes après les autres. Je repère donc une pinède où je décide de bivouaquer. Auparavant, je me suis arrêté déguster ma glace (cioccalato – cerena) et acheter ma Peroni récompense. Après avoir traversé la pinède, j’arrive en bord de plage. Je me lave puis m’accorde ma pause après avoir déniché une chaise pliante et récupéré un tronc d’arbre. Par contre, le temps tourne à nouveau et les orages arrivent …

Alors que je suis en train de pisser, un gars déboule de nulle part. Il a ses 2 boules moulées dans son maillot de bain. Il vient me taper la causette. Au départ il me parle vélo et notamment de sa passion pour le VTT. Puis il m’incite à faire gaffe à mes affaires. Et aussi que ce sont des plages pour nudistes et homos. Enfin il me vante la beauté de mon destrier … et de son propriétaire. Évidemment, j’avais bien compris à qui j’avais affaire. Je ne lui propose pas ma bibite que je me garde pour moi; mon ami Peroni ne faisant que 33cl. On se quitte bons amis. Comme le temps est en train de tourner vinaigre, je me rapatrie sous la pinède et installe ma tente juste avant que l’orage n’éclate. Il est 18h et il fait déjà nuit !

J’ai juste le temps de rentrer à l’abri avant que le déluge ne s’abatte. Puis bouquiner en attendant une accalmie avant d’aller dîner. Je retourne alors sur mon siège de ministre en admirant les couleurs du coucher de soleil avant qu’il ne retombe une averse. Dodo sous l’eau.

Résumé : 95kms, 5h15, 18,1km/h, couvert AM – beau PM – orage, bivouac

J58 – samedi 4 juin – Lido di Ostia / Monte Circello

La nuit a été mauvaise. J’ai fait un vilain cauchemar qui me projetait dans le film « Affreux, sales et méchants » (Brutti, sporchi e cattivi) d’Ettore Scola. Je me réveillais sous un ciel plombé et un léger crachin alors que je venais de dormir dans une petite tente sur un plage italienne et que je voyageais à vélo chargé comme un mulet !

Après avoir déjeuné assis sur une planche soutenue par des troncs d’arbre (c’est bizarre des fois les rêves !), j’empruntais une route défoncée et bordée par une forêt sombre et inaccessible à cause de barbelés. Sur cette route défoncée, circulaient des véhicules vombrissant et me rasant de très près. Puis, en sortant de cette forêt, je longeais une ville interminable. Les bâtiments étaient d’une laideur incommensurable. Les plus insalubres étaient détruits par d’immenses pelleteuses alors que leurs habitants assistaient à ce triste spectacle. Les détritus jonchaient les rues. Les rares promeneurs étaient tristes comme un samedi gris et pluvieux. Les plages d’un sable sale ne donnaient pas envie d’aller se baigner.

Devant leur stand de lavage à la main de voitures ou devant une station-service distribuant de l’essence à 1,60€/litre, de vieux hindoux (c’est vraiment bizarre les rêves !) attendaient le client, assis sur de mauvaises chaises en plastique. Ils me faisaient penser à ces vieilles prostituées croisées à l’orée de sous-bois pendant un périple à vélo dans le sud de l’Europe. Elles attendaient aussi un éventuel client, engoncées dans des tenues les boudinant et laissant dégueuler leurs chairs avachies et maquillées outrageusement pour cacher l’usure du temps.

Alors que les véhicules continuaient de me raser les miches au risque de m’envoyer au paradis des cyclistes, des publicités pour une entreprise d’obsèques vantaient ses mérites et ses tarifs !

Un véritable cauchemar, vous dis-je. Et c’était vraiment affreux, sales et méchants (routes). Heureusement, au bout d’un peu plus de 2 heures, je me suis enfin éveillé. J’ai bu un bon café américain accompagné d’un beignet au chocolat dans la jolie station balnéaire d’Anzio. Le ciel était à nouveau bleu. Le temps était beau. Les amoureux en terrasse se disaient des mots doux. Les gens souriaient. J’étais au bord d’un petite plage où les familles commençaient à s’installer en ce beau samedi printanier.

Par contre, en traversant cette ville, je constate avec humour (anglais !) qu’il y a aussi des écologistes responsables et raisonnés par ici. Quelle surprise de voir une belle piste cyclable à l’anglaise en plein milieu d’une ville italienne !

Je sors de cette vile et emprunte une route qui contourne un énorme camp militaire en bordure de plage. Sur cette route, je m’arrête devant un mausolée dédié à un cycliste certainement tué par un automobiliste.

Puis je retrouve la mare et de petites stations balnéaires calmes et paisibles. Je m’arrête dans l’une d’elle à Borgo Sabotino dans la province de Latinia. J’y fais quelques emplettes pour mon déjeuner sur la plage : pizza, croquette de riz, yaourt et une bouteille de Peroni (66cl) pour la modique somme de 6€. Ils poussent quand même un peu à la consommation de bières vu le prix de la bouteille ! Je m’installe sur un tronc d’arbre et admire le paysage tout en observant les gens. D’ailleurs, je suis abordé par un black parlant français. Ils sont quelques-uns à arpenter les environs pour essayer de fourguer leur camelote. Il me dit qu’il n’a pas trop le choix. Ce que je comprends aisément. On discute un long moment et, pour me remercier, il me laisse un bracelet en cadeau. Sympa !

Et oui, la vie est bien faite : les hindous assis aux pompes, les blacks debouts en tong et les blancs couchés en transat ! Quant à moi, je repars assis à vélo au son de Dire Straits et aux effluves de Peroni …

J’emprunte toujours la strada Lungomare qui longe la mer comme son nom l’indique ! De l’autre côté de la route se trouvent de grands lacs : lago di Fogliano, lago dei Monaci e lago di Caprolace. Puis derrière ces lacs, la plaine et des montagnes au loin. Il y a beaucoup moins de monde que hier. Par contre, le stationnement est toujours payant et les pervenches veillent.

J’arrive en vue de la pointe que j’aperçois depuis un long moment. Le village au pied se nomme Mezzomonte. Je m’y arrête boire une boisson sucrée, manger une banane et faire le point sur la situation. De l’autre côté de la baie, je ne repère qu’une plage immense avec d’innombrables quadrillages représentant certainement des lotissements. Je pense que cela ne va pas être facile de trouver un bivouac par là. L’autre possibilité est de grimper en haut du massif. Vu que la journée a été sans relief, un peu de dénivelé ne me fera pas de mal ! Je trace ma route via mon GPS et attaque la mezzo monte … En bas de cette montée se trouve un bâtiment devant lequel il y a … une douche qui fonctionne parfaitement. C’est vraiment dommage qu’elle ne soit pas en haut du promontoire. Et aussi une arrivée d’eau. J’en profite pour refaire le plein et attaque. Il n’est que 17h mais la frondaison et l’étroitesse de la route rend cette montée magique.

Par contre, j’arrive devant une autre station de pompage et la route bitumée se termine là. Ensuite il y a une piste forestière. C’est vraiment pénible ce GPS vélo de Maps.me qui m’envoie sur ces pistes. Je pose le vélo et pars en repérage. Je croise un groupe de randonneurs qui m’indiquent que la route bitumée n’est plus très loin et que ça passe à vélo. Je redescends et repars avec mon destrier. A part quelques passages délicats, ça passe effectivement sans problème.

Tant que j’y suis, je grimpe jusqu’au Monte Circello où se trouvent des antennes militaires. Je suis tout à gauche à 6km/h mais il n’y a pas de gros pourcentages et c’est assez régulier. Cependant, les quelques randonneurs, cyclistes et automobilistes que je croise doivent me prendre pour un grand malade. Ce qui n’est pas complètement faux … Par contre, la route est hyper escarpée et il n’y a pas de replat où bivouaquer. Je trouve juste un endroit en bordure de route qui fera l’affaire. Je me pose, me lave, me réhydrate avec ma Peroni du soir bien méritée et dîne dans une quiétude extraordinaire et devant la mer qui s’étend à l’infini devant moi. Quel pied !!! Devant moi, 3 îles émergent dont la principale Isola di Ponza.

Avant que je n’oublie, je voulais dédier ce fantastique bivouac à mes « Suédoises du sud » … vous savez les deux cousines Julie et Bénédicte croisées l’an dernier à La Rochelle. Elles sont reparties en périple ce matin chacune de leur côté et devrait se retrouver au Grau-du-Roi. Et pour aller où ? Je vous le donne en mille. Comme l’an dernier, elles continueront à suivre ma trace et se dirigeront vers le nord de l’Espagne. Je les ai prévenues des difficultés qui les attendent. J’attends de leurs nouvelles. Quant à moi, je vais essayer de planter ma tente dans la caillasse.

Résumé : 100kms, 5h50, 17,1km/h, temps couvert, bivouac

J57 – vendredi 3 juin – Tarquinia / Lido di Ostia

Récupérer sous une douce nuit. Me réveiller aux aurores. Plier le bivouac. Déjeuner frugal (1/2 melon, thé & gâteaux secs). Départ matinal.

Je passe les 2 fermes sans encombre malgré les aboiements d’un vieux matou. Par contre, alors que j’arrive au bout du chemin pour rejoindre la route, j’ai la mauvaise surprise de voir le portail fermé. Heureusement, qu’il n’est pas trop haut sinon j’étais mal. Je passe mes sacoches puis le vélo par dessus et me voilà reparti pour une nouvelle journée qui s’annonce ensoleillée.

Je reprends donc la route de Tarquinia. Après à peine 10 kilomètres, j’y arrive. J’ai bien fait de m’être arrêté sur mon chemin sinon cela aurait été compliqué de trouver un bivouac. Je monte visiter cette ville fortifiée. En ce début de matinée, c’est très calme. Je me balade dans les ruelles de la vieille vill à l’intérieur des remparts. J’aurais bien aimé visiter l’acropole et la nécropole étrusque mais ce n’est pas encore ouvert. Tant pis.

Je redescends vers la mer en empruntant à nouveau la route SS1 dénommée Via Aurelia. A ce sujet, j’ai une pensée pour ma cousine Aurélia et sa petite famille ainsi que pour sa petite sœur Ilona et son grand frangin Alexis; et, bien évidemment, pour mon oncle Marc, concepteur et gourou de la morpho-coiffure, et sa compagne Christine. Je me dirige maintenant vers Rome que je vais éviter en longeant la côte. J’y suis venu une semaine avec Titouan pendant les fêtes de Noël avant qu’il ne parte au Québec. Nous avions arpenté la ville à pied.. Nous étions même allé à pied jusqu’aux catacombes. J’en garde un excellent souvenir si ce n’est cette circulation incessante de bagnoles, bus puants et scooters pétaradants. De même, j’étais déjà venu à 2 reprises à Firenze (Florence). La première avec Hélène, dans ma Lancia GPL, pour y courir un marathon en -3h. La seconde avec mes enfants, dans mon Peugeot Partner, pour une vadrouille en Toscane.

En milieu de matinée, j’arrive à Civitavecchia qui est un important port pour traîne-gogos qui embarquent se balader en Méditerranée sur de monstrueux immeubles flottants. D’ailleurs, je suis impressionné par le nombre de ces incongruités amarrés sur d’immenses quais.

Je me pose dans un café du centre historique avant de reprendre ma route toujours plein sud. Il fait super beau. Le vent me pousse dans le dos. J’avance bon train sur cette route dont la bande de sécurité me permet de rouler en toute … sécurité ! Le front de mer n’est pas spécialement terrible mais le moindre recoin est occupé. Des pontons sont installés par endroit pour combler le manque de plages.

Je double un trio de cyclistes, un homme et deux femmes, à l’arrêt. Puis, alors que je dois rouler à +25km/h, je vois le gars me doubler en aspiration derrière un camion qui doit être à plus de 60km/h ! Bout d’un moment, il se relève et attend ses compagnes. Je le salue au passage et continue ma route. Vers 12h30, je m’arrête dans une trattoria en bord de route et juste derrière l’aéroport militaire de Furbara. Le trio me rejoint à ce moment-là et me fait de grands signes de la main. C’est toujours sympa ! Je déguste un plat de spaghettis carbonara accompagné d’une bonne bière Peroni 66cl ! Avec ça, je vais repartir au taquet …

Et il me fallait bien cela pour tenir le rythme et le coup. Cette route n’a vraiment aucun arrêt. De plus, elle est dans un état lamentable. J’ai mis ma musique à fond et j’essaie de garder un bon rythme pour quitter ce coin au plus vite. Les avions volent de plus en plus bas. C’est bon signe. J’approche de l’aéroport de Roma-Fiumicino. Je finis par y arriver et emprunter enfin une belle piste cyclable qui contourne les pistes. D’ailleurs, cette piste a dû être tracée par un écologiste total : elle est large, rectiligne et sans chicane … Incroyable, non ?

A la fin de cette longue piste, je repère une supérette. Je n’ai vraiment plus rien à becqueter. Je pose donc mon vélo sur le parking le long d’une petite caravane de boulanger qui est fermée, l’attache, mets mon masque et vais faire mes emplettes. A mon retour, la boulange a ouvert. La charmante boulangère me propose un pain. Elle me baragouine en italien mais je n’y entrave queue-de-chique ! Finalement, elle m’offre une miche aux raisins que je goûterais ce soir. Je la remercie et repars.

Me voilà maintenant dans les embouteillages du vendredi soir à la sortie de Fiumicino. Il y a 2 ponts à traverser et c’est vraiment le bordel. Je circule sur les trottoirs pour éviter de me faire serrer. Je me croirais de retour à Blagnac ! D’ailleurs, en regardant les rares avions décoller, je me dis que je ne suis qu’à une heure de vol de la « maison ». Après être sorti du merdier, je rejoins la station balnéaire de Lido di Ostia. La promenade qui longe les plages est interminable. Ce ne sont que des plages privées qui succèdent à des plages publiques. De temps en temps, étonnamment, des camps de prisonniers sont intercalés entre ces plages. Ce doit être pour des délinquants avec des peines légères. Ils sont hébergés dans des cabanes en bois et passent leur temps allongés sur des chaises longues à l’abri de parasols. Je les plains quand même.

Par contre, l’heure avance et la recherche du bivouac approche. Pour me donner du courage, je me tape une bonne glace cioccolato-rum / mango. Je longe à présent la SP601 (ou Via Litoranea) qui est bordée de forêts. Mais, comme hier, elles sont impénétrables à cause de fils barbelés tout le long. Finalement, j’arrive à trouver un chemin qui accéde à une plage et son bar. Et, au bout du parking, je repère un accès sur les dunes. Ce sera parfait pour ce soir. J’installe mon campement en récupérant des troncs et des planches pour être confortablement assis. Après avoir pris ma douche, avec une bouteille d’eau préalablement chauffée au soleil, me voilà fin prêt pour l’apéro et le dîner.

Le soleil se couche. La plage se vide. Je vais pouvoir monter ma tente et m’endormir au son des vagues. Elle est pas belle la vie ?

Résumé : 120kms, 6h15, 19,2km/h, temps chaud, bivouac

J56 – jeudi 2 juin – Alberese / Tarquinia

Ayant orienté ma tente plein est, je suis à nouveau réveillé aux aurores. Je me lève à 6h30. La nuit a été douce. Le soleil tape déjà. Le ciel est immensément bleu. Je suis frais et dispo après avoir dormi comme un bébé à l’ombre de ce majestueux chêne centenaire. Quel magnifique bivouac !

Ce matin, j’ai envie de faire l’école buissonnière. J’étudie mes cartes et décide de partir à l’intérieur des terres. J’ai envie de redécouvrir la Toscane avec ses douces collines, ses villages perchés, ses alignements de cyprès … Je quitte ce parc avec regret d’autant plus que, en rejoignant la sortie, je débusque un couple de daims. Incroyable !

J’emprunte une route charmante (SP16) qui me fait gravir ma première colline de la journée. J’arrive au village de Montiano et monte la forte pente pour visiter ce petit village.

Des petits vieux discutent à la terrasse du café et me saluent d’un « Buon giorno » chantant. Je me baladent à travers ruelles et tunnels pour arriver sur la charmante place de l’église.

Je repars et admire la vue sur les collines environnantes plantées de champs d’oliviers, de vignes et de blés. Au loin, je devine la mer à qui je fais des infidèlités.

En milieu de matinée, je m’arrête dans une pasticceria dans le village fortifié de Magliano in Toscana.

Cette pâtisserie-bar est tenue par trois charmantes femmes ô combien volubiles. Je commande mon café et ma pizza piccolo. Je me régale aussi en les écoutant s’interpeller d’un bout à l’autre du magasin et discuter, avec force geste évidemment, avec les clients.

Mais il me faut repartir. Je vadrouille à nouveau à travers monts et vallées. Dans un grand virage à gauche, j’aperçois à droite une trattoria. Il est 12h30 et je commence à avoir faim. Par contre, il n’y a pas un client en terrasse. Je zieute sur mon GPS pour repérer le prochain restau. Celui-ci n’est pas indiqué et le prochain est assez loin. Je m’arrête. Je commande une bonne bière bien fraîche puis un plat de tortelli fourré au beurre/sauge et au ragoût et saupoudré de parmesan : nouvelle tuerie ! Par contre, les plats sont servis sans pain. Et sans pain, ça ne le fait. Heureusement que j’ai mes sacoches et mon quignon de pain à disposition pour pouvoir saucer mon assiette !

Au sujet du pain acheté dans les boulangeries locales depuis mon arrivée en Italie, je ne le trouve pas extra. Il est sans sel et sans air. Par rapport aux pains confectionnés par mon ami Gilles dans sa boulangerie-pâtisserie de Gratentour, c’est le jour et la nuit. Si vous avez l’occasion, passez et dites que vous venez de ma part (sa femme Pascale tient la caisse). Ils ont également une excellent jeune pâtissière. A ce sujet, je choisis un dessert dont je ne connais pas le nom. Le jeune serveur a beau essayé de m’expliquer, je ne comprends pas. J’aime bien les découvertes même culinaires. Effectivement, quand il me l’amène, la surprise est bonne ! C’est du Vin Santo, vin doux de Toscane servi avec des cantucci (biscuit sec à base d’amandes). Par contre, je crains un peu quand je vais remonter sur le vélo …

Effectivement, le démarrage est délicat. Mais les effets sont surprenants. Au bout de quelques kilomètres, je pense voir un troupeau de moutons sans tête ?!?

Puis je pense déposer sur place 4 gars en mode Gravel et Bike-packing. D’ailleurs, même en les doublant, ils ne me répondent pas. Ce doit être une hallucination vu le degré d’alcool et la chaleur accablante de ce début d’après-midi. Alors que je suis mon GPS tant bien que mal, me voici maintenant en pleine course cycliste pro dans les Strade Bianche (Les Routes Blanches qui se courent du côté de Sienne). Vous remarquerez que j’ai sorti mes panneaux solaires pour recharger ma batterie externe.

Par contre, je suis bien seul sur ce chemin qui va me faire suer dans tous les sens du terme. De plus, le paysage a changé. Ce sont maintenant des champs de blés qui s’étendent à perte de vue sur les collines avoisinantes. Ça grimpe, ça descend, ça tape, ça cogne … ça me dé-saoule !

Au bout de kilomètres interminables, je rejoins enfin une route bitumée (la SP3). Je n’ai rempli qu’un bidon d’eau en partant du restau et je suis bientôt à sec. De plus, l’eau est chaude. Je ne croise aucun village, aucun bar depuis la trattoria de ce midi. Que cette longue route est monotone … D’ailleurs, je suis entré dans la province du Latium. Arrivederci Toscana ! Alors que j’allais m’arrêter dans une ferme pour demander de l’eau, je tombe à point sur un étal installé devant une ferme. J’achète melon, abricots, brugnons et fais le plein d’eau de mes gourdes. De plus, les fruits choisis par la fermière sont mûrs et juteux. Un véritable délice …

Après m’être arrêté pour les déguster, je zieute ma carte. Je n’ai pas d’autres choix que de continuer dans les terres avant de rejoindre le littoral plus au sud. L’heure avance. Les cuisses ont été mises à nouveau rude épreuve. La prochaine ville Tarquinia est encore loin et je n’ai pas envie de m’y pointer en fin d’après-midi. Je vais traverser une grande forêt et je pense y trouver un coin tranquille pour bivouaquer. Las ! Chaque parcelle est entourée de barbelés et les portails sont cadenassés. Impossible d’y pénétrer. Alors que je me résouds à filer vers la ville, je tombe sur une route cimentée qui dessert des vignes … et 2 propriétés plus-bas. La caravane passe alors que les chiens aboient. Je descends le coteau par un sentier et finis par tomber devant une barrière m’interdisant d’aller plus loin. Je suis assez loin des maisons. Je me pose !

Résumé : 105kms, 6h15, 16,8km/h, temps chaud, bivouac

J54 – mardi 1er juin – Montignoso / Mazzanta

En ce 1er juin, je suis réveillé aux aurores. Je jette un œil sur mon téléphone et me dis qu’il est encore tôt pour me lever. Je traînasse un peu puis me lève et plie mes affaires. Mais il n’est que 6h30 du matin et le soleil est déjà là ! Deux mois déjà que je suis parti. Et toujours cette envie matinale de repartir pour découvrir de nouveaux paysages et rencontrer de nouvelles personnes. Je quitte mon parc et traverse la route pour aller déjeuner sur un banc avec vue sur l’étendue bien calme.

Une barque de pêcheur rentre au port. Une femme vient ramasser des galets plats. Une pièce de 20 centimes m’attend sur le banc. Une nouvelle journée commence …

J’emprunte la piste cyclable qui longe la mer. C’est une succession de stations balnéaires qui s’enchaînent les unes après les autres pendant une vingtaine de kilomètres. Sur ma droite, j’aperçois la mer cachée par des clubs privés avec ses alignements de chaises longues qui attendent leurs corps bronzés, sa piscine, son terrain de volley et son bar-restau. Les commerces ouvrent à peine. Il me faut être vigilant pour éviter les piétons qui traversent sans regarder, les joggeurs matinaux qui préfèrent la piste au trottoir et les autres cyclistes qui déambulent tranquillement. Mais le temps passe vite avec ce spectacle.

Pratiquement au bout de cette immense promenade, je tombe sur un petit port où les femmes vendent le produit, principalement des poulpes, de la pêche matinale de leur mari.

Puis j’attaque la traversée de 2 immenses réserves en bord de littoral. Après la fureur toute relative de la ville, je retrouve le calme apaisant de la forêt en parcourant de belles pistes. Quelquefois, il y a de mauvaises surprises ce qui m’oblige à de petits détours …

Et puis, j’ai à nouveau la chance de voir deux chevreuils qui longent la piste que j’emprunte avant de s’enfoncer à nouveau dans les frondaisons. Par contre, alors que j’ai emprunté des pistes sans trop suivre l’itinéraire de mon GPS, j’ai la mauvaise surprise de tomber sur un portail fermé à clé. Heureusement, une belle villa jouxte l’allée et je demande aux propriétaires, un couple de personnes âgées avec leur petite fille, de m’ouvrir leur portillon et de traverser leur propriété afin de pouvoir rejoindre la route. Je m’arrête un plus loin dans un café sympa pour y boire mon café. Puis je reprends la route vers Pisa qui n’est plus très loin. J’arrive sur le site qui est toujours aussi grandiose …

… et la Tour toujours aussi de traviole !

Je me balade dans les rues où c’est vraiment très calme. Il n’y a pratiquement pas de touristes. Tant mieux pour moi. Hier, je n’ai rencontré que 2 couples de français dont un de Montpellier et quelques allemands. Je suis vraiment veinard.

Puis je quitte Pise en empruntant une piste cyclable urbaine puis une une ancienne voie ferrée réaménagée avec un superbe revêtement. Cette piste me ramène à Marina de Pisa. Je m’y arrête dans un restau fréquenté par des autochtones et y déguste un délicieux plat de Linguine arselle sgusciate (pâtes aux fruits de mer décortiqués ?!?) accompagné d’un pichet de vin blanc. Le serveur, la quarantaine triomphante, cheveux gominés, verve italienne, polo rose et running jaune, assure un max avec une dizaine de tables à servir et la conversation à assurer ! Je prends mon dessous de table en photo avec la carte des cépages italiens … C’est assez impressionnant.

Auparavant, après m’être connecté à la Wi-Fi, je récupère l’article paru sur La Dépêche du Midi de ce dimanche.

Je quitte cet endroit bien sympathique pour reprendre le bord de mer en suivant une piste cyclable le long de la route SP224 pour rejoindre Livourne. Le moindre recoin est squatté pour poser sa serviette.

Là, c’est une autre paire de manches. J’arrive par la zone portuaire et il me faut la contourner ainsi que la zone pétro-chimique. La circulation de poids-lourds y est dense et je n’ai qu’une hâte : en sortir ! Je longe cette ville sans trop m’attarder si ce n’est pour constater que la distanciation sociale n’est pas la même partout contrairement à la mode des maillots de bain féminin !

Quoique je suis médisant puisque de l’autre côté de la baie avec vue sur les îles de Gorgone et Capri au loin …

Puis je retrouve ma route SS1 avant de suivre à droite la SP39 qui longe la côte et m’emmène à Castiglioncello. A un moment, je me fais doubler dans une descente par un cycliste, l’écart reste le même sur le plat mais je reviens sur lui dans les montées vu qu’il reste sur la grosse plaque. Cela dure un long moment. Je dois avouer que ma compile des Légendes du Rock m’aide bien à garder le rythme ! Et oui, j’ai enfin pris un abonnement Spotify pour m’accompagner.

Arrivé dans cette ville au nom improbable, je fais une infidélité à mon Schweppes Tonic et m’arrête dans une gelateria. Je me tape une piccolo (2 boules à 2€) avec cioccolato fondente e crema di pistaccchi : une véritable tuerie ! Il est déjà 17h00. Je vais faire quelques courses avant de reprendre la route et songer à trouver un nouveau bivouac. J’emprunte à nouveau une belle piste cyclable qui longe la SP39 jusqu’à Mazzanta. Comme les stations balnéaires se succèdent à nouveau avec son lot de campings immenses, je jardine un peu avant de me diriger vers la Riserva Naturale Biogenetica Tomboli di Cecina où je trouve mon bonheur dans une forêt de pins méditerranéens derrière une dune qui donne sur la mer. Il y a même une table où je pourrais manger assis. Par contre, comme sur mes précédents bivouacs, les moustiques tigres sont aussi de la fête ! Quelle saloperie ces bestioles …

Et puis, au rayon des bonnes nouvelles, j’ai reçu un message de ma fille Gwendoline qui m’annonce avoir trouvé un emploi pour un sous-traitant d’Orange. Après son départ précipité de chez son ex-compagnon, elle a réussi en très peu de temps à trouver une coloc, une voiture et un boulot alimentaire puis ce job un peu plus stable. Comme quoi « Comme on veut, on peut » et « Tout se fera ». Mon fils Titouan, quant à lui, a été recruté dans la plus grosse agence de marketing de Montréal après avoir été contacté par des chasseurs de tête. Trop fier de mes enfants le papa ! Cela va en faire des choses à arroser à mon retour …

Résumé : 110kms, 6h10, 17,8km/h, beau temps, bivouac

J55 – mercredi 2 juin – Mazzanta / Alberese

Réveillé à nouveau aux aurores, je me prépare comme d’hab’. Le ciel est couvert cet matin. Je ne vais pas pouvoir brancher mon panneau solaire. Et oui, j’ai fait le test hier vu le soleil qui cognait fort. J’ai donc pu recharger ma batterie externe dans l’après-midi grâce aux généreux rayons solaires. Et, depuis ma batterie externe, j’ai rechargé complètement mon iPhone et la moitié de la batterie de mon iPad. Merci à mon conseiller technique Loïc pour cette précieuse acquisition qui me rend mon autonomie complète. Un peu avant 8h, je prends à nouveau la piste en quittant mon confortable bivouac.

Je suis pendant une dizaine de kilomètres une piste dans ce parc littoral. J’y croise de nombreux joggeurs et promeneurs matinaux. Comme il n’y a aucune station à proximité, j’imagine que ce sont des occupants des nombreux campings alentours. La piste est agréable et la mer juste à proximité.

Puis j’emprunte à nouveau une route, la SP39 ou via Aurélia, qui longe la route SS1 devenue autoroute E80 et la voie ferrée. Je longe d’immenses domaines viticoles implantés au pied des collines toscanes. Je rejoins à nouveau la mer à San Vincenzo. J’aime bien arriver dans des villes. Cela rompt un peu la monotonie de cette grande ligne droite. Ensuite, j’emprunte une nouvelle piste cyclable qui dessert les plages de sable et qui longe la SP23. Je reviens sur un couple de VTTistes électrisés et profite pendant de nombreux kilomètres de l’aspiration.

Alors que la piste cyclable rejoint la route, l’homme qui mène l’allure, son chien tranquille sur son porte-bagage, accélère méchamment. Les moteurs électriques chauffent et mes cuissous aussi. Je m’accroche à +25km/h alors que la route grimpe légèrement. Et puis, un champ de coquelicots l’inspire et tous les deux s’arrêtent. Je les remercie d’un souriant « Gracie mille » alors que la route devient vallonnée à l’approche de la pointe de Piombino d’où les ferrys partent pour rejoindre l’île d’Elbe, « résidence italienne » de Napoléon, qui se trouve juste en face. Quant à moi, je bifurque à gauche pour me diriger vers Follonica. Alors que je rejoins un chemin en bord de mer et qu’il est bientôt 11h, je trouve enfin une guinguette pour y boire mon café et y déguster une petite pizza aux tomates. Je profite également de la wi-fi pour passer quelques coups de fil à mes vieux amis. Finalement, il est 12h30 quand je repars !

Je reprends le chemin qui longe la plage. Je peux de temps en temps surveiller la baignade et admirer au loin l’île d’Elbe. A droite de la photo se trouve la pointe de Piombino. On pourrait presque y aller à la nage … enfin « on », pas moi !

Par contre, je commence à avoir sérieusement les crocs mais aucun restau à l’horizon. Je finis par m’arrêter pour dévorer un quignon de pain et un morceau de fromage ainsi que mes arachides salés. Je repars et trouve enfin une nouvelle guinguette en bordure de plage où je commande un Nico. Je ne sais pas trop ce qu’il y a dedans. J’ai beau jouer mon « appel à un ami » (Nico justement), ce sera surprise. Comme je ne suis vraiment pas difficile, ça devrait le faire. Après un certain temps d’attente, je déguste enfin ce sandwich chaud avec du très bon jambon de pays, des tomates séchées et du fromage. Je peux repartir.

Puis j’emprunte la route SP158 qui traverse la péninsule de Punta Ala. L’île d’Elbe est prise dans la brume. C’est vrai qu’à la nage, cela doit quand même faire un sacré bout !

Par contre, en descendant la colline, je vois au loin un embouteillage et entends un hélicoptère en approche. C’est mauvais signe. Effectivement, arrivé sur zone, je ne peux que constater qu’il y a eu un accident : le (ou la) pilote d’un scooter en piteux état que j’aperçois posé le long d’un arbre a dû être renversé par un automobiliste. Cela a l’air assez sérieux. Je passe rapidement mon chemin et mesure malheureusement les risques que je prends à circuler sur ces petites routes sans piste cyclable. D’autant plus que la distance de sécurité de 1,50 mètres n’est que très rarement respectée. Je n’ai d’ailleurs vu aucun panneau en ce sens. Par pitié, lorsque vous doublez un cycliste, faites l’effort de respecter cette distance. Un écart à cause d’un nid de poule, d’une racine d’arbre ou d’une plaque d’égout est toujours possible. Et, si vous n’avez pas la place, attendez quelques secondes … Une vie vaut bien quelques secondes perdues !

Même avec mon rétroviseur qui me permet de surveiller mes arrières, je (et bien évident tous les autres cyclistes) suis souvent en danger de mort à circuler dans ces conditions. Par rapport à l’an dernier et au réseau cyclable en dehors des routes même secondaires, le risque était beaucoup moins présent … Il faudra en parler à nos politiques « écologistes responsables et raisonnés » (cela faisait longtemps !). A ce sujet, pour les toulousains, essayez donc de rejoindre à vélo Blagnac aux communes limitrophes de Beauzelle et Seilh, vous m’en direz des nouvelles !

Je continue ma route en serrant un peu plus les fesses et suis content dès que je peux emprunter une piste cyclable même si elles sont souvent partagées avec les piétons. Arrivé à la jolie station balnéaire de Castiglione Della Pescaia (j’adore !), j’essaie de décompresser un peu en me baladant sur la promenade qui est noire de monde. Je ne sais plus trop si ce sont les vacances scolaires, un grand pont ou le déconfinement mais je trouve qu’il y a énormément de monde notamment sur les plages. D’ailleurs, les parkings d’accès étant tous payants, à 2$ l’heure, les municipalités doivent encaisser grave ! Je profite de cet arrêt photo pour manger mes abricots achetés au bord de la route mais, hélas, ils ne sont pas encore assez murs. Et taper la causette avec le pêcheur. Je lui explique mon périple et me gratifie d’un « Complimente ! » qu’il n’est pas besoin de traduire.

Je reprends la route en direction de Grossetto toujours sur ces tronçons dangereux sans échappatoire sur le côté. Je n’ai pas le choix car il me faut traverser la rivière Fiume Bruna et le pont est dans les terres. Par contre, je retrouve ensuite un axe cyclable pour redescendre vers Alberese à l’entrée du Parco Naturale della Maremma où j’espère trouver un nouveau bivouac. Je vais jusqu’au village afin d’y acheter ma bière-récompense, des tucs et des yaourts frais. Puis je repars en arrière pour retrouver le chemin d’accès au parc. Las ! Celui-ci est fermé par un portail. Il y a bien un accès pour les vélos mais le panneau et la caméra me dissuadent d’y rentrer.

Finalement, en remboursant chemin, je trouve un parc de découverte de la faune et de la flore au-dessus du village. Il est interdit aux vélos mais un cheminement permet d’en faire le tour. Je prends le risque. Cette colline qui domine le village est plantée de magnifiques chênes verts et chênes lièges. Au bout, une esplanade avec des bancs et un superbe panneau expliquant les traces des animaux de la forêt m’invite à poser mon bivouac.

Après m’être lavé et changé, je déguste ma bière Peroni et mes tucs. Il est temps de passer à table. Voyons voir ce que m’a préparé mon chef pour le dîner de ce soir :

Insalata di pomodoro verso la Toscana (olio Extra Vergine di oliva, sale e pepe)

Fileti di sgombro verso la Bretagna (semolino Tipiak)

Yogurt albicocca alle latte di Maremma con torte secche

Infuso di erbe con menta e cioccolata con noci

Acqua di vita di prugna di Dédé

Et bien, cela me paraît pas mal du tout. Par contre, désolé, je n’ai pas la traduction française ! Pendant que je dîne de ce délicieux repas cuisiné avec amour, j’entends du bruit dans les buissons juste en face de moi. Je ne bouge plus. Je vois sortir un énorme sanglier suivi de ses 3 fistons. Ils suivent la courbe de niveau et disparaissent dans d’autres taillis. Décidément, par rapport à la péninsule ibérique, je suis vraiment gâté. Je kiffe grave de voir des animaux sauvages se balader dans la nature.

Il est 20h30. Le vieux gland solitaire va pouvoir monter son bivouac à l’ombre d’un vieux chêne.

Résumé : 115kms, 6h10, 18,6km/h, temps couvert, bivouac

J53 – lundi 31 mai – Ca’ di Vara / Montignoso

Il a fait frisquette au petit matin. Cela faisait un bail que je ne m’étais pas blotti dans mon duvet. D’ailleurs, j’ai eu du mal à m’en sortir. Finalement à 8h je quitte ce bivouac sans déjeuner.

Je m’arrête quelques kilomètres plus loin à Brugnatto. En repartant, je remarque une étrange « sculpture » à la sortie de ce village. Peut-être est-ce une manière de recycler les vieux biclous ? Il faudra que j’en parle à mon ami Stéphane de l’Arche pour notre atelier vélo.

A partir de là commence jardinage de la matinée pour me rendre à Vernazza dans les Cinque Terre, ces fameux 5 villages magnifiques. Celui-ci est apparemment le plus beau des 5. Au départ, je suis mon GPS qui m’envoie sur des chemins de traverse à travers la montagne. Je préfère faire demi-tour pour prendre une route plus praticable sachant qu’il va y avoir un sacré dénivelé à grimper. Je lui force donc les points de passage vu que je n’arrive pas à localiser Vernazza pour y aller en voiture. Mais, après une belle grimpette, je me retrouve dans un cul-de-sac dans le village de Corvara où je m’arrête prendre mon café matinal dans une charmante auberge au pied de l’église.

Après il faudrait à nouveau prendre des pistes forestières … ou suivre le GR qui passe par là. Il me faut revenir à Pignone pour reprendre la route SP38. Je grimpe un nouveau col avant d’arriver enfin à la bifurcation qui mène à Vernazza.

Apparemment, cela va le détour et ce jardinage matinal. Ce village est en effet classé dans les plus beaux villages de la Terre ! Je prends donc la petite route qui m’emmène dans cette destination ô combien courue. Je retrouve la mer dans un paysage vraiment superbe.

Des vignes sont plantées à flanc de montagne alors que des villages sont comme accrochés sur la crête des forêts luxuriantes. Alors que j’attaque une montée, un daguet surgit de la forêt sur ma gauche. Il me voit, freine des 4 fers alors qu’il est déjà sur le bitume, dérape du train arrière, patine sur ses sabots et fait demi-jour pour revenir d’où il venait ! C’est mon premier animal sauvage aperçu depuis mon départ. Et pourtant que de chemins et de pistes empruntés …

Dernière bifurcation avant une méchante descente de 4,5kms. Je freine à mort pour ne pas prendre trop de vitesse vu la pente, l’étroitesse de la route, les virages serrés et les véhicules qui remontent. Je me dis que la remontée va être terrible. Il doit y avoir des passages à 15 voire 20% ! Je finis enfin par arriver. Et effectivement cela valait vraiment le détour !

C’est un petit village de pêcheur (à l’origine) établi dans une crique à flanc de montagne. Des ruelles aux marches en ardoise permettent d’accéder à la tour de guet et aux maisons perchées sur les collines. Par contre, je ne suis pas le seul touriste à me balader dans les parages. J’imagine un dimanche en pleine saison. Ce doit être l’horreur. D’ailleurs l’accès est fermé aux véhicules et des parkings payants (2€ l’heure, 15€ la journée) enrichissent leurs propriétaires. A l’entrée du village, j’attache mon vélo et pars me balader à pied dans les ruelles de cet écrin.

Je déjeune d’un sandwich puis décide de prendre le train pour rejoindre La Spezia. En effet, une ligne ferroviaire serpente le long de la mer à travers de nombreux tunnels. Un train passe toutes les 15’ et le transport du vélo est gratuit. Vers 14h30, je rejoins cette ville puis retrouve la route SS1 pour me diriger vers Pisa.

Par contre, en repartant sur mon destrier, je ressens de drôles de sensations comme si les sacoches arrières flottaient. Je m’arrête. C’est tout simplement mon pneu arrière qui est « légèrement » dégonflé. C’est bien la première fois que je crève avec mes supers pneus Schwalbe Marathon Plus. D’autant plus que celui-ci est neuf. Bizarre. Peut-être un plaisantin s’est-il amusé à dégonfler le pneu ? Je trouve un vélociste, regonfle à bloc puis repars. Au bout d’une vingtaine de kilomètres, il me faut admettre que j’ai une crevaison lente. Je m’arrête donc pour réparer dans une petite rue. Un vieux monsieur sort et me demande si j’ai besoin de quelque chose. Je lui réponds que non. Mais il revient m’apporter une bouteille d’eau fraîche. Sympa ! Surtout que le thermomètre affiche 30°c à l’ombre. Je finis par réparer puis repartir pour me retrouver sur un méchant chemin empierré et flaqué (sic!) qui longe la rivière Fiume Magra.

Décidément, c’est vraiment journée jardinage. Demi-tour et je reprends la route SS1. Je m’arrête à Luni dans une panetteria – bar pour ma pause Schweppes – achat pain. Je repars et bifurque à droite en sortant de ce village pour rejoindre le littoral. D’ailleurs je m’aperçois que je viens de quitter la province de Ligurie et entrer en Toscane. Mais l’heure avance et le bivouac du soir approche. Je longe la côte après avoir repéré des parcs mais ceux-ci sont en fait d’immenses campings étoilés. Je finis par trouver mon bonheur dans le Parco Ugo Pisa. Beaucoup de joggeurs s’entraînent sur des chemins souples couverts d’aiguilles de pins. Mais je déniche un coin tranquille pour la nuit. Fin de cette harassante journée.

Résumé : 85kms, 5h20, 15,9km/h, beau temps, bivouac

J52 – dimanche 30 mai – Genova / Ca’ di Vara

Ça y est ! C’est reparti. Il est 7h00 et je suis déjà réveillé. Pas de grasse mat’ en ce dimanche matin. D’ailleurs, heureusement que j’avais mis les boules Quiès, vu que ma chambre donnait directement sur le boulevard devant le port, sinon la nuit aurait été agitée. Je me prépare avec une petite boule au ventre quand même. En effet, après cette dernière semaine dans le contact et le confort, je vais écrire une nouvelle page du roman de ma vie. A 8h00, je suis déjà dans les starting-blocks direction le sud de l’Italie. Je quitte sans regret ma modeste auberge non pas espagnole mais italienne. Et oui, il va falloir que je me fasse à l’idée que les lits douillets, les douches bien chaudes, les bons repas assis à table, … c’est fini pour un petit moment. Mais, j’ai quand même hâte d’être à nouveau dans le paysage.

Pour l’anecdote, hier soir après ma virée en ville, j’ai pu regarder la finale de la Ligue des Champions. Les dirigeants du PSG sont vraiment très forts et très perspicaces ! Ils viennent de virer coup sur coup Unai Emery qui a remporté la Ligue Europa avec Villareal et c’est au tour de Thomas Tuchel, éjecté comme un malpropre la veille de Noël (très élégant !), de remporter la « Coupe aux grandes oreilles » après un superbe match de N’Golo Kanté. Et leur nouvel entraîneur argentin Pocchetino qui, au bout de 6 mois, a déjà des envies d’ailleurs. Quel regret que mes p’tits gars du SCO n’aient pas remporté la Coupe de France en 2017 contre cette bande de mercenaires … M’enfin …

Me voilà donc reparti de bon matin sur mon fidèle destrier en direction de la Tour de Gênes, à l’opposé de ma direction, mais c’est quand même un incontournable de cette ville.

Puis, avant d’attaquer le littoral, je me balade dans les rues désertes du centre historique. Je retrouve le charme architectural italien avec ses ruelles, ses places, ses façades aux peintures en trompe-l’œil, ses maisons aux couleurs vert-olive, ocre ou saumon. J’adore !

Je finis par sortir de la ville et attaquer à nouveau la route du littoral. Je me régale. De plus, en ce jour dominical, les sportifs du dimanche sont de sortie. Et les cyclistes italiens sont beaucoup plus expressifs que leurs collègues ibériques. Que d’encouragements et de « bravo », « grande » ! Cela fait du bien d’autant plus que, pour une reprise, je ne suis pas reparti sur du plat. Ce n’est qu’une succession de bosses. Mais le spectacle est tellement beau que je progresse sans peine.

Je dois couper à travers la péninsule de Portofino pour retrouver le bord de mer à Rapallo. Et là, ça pique un peu ! Je sens que les jambes n’ont plus tourné depuis une semaine. Mais j’arrive quand même à accrocher des cyclos plus âgés que moi et parvenir, sur la plaque du milieu, en haut du col où la vue sur la baie de Gênes est spendide.

Ensuite il n’y plus qu’à basculer de l’autre côté avant de m’arrêter à Rapallo prendre mon premier café italien. Puis je repars en suivant la route SS1 qui, je pense, va devenir ma grande copine dans les jours qui viennent. Je longe la côte et les stations balnéaires qui ont tout de même une autre gueule que celles d’après Barcelone. L’heure avance et il est déjà midi passé. Comme je ne pense pas que les commerces soient ouverts le dimanche après-midi comme en Espagne, je préfère m’arrêter dans une petite boulangerie acheter un pain, un yaourt bien frais et une part de pizza. Ce sera ma première depuis mon départ de Gradignan le 1er avril … excepté celle aux truffes (!) dégustée en apéro à la brasserie « Les trois garçons » de Draguignan avant-hier. Puis je m’arrête à Chiavari pour pique-niquer après avoir admiré une expo de Ferrari. Même si je ne suis pas un amateur de belles bagnoles, je dois avouer qu’elles ont quand même de la gueule.

Alors que les autochtones sont soit à la plage à faire bronzette, soit au restau à déjeuner, je repars avec un gros morceau qui m’attend. En effet, la route SS1 coupe à travers la montagne à partir de Riva Trigoso vu que ce n’est plus possible de suivre la côte trop escarpée. Ça grimpe sur des pentes à 5 ou 6% jusqu’au Passo del Bracco à 615 mètres d’altitude. Le spectacle est sur la route avec des hordes de motards et de scootards qui s’en donnent à cœur joie sur cette route virevoltante. D’ailleurs des contrôles radars automatiques sont installés pratiquement tous les kilomètres sans compter la présence des Carabinieri. Mais le spectacle est également sur ma droite. Je me régale à nouveau les yeux. Quel pied !

Et, ce, d’autant plus que même les motards m’encouragent et me font des signes du pouce. Du jamais vu !!! Je finis par arriver en haut du col après avoir doublé un cycliste qui poussait son vélo alors que la remorque du loueur l’attendait un peu plus haut et discuté (en anglais hélas) avec une femme sur son VTT électrique. Contrairement aux panneaux des cols pyrénéens, ce ne sont pas des autocollants de clubs cyclos mais bien de clubs motos qui garnissent celui-ci.

Après m’être arrêté dans un bar en bord de route pour mon traditionnel Schweppes Tonic (il ne faut pas perdre les bonnes habitudes !), je fais un stop dans la descente pour remplir mes bidons à une source dédiée à Gino Bartali (dit Gino le Pieux) et Fausto Coppi. Pour les jeunes, ce sont deux immenses cyclistes italiens. Le premier a notamment remporté 3 Giros et 2 Tours de France à dix ans d’intervalle avant et après la 2nde guerre mondiale (1938 & 1948). Le second a un palmarès encore plus impressionnant !

Arrivé dans la vallée, mon GPS me fait quitter la SS1 et bifurquer sur la SP566. J’emprunte un pont qui enjambe la rivière Fiume Vara. Comme j’ai déjà pas mal roulé pour cette reprise, je décide d’aller jeter un œil en bas. Je trouve un endroit pour poser ma tente. Ce n’est pas un superbe bivouac mais, pour une reprise, je m’en contenterais.

Résumé : 95kms, 5h30, 17,3km/h, beau temps, bivouac

J52 – vendredi 21 / samedi 29 mai – interlude …

Après une semaine de repos (relatif) et de recharge des accus, je vais attaquer la seconde partie de ce Tour d’Europe à vélo dans le sud. Après être parti le 1er avril de chez ma fille à Gradignan en Gironde puis avoir effectué le tour de la péninsule ibérique pour arriver à Arles/Tech dans les Pyrénées Orientales, demain je reprends la route depuis Gênes pour effectuer le tour de la botte italienne.

En effet, j’ai décidé de ne traverser ni le sud de la France (parce que je l’ai déjà parcouru à plusieurs reprises et des itinéraires variés pour aller voir mon frangin à Ampus dans le Haut-Var), ni la Ligurie (parce que j’y étais passé deux fois en voiture pour me rendre à Florence et je ne gardais pas un super souvenir de cette côte et de sa route très étroite). J’ai donc ciblé Gênes où je viens d’arriver après un voyage en train depuis Les Arcs-Draguignan, changement à Cannes puis à Vintimille pour arriver dans la soirée à destination de mon Airbnb à 2 pas de la gare.

Auparavant, j’ai donc fait une halte bien arrosée (et pas que d’eau ferrugineuse) chez Jessy et Pascal à Arles/Tech. D’ailleurs, si vous passez dans ce superbe coin au pied du Mont Canigou, je vous invite à vous arrêter à Céret, pays de la cerise, au Bernard Pressoir (cf FK) et/ou vous faire coiffer par Emmanuelle en face à l’Abat Torres.

Puis, après avoir loué une voiture à l’aéroport de Perpignan dimanche dernier, je suis remonté déjeuner à Molandier en Ariège chez mon cousin Guilhem, sa femme Audrey et leurs deux espiègles et adorables pitchounes Maxence et Abitgail. J’ai fait la surprise de ma visite à mon oncle et parrain Dédé avec qui j’avais beaucoup voyagé dans mon adolescence (cf ET2020).

Ensuite, je suis redescendu au Petit Nice à Siguer toujours en Ariège pour dîner et dormir chez mon ami Nico en très bonne compagnie.

Le lendemain, je suis remonté sur Toulouse où j’ai rendu ma Twingo toute neuve (10kms au compteur au départ) à la gare Matabiau pour aller chez mon ami Loïc.

J’en ai profité pour nettoyer à fond mon pauvre destrier et changer le pneu arrière en fin de vie. Puis Loïc a diagnostiqué que mon système eWerk (récupération de l’énergie depuis la dynamo de ma roue avant) était bien HS ! Sur ses conseils, j’ai donc fait l’acquisition d’un panneau solaire Décathlon et d’une batterie externe 10.000 mAh afin de pouvoir recharger mes iBidules en restant le plus autonome possible. Je suis également passé chez Cyclable pour réparer mon phare arrière. Mais, au final, ce sont les 2 phares que j’ai dû changer; le système de bouton pressoir sur le phare avant étant défaillant (et vraiment pas génial) et le phare arrière cassé ! J’en ai profité aussi pour passer voir Camille de MécaniCycle où j’ai acheté une nouvelle chaîne. Me voilà donc à nouveau paré pour capter les généreux rayons du soleil, emprunter les tunnels et rouler de nuit, monter les raidards debout sur les pédales. Enfin reprendre la route quoi !

J’en ai également profité pour déjeuner avec mon amie Laurence et mon vieux-frère Christian avant de prendre le train à destination de Les Arcs-sur-Argens/Draguignan.

Et, enfin, de passer quelques jours dans le mas d’Ampus chez mon grand frangin Yves-Marie et ma belle-sœur Florence. J’adore cet endroit et j’y reviens chaque fois avec grand plaisir et l’envie d’y poser mes valises. D’ailleurs, j’aimerais à nouveau remercier mes ami.es et ma famille qui m’ont accueilli pour ces superbes moments de partage et de convivialité pendant cet interlude.

Me voici donc arrivé en Italie en début de soirée. Je vais me balader dans les petites rues génoises à proximité de mon hôtel. Je retrouve avec plaisir la volubilité italienne et le charme de son architecture. Je pense que je vais me régaler à tout point de vue …

Enfin, j’aimerais aussi vous faire partager ce texte envoyé par Loïc :

La vie est un roman dont on sait déjà comment il se termine : à la fin, le héros meurt. Le plus important n’est donc pas comment notre histoire s’achève, mais comment nous remplissons les pages. Car la vie, comme un roman, doit être une aventure. Et les aventures, ce sont les vacances de la vie.

Joël DICKER

Voili-voilou le rapide résumé de ma semaine de repos … bien chargée !

J51 – vendredi 21 mai – Pontos / Arles-sur-Tech

Réveillé par les rayons du soleil qui perce à travers les meurtrières, je me sors de mon duvet pour cette dernière matinée en Espagne. Je monte sur ma terrasse pour y déjeuner. Las, le gaz est à plat comme le bonhomme et le frigo. Il est temps de rentrer et de reconstituer les stocks.

Après avoir plié mon bivouac et au moment où je rangeais mes sacoches, une voix anglaise m’interpelle. C’est une jeune hollandaise qui randonne à travers le pays et qui a dormi au village. Elle montait admirer la Tour. Nous discutons un moment mais il me faut reprendre la route. Je retrouve donc la N-11 qui m’emmène jusqu’à la frontière. Par contre, j’évite de prendre la route de Arles/Tech indiquée dans la vallée qui me ferait passer par le col de Coustouges. Une route certainement magnifique mais que je ferais peut-être un jour sans les sacoches !

Arrivé à La Jonquera, j’évite la zone des grands commerces que j’affectionne pourtant particulièrement et m’arrête dans le centre pour y boire mon café. Je profite une dernière fois de mon café et mes tostadas con tomate y aceite ainsi que de l’ambiance. Je repars et monte jusqu’au col du Perthus. Plus que quelques hectomètres et je serai de retour en France après cette circonvolution ibérique.

Je traverse une nouvelle fois la frontière Franco-Espagnole sans encombre et sans contrôle. Je passe Le Perthus avec aussi ses commerces en tout genre et redescends dans la vallée. A Les CLuses, je prends à gauche direction Céret, le pays de la cerise et enfin Arles/Tech. J’arrive en début d’après-midi alors que Jessy et Pascal s’apprêtent à partir faire des emplettes pour le week-end. J’ai déjà parcouru 5.000kms ! Quel bonheur de les retrouver … et aussi de pouvoir me doucher et me raser !

Je pose mes sacoches et mon clavier. Je vais vous abandonner pendant quelques jours avant de partir pour attaquer le tour de la botte italienne. Nouveau départ prévu le 28 mai …

Résumé : 65kms, 3h30, 18,6km/h, 5.000kms !, hébergement

J50 – jeudi 20 mai – Sant Andreu de LLavaneres / Pontos

En ce 50ème jour de mon périple Tour d’Europe 2021, il fallait bien arroser cela. Et bien, à mon réveil matinal vers 6h30, j’ai à peine le temps de m’habiller et commencer à plier mes gaules que la pluie se met à tomber. Je finis de démonter la tente sous la flotte. Le plafond est vraiment bas et cela semble mal barré. Je reprends la route et m’arrête assez rapidement dès que je trouve un abri pour sortir ma tenue de marin-pêcheur. Cela faisait un bail ! J’en profite aussi pour déjeuner dans une ambiance argentine.

En discutant avec les gars qui ramassent les poubelles, je sens que la journée va être très humide. Tant pis. De toute façon, je remonte vers Arles/Tech sans suivre la Costa Brava. Je vais filer jusqu’à Blanes puis couper vers Figueres. Demain, je devrais être au sec chez mon amie Jessy. Je continue donc ma route en suivant la N-11 très empruntée surtout pour remonter vers Barcelone. Je profite quand même encore de la mer dès que je peux m’en rapprocher.

Arrivé à Blanes, je m’arrête justement en front de mer dans un café nommé « The Shack » tenu par couple hispano-américaine. « The Shack » est le nom d’une petite maison en bois. Maintenant, c’est ambiance américaine avec de la musique country et cela ne me donne pas trop envie de repartir. Par contre, la pluie s’est arrêtée et le soleil refait son apparition. Je vais faire un pèlerinage en-dessous la Tour (en haut à gauche) où j’avais fini une cyclo avec les copains du Stade.

Il s’agissait de la « Costa Brava Challenge » couru il y a 3 ans je crois. On partait le matin de Blanes pour un circuit de 90 kms et 4 cols (de mémoire). Le classement devait être établi par rapport au temps des 4 ascensions. C’est la 1ère fois que je me suis retrouvé dans un groupe, on devait être 6 à ce moment de la course et en chasse derrière les 3 premiers, avec une moto qui nous ouvrait la route toute sirène hurlante. A la montée du dernier col (enfin ce que je pensais être le dernier), j’avais rejoint le 2é et 3é alors que le premier n’était autre que Régis le meilleur coureur du Stade. Ils m’avaient proposé de les suivre mais j’avais préféré attendre Jean-Philippe avec qui j’avais roulé jusqu’alors. Alors que nous pensions arriver sur la promenade de Blanes, le final était jugé à la Tour de guet avec un dernier chrono sur ce méchant tape-cul. Au final, Régis avait suivi la moto de tête qui l’avait envoyé de l’autre côté de la ville. De plus, un problème informatique n’avait pas pu prendre les chronos sur toutes les montées. C’est donc dans l’ordre des arrivées que se ferait le podium. A son arrivée, il était particulièrement furax et ce sont les 2é et 3é, espagnol tous les deux (… tiens donc !), qui se partageaient le podium. De mon côté, j’ai dû finir 6é sur une centaine de participants avec le regret, une fois la panne informatique annoncée, de ne pas avoir suivi les 2 espagnols. Sinon j’aurais fait podium … ce qui est inespéré sur des cyclos tellement le niveau est élevé. Mais encore de très beaux souvenirs avec les potes du Stade.

C’est pas le tout mais il me faut reprendre la route. Je récupère donc la N-11 qui monte vers Girona et le nord. Malheureusement, celle-ci est en travaux pour ajouter des voies de doublement. Je me retrouve à nouveau sur une 1*1 voie avec des blocs de béton sur ma droite. Arrivé à Plat de Videres, je me paume dans un merdier de noeud routier et me retrouve sur une voie pour rentrer sur l’autoroute ! J’arrive à faire demi-tour et récupérer un chemin qui me ramène sur la N-11. Sur ce chemin, je déniche une ferme où je me pose pour faire sécher mon barda et pique-niquer.

Puis je repars sur la route N-11 mais qui est devenue la voie de service de l’autoroute A-2 construite en parallèle. Là, c’est beaucoup plus cool. J’ai pratiquement les 2 voies pour moi tout seul ! De plus, le paysage est champêtre avec, au loin, les premiers contreforts des Pyrénées.

En milieu d’après-midi, je m’arrête dans un bar Schweppes-Tonic. Par contre, il ne faudrait pas que le Service Hygiène y passe. Le patron, un homme entre 2 âges, de petite taille et très sympathique, ne doit pas être un fan du ménage. Alors que j’allais partir, un cyclotouriste entre dans le bar et demande si quelqu’un parle anglais. C’est un allemand au look de biker, bandana sur la tête et barbe fournie, qui cherche de la wifi pour pouvoir se connecter sur son GPS. Évidemment, il n’y en a pas ici (« demasiado complicado » selon le patron). Il m’explique qu’il vient de traverser la France et de faire aussi le tour de la péninsule ibérique et qu’il ira ensuite en Italie. Il est parti pour un voyage d’un an. Il me montre aussi son panneau solaire doublé-volet acheté chez Décathlon 40$. Je pense que je vais aussi investir dedans si je n’arrive pas à régler mon problème électrique. On se souhaite un bon trip et je repars sur ma N-11.

Je ne suis plus très loin de Figueres et j’aimerais bien trouver un bivouac en campagne avant d’arriver en ville. Je repère au loin une tour de guet et m’y dirige en empruntant un chemin de rando. Il s’agit de La Torre de l’Angel (un petit coucou à Angel du Stade avec qui je n’ai plus roulé depuis un moment) à côté du village de Pontos. Pour mon dernier bivouac en Espagne, c’est le top ! Cette tour a été restaurée et offre un panorama incroyable à 360° sur la région.

Côté ouest
Côté nord avec la mer au loin

Je m’y installe et dîne au dernier des 3 paliers en admirant à nouveau les offrandes de Dame Nature. Demain, je serai de retour en France pour quelques jours chargés.

Résumé : 110kms, 6h30, 16,9km/h, bivouac

J49 – mercredi 19 mai – Cunit / Sant Andreu de LLavaneres

Réveillé dès potron-minet (ça faisait longtemps !) par le chien d’un promeneur fort matinal, je me prépare comme chaque matin. Je déjeune perché au-dessus de mon bivouac. La mer et le ciel sont couleur d’ardoise. Il fait doux. Vers 8h, je redescends sur Cunit et y longe le porc. J’y vois des pécheurs qui y déchargent, sans aucune protection (ni masque, ni capote), des langoustes (en catalan : lingust). La Cunitlingust est une spécialité du coin. Les femmes en raffolent paraît-il …

Je longe à nouveau la mer en empruntant les promenades pour piéton. A cette heure matinale, je ne gêne pas grand monde. Par contre, à partir de Cubelles, cela devient une autre paire de manches. Je suis obligé de traverser une zone industrielle puis de remonter dans la ville, sans aucun réseau cyclable et à l’heure de l’embauche évidemment. Ensuite redescendre sur Sitges (lieu de villégiature de Christian du Stade me semble-t’il) et enfin récupérer la route C-31 qui mène à Barcelone. Cette route est superbe. Elle longe la côte escarpée en-dessous du Parc National de Garraf. Mais le petit problème est qu’elle est très étroite et bordée par un muret de béton. Et que la circulation y est dense !

Je monte sur la plaque du milieu à 11 ou 12 km/h max. Autant dire que parfois, ça bouchonne derrière. Avec l’aide de mon rétro, j’essaie bien de faire la circulation et d’indiquer aux automobilistes s’ils peuvent me doubler ou pas. Mais c’est quand même touchy ! C’est dommage parce que cette route et les couleurs matinales sont vraiment superbes.

Quelques hameaux sont enclavés dans de petites baies. Entre le train et cette route qui leur passent au-dessus de la tête, le calme doit être, hélas, bien relatif malgré l’emplacement.

Je m’arrête à Casteldefells pour ma pause quotidienne. Les infos sont branchées et je prends connaissance du drame de Ceuta, cette enclave espagnole au Maroc. Autre info mais beaucoup moins importante : il pleut ! Je vais devoir ressortir ma veste jaune. Cela faisait un bail. Part contre, avant d’arriver à Barcelone, c’est pas très cool … Finalement, il ne tombe qu’une grosse averse. J’emprunte maintenant la route B-210 pour contourner l’aéroport de Barcelone. Je n’ai qu’à suivre le réseau cyclable. Malheureusement, ce n’est pas encore tip-top. Je manque me prendre une grosse gamelle alors que je roule sur une voie toute droite vent dans le dos à bonne allure.

En effet, l’endroit où j’ai posé mon vélo, il y a un trottoir de 10cms de haut à sauter. La continuité est sur la droite pour revenir à gauche. Et cela 3 fois sur cette longue ligne droite. C’est hallucinant !!! Comment peut-on valider de tels équipements ??? Heureusement que je faisais gaffe, j’ai pu piler avant. Sinon, avec les sacoches, c’était gamelle assurée. Les écologistes responsables et raisonnés de l’aéroport de Barcelone sont aussi cons que les nôtres. Et, une nouvelle fois, je pèse mes mots. Imagine-t’on une route toute droite avec des trottoir à franchir ? A ce sujet, j’ai retrouvé la photo que m’avait envoyée Isadora. Là, c’est en Belgique vous me direz … mais quand même !

Bon allez …. je me calme. Et je continue à « peindre ma propre vie » sans trop m’occuper des cons. De toute façon, on est toujours le con de quelqu’un !

J’arrive à Bellvitge dans la périphérie de Barcelone et m’arrête déjeuner dans une bodega. J’ai vraiment trop les crocs !

Puis j’arrive dans Barcelone en suivant toujours la C31 et arrive jusqu’à la Plaça Espanya. Et là, à nouveau, gros frissons ! Et oui, c’est entre ces 2 tours que j’ai passé pour la 1ère fois la mythique barre des 3 heures sur marathon. J’ai déjà dû vous le raconter mais je ne peux résister à vous narrer à nouveau mes petits exploits de sportifs du dimanche.

Lors de mon 3è marathon couru chez moi en Dordogne, j’avais atteint les 3h01’41. Et puis la perte de mon boulot, de ma fille (un week-end / deux … la belle affaire !), de ma belle-fille Nathalie, de ma maison « coup de foudre », de mon couple, de ma vie que j’avais mis 12 ans à construire à force de boulot et de sacrifices, tout cela avait permis au crabe de venir essayer de me bouffer. Un an sur le carreau. Je m’étais promis que, si je m’en sortais, je courrai à nouveau et je passerai cette barre des 3 heures. J’avais donc repris le footing à zéro. J’avais aussi eu la chance de rencontrer Bernard FAURE, ancien champion de France de marathon et consultant sur France TV. Il m’avait convaincu que, en reprenant sans griller les étapes, j’y arriverai. Une fois (Albi), 2 fois (Paris), 3 fois (La Rochelle), j’échouais pour quelques minutes. Et puis, à Barcelone, malgré les faux-plats montans de La Rambla et de l’avenue Paral-lel dans les derniers kms, j’avais réussi à faire 2h59’40. J’ai probablement connu le bonheur que doit ressentir un buteur en finale de Coupe du Monde ! Et puis après, la barrière psychologique étant tombée, j’ai tombé à chaque fois ma meilleur perf’ pour atteindre les 2h49 à Paris 2005 avec mes potes Riri, Housni et Boubou. Fin de la digression.

Je finis par retrouver le bord de mer. D’ailleurs, j’adore toutes ces villes qui donnent sur la mer. Cela donne une certaine respiration.

Je longe la mer jusqu’au Muséum Blau où je me tire le portrait.

Il me faut encore reprendre la C31 avant de retrouver le front de mer et de quitter enfin Barcelone. C’est vraiment trop stressant de circuler à vélo avec les sacoches dans ces mégalopoles.

Adieu béton !

Une fois retrouvée la mer, je m’arrête à Montgat dans un café tenu par deux charmantes jeunes femmes. Puis j’enchaîne à nouveau les stations balnéaires xxx de mar . J’aimerais bien pouvoir rouler le long du front de mer mais ce n’est pas souvent possible. Je dois donc me coltiner la N-11 avec une forte circulation. Entre les trains et les voitures, il ne doit pas être très agréable de vivre sur ce front de mer !

De plus, le problème se pose à nouveau pour bivouaquer. Il m’est impossible de trouver un endroit tranquille avec toute cette urbanisation. Je repère un camping à Sant Andreu mais quand j’y arrive, c’est un 4* qui ne loue que des bungalows. Tant pis, je prends le chemin qui longe ce camping et me pose derrière un champ d’oignons !

Il me tarde de rentrer en France pour pouvoir me poser un peu. Je dois avouer que les derniers jours ont été particulièrement pénibles de par la circulation et la densité urbaine. J’aspire à un peu de calme …

Résumé : 110kms, 6jh50, 16,1km/h, bivouac

J48 – mardi 18 mai – Cap Roig / Cunit

Réveillé à 6h30 par une envie-pipi très pressante, je sors de la tente pour profiter aussi du lever du soleil. Malheureusement, le plafond est bas ce matin. Je me recouche mais impossible de me rendormir. Je plie donc mon barda et déjeune avec vue sur la baie. Au moment où j’allais partir, j’entends un couple de promeneurs de chien échanger en français. Je leur adresse un bonjour matinal et nous commençons à discuter. Ils sont de Fontenay-Le-Comte en Vendée mais ont travaillé très longtemps en Suisse. Puis, vu le niveau de vie élevé, ils ont décidé de s’installer ici pour passer leur retraite. L’homme est cycliste et prépare un brevet en Andorre (21 cols au programme sur 3 jours) pour juin. Je les quitte en disant au revoir à mon bivouac hôtelier.

Il est à peine 8h et j’attaque par une petite route tape-cul mais très jolie qui longe la côte. Ce n’est pas évident au réveil de devoir monter des bosses tout à gauche alors que les muscles sont encore froids. J’y vais mollo pour ne pas péter un de mes 2 moteurs Cuissou1 ou Cuissou2 voire exploser une durite.

Après une heure de montagne russe, il me faut reprendre la N-340 après avoir coupé la voie de chemin de fer en bordure de mer puis l’autoroute AP-7. Les riverains doivent être contents ! Je file à meilleure allure sur la grosse plaque. Au niveau de l’Hospitalet-de-l’Infant (en français dans le texte) dont je me rappelais avec ses grosses centrales électriques en bord de mer, je me fais rattraper par un cycliste avec qui je tape la causette pendant un moment. Et je finis par arriver vers 10h30 à Cambrils sous un ciel toujours plombé.

Je connais bien cet endroit pour y avoir effectué un stage cycliste avec mes potes du Stade et organisé de main de maître par Bruno. Il connaissait l’endroit comme sa poche et nous avait fait découvrir des coins superbes dans l’arrière-pays.

Je continue à suivre la piste cyclable jusqu’à Salou où je m’arrête déjeuner. J’y déguste una escudella dont je n’ai pas trouvé la traduction. C’est une soupe très consistante composée avec des choux, pâtes, pois chiches, poulet, boeuf, … qui ressemble un peu à notre garbure pyrénéenne. Avec ça dans le corps, je peux rouler tout l’après-midi !

Après Salou, il me faut reprendre la N-340 et contourner la zone chimique à l’entrée de Taragona. Auparavant, je passe devant Port Aventura et ai une grosse pensée pour ma fille qui avait l’habitude d’y passer une semaine tous les ans.

La traversée de Taragona est pénible : aucune piste cyclable et de grands boulevards urbains. Je fais quand même un détour pour aller voir l’ancienne ville romaine.

Par contre, je m’arrête à Altafulla pour aller voir le château perché tout en haut de ce village …

… ainsi que ses charmantes ruelles médiévales. On se croirait déjà en Italie !

J’essaie au maximum de suivre la côte mais ce n’est pas toujours évident. Il me faut de temps en temps revenir sur la N-340. C’est évident que je préfère le calme de ces petites stations balnéaires désertes au bruit des bagnoles même si la circulation n’y est pas très dense.

Et parfois, je suis un peu joueur et je m’embarque sur des cheminements réservés aux piétons. Mais, comme il n’y a personne, je ne gêne pas trop. Le risque est de tomber sur des marches ou un cul-de-sac. Mais c’est tellement agréable …

D’ailleurs, je m’arrête devant le port de Creixell pour y boire mon Schweppes Tonic. Puis je reprends mes pérégrinations en suivant les promenades le long des stations balnéaires. Le problème est que l’heure avance et que les stations balnéaires s’enchaînent les unes après les autres. De plus, ce sont de petits immeubles de 3 étages max qui sont en front de mer et vraiment difficiles à squatter. Enfin, contrairement aux autres stations, il y a beaucoup de résidents. Je finis par trouver un terrain vague à Cunit le long de la voie de chemin de fer. Ce n’est vraiment pas génial. Je me lave et dîne. Pendant ce laps de temps, de nombreux trains passent dans les 2 sens. « Ça va pas le faire ! » comme disait Coco. Je sors mes cartes d’état-major et décide de monter sur les hauteurs. Finalement à 3 bornes, je tombe sur des sentiers de rando qui monte dans la garrigue. Je déniche un coin peinard avec vue sur la mer au loin. Le temps de monter le bivouac et le soleil tire sa révérence. Moi également !

Résumé : 115kms, 7h00, 16,4km/h, bivouac

J47 – lundi 17 mai – Tirig / Cap Roig

Malgré ma bâche vélo que j’avais mise devant l’entrée de la borie, je suis réveillé aux aurores vu qu’elle est orientée plein est. Je traîne un peu. Je suis trop bien. Je finis par me lever, déjeuner à l’abri du vent, plier mes gaules et quitter ce superbe bivouac avant de reprendre ma petite route.

Il fait plus frais qu’au bord de la mer et j’ai sorti mon coupe-vent. Je trouve d’autres bories au bord des oliveraies et amanderaies. Mais aussi des exploitations où sont élevés en batterie soit des cochons, soit des poulets. Ça sent fort et ça ne donne vraiment pas envie (en vie ?) de manger de cette viande. Les bâtiments me font penser aux bâtiments des camps de concentration. Sauf que là, ce sont des animaux qui sont concentrés sans voir le jour.

Je commence à descendre vers la mer toujours dans de superbes paysages. D’ailleurs, on l’aperçoit au fond à droite qui brille de ses milles feux matinaux. Je ne croise sur cette route campagnarde que quelques paysans sur leur tracteur ou dans leur véhicule utilitaire.

Je m’arrête à Canet Lo Roig dans le dernier village de la Communauté Valenciane avant d’arriver en Catalogne. J’y prends mon café matinal accompagné de ma tostada. Ce matin, ce sont les femmes d’un côté et les hommes d’un autre. Mais ça parle toujours aussi fort ! J’adore ces pauses où je retrouve un peu de « con-vie-vialité ». Mais comment a-t-on pu, en France, fermer ces endroits de rencontre et de vie ? Nos politiques responsables et raisonnés de tout bord n’ont vraiment pas les mêmes valeurs que le vil peuple !

Je reprends ma charmante route. J’ai vraiment l’impression d’emprunter des chemins de contrebande. Je me régale sur ces sentiers au milieu de nulle part.

A quelques kilomètres de la « frontière » entre la Communauté Valenciane et la Catalogne, je troque ma tenue du Stade Toulousain Cyclisme contre mon unique tee-shirt à manche longue plus passe-partout. J’enfile mon casque et j’en profite aussi pour lubrifier ma chaîne et vérifier mon pauvre destrier à qui j’en fais vraiment voir de toutes les couleurs. En fin de matinée, je passe la frontière en-dessous de la Sénia en traversant le Riu de la Sénia (il ne s’enquiquine pas avec le nom des rivières !). Aucun mirador. Aucun contrôle policier. Je suis en Catalogne.

Après les chemins de contrebandier, je prends une route (la TP-3311) rectiligne, en faux-plat descendant, et vent dans le dos. J’enquille les kilomètres à plus de 30km/h … A ce rythme-là, je serais vite revenu en France. Je m’arrête à Santa Barbara où m’attend la famille Ewing pour déjeuner dans un restau très sympa et très bon pour mon menu del dia : salade tomate/morue/féta, 5 filets de poulet à la plancha avec frites et tomates, une crème catalane évidemment, un 1/2 pichet de rouge et un café pour 12€ ! Et, en plus, j’ai droit au mythique « Stairway to Heaven » de Led Zepp’ en version espagnole …

J’espère que la route est toujours rectiligne vu que je me suis enfilé le pichet de rouge. Il est un peu plus de 14h et je reprends mes pérégrinations. Je roule jusqu’à l’Aldea. Il fait 30°c à l’ombre et, entre le copieux repas, le pichet de rouge et le paysage qui redevient monotone alors que j’ai retrouvé la N-340, je préfère me poser le long du Riu Ebre et faire ma petite sieste. Enfin petite … Je repars à 16h ! J’arrive enfin à L’Ampolla où j’y retrouve la mer. La mienne de mère est perdue depuis bien longtemps déjà.

Il me faut faire des courses. Je n’ai vraiment plus rien à becqueter. Et puis aussi une pause syndicale lors de laquelle je déguste les fameux fruits dont je vous ai parlé dernièrement et que j’ai retrouvé au bord de la route. Les voici :

C’est vraiment délicieux. Comme hier, l’après-midi passe vite. Je vais m’arrêter dans le coin. Je reste au plus près de la côte. La plupart des villégiatures sont fermées mais des alarmes veillent. Il n’est pas évident non plus de planter la tente vu qu’il y a une falaise et que le vent souffle fort. Finalement, je repère un immense hôtel en front de mer qui est fermé. Devant la façade côté mer, il y a une buvette avec auvent à côté de la piscine vide. Je me pose à l’abri du vent pour dîner et monte finalement la tente en fin de soirée. Ce sera parfait pour cette nuit.

Résumé : 100kms, 5h30, 18,2km/h, bivouac