J5 – mar 03/09 – St-Berain/Dheune(71)-St-Jean-de-Losne(21)

Après une fort mauvaise nuit causé par mon matelas dégonflé et le froid matinal (9°c) suite à une magnifique nuit étoilée, je me suis éveillé de bonne heure, ai plié mes gaules et suis parti sans déjeuner alors que Juliette et sa maman était à table mais je n’ai pas voulu m’incruster. Je suis donc redescendu le long du canal et j’ai trouvé une table pour déjeuner en paix après avoir sorti mes précieuses jambières, mes gants et ma veste.

Déjeuner en paix !

Une fois le canal du Centre quitté, l’EV6 longe la Saône. Je me suis d’ailleurs détourné pour visiter le centre historique de Chalon et notamment sa cathédrale où j’ai eu l’énorme chance de tomber sur une répétition d’un duo violoniste-violoncelliste : magique ! Puis pause-cacafé sur la place centrale.

Café après concert imprévu

Gros jardinage à Verdun/Doubs où j’ai galéré grave pour trouver mon chemin. Finalement je décide de tailler la route en direct sur une départementale sans intérêt pour retrouver l’EV6 plus loin. Beau soleil toute la journée mais avec du vent dans e nez aussi.

En fin d’après-midi, je m’arrête au charmant camping de St-Jean-de-Losne. où j’espérais rencontrer Hugo & Orane habitant Dijon à 30kms de là. Mais impossible pour eux de se déplacer sans véhicule.

Résumé : 120kms – 6h00 – 20km/h – camping

J4 – lun 02/09 – Decize (58)-St-Berain/Dheune(71)

Toute la matinée, je nivernais sur ses monts, zigzaguait à travers ses petites routes bucoliques, micmacait sur le méchant macadam et divaguait grave telle une diva gay !

Pause-café à l’Hôtel des Voyageurs le bien-nommé à Cronat, où la piste s’est bien éloignée de la Loire, pour double café+pain chocolat à « CAC40 € » dixit le patron âgé de 76 ans, retraité à 66 ans avec une pension de 900€ mais obligé de bosser en attendant de vendre son affaire …

Puis j’ai repris la route jusqu’à Digoin (71) où la Loire plonge plein sud et emprunté le pont-canal qui amorce le canal du Centre reliant la Loire à la Saône (Chalon).

Le pont-canal de Digoin

Puis j’ai suivi ce canal, raté la sortie de Paray-le-Monial où je voulais faire un pèlerinage Rivoire, tracé en suivant le canal par la RD974 alors que l’EV6 partait dans la cambrousse.

Peu avant ma pause déjeuner, alors que je longeais le canal dans une zone habitée, j’ai eu l’agréable surprise d’apercevoir une petite table devant une maison et, sur cette table, posées dans un plat de magnifiques tomates mises à disposition. J’en ai profité pour en prendre 2 belles (et délicieuses) afin d’améliorer l’ordinaire, sans pouvoir , hélas, remercier les propriétaires-jardiniers.

En dessert et, aussi pour le plaisir, je m’arrête de temps en temps le long de ronciers et me tape des ventrées de grosses mûres noires. Trop bon !

Journée sans aucune rencontre notable. Cependant, après une très longue journée de vélo et, sur une idée de mon ami Vincent G., je me suis arrêté chez la soeur de Flo. Mauvaise idée en soi. En effet, nous étions veille de rentrée scolaire pour Juliette (prof de Français), son mari Eric (prof de SVT et maire du village de St-Bérain) et leurs 2 filles Mélusine et Elodie. Et, forcément, ils étaient tous un peu au taquet malgré la présence de la maman. Ambiance un peu particulière … De plus, je pensais avoir réparé mon matelas dans la petite piscine mais il s’est encore dégonflé dans la nuit le salopiaud.

Résumé : 160kms – 8h00 – 20km/h – habitant

J3 – dim 01/09 – Cosnes/Loire (58)-Decize (58)

Réveillé par le chant du coq après une nuit calme. Il fait doux au réveil. Je déjeune les pieds à l’air contraint et forcé ! Je retrouve la piste de « la Loire à vélo » et décide de faire un pèlerinage à Sancerre en souvenir de la marche « Bourges-Sancerre » (58kms) à laquelle j’avais participé en février 1986. Ca grimpe toujours aussi sec. Le tour du village est vite fait et j’hésite à me taper un verre de Sancerre à 9h du mat’ alors que le café de la place du village ouvre à peine. Finalement, je reprends la route sous un léger crachin et je m’arrête au joli village de la Charité/Loire pour ma « pause-cacafé » après avoir demandé une chocolatine et acheté un « pain au chocolat » à 0,90€ (« la chocolatine est à 0,95€ » se moque la boulangère).

Je reprends la route sous une pluie fine et croise un berger, ses moutons broutant les arbres en bordure de la piste, ravi de voir enfin de l’eau après 4 mois de sécheresse.

Puis je me fais rattraper par 2 jeunes qui me sucent la roue un bon moment alors que je file à +25km/h et que j’aperçois 2 chevreuils dans un coupe-feu. Pause-déjeuner à proximité du bec de l’Allier. La famille qui pique-nique à côté de moi me propose un verre de vin que j’accepte fort volontiers. Puis sketch avec un couple de vieux dont la femme annonce la fin du monde et qu’il nous faudra vivre la nuit tellement il fait chaud !

Je fais un crochet par Nevers et je taille la route jusqu’au camping de Decize en bord de Loire où la douche chaude est vraiment la bienvenue. Un peu de confort pour cette soirée avec la possibilité de dîner en intérieur après une longue journée sur le vélo.

Résumé : 125kms – 6h30 – 19,2km/h – camping

J2 – sam 31/08 – Orléans(45)-Cosnes/Loire(58)

Réveillé à 7h du mat’ après une bonne nuit de sommeil, j’attaque mon 1er rituel « démarrage » du périple :

  • habillage avec ma tenue de cycliste qui m’a servi d’oreiller (donc bien chaude !)
  • rangeage du duvet
  • dégonflage et pliage de mon matelas gonflable
  • petit-déjeunage copieux (céréales+compote, thé, pain+confiture ou fromage)
  • lavage des dents et toilettage de chat
  • pliage de la tente et du tapis de sol
  • rangeage et accrochage des sacoches
  • remplissage de la gourde avant

Puis c’est parti pour tailler la route plein est direction Budapest. Arrivée impérative avant le dimanche 22 septembre avec 2.200kms estimés. La matinée se déroule tranquillement sur la belle piste qui longe la Loire, toujours aussi majestueuse et sauvage.

Le midi, je m’arrête déjeuner, après un gros crochet, à côté de l’étang de Saint-Florent où j’ai pu me ravitailler dans une épicerie/restaurant (Le Florentin) tenu par un couple sympa et leurs 2 filles. Alors que je finissais de déjeuner, un couple de cyclistes allemands est venu s’installer et discuter à ma table. Est-ce au moment où je rangeais mes sacoches que j’ai laissé mon pochon avec mes sandales ?

Parcours très sympa jusqu’à Sully/Loire et son magnifique château.

Après plus grand chose à admirer jusqu’au pont canal de Briare. Il fait chaud et je décide de m’arrêter boire un Schweppes agrume à la terrasse d’un chocolatier : 3,90€ … Gloups ! Tant pis pour moi.

Le pont canal de Briare

Le temps est beau avec vent léger dans le dos. Je décide de prendre de l’avance sur mon tableau de marche (100kms/jour) et file donc jusqu’à Cosnes/Loire où je m’arrête boire un appréciable et apprécié demi pêche en écoutant un groupe répété pour le concert du soir. Je décide de rester sur ce côté de Loire alors que le camping est juste en face et me retrouve sur une ancienne voie de chemin de fer désaffectée et transformée en cyclorail. Je persiste, me retrouve à rouler sur les traverses, finis par m’arrêter au bout de cette improbable voie et plante ma tente là ! Dîner rapide. Lecture de l’Equipe du jour. La nuit tombe déjà. Il est 20h30. Je vais me coucher et récupérer de cette 1ère belle et longue journée.

Cyclorail de Cosnes/Loire

Résumé : 130kms – 6h30 – 20km/h – bivouac

J1 – ven 30/08 – Toulouse(31)-Orléans(45)

La nuit a été quelque peu agitée : réveillé à 4h30 par les aboiements du chien d’une voisine, levé à 6h pour aller au taf pour 7h avec mon vélo chargé. C’est aujourd’hui que je devrais partir. Devrais au conditionnel car, comme de (mauvaise) habitude, je m’y suis pris au dernier moment. Tous les trains sont complets samedi et dimanche (faut dire que c’est bientôt la fin des vacances scolaires !) et j’ai donc réservé l’Intercité de 16h32 mais sans préciser que je partais avec mon beau vélo tout neuf . Impossible de modifier ou d’échanger le ticket par Internet. En désespoir de cause, je suis passé à la gare de Colomiers le midi mais sans succès. Je prends donc le risque de me faire refouler et de ne pouvoir partir que lundi.

Avant le départ, repos de la monture dans le garage à vélo d’AtoS

Finalement aucun problème. Pas de contrôleur au départ et celui qui m’a interpellé à Orléans a été cool et ne m’a même pas fait payer. Dans le compartiment vélo, j’ai d’ailleurs rencontré un parisien qui venait de faire la Trans-Pyrénées avec un Fahrrad T500 comme le mien (40.000kms au compteur) magnifiquement repeint au Pakistan avec des motifs fleuris (dommage pas de photo).

Après être arrivé vers 22h30 aux Aubrais, j’ai pu descendre sur Orléans (en demandant à qq piétons croisés sur mon chemin et en suivant le tracé du tram) et trouver assez facilement le tracé de « la Loire à vélo ». Puis il a fallu trouver un emplacement (à la sortie d’une base nautique) pour monter mon 1er bivouac et, ce, en pleine nuit. La journée a été longue et éprouvante nerveusement … Allez zou, dans le duvet et gros dodo ! Il y a de la route à tailler …

1er bivouac sur le bord de Loire

Résumé : 15kms – 1h00 – 15km/h – bivouac

J0 – Prologue …

Il y a un an et quelques jours, après 14 années de vie plus ou moins commune, je décidais de reprendre ma liberté et de quitter ma Coco tant aimée et la D….. tant détestée. Une nouvelle fois, je fuyais la routine et les conflits. Presqu’à l’heure de la retraite, à force d’entendre « Ca ne va pas le faire ! » au sujet de notre différence d’âge, je me suis persuadé qu’il fallait que ça le fasse … mais tout seul ! Tous mes projets et rêves de voyage à vélo en duo tombaient à l’eau. Serais-je capable de les réaliser tout seul ?

Mes congés de septembre approchant à grands pas, je devais me décider sur mes différentes possibilités :

  • accompagner Laurence sur son trip aux USA,
  • me joindre au stage du STC à Gréoux-les-Bains puis grimper les cols alpestres,
  • me lancer dans un périple à vélo sur 3 semaines.

Finalement, c’est ce 3è choix que je privilégiais. Avec, toujours dans un coin de ma tête, ce projet de faire le Tour d’Europe en suivant au plus près mers et océans. Puis des projets d’autres périples plus lointains après avoir parcouru la France puis l’Europe en long, en large et en travers …

Mais avant de partir pour de longs mois, des questions me taraudaient l’esprit :

  • serais-je déjà capable de partir seul sur 3 semaines ?
  • aurais-je le matériel nécessaire et les fringues suffisantes et adaptées pour un tel périple ?
  • mon vieux vélo sera-t’il assez robuste ?

Ces 3 semaines constitueraient donc un test aux limites pour savoir si la machine, le matériel et le bonhomme allaient tenir le choc avant d’envisager des périples plus longs.

Donc, après des mois de réflexion et de tergiversation, le mardi 20 août, jour de la St-Bernard, je me décidais enfin et achetais le Fahrrad T500 chez Cyclable Colomiers. Puis je vendais mon fidèle destrier Specialized jugé trop âgé pour partir pour de nouvelles aventures.

Le mercredi 28, j’achevais mes derniers préparatifs : achat d’un cuissard neuf et d’un guide sur l’EV6, courses pour les 1ers jours, réservation train pour Orléans et avion du retour depuis Budapest.

Le jeudi 29 au soir, je finissais de préparer mon vélo et chargeais mes 4 sacoches.

Le vendredi 30 au matin, je …

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