J22 – vendredi 19/6 – Goulien(29) / Lanvoy(29)

Nuit calme protégée par mes boules Quiès du boucan de voisins allemands surfeurs bien éméchés. Nouveau pliage d’affaires et je plie mes gaules à 9h00 pour continuer le tour de la presqu’île. Cela fait maintenant 3 semaines déjà que nous partions avec l’ami Vincent. Que le temps passe vite avec ces journées bien remplies et rythmées par mes tours de pédale. Je ne me lasse pas et éprouve toujours autant de plaisir à voyager dans le paysage et rencontrer des personnes pour échanger un peu.

Je me souviens des Berbères nomades, lors d’un trek au Maroc, qui se disaient « hommes de la lumière », la peau tannée par le soleil, le cuir endurci par les vents et les nuits passées sous le ciel étoilé au contraire des Arabes sédentaires qu’ils nommaient « hommes de l’ombre » qui demeuraient sous leur toit. J’ai l’impression de devenir un homme de la lumière …

Je reprends mon périple en empruntant le GR34 plutôt que de faire un détour mais pas toujours évident de franchir les obstacles.

J’arrive à la pointe de Pen-Hir sous un ciel à nouveau menaçant. Le paysage est impressionnant avec ces blocs de granit concassés par les marées et les tempêtes.

Je découvre aussi la borne des 1000kms du GR34. Je dois dire que d’emprunter ce GR me tenterait bien un de ces 4. Contrairement à notre GR10 pyrénéen que je trouve particulièrement pénible par endroit, celui-ci ne fait que longer la côte. Quant au GR20 particulièrement corsé je dois dire, je n’en ai parcouru que la partie nord.

Je redescends ensuite voir les filles (et les atours) de Camaret/Mer toujours aussi charmantes.

Le temps de me balader sur le port, d’y admirer la tour Vauban et la petite chapelle, d’acheter mon gâteau breton quotidien …

… et de me poser dans un café (où je suis abordé par 2 retraités dont le fils de l’un, je vous le donne en mille, est airbusien et habite … Tournefeuille !) qu’un violent orage éclate. J’en profite pour rédiger ces lignes dans le confort d’un bar sympa et de publier les derniers articles.

Ça se calme. Je reprends la route et quitte ce beau port de Camaret en direction de la pointe des Espagnols beg ar spagnoled » j’adore) à travers landes de bruyères, pins et buis odorants. Cette pointe se nomme ainsi car en 1594 les Espagnols au nombre de 400 soldats vinrent prêter main forte aux soldats catholiques contre les 5.000 soldats anglais (encore eux) et français protestants. Ils tinrent le siège un mois avant d’être massacrés.

Et sans la gêne des voitures ou camping-cars. Personne si ce n’est quelques randonneurs. D’ailleurs, une fois arrivée à la pointe, je tombe sur un couple de vacanciers de la Manche qui habite à Blainville/mer au-dessus de Granville. Nous discutons un moment et, avant de partir, nous échangeons nos téléphones. Comme je passerai là-bas un de ces 4, ce sera peut-être l’occasion de boire une bonne bière. Je découvre également la vue sur la rade de Brest juste en face. Et pourtant il faudra que je fasse tout le tour de la baie avant d’y arriver !

Je m’arrête dans le charmant village de Roscanvel où je trouve une épicerie ouverte. J’y achète mon pique-nique (dont un kouign-amann délicieux) que je déguste à l’ombre de chênes centenaires.

Il est 14h00 déjà et il me faut reprendre la route afin de sortir de la presqu’île avant ce soir en espérant que la météo ne se dégrade pas à nouveau. Je continue à suivre la côte en évitant toutefois l’île longue qui est une base militaire. Puis je passe également devant la base d’aéronautique navale de Lanvéoc. Plutôt que de prendre l’axe principal D791, je continue à longer la côte en traversant par des routes désertées les bois de Poulain, du Loc’h, de Landévennec et du Folgoat. La route est relativement plate avec vent dans le dos. J’envoie du lourd … Quel bonheur de traverser ces forêts aux odeurs d’humus sans personne. J’arrive à la chapelle du Folgoat perdue au milieu de nulle part et construite en mémoire d’un ermite qui vivait à cet endroit en l’an 1350 et dont un miracle se produisit après sa mort.

Malheureusement le chemin côtier qui longe L’Aulne n’est pas praticable à vélo. Il me faut remonter sur la D791. Après le bonheur, le calvaire ! Je n’ai pas d’autres choix que de longer cette route hyper fréquentée pour traverser le pont de Térénez, un pont de Millau miniature, puis continuer vers Le Faou.

Et là je me tape les 14 kms les plus pénibles depuis mon départ avec juste une misérable portion cyclable plus la traversée du pont. Autant dire que j’ai serré les fesses, appuyer fort sur les pédales et prier qu’un abruti en BMW ne fasse pas le con (désolé Jean-Philippe mais j’ai constaté une propension de cons à conduire cette marque).

Et dire qu’à l’approche de la base militaire, il y avait des hélicoptères qui s’amusaient à faire des ronds dans le ciel. Ne pourrait-on pas employer tout ce « fric de dingue » affecté au budget militaire pour les dépenses de santé, d’éducation, d’environnement (et notamment aux aménagements cyclables dans les zones rurales comme ici où il y a largement la place de créer des voies sécurisées; quel retard incroyable nous avons sur nos voisins allemands, suisses, autrichiens, néerlandais, …) ? Tout cela pour notre Défense Nationale et faire la guerre … mais à qui ? Les guerres sont d’un autre genre dorénavant. D’ailleurs nous venons d’en mener une, dixit notre Président-Roi, contre un virus. Sans parler des guerres informatiques avec des virus d’un autre genre, des guerres économiques que se livrent les grandes nations, bientôt des guerres environnementales quand il faudra faire face à l’afflux de populations chassées de chez elle à cause du dérèglement climatique, etc, etc … J’arrête. Tout cela me déprime trop.

Je finis par arriver enfin à Le Faou, petite cité de caractère. D’ailleurs, c’est moi qui commençait à le devenir Faou (« berdingue » comme disait ma grand-mère) ! Je me balade dans la belle ruelle aux vieilles maisons. Dommage qu’il y ait tant de bagnoles partout, ça gâche le charme. Je sais, c’est une obsession. Mais quand vous passez une partie de la journée sans un bruit si ce n’est celui des oiseaux, le vacarme des bagnoles devient vraiment agressif.

J’y fais quelques emplettes chez la charmante Mamounette.

Puis reprends la route non sans avoir trouver de l’eau pour le bivouac de ce soir. Et là, parfois, il faut improviser quand aucun robinet, ni aucun cimetière n’est en vue. Je trouve mon bonheur … à l’abattoir municipal.

Il est 18h. Le ciel est toujours bas. D’ailleurs, je n’ai pas mis ma casquette de la journée, signe qu’il n’a pas plu, ni fait chaud. Temps idéal pour tailler la route. De gros nuages commencent à arriver et je n’ai pas envie de me faire surprendre par un orage. Donc il faut ouvrir les yeux et essayer de trouver un abri ou un endroit relativement abrité. Bingo ! Je repère en bas de la route une cabane à côté d’un parc à jeux pour enfants le long de la rivière du Faou. Je descends. Parfait. Je ne planterai pas la tente ce soir et dormirai sur le banc (souvenir de mon périple à Budapest l’an dernier où j’avais trouvé un abri du même type en pleine forêt alors que l’orange menaçait) avec un nid d’hirondelles au-dessus de ma tête pour me rappeler mes ami.es d’Ecosol.

Résumé : 85kms, 5h00, 17.0km/h, bivouac

J21 – jeudi 18/6 – Douarnenez(29) / Goulien(29)

Finalement, j’ai très bien intuité de m’arrêter dormir dans cet endroit insolite. En effet, au lever du jour, je suis réveillé par le bruit de trombes d’eau qui s’abattent sur les gueux. Bien à l’abri, il n’y a que quelques gouttes qui arrivent à percer cet ouvrage. J’attends que ça se calme. Mais nada. A 8h00, j’émerge de mon refuge et déjeune bien planqué sous une pierre inclinée. Je plie la tente et mes affaires et patiente. Le ciel est noir et ça continue de dégringoler. Je sors ma tenue de scaphandrier et me décide à partir alors qu’une légère éclaircie fait son apparition. Je quitte cet endroit avec un brin de nostalgie bien que j’aie dormi dans une sépulture ! Mais que le repos y fût agréable …

J’arrive très rapidement à Douarnenez sous un crachin breton de circonstance. Je fais le tour de la ville, fait une balade au marché puis descends au port-musée où j’étais déjà venu mais je ne sais plus à quelle occasion. Malheureusement il est fermé. Comme il est déjà tard, je trouve un bar le long du quai, compte mes piécettes restantes (1,34€) et demande le prix du café : 1,40€. Le patron me dit de m’installer. Je commence à discuter avec un jeune couple attablé à côté et qui a déjà fait de courts voyages à vélo. Un autre client se mêle à la conversation et a du mal à me croire quand je lui dis arriver de Toulouse. Finalement, au moment de partir, le patron me dit que le jeune couple a payé mon café. Trop sympa.

Je reprends la route direction la presqu’île de Crozon. La météo s’améliore. Je sors de la ville par le parc des Plomarc’h et récupère la D7. À nouveau ça grimpe sec. Par contre, je ne trouve plus de panneaux « Véloroute de Bretagne ». Tant pis. D’autant plus que j’ai changé ma stratégie. J’ai téléchargé les cartes Maps.me sur mon iPhone et je m’en servirai pour me guider au cas où. Je peux en effet brancher la prise en haut du téléphone et avoir la carte dans le bon sens ce qui n’est pas le cas de Géovélo. Donc aux oubliettes cette appli d’autant plus que le coup des pistes de VTT m’est un peu resté en travers du gosier notamment à cause des vis perdues en cours de route. Je me servirai donc de l’iPad pour faire les photos plutôt que d’avoir à sortir sans arrêt l’iPhone de son étui-guide.

Au bout d’un moment la D7 et ses bagnoles me fatiguent. Je décide donc de descendre sur la côte. La lumière est toujours aussi magique. Par contre, les côtes sont pour le moins ardues. Et ce n’est que le début …

Bonjour Papy !

Puis je suis obligé de remonter sur la D63 et traverse alors les bourgades de Plonévez, Ploéven, Plomordien avant de replonger vers les plages et les toboggans. En descente, je suis à 45km/h et dès que ça remonte (panneaux 10%), je tombe à 6 ou 7km/h tout à gauche. Bonjour les cuissoux. Je m’arrête déjeuner au bord de la belle plage de Lestrevet mais à l’abri du vent car ça souffle fort. Puis j’arrive à Pentrez où des ouvriers construisent une belle piste cyclable. J’emprunte la partie achevée et me retrouve sur la D667 qui mène à Crozon que j’accède via une voie verte. Dommage que la piste ne soit pas encore achevée car le trafic devient intense à l’approche de ce carrefour urbain.

Entre-temps j’ai croisé mon 1er couple de cyclo-touristes que j’encourage vu qu’ils sont en pleine pente. Digression. J’aurais également dû être en couple à voyager. J’avais toujours dit que, pour moi, le voyage était source de partage et d’échange avec l’être aimé. La vie fait que je me retrouve à voyager seul. Le voyage est différent. Je suis seul maître à bord et je me confie à ce blog donc j’échange aussi avec vous mes lecteurs. Retrouverai-je une baroudeuse avec qui partager mes folies et mes délires ? Je ne sais pas. Le fameux « Plan A », si cher à Jessy, existe-t’il ? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que, dans ma vie tumultueuse, je n’ai souvent été que le plan B. Déjà à ma naissance, j’étais le numéro 2 derrière mon ainé Yves-Marie (bientôt 60 piges et retraité) très envahissant par ses facultés intellectuelles au-dessus de la moyenne et sa faconde. Quant à mes deux autres frangins, Manu et Franck, ils vivent leur vie. J’y reviendrai. Moi, j’étais en retrait. Besogneux. Discret. A devoir toujours prouvé. Que ce soit dans mes courtes études, dans mes amours, dans le boulot, dans le sport. En partant de loin, j’ai réussi dans tous ces domaines à force d’abnégation et d’effort. Je suis fier du chemin accompli même si celui-ci a été tortueux, même si j’arrive à la retraite seul et sans toit à moi. Qu’importe. J’ai deux beaux enfants Gwendoline et Titouan ainsi qu’une belle-fille, Nathalie, dont je suis très fier. J’ai de beaux projets devant moi. Et j’aime à citer cette phrase de Gandhi : « Le bonheur, c’est l’harmonie entre ce que je pense, ce que je dis et ce que je fais. » Je suis heureux tout simplement. Fin de la digression.

Clin d’œil à mes enfants

Une fois à Crozon, l’heure avançant et le temps menaçant à nouveau, je décide de contacter une personne sur WarmShower. On verra bien. Je m’arrête pour ma traditionnelle pause gâteau-boisson puis par en direction de la pointe de la Chèvre. C’est sauvage, comme toute cette magnifique presqu’île, hormis quelques jolis hameaux de maisons de pierre restaurées.

Je finis par arriver au bout de la presqu’île sud. Il fait à nouveau beau et chaud alors que j’avais ressorti mon ciré en cas d’averse. Je consulte le site. Pas de réponse. Je continue donc mon tour et m’arrêterai au 1er camping venu. Trop envie de prendre une bonne douche chaude, après ces 2 dernières journées à crapahuter et bivouaquer, et de me poser un peu.

Je m’arrête donc à Goulien en bordure d’une magnifique plage et je finirai mon tour de la presqu’île demain. Séchage des affaires, rasage et douchage, me voilà fin prêt pour dîner et papoter par clavier interposé. Puis petite marche digestive pour admirer un nouveau coucher de soleil sur la pointe de Pen-Hir.

Et dodo bien au chaud dans mon duvet !

Résumé : 80kms, 5h15, 15.0km/h, camping

J20 – mercredi 17/6 – St-Jean-Trolimon(29) / Douarnenez(29)

« Encore un jour se lève sur la planète France. Et je sors doucement de mes rêves je rentre dans la danse. Comme toujours il est 7h du mat’, j’ai dormi toute la nuit. Il me faut plier les gaules et partir d’ici. ». A 8h45, je prends donc la sente pour rejoindre la « Route du vent solaire » et retrouver mon fléchage « Véloroute de Bretagne – n°5 ». Le temps est encore agréable pour circuler à vélo. Il y avait même de la rosée sur la tente ce matin.

Je récupère le circuit et suis la côte en traversant les petits villages de Tregennec, Plovan, Penhors sans rencontrer grand monde.

Les paysages sont somptueux. Je me régale tous les sens. Quel bonheur d’ « être dans le paysage » comme m’avait dit un jour l’ami Gaugau.

J’arrive au charmant port de Pors-Poulhan et pense pouvoir mon café matinal. Il est 10h30. Manque de bol c’est fermé le mercredi.

Tant pis, je continue ma route vers Audierne et là comme dirait Blier dans les Tontons Flingueurs : « C’est du brutal ». De sacrés rampailloux que je grimpe tout à gauche et un cyclo rencontré à l’entrée d’Audierne me dit que ça ne fait que commencer. Mais que c’est bon et beau quand on arrive en haut de la bosse !

J’arrive dans cette beau port de pêche vers 11h et trouve une Pâtisserie-Boulangerie-Coffee-Cacapipi-Wifi où je me fait une pause récup’ fort bien venue.

Je reprends la route n°5 par un nouveau raidard et continue à travers petite route cantonale et sentier dans la lande bretonne pour arriver enfin à la Pointe du Raz, extrémité ouest de la France

On aperçoit au loin l’île de Sein dans les gros nuages noirs qui refont leur apparition ce qui annonce sale temps vu que le vent vient de la mer. Il est 13h30 et j’ai faim. Je déjeune à l’abri dans l’espace information au pied du sémaphore. Le temps de déjeuner, de discuter avec quelques touristes en goguette, d’écrire la 1ère partie de journée (le soir j’ai tendance à oublier ce qui s’est passé dans la matinée et cela m’oblige aussi à me reposer un peu !) qu’au moment de repartir à 15h, la pluie s’est invitée à nouveau. Je renfile ma tenue de marin-pêcheur et me voilà reparti sous une pluie battante.

Je dois passer pour un grand malade lorsque je croise le regard des touristes autorisés (ndlr : qui circule en auto). Je ne retrouve pas le fléchage « véloroute » et prends donc direction Douarnenez par la D7. Comme cette route départementale est beaucoup moins vallonnée, je mets la grosse plaque et en avant toutes et tous je pousse ! D’ailleurs, j’avais regardé avant sur la carte et toutes les petites routes qui partent à gauche vont vers une pointe (beg en breton). Bien qu’il n’y ait pas grand monde par ce « grand beau temps », je décide quand même d’aller vérifier par moi-même si je ne peux pas retrouver les mêmes routes que ce matin. Je tombe sur un couple de hollandais et leur fille qui ont acheté une belle demeure dans le coin se baladant sous la flotte qui me dise que à part le GR ce n’est pas praticable à vélo. Venant de hollandais, en matière de vélo et de pluie, je leur fais confiance et fais demi-tour puis reprends mon trajet initial.

A Beuzec-Cap-Sizun, je fais quelques emplettes avec mes dernières pièces dans un petit commerce tenu par une charmante épicière puis je déguste mon gâteau breton (trop bon !) à l’abri sous le porche de l’église. Et c’est reparti sous la flotte jusqu’à Poullan/Mer. Profitant d’une accalmie, je fais une nouvelle halte pour réfléchir à un hébergement au sec pour ce soir. En effet, la météo annonce de la flotte pour la nuit et pour demain. Qui a dit qu’il ne pleuvait jamais en Bretagne ? Oui je sais, il fait beau au moins une fois dans la journée; ce qui n’est pas faux d’ailleurs.

J’essaie de consulter Airb’n’b mais pas assez de réseau. Décidément … Je vais devoir trouver un camping ouvert avec mobil-home pour éventuellement m’abriter. C’est pas gagné. J’en repère un à l’entrée de Concarneau alors que je retrouve un fléchage vélo pour m’y rendre. Je fais quelques kilomètres et je vois indiquer un site « Allée couverte ». Tiens. Allons jetez un œil. Et là, je tombe sur un hébergement insolite 5* à l’abri de la pluie et du vent. Celui-là, Riri, il rentre dans le top 3 ! Toilette de chat, appels téléphoniques, dîner, lecture et au dodo le pépère !

Résumé : 90kms, 5h00, 18.0km/h, bivouac

J19 – mardi 16/6 – Fouesnant(29) / St-Jean-Trolimon(29)

J’ai bien intuité de choisir mon cabane au Canada. En effet, à peine avais-je fini de ranger mes affaires mises à sécher sur la pelouse qu’un nouveau grain est tombé. Je décide de ne pas monter la tente et de dormir soit sur la terrasse, soit à l’intérieur si je peux me glisser sous la toile … ce que, vu ma svelte taille, je ferai. Donc nuit à l’abri dans mon duvet mais sur un bon matelas. Et, vu les grains qui sont tombés cette nuit, mon choix fût le bon. Je me réveille au lever du jour pour une pissouille matinale. Le ciel est dégagé mais le fond de l’air est frais. J’essaie de me connecter au Wifi local mais sans succès. Décidément … À 9h, je remercie le proprio de ce très beau camping et reprends la route en direction de Bénodet que j’atteins par de petites routes en suivant les panneaux de parcours cyclables locaux. Adieu Géovélo, MapsMe et Cie … pour le moment …

Par contre, le bac qui traverse l’Odet est lui aussi fermé. Je dois donc à nouveau faire le tour de la baie et de emprunter le pont qui traverse ce ria mais qui me permet d’admirer la vue magnifique sur la baie. Un des avantages du vélo est de pouvoir s’arrêter où on veut, quand on veut. Et, vu les contrastes de couleurs, je me régale à m’arrêter prendre des photos.

Benodet côté côte …
Bénodet côté terre …

A peine le point franchi et alors que je cherche la direction de Ste-Marine (une petite pensée aussi à mon ex-belle fille), un déluge s’abat soudain. J’ai juste le temps de trouver un abri sous une frondaison et d’attendre que ce nouveau grain passe. C’est hallucinant comme cela éclate rapidement. Ce doit être le rite de bienvenue en pays Bigouden.

Je redescends à nouveau sur la côte jusqu’au fort de Ste-Marine et retrouve le soleil. Puis emprunte le chemin des Douaniers en longeant la splendide plage qui va jusqu’à l’Ile-Tudy. Le ciel est à nouveau menaçant. Pourvu que ça tienne.

J’arrive à l’Ile-Tudy après avoir doublé à plusieurs reprises une coureuse qui allait bon train.

Par contre, j’arrive 15’ après le bac, enfin en service, de midi afin de rejoindre Loctudy de l’autre côté de la baie. Soit j’attends 14h, soit je dois faire le tour de la baie et passer par Pont-Labbé. Je décide de rester sur place, de déjeuner et de trouver un bar-restau très sympa (L’Estran) où je me pose pour arriver à enfin me connecter à la wi-fi, poster les derniers blogs, boire un café et déguster une Ste-Erwann ambrée, la bière locale.

Les roses sont de sortie …

Et me direz-vous le moral ? Et bien je dois dire que tout va bien malgré la météo capricieuse et les conditions climatiques compliquées. Pour l’instant, je n’ai pas eu à rouler pendant des jours sous la flotte. J’arrive à passer entre les gouttes et faire sécher mes affaires au fur et à mesure. Et puis je rencontre des personnes sympas avec qui je peux échanger un peu. Ce qui rompt la solitude de ce périple. A ce sujet, si vous ne voulez pas vous abonner pour laisser des commentaires sur ce blog, n’hésitez-pas à m’envoyer des messages par SMS ou Whatapps.

Le bac n’arrive que vers 14h15 et il faut descendre quelques marches pour charger le vélo à l’avant. Périlleux l’affaire surtout que si je me loupe c’est bouillon assuré. Nous ne sommes que 3 à embarquer. Je comprends pourquoi les autres bacs ne reprennent pas. Une fois à Loctudy je reprends ma route plein ouest en espérant que la météo reste clémente vu le ciel menaçant à l’intérieur des terres.

Je traverse les bourgades de Larvor, Lesconil puis arrive à Guilvinec où je trouve une bouteille de camping-gaz, la mienne étant vide. Les paysages sont magiques et je passe une après-midi à en prendre pleins les mirettes.

Vers 17h, je m’octroie ma pause tea-time avec mon Schweppes agrume accompagné d’un délicieux gâteau breton aux framboises. Alors que je déguste cela sur un banc bien tranquillou, un couple surgi du chemin me lance « Allez le Stade ! ». Encore un couple de Tournefeuille dont la famille est du coin et qui n’a pas trop envie de redescendre chez les doryphores. Décidément …

Pause tea-time

Puis j’arrive à la pointe de Penmarc’h marqué par l’imposant phare d’Eckmühl et ses 300 marches. Je remonte ensuite plein nord dans la baie d’Audierne avec ses grandes plages de sable blanc et ses spots de surf.

L’heure avance et, comme il fait beau, il me faut trouver un bivouac. Je pars dans la lande du côté de St-Jean-Trolimon et trouve mon bonheur à l’abri d’une dune avec vue sur la mer. J’en profite pour nettoyer mon destrier et changer les patins de frein arrière bien usés. Nouvelle soirée en tête-à-tête avec moi-même avant de partir rejoindre Morphée. La journée n’aura pas été trop prolifique en kilomètres mais en paysages superbes.

Je bouquine sur la plage et admire le coucher de soleil sur la pointe du Ras où je serai demain si tout va bien.

Résumé : 75kms, 5h00, 15.0km/h, bivouac

J18 – lundi 15/6 – Moëlan/Mer(29) – Fouesnant(29)

Réveillé par un gros grain avant le lever du soleil, je me lève sous la flotte et sous un ciel à nouveau plombé. Je déjeune vite fait et plie la tente et les bâches (tente et vélo) qui sont trempées. J’espère que ça va se lever dans la journée pour faire sécher tout ce bardas. Je parcours sur terrain glissant les 500m qui me ramène à la route de Concarneau.

J’essuie quelques grains. J’ai d’ailleurs sorti ma tenue de marin-pêcheur : ciré, pantalon ciré et gants Mapa de Laurence qui me permettent de garder mes gants vélo au sec : nickel. En approchant de l’océan en passant par Riec/Bélon, Pont-Aven (célèbre pour ses galeries d’art et ses galettes avec le film au titre éponyme avec JP Marielle qui fit scandale à l’époque), le soleil troue les nuages et le ciel bleu refait son apparition. Il ne faut vraiment pas quitter le littoral mais ce n’est pas toujours facile. Sur cette côte, il est impossible de suivre le sentier côtier trop escarpé. Je descends le long de l’Aven jusqu’à Port-Manec’h par de petites routes pittoresques en suivant Géovélo. A part quelques autochtones guettant le retour de pêcheurs, il n’y a pas grand monde dans ce port perdu. Cela change d’hier …

En remontant par une forte pente jusqu’au village, je m’arrête faire quelques courses et prendre mon café. En sortant de ce commerce multi-services, je tombe sur un loueur de vélo qui bricole à l’intérieur de son local. Je m’arrête et lui demande s’il n’aurait pas les 2 vis manquantes. Après recherche, il trouve mon bonheur et me remonte tout cela pour la modique somme de 5€. Super sympa. C’est aussi un artiste peintre qui, comme moi, écoute de la musique classique en bricolant; il faut dire que sa femme est pianiste.

Je reprends la route plus serein et file vers Névez, Trégunc puis Concarneau par petites routes et chemins forestiers.

Arrivé à l’entrée de Concarneau, je trouve une crêperie « Chez Mam’ Breizh » tout à volonté. Ce sera donc crêpe boudin noir/poireaux, crêpe saucisse bretonne/PdT/oeuf, crêpe banane/caramel beurre salé et crêpe poire/chocolat avec une bolée de cidre et un café pour 16€. Il est 14h et je reprends la route repus. Décidément que de bons plans ce matin !

J’arrive à Concarneau, fait le tour de la Ville Close puis essaie de choper la Wifi du port de plaisance mais en vain. Ce n’est pas encore aujourd’hui que le blog sera mis à jour. Tant pis.

Ensuite il me faut faire tout le tour de la baie de Concarneau en passant par La Forêt-Fouesnant puis redescendre jusqu’à la pointe de Beg-Meil en suivant un itinéraire cyclable bien balisé. Et mes ami.es, ça grimpe sec dans le secteur. Je me tape des p…. de raidards tout à gauche debout sur les pédales. Juste à cette intersection qui emprunte la digue pour couper l’anse de Penfoulic, je suis interpelé par une dame à propos de ma tenue du Stade. Elle me dit qu’elle a vécu 25 ans à Tournefeuille et que sa petite-fille vient d’intégrer le pôle espoir rugby de Jolimont.

Un peu plus tard arrivé à la pointe, c’est un couple qui me tape la causette et m’invite à venir planter ma tente dans leur jardin de leur maison en travaux. Je décline l’offre car la météo se gâte à nouveau et j’aimerais bien dormir au sec et prendre une bonne douche chaude. D’ailleurs on voit les gros nuages noirs sur Concarneau alors que de l’autre côté de la pointe c’est clair. Paradoxal ce climat !

L’heure avance et je n’ai pas envie de galérer à planter la tente trempée sous la flotte. J’hésite entre le village des schtroumpfs …

… et ma cabane au Canada. Finalement je me poserai dans ce petit camping, comparé aux grosses structures 4* voisines, où je suis fort bien accueilli et dont le patron me fait un tarif jeune retraité vu d’où j’arrive : 10$ pour bénéficier de sanitaires juste ouverts pour moi et où je vais pouvoir dormir à l’abri, c’est cool. J’en profite pour faire une lessive et sécher mes affaires.

Résumé : 80kms, 5h00, 16.0km/h, camping

J16 – samedi 13/6 – Carnac(56)-Etel(56)

Après cette soirée bien arrosée, le réveil est un peu difficile. J’attends d’entendre du bruit en bas pour descendre et prendre mon dernier p’tit déj’ en bonne compagnie avant un long moment. Puis je finis de préparer et charger mes sacoches. Et Loïc et Cathy sortent leurs vélos pour m’accompagner un petit bout de chemin.

Loïc a sorti son vieux biclou tout rouillé que j’aimerais bien retaper. Et nous voilà partis. Nous parcourons à peine 2 kms que l’axe de la pédale casse net ! Nous faisons donc demi-jour et retour au point de départ. Je tracte Loïc qui me tient l’épaule comme on faisait au bon vieux temps avec les copains qui avaient des solex ou des mob’. Loïc en profite pour brancher sa nouvelle box Orange car il nous faut à nouveau regarder mon iPhone qui a perdu le profil et ne capte donc plus la 4G. C’est épuisant à force. Finalement après avoir chargé une nlle version d’Apple puis appelé la hotline Syma Mobile, nous arrivons enfin à le configurer. Il est bientôt 11h et c’est seul cette fois-ci et le cœur gros que je reprends la route direction Quiberon puis plein ouest.

Le temps est superbe et je rejoins sans problème la presqu’île sous un beau soleil radieux. J’avais déjà eu l’occasion de venir passer une semaine de vacances ici dans une petite maison qui appartenait aux beaux-parents de mon grand frangin Yves-Marie. J’achète de quoi me restaurer et déjeune au fort qui marque l’entrée de l’île.

C’est toujours aussi sauvage et c’est avec plaisir que j’effectue le tour de l’île par des pistes cyclables ou de petites routes d’abord par le côté nord puis retour par la côte sauvage coté sud. Je profite d’une pause-café à St-Pierre pour saluer Carnac au loin.

Après avoir touché un muret avec ma sacoche pour éviter ces satanés pieux au milieu des pistes pour en interdire l’accès aux éventuels abrutis à 2 ou 4 roues motorisées, je dois faire une escale technique afin de redresser et refixer l’attache de garde-boue avant. Puis je file vers la pointe du Conguel après être passé par Port-Haliguen en pleins travaux puis retrouve Quiberon où les consignes de plage dynamique ne sont pas forcément respectées …

Et je redescends par la côté sauvage toujours aussi belle. De plus, j’ai vent dans le dos et je roule bon train doublant même des cyclistes en goguette.

Je sors à regret de la presqu’île et longe par une belle piste la « Grande Plage » où les amoureux du vent et de la mer s’en donnent à cœur joie ainsi que les naturistes bien statiques et extatiques devant de tels paysages.

Puis j’arrive dans la jolie bourgade d’Etel où, en ce samedi ensoleillé, de nombreux badauds se baladent dans les petites rues commerçantes. Cependant, le ciel s’assombrit salement sur la mer et le vent ramène ces gros nuages menaçant. Il n’est que 17h et je voulais continuer ma route jusqu’aux portes de Lorient mais vu la menace et le discours des marins sur le port, je prends la décision de rejoindre au plus vite le camping municipal repéré à l’aller. Le temps de comprendre que les sanitaires et les mobil-homes sont encore fermés, les gros nuages noirs sont déjà là. Je me hâte de monter la tente, de prendre quelques affaires et de couvrir le vélo alors que l’orage éclate. Je pensais pouvoir m’abriter sous un auvent mais les petits mobil-homes en sont dépourvus. La fin d’après-midi va être longue. Je m’abrite sous mon toit incertain en attendant qu’une accalmie arrive pour dîner rapidement avant de repartir à l’abri.

La tempête fait à nouveau rage. Espérons que cette fois-ci je ne me retrouve pas encore le cul dans l’eau en pleine nuit. Je n’aurais pas d’endroit sec où m’abriter. Je range toutes mes affaires dans mon sac étanche au cas où et me souhaite une bonne nuit en prenant mon bouquin. Il est 21h30. La nuit risque d’être longue …

Résumé : 70kms, 4h, 17.3km/h, camping fermé

J17 – dimanche 14/6 – Etel(56)-Moëlan/Mer(29)

Finalement, j’ai très bien dormi. Bien que j’ai eu une envie extrême d’aller uriner, j’ai dû me lever et sortir à loilpé. J’en ai profité pour replanter un piquet du auvent de la tente arraché par la force du vent, remettre la housse du vélo en place et la caler avec une chaise et surtout sortir mes boules Quiès que j’avais remis en place dans la trousse de toilettes. Une fois de retour dans mon duvet bien calé sur un côté de la tente au sec vu que l’autre prenait le vent et la pluie et collait à la paroi; et cela bien que j’avais orienté la tente dans le sens du vent qui avait dû tourner pendant la nuit. Un peu comme un voilier qu’on met en fuite (juste le tourmentin comme voile, vent dans le dos, l’ancre qui traîne pour freiner sa vitesse) en cas de tempête …

Je me réveille donc à 7h30 et me prépare sous un ciel gris mais le vent est tombé et il ne peut plus. Je peux donc faire sécher mes affaires le temps de p’tit-déjeuner et de tout ranger. Départ à 9h direction Lorient avec Géovélo comme guide. Mais celui-ci a décidé de m’emmener sur des sentiers de traverse, certes très sympa mais pas très cyclable avec mon barda !

Je finis par rejoindre Port-Louis après avoir croisé et m’être fait doubler par mal de cyclos du dimanche matin (Pensée amicale pour mes potes du Stade et Jean-Louis son capitaine). Il me faut attendre une petite demi-heure le prochain bac qui m’emmènera à Lorient sans avoir à faire tout le tour du Blavet. J’en profite pour boire mon café matinal et rappeler mes charmantes suédoises du sud qui se sont mises à l’abri au sec à Montaigu en Vendée. Nos routes ne se croiseront plus. Dommage …

Une fois débarquée en face du quai des plaisanciers, où nous étions rentrés en catastrophe pris dans la tempête au large, il y a de cela fort longtemps lors d’une sortie de 5 jours à voilier avec les potes du CRCAM37, j’en profite pour visiter l’ancienne base de sous-marin transformée en musée de la mer avec, notamment, les fameux Pen-Duick (II et VI) de Tabarly et le quai pour les maxi-catamarans de compèt’. Quel étrange contraste !

Je traverse ensuite Lorient en suivant un bel itinéraire cyclable avec l’excellente idée de donner des numéros à chaque axe.

Il n’y a qu’à suivre la bonne ligne cycliste et je me retrouve comme qui rigole à Larmor-Plage en plein marché où j’en profite pour acheter mon 1er melon de la saison et discuter avec une dame charmante âgée de 75 ans qui vient de se faire voler son 2è vélo, autre plaie de la pratique cycliste avec les problèmes de réseau non sécurisé.

Je retrouve l’océan et décide de suivre l’itinéraire rouge et blanc du GR du sentier côtier. Cela a l’air pratiquable à vélo et, comme cela, je peux rouler en voyant la mer sous un ciel à nouveau bleu azur. Pause pique-nique en face l’île de Groix (souvenir aussi de belle nav’).

Il est 15h. Je repars en longeant le sentier côtier partagé entre piétons et cyclistes. Le spectacle est grandiose. La mer émeraude, les petits villages et ports typiques, le ciel bleu et moi qui circule en douceur au milieu de ce tableau géant. C’est SEA, CYCLE & SUN !!!

Je suis en mode balade et je profite du spectacle offert par Dame Nature. Mais un petit couinement se fait entendre. Léger au début. Je tends l’oreille, essaie de déceler d’où vient ce bruit. J’enlève les patins AV puis AR, toujours ce bruit; ce ne sont pas les patins de freins. J’arrête de pédaler, toujours ce bruit; ce n’est donc pas non plus le pédalier. Je m’arrête, vérifie les sacoches. Rien ne touche. Je repars. Ce n’est pas normal. Un vélo ne doit pas faire de bruit en roulant. Et plus je roule, plus ce bruit s’amplifie. Je m’arrête à nouveau, vire toutes les sacoches, inspecte les garde-boues. Et je trouve !

La vis d’attache du porte-bagages arrière gauche s’est fait la malle. C’est la vis du garde-boue affaissé qui touche la roue. Et merde. Je sors ma trousse de secours et en enlevant la sacoche, je découvre qu’une vis s’est aussi barrée. Je pense que ce doivent être les vibrations sur les petits chemins de ce matin qui ont provoqué ce bordel. Pourtant, j’avais tout vérifié avant de partir. Comme quoi mon destrier est lui aussi soumis à rude épreuve. Bon il me faut réparer avec les moyens du bord sachant que cette fois-ci je n’ai pas pris de vis de rechange avec moi. Mauvaise pioche. Heureusement, j’ai toujours un morceau de ficelle, ma bitte et mon couteau avec moi. Ça devrait le faire.

Je remplace donc la vis-écrou manquante sur la sacoche avant par une ficelle et celle de l’attache du porte-bagage par 2 serre-joints. Je desserre également les garde-boues arrières pour les réhausser en espérant que tout cela va tenir au moins jusqu’à mardi, les vélocistes risquant fort d’être fermés demain.

Après ces émotions, je m’arrête acheter un paquet de pains d’épice dans une fabrique artisanale de gâteaux et me fait une petite-pause avant de repartir vers Guidel-Plage. Encore un souvenir dans ce village où j’avais passé une semaine de vacances début juillet avec ma puce lorsqu’elle était pitchounette. Nous n’avions pas vu ni le soleil, ni la plage de la semaine … que de la pluie ! Heureusement, je l’avais inscrite à un centre avec d’autres enfants pour qu’elle puisse s’amuser. De mon côté, j’avais passé la semaine à arpenter le secteur à VTT et en courant.

Par contre, le bac que j’espérais prendre pour traverser les 50m de la Laïta afin de rejoindre Le Pouldu n’est toujours pas en service. Il me faut donc remonter au nord pour choper le pont avant de redescendre et de rentrer dans le département du Finistère. Mais comme il y aura d’autres rias sans bac pour traverser, je décide de filer plein ouest vers Moëlan-sur-Mer bien que ce soit dans les terres. Va comprendre Charles ! Il commence à se faire tard et il me faut trouver un bivouac, le temps étant toujours clément. Je file vers Riec-sur-Bélon (le nom du ria) et m’engage sur le sentier côtier au-dessus de l’anse de Kéristinec et trouve mon bonheur à l’écart de la civilisation. Des chênes, des oiseaux, le ria en-dessous, un espace clair et un petit muret pour poser mon séant. Parfait. Bivouac 3*. Over pour aujourd’hui.

Résumé : 85kms, 5h15, 16.0km/h, bivouac

J15 – vendredi 12/6 – Repos à Carnac(56)

Journée off où je reste à Carnac avec Loïc et Cathy. Grasse mat’. P’tit déj’ copieux. Configuration de l’iPhone. Balade à pied au bord de mer du côté de la Trinité/Mer. Déjeuner avec vue sur mer de moules/frites à volonté. Café chez Jacques, kite-surfer de 69 ans, ami d’adolescence de Loïc. Sieste sur la plage. Puis nettoyage du vélo et des sacoches. Découpage de la bâche pour la mettre au dimension de la tente. Et apéro dînatoire avec ses sympathiques cousins Pierre-Marie et Denis et sa truculente cousine Laurence. Déjà minuit ! Que cette journée a passé vite mais quel réel plaisir d’être en si bonne compagnie. Merci Loïc pour cette mémorable journée dans tes terres natales.

Avant ma dernière nuit dans un bon lit, j’aimerais faire le point sur le matos acheté ou offert avant mon départ :

  • Système e-Werk et batterie tampon : tip-top, permet de recharger mes appareils électroniques en roulant; juste un bémol sur la batterie tampon qui ne permet pas de savoir si elle est rechargée au max.
  • Pédale semi-automatique avec chaussures à cale-pieds : tip-top, permet de pouvoir tirer sur les pédales dans les forts pourcentages et ne pas avoir le pied qui glisse lorsqu’il pleut; la cale se met très facilement.
  • Rétroviseur (merci l’Arche !) : tip-top, permet de voir les véhicules qui arrivent derrière et de se ranger éventuellement sur le bas-côté en cas de doublement difficile; de plus, ce rétro est facilement rétractable en cas de passage étroit.
  • Sacoches arrière Ortlieb (merci l’Arche !) : même système que mes sacoches avants; robuste et efficace.
  • Bâche sous la tente : redécoupé ce jour au dimension exacte de la tente; à retester en condition extrême.
  • Bâche Rose pour le vélo : tip-top; ne prend pas beaucoup de place et permet de protéger efficacement le vélo et les sacoches en cas de pluie … notamment lors de la nuit dernière.
  • iPad (merci les amie.s !) : très pratique pour avoir toutes les cartes téléchargées avec Maps.me, d’avoir également la musique et mes livres téléchargés et de récupérer facilement les photos avec AirDrop depuis l’iPhone pour insertion dans le blog; par contre, consomme toute la batterie pour suivi avec Maps.me
  • iPhone SE : à tester avec le logiciel Géovélo en 4G.

J14 – jeudi 11/6 – Kernéjeune(56)/Carnac(56)

Après 13 jours de relatif beau temps, il fallait bien que la pluie arrive. Mais, après le crachin breton de bienvenue hier après-midi, j’ai eu droit à un véritable déluge cette nuit. Déjà que j’avais du mal à me tourner à cause de ce « tour de rein » et donc à dormir, je fus réveillé en pleine nuit par la pluie battante qui tombait comme vache qui pisse sur ma pauvre petite tente. Même les boules Quiès n’empêchait pas de me tirer de mon sommeil perturbé. D’autant plus que, désagréable surprise, la flotte était aussi à l’intérieur de la tente !!! Il faudra que je redécoupe ma bâche sur le côté, comme me l’avait conseillé Vincent, mais je pense que, vu la quantité de flotte tombée, cela n’aurait pas changé grand chose à l’affaire.

Le matelas gonflable baignait dans l’eau et il me fallait réagir rapidement. J’imagine l’angoisse des personnes qui subissent des crues ou, pire, les marins dont le bateau prend l’eau. Terriblement angoissant. Mais bon, relativisons. J’avais la chance d’avoir un endroit sec où m’abriter. Donc je sors ma frontale, m’habille en catastrophe, range mon duvet dans son sac-compresseur, remplis mon sac imperméable (acheté au Vieux Campeur avant de partir et dans lequel je mets ma tente+bâche pliées sur mon porte-bagage) de mes vêtements/livre/duvet, prends le matelas gonflable sous le bras et ma sacoche-bureau à l’épaule et fonce m’abriter dans le bâtiment principal du camping. Je verrai au lever du soleil pour rapatrier la tente et mon vélo bien abrité sous sa bâche « Rose ».

Me voilà au sec. Il est 4h du mat’. Je n’ai plus qu’à me recoucher non sans avoir fait un gros pipi (il n’y pas que les vaches qui pissent dru !) que je retenais depuis un bon moment de peur de me prendre la flotte sur la gueule et le reste …

D’ailleurs à ce sujet de science-miction, j’ai de superbes souvenirs de sortie, en pleine nuit et par pleine lune du côté de la Slovaquie, pour uriner à poil devant le majestueux Danube en contemplant le ciel étoilé par 5°C puis replongeais dans mon duvet bien chaud et repartir dans les bras de Morphée … Comme quoi, les petits bonheurs de la vie sont parfois bien simples.

Retour au présent. Après avoir rapatrié ma tente complètement trempée et mon vélo, je profite de cette matinée off pour faire sécher mes affaires, me raser et me laver, m’octroyer un copieux p’tit déj’, me reposer, écouter de la musique, ranger et nettoyer mes sacoches. Je repartirai en début d’aprèm vers Carnac …

A 13h30, après avoir déjeuné d’une boite de lentilles achetée au camping, je reprends la route. Le ciel est menaçant mais il ne pleut presque plus. Je quitte à regret ce lieu paisible. Si un jour vous avez l’occasion de venir dans le coin, n’hésitez-pas à vous arrêter vous ressourcer ici. L’accueil est chaleureux sans être ostentatoire. Encore merci à mon hôte pour sa prévenance.

Je suis mon itinéraire tracé sur Maps.me qui m’emmène à travers villages bretons …

… et landes bretonnes sur des chemins de traverse.

Je contourne donc le golfe du Morbihan et, après une 1ère partie de parcours très agréable, je me vois contraint d’emprunter des axes chargés pour arriver à Vannes, cité chère aux frangins Yves et Lionel Duclerc, collègues d’AtoS. Cette ville a elle aussi mis en place un urbanisme tactique et je la traverse en suivant un boulevard périphérique dont une voie a été dédiée aux cyclistes; l’ancienne piste cyclable étant rendue aux piétons. Comme quoi c’est possible. A Blagnac 450m seulement ont été aménagés; à quand d’autres aménagements plus conséquents ?

Par contre, les gros nuages noirs s’amoncellent sur la ville et je ne prends pas le temps de visiter la vieille ville de peur de me reprendre un grain sur la tête. J’ai déjà eu l’occasion de visiter ces ruelles historiques. Pas de regret. Je taille la route pour arriver à l’heure de l’apéro à Carnac. Je m’arrête tout de même à Baden déguster mon 1er far breton aux pruneaux. Puis j’enjambe la rivière du Bono avant d’arriver à Auray.

Pas de pèlerinage non plus à St-Anne (désolé Mathilde) mais il faut que je taille la route. Je m’arrête juste faire un pause-pipi au Mont-Salut devant d’étonnantes sculptures de souches d’arbre.

L’heure tourne. Les gros nuages noirs me poursuivent. Il me faut poursuivre ma route sans mollir . A 19h00, j’arrive enfin à destination chez mon ami Loïc, et sa compagne anglaise Cathy, qui m’accueille dans sa maison familiale, véritable musée, dont l’âme qui s’en dégage m’inspire fortement.

Pour la petite histoire, c’est grâce à (à cause de ?) la fille de Loïc que mon fils Titouan est parti faire ses études à Montréal. En effet, lors d’un apéro à Noël 2016, Delphine, étudiante à HEC Montréal et en vacances chez ses parents, avait tellement bien vendu sa vie québécoise que Titouan postula à l’Université De Montréal en 1er choix où il fut pris.

Après le traditionnel ti-punch, nous dînons royalement (langoustines et cabillaud au chorizo accompagné de ses pommes de terre grenailles) accompagné d’un sauvignon bordelais excellent avant de finir par une dégustation de chocolats. Quel plaisir de retrouver des amis et de pouvoir échanger autour d’un bon repas ! Il est tard et je monte me coucher dans un bon lit. Après ma précédente nuit fort agitée, je vais pouvoir récupérer de ces 14 premiers jours de périple et déjà 1.365kms au compteur !

Résumé : 80kms, 4h, 19.3km/h, hébergement

J13 – mercredi 10/6 – Le Pouliguen(44)/Kernéjeune(56)

Nuit quelque peu agitée à cause de cette réunion blagnacaise. Je n’aurais pas dû rentrer dans la polémique stérile Car Vs Bike mais prendre de la “hauteur” en parlant des enjeux locaux qui font partie des enjeux globaux face aux différentes crises qui sont devant nous : sanitaire avec ce virus, économique et sociale suite à ce virus, écologique depuis un moment. Mais notre président-roi n’a toujours pas déclaré la guerre au virus humain : destruction de notre biodiversité, pollutions de toutes sortes, sur-consommation, gaspillage alimentaire … Bon allez, je me lève un peu plus tôt que d’habitude et décolle vers 8h30 direction Le Croisic.

Le ciel est couvert, pas de vent mais température en baisse. Je longe la côte sauvage après avoir longé la côte de Jade en dessous de St-Brévin.

Je croise beaucoup de joggeuses et marcheuses solitaires, de nombreux cyclos du matin et quelques golfeurs. Je traverse une 1ère fois la « Petite cité de caractère » de Batz/Mer …

puis arrive à Le Croisic. Je pensais poursuivre directement ma route vers La Turballe mais c’est une presqu’île et je fais donc un tour de manège gratuit avant de trouver la route des marais et de traverser les marais salants de Guérande où travaillent de nombreux paludiers. Dur métier !

Puis je rejoins enfin La Turballe et traverse de charmants villages Piriac, Quimiac, Mesquer le long de la mer. J’y vais au feeling sans carte, ni GPS (d’où mon erreur à Le Croisic) en jetant de temps en temps un œil à ma carte téléchargée sur Maps.me. Le ciel est bas et gris comme la mer d’une étonnante platitude à tel point que ciel et mer se confondent !

Après avoir acheté de quoi me restaurer, je m’arrête déjeuner vers 12h30 sur un banc avec vue sur mer.

Puis pause-café à Quimiac avec une belle brochette de personnages aux dialogues truculents à la Audiard. Je me régale. J’adore ces ambiances de café de « province ». Ma présence n’a pas l’air de déranger grand monde. Ils doivent avoir l’habitude de voir passer des cyclos. J’en profite pour demander la météo à une jeune femme qui tape la causette avec un autre vieux. Elle m’annonce de la pluie pour cet aprèm’ est demain. Effectivement, en sortant du bistrot, il se met à tomber ce fameux crachin breton. Je décide donc de rejoindre l’itinéraire de la VélOcéan et de suivre les pancartes sans me poser trop de question.

Je sors du café, prends mes vêtements de pluie, enfile ma veste et mon pantalon (avec les fameux élastiques du slip à Nico). Et là, en me relevant, une douleur aiguë me vrille au niveau du rein gauche. J’espère ne pas rester coincé comme cela m’était arrivé une fois. Je fais quelques mouvements d’étirement, sors mon baume du tigre, me frictionne et enfourche ma monture. Ça tiraille mais ça devrait le faire.

Allez c’est reparti mon kiki. Je taille la route sous la flotte à travers le bocage breton. Arrivé dans la bourgade de Férel, je m’arrête pour faire quelques emplettes et m’octroyer une pause 4h. Je fais marcher le commerce local. C’est aussi un des objectifs de ce périple en évitant les grandes enseignes. Que du local et, une fois de plus, le charme du vieux cyclo solitaire agit : alors que j’avais pris une banane bien avancée, la patronne m’en donne 2 et me les offre. Sympa !

J’arrive à La Roche-Bernard dans une nouvelle « petite cité de caractère » effectivement charmante. Cette cité permet d’enjamber la Villaine avant qu’elle ne se jette dans l’océan.

Je me balade dans les vieilles rues où beaucoup d’artisans se sont installés. Sur la place du village, se trouve une maison à colombage du XVé siècle. Dommage que la météo ne soit pas au top. Mais il faut bien qu’il pleuve aussi; c’est tellement sec partout …

Je continue ma route en me fixant l’objectif d’arriver au camping de Kernéjeune repéré sur Maps.me. J’ai trop envie d’une bonne douche chaude après cet après-midi froid et humide. Sur la route, j’aperçois mes premières maisons bretonnes avec des toits de chaume.

Finalement, j’arrive à 18h et m’installe où je veux vu qu’il n’y pas un chat. Le gérant est très sympa et me permet d’accéder à la salle commune d’où je rédige cet article. Je veux pouvoir dîner au sec avant de me manger la flotte toute la journée demain et retrouver mon pote Loïc et Cathy à Carnac pour une journée off.

Résumé : 105kms, 5h45, 18.3km/h, camping

J12 – mardi 9/6 – Bouin(85)/Le Pouliguen(44)

Rituel habituel pour un départ à 9h. Je vais saluer mes hôtes et reprends mon parcours à travers les marais. Je dois dire que je sature un peu de ces paysages et que j’ai hâte d’arriver sur les côtes bretonnes. Et puis, je trouve que les vendéens ne sont pas particulièrement accueillants à mon grand regret vu mes origines. A peine un signe de tête et un bonjour de temps en temps pour répondre à mon bonjour jovial. Décevant. Même dans les commerces où je m’arrête, il n’est pas facile de lier conversation. Tant pis.

Je m’arrête boire mon café dans le pays des Retz à Les-Moutiers-en-… et finis par quitter la Vendée, la VélOdyssée, les marais, les huîtres et les moules, le vent et les Chouans. Me voici enfin en Bretagne tout du moins en Loire-Atlantique, éternel débat. Je rejoins la VélOcéan qui fait aussi partie de l’EV1.

Le paysage change. Les maisons de granit font leur apparition. La mer s’invite à nouveau dans le décor avec ses anses aux plages de sable, ses rias et ses rochers. A l’entrée de Pornic, je tombe sur le moulin Dousset. Forcément, je pense aux châtelains du Petit-Nice (Gisèle et Francis) qui sont en pleins travaux pour agrandir leur demeure et que je salue, à mon jovial pote Nico du Montcalm, à mon un peu moins jovial mais néanmoins très sympathique Eric, à ma belle et rebelle Jessy; tous ces potes avec qui j’ai partagé de beaux moments « virtuels » pendant le confinement. Bise à tous et à bientôt pour de belles rigolades mais aussi engueulades autour de bons petits plats accompagnées de bonnes bouteilles.

J’arrive enfin dans Pornic, cité toujours aussi charmante que dans mes souvenirs de jeunesse. Je roule un moment avec un marseillais futur retraité, ancien VTTiste, qui a une villégiature ici. Il m’indique une bonne boulangerie où j’achète mon pain quotidien et mon 1er Kouign Amann.

Je dégusterai mon pique-nique (reste de la terrine aux foies, œufs de la ferme, fromage, gâteau) dans un cadre magnifique en face de l’île de Noirmoutier.

Je reprends la route et continue à longer la côte sans forcément suivre la VélOcéan qui bifurque dans les terres. Je préfère rester au bord de l’océan et traverser ces villages et ces ports : Pornic, Préfailles, St-Michel-Chef-Chef (la fameuse galette St-Michel et les sablés de Retz), St-Brévin-les-Pins. Autant de communes qui évoquent des vacances passées dans le coin avec les frangins et Gêne lorsque nous habitions Angers.

Puis arrive le pont de St-Nazaire qui franchit l’estuaire de la Loire si chère à mon cœur. Il y a juste une bande cyclable avec les véhicules qui me frôlent les miches.

Pas terrible. D’autant plus que je surplombe les fameux chantiers de l’Atlantique où 2 monstres sont en construction. Ces immeubles flottant, véritable catastrophe écologique en terme, entre autres, de consommation, pollution, destruction des rivages abordés, inflation des prix dans les villes visitées (cf Venise), qui attire les gogos prêts à payer peu cher des vacances flottantes mais à dépenser des fortunes pour picoler. Et puis sur l’autre rive, les vestiges des bateaux transportant les pièces de l’A380 de Nantes à Blagnac, autre catastrophe écologique désastreuse. « Cela fait bosser du monde » me rétorquera-t’on. Oui mais à quel prix pour notre futur et celui de nos enfants ?

Je traverse St-Nazaire par de belles pistes cyclables différenciées au sol et bien signalées comme j’aimerais en voir dans toutes les villes pour faciliter la continuité des axes cyclables et la visibilité pour les voitures et les piétons …

et par d’autres aménagées provisoirement (la fameuse « Urbanisation tactique » ou comment récupérer de l’espace aux voitures pour la redistribuer aux modes actifs : piétons et cyclistes) qui a fait des émules dans beaucoup de villes. Espérons que Blagnac suive le mouvement … Mais ce n’est pas gagné. Je vais y venir.

Je continue mon périple en longeant toujours le front de mer. Je sors de St-Nazaire et trouve un endroit calme où je me pose afin de participer à une réunion à 17h avec la mairie de Blagnac et des riverains de l’avenue Servanty mécontents du passage en sens unique de cet axe pour créer 2 vraies pistes cyclables de chaque côté au grand bonheur de tous les cyclistes. Demande d’urbanisation tactique avec d’autres que j’avais émises mi-avril par courrier à M. Carles le maire réélu. 2 nouvelles riveraines ont été invitées et je dois avouer que leur discours m’a estomaqué.

Que dire ? La désagréable impression d’avoir perdu 1h30 à toujours rabâcher le même discours « pro-vélo-écolo-bobo » et entendre toujours les mêmes remarques désobligeantes : les cyclos grillent les feux rouges, vont beaucoup trop vite, font n’importe quoi, ne sont que 3% donc ne représente pas la majorité donc tant pis pour eux. Et le même constant accablant : « je suis d’accord pour changer mais tant qu’on ne touche pas à mes petites habitudes et à mon petit confort» (en l’occurrence faire un détour à voiture). Affligeant !!!

Je sais intimement que je suis dans le vrai mais ne sais pas si je verrai un jour le résultat concret de tous mes engagements. Et je sais aussi pourquoi je me suis engagé sur la liste Ecosol. A entendre le discours convenu et consensuel de nos vieux élus, cela n’est pas prêt de changer hélas. A toujours vouloir ménager la chèvre et le chou, on ne fait que de la merde ! L’avenir nous donnera probablement raison une fois de plus mais trop tard. (cf nos propositions contre le tracé merdique du tram, la non-desserte initiale de l’aéroport et de la zone d’emploi, la destruction de Pinot pour l’A380, la 3è ligne de métro, la rocade qui devait absorber les bouchons dans Blagnac, …). D’ailleurs, notre tête de liste Marie-Pierre avait encore vu juste sur l’aéronautique.

Bon allez j’arrête et retourne à mon propos. Donc je reprends la route un peu perturbé tout de même et j’arrive dans Pornichet. J’hésite à m’arrêter dans un camping vu que la météo est clémente et mes bidons pleins. Je décide donc de continuer et de trouver un endroit où bivouaquer sans consulter mes cartes. Mauvaise pioche ! Après Pornichet, La Baule-les-Pins puis La Baule-Escoubiac puis Le Pouliguen et pas un seul endroit où planter ma tente. Il est bientôt 20h et je vois un panneau « camping » que je suis. Le 1er qui est le municipal est fermé. Le 2nd aussi fermé mais je peux quand même rentré mon vélo. Nobody. Tant pis. Je repère les sanitaires, fais couler l’eau et en plus elle est chaude. Yes ! Je plante ma tente et on verra bien. Je suis seul sur ce camping et ce n’est pas pour me déplaire. Demain il fera jour. Je dîne de mes derniers restes. Mes provisions sont presque épuisées. Il va falloir que je me ravitaille. Peut-être tiendrai-je jusqu’à Carnac que je pense atteindre jeudi soir si je continue à suivre la côte.

Résumé : 115kms, 6h45, 17km/h, camping fermé

J11 – lundi 8/6 – Notre-Dame-de-Monts(85)/Bouin(85)

Comme d’hab’, je suis réveillé aux aurores. Je consulte la pendule et, trouvant l’heure vraiment trop matinale, me rendors. Préparatifs habituels pour un départ à 9h. Le temps est couvert et il fait relativement frais. Après avoir emprunté les sentes sablonneuses de la veille, je retrouve l’EV1 au pied de la forêt et reprend mes pérégrinations vers l’île de Noirmoutiers.

Des travaux empêchent l’accès à la piste cyclable du pont jusqu’à début juillet. Il faut donc faire un détour pour emprunter la voie de circulation. Heureusement, le pont n’est pas très long car ce n’est pas très agréable d’avoir les véhicules qui vous rasent les miches, surtout avec le vent latéral.

A l’arrivée sur l’île, deux fléchages pour le vélo proposent les mêmes directions : le vert de « La Vendée à vélo » et le bleu de « L’île de Noirmoutiers à vélo ». Je décide de suivre le bleu et je pense au final que l’itinéraire proposé par ce dernier était plus attractif.

Je pars du côté est et suis le chemin sous la digue qui protège les marais et la réserve naturelle du polder de Sébastopol. Pas grand monde en ce lundi matin si ce n’est quelques promeneurs et pêcheurs à pied.

J’arrive en fin de matinée à Noirmoutiers où se déroule une cérémonie pour la fin de la guerre d’Indochine vu le discours prononcé. Cette bourgade me paraît très chic au vu des belles demeures et voitures disséminées autour des quartiers du vieux centre.

Je finis par m’arrêter boire mon petit café dans le quartier du Grand Vieil et repars car j’aimerais déjeuner à L’Herbaudière. Pour l’anecdote, regardez-bien ma sacoche posée sur la table … eh oui, j’ai retrouvé mon badge Ecosol, avec notre emblématique hirondelle, que j’avais laissé sur mon GJ (gilet jaune pour les non-initiés). Je profite de cet interlude pour saluer amicalement toutes mes colistières et tous mes colistiers. J’ai donc les logos 2P2R (2Pieds-2Roues pour les mêmes) et Ecosol (liste Citoyenne, Écologique et Solidaire) à l’avant et la flamme de l’Arche-en-Pays-Toulousain à l’arrière. Ne manque plus que celui de l’ABAVE (Asso Blagnac A Vivre Environnement). Je roule aussi aux couleurs du Stade Toulousain Cyclisme. Que du beau monde et de belles personnes qui m’accompagnent en pensée !!!

En effet ce port me rappelle mes vingt ans où je travaillais comme prestataire au Crédit Agricole de Tours. A cette époque, des salariés, passionnés de voile, louaient un voilier à Pornichet et je commençais à naviguer avec eux. Les destinations étaient les îles d’Houat, d’Hoëdic, Belle-Ile et ce port de l’Herbaudière. Hélas, si j’avais su que 15 ans plus tard, je rencontrerais une voileuse, Hélène la mère de mon fils Titouan, je me serais un peu plus intéressé à la navigation. J’étais jeune et insouciant. Et j’aimais aussi l’ambiance à bord et les soirées bien arrosées dans les ports de marin !

Une fois arrivé, je trouve un rôtisseur et me commande une andouille, pommes de terre (spécialités de l’île) et ratatouille que je dégusterai à la pointe de l’Herbaudière à l’abri d’un blockhaus nombreux à et endroit.

Et oui, le vent s’est levé chassant les nuages mais ralentissant la progression des cyclistes ! Une fois ce copieux et délicieux déjeuner avalé, je redescends vers la sortie de l’île pour retraverser le pont. J’aurais bien aimé emprunter le passage du Gois mais l’heure des marées ne me le permet pas.

Je rejoins le continent et me retrouve à nouveau à pédaler à travers vents et marais ! Cela devient lassant à la longue. D’autant que je rate un panneau EV1 et me retrouve sur une route assez empruntée, vent de face évidemment. Je commence à fatiguer et arrivé au village de Bouin, j’aperçois un panneau indiquant une ferme-auberge avec camping. La route pour sortir des marais est encore longue et je n’ai pas envie de bivouaquer un plein vent. Finalement, je me pose dans cet endroit pour le moins bucolique. Je suis accueilli par une femme d’un certain âge avec une dentition en mauvais état et par son berger allemand. Elle me propose de m’installer dans le champs derrière sa ferme pendant qu’elle nettoie les sanitaires vu que je suis son 1er client de la saison. Il me faut attendre que le chauffe-eau me permette de prendre une douche bien chaude. J’en profite pour écrire et vais aller voir ce qu’il en est.

La douche était tiédasse mais cela fait du bien quand même. Je dîne de mon traditionnel Tipiak accompagné d’une délicieuse terrine de foie gras aux herbes de Provence maison. Puis je finis la soirée dans les sanitaires où j’en profite pour recharger mes appareils et appeler les potes. Notamment mon vieux pote Housni qui a changé de boulot pour aller bosser à St-Nazaire. Malheureusement il est en télétravail sur Toulouse cette semaine et je ne pourrai pas lui rendre visite. Dommage. J’appelle aussi mon vieux pote Christian le corrézien que je connais depuis que je suis arrivé sur Toulouse il y a presque 30 ans déjà. On papote un long moment. Peut-être me rejoindra-t’il sur le parcours si son genou blessé à VTT lui permet. Bon, il est tard, le soleil se couche sur Bouin. Il faut que je reprenne des forces. Dodo …

Résumé : 110kms, 6h00, 18km/h, camping à la ferme

J10 – dimanche 7/6 – Rocheservières(85)/Notre-Dame-de-Monts(85)

Grasse mat’ en ce dimanche de Fête des Mères. Une pensée pour la mienne qui vit dans son monde intérieur depuis quelques années déjà du côté de Laval en Mayenne. Bientôt 83 ans mais quel est le sens de rester en vie sans reconnaître les siens ? Saloperie de maladie. Je vous le répète mes enfants, si ça m’arrive : piquouze, crémation et basta !

Il est 8h du mat’ et pas un bruit à La Grole. C’est le pied (ok facile). Après avoir récupéré mes vêtements lavés et séchés, mes appareils iBidule chargés à bloc, mon p’tit déjà copieux avalé, mes sacoches rechargées, mon vieux portable Androïd donné à Gène et mes adieux faits à tous les deux, je reprends les petites routes de campagne guidées par Géovélo. Circuit beaucoup plus sympa qu’à l’aller où je chemine de ferme en ferme sans aucune voiture.

Je trouve quand même à m’acheter de quoi déjeuner dans le premier village traversé et poursuis ma route sous un ciel variable et un temps idéal pour pédaler jusqu’à St-Hilaire-de-Riez. Je bifurque tout de même de mon itinéraire pour faire un pèlerinage à Commequiers, village où habitait mes ex-beaux-parents, grands-parents de Gwen et Nathalie ma belle-fille (coucou Nat’ et Thierry là-bas si loin à Mayotte …) . Micheline qui vient de fêter ses 90 ans et René, dir’co’ chez Winckier (les concurrents de Legrand fabricants de produits électriques), aimant la bonne chair et les bons vins et décédé beaucoup trop tôt, vivaient à Aulnay-sous-Bois avant de partir passer leur retraite en Vendée. Nous venions rarement ici, trop loin de notre Dordogne d’adoption.

Il est 13h30 et il fait faim ! Je trouve un banc en frond de mer avec vue sur l’île d’Yeu au loin. C’est l’étale. Des couples se baladent main dans la main sur la digue. Je suis seul mais serein.

Après avoir déjeuné et admiré le paysage, je reprends ma route. A la sortie du Sion/Océan, je retrouve l’EV1 qui va serpenter à travers la forêt domaniale des Pays de Monts pendant de nombreux kilomètres.

Alors que je n’avais pas vu grand monde depuis ce matin, j’arrive à St-Jean-de-Monts où il y a foule en ce dimanche ensoleillé et festif.

Je retrouve la forêt et la tranquillité jusqu’à Notre-Dame-des-Monts où je m’arrête déguster une bière artisanale dans un bar avec Wi-fi gratis. Je vais enfin pouvoir publier mes derniers posts parce que la tata au fin fond de la Vendée et le tonton de l’Anjou n’avaient pas suffisamment de débit.

Je finis par trouver un endroit tranquille dans la forêt domaniale des Pays de Monts pour bivouaquer en-dessous de l’île de Noirmoutier. Je dîne des excellentes lasagnes poireau-saumon et du non moins délicieux fondant au chocolat de ma tante Gene avant de partir bouquiner sur la plage le livre très émouvant (Mes 19 maisons + une) de la mère de Vincent, Geneviève Rivoire qui habite toujours à Bourg, village à côté d’Angers où est décédé mon grand-père paternel, et que connaissait ma tante Gene ! Incroyable comme le monde est petit …

Je retourne à ma tente par des sentes en repérant les marques que j’avais laissées au sol non sans me faire une frayeur en ne retrouvant pas mon chemin la 1ère fois. Il est tard. Dodo …

Résumé : 90kms, 5h00, 18km/h, bivouac

J9 – samedi 6/6 – Olonnes (85)/Rocheservières(85)

Finalement le vigile n’a pas pu joindre le gérant. Il m’autorise donc à rester sur place. Ouf ! J’ai pu alors déplier la chaise longue, sortir mon duvet et bonne nuit les petits … Bien m’en a pris vu que de gros orages ont éclaté dans la nuit.

Ce matin, je n’ai pas de tente et de matelas à plier. Juste mon p’tit déj’ à préparer. Tiens d’ailleurs qu’est-ce que je déjeune de bon matin avant d’enfourcher mon fidèle destrier ? Et bien voilà : thé, céréales+compote, pain complet+miel. De quoi tenir une bonne partie de la matinée vu la dépense calorique.

Avant de partir, je passe à l’accueil où c’est l’effervescence avant ouverture prochaine de cet immense camping. Après négociation, je m’acquitte d’un chèque-vacances de 10€ au lieu des 23€ demandés. Cela fait cher pour prendre une douche froide, dormir sur une chaise longue et ne pas profiter des installations (piscine, spa, …).

Puis je prends la route direction Rocheservières au nord de la Vendée, pays des Chouans, où habite ma tante Geneviève, petite sœur de ma mère avec qui je n’ai que 6 ans d’écart et dont mes parents se sont beaucoup occupés étant jeune. Je ne me suis pas posé trop de questions quant à l’itinéraire. Je file tout droit en direction de Nantes en empruntant la « route de Nantes » pendant de longs kilomètres. Je traverse le bocage vendéen vallonné sur une route assez empruntée et sans grand attrait vu que je n’ai pas envie de faire des zigouigouis dans la cambrousse.

Mais cela me ramène sur les traces de ma famille côté maternel. En effet, la famille DUGAST du côté de mon grand-père est originaire du lieu-dit « Dugast » qui se trouve à Cugand en Vendée à quelques encablures de Montaigu. Mes arrières-grands-parents qui étaient paysans ont eu 4 garçons :

  • Alphonse : 3 filles et 5 garçons !
  • Eugène : Jean-Yves & Michel (père de mon grand-cousin Jean-Michel)
  • Maurice mon grand-père : maman, Jean-Maurice, André, Marc et ma tante Geneviève
  • André (3 enfants) décédé après une chute à vélo à 60 ans.

Quant à la famille COCREAU du côté de ma grand-mère, elle est originaire du petit village de St-Clément- de-la-Place au N-O d’Angers (49) où mon arrière-grand-père était le jardinier-maraîcher (tiens, tiens …) des châtelains du château de la Brosse alors que mon arrière-grand-mère tenait le musée du village. Ceci explique certainement pourquoi ma grand-mère Renée avait une telle prestance : svelte, le port de tête altier, jamais un mot plus haut que l’autre, dans la retenue … et pas un cheveu gris jusqu’à sa mort à +80 ans. J’adorais ces grands-parents simples et bons.

En parlant de famille, j’envoie un petit clin d’œil à mon fiston Titouan qui fait ses études à Montréal et qui vient d’acheter un vieux-vélo avec manettes de vitesse sur le cadre et système de freins « ralentisseur/freineur » !

Je m’arrête pique-niquer pour recharger les accus dans le village bucolique de la Chapelle-Palluau avant de rejoindre en milieu d’après-midi lieu-dit « La Grole » à Rocheservières où m’attendent ma tante Gêne et son mari Michel.

J’en profite pour laver mes affaires de vélo qui commencent à sentir le fennec et régler mon pb de contacts sur l’iPhone avec mon expert Dimitri. Puis nous prenons la route en voiture pour aller dîner chez mon oncle Jean-Maurice et sa femme Thérèse qui habite à Villemoisan en Anjou; village où j’avais couru les « 100kms du Louroux-Béconnais » dans le cadre des Championnats de France organisés par … mon oncle.

Retour après minuit via les petites routes de la campagne angevine et vendéenne et à nouveau un bon lit avant de reprendre mon périple et de rejoindre l’Atlantique du côté St-Hilaire-de-Riez.

Résumé : 70kms, 4h00, 18km/h, hébergement

J8 – vendredi 5/6 – La Flotte (île de Ré-17) / Olonnes (85)

Après cet excellent dîner et un bon gros dodo dans un bon lit douillet, il me faut quitter ce cocon et reprendre la route en direction des Sables-d’Olonnes. Je dois en effet me rapprocher du nord de la Vendée où je dois rendre visite à ma tante Geneviève, petite sœur de ma maman, puis aller également voir Thérèse et Jean-Maurice, l’ainé des 3 frères. Je profite d’être dans les parages pour faire la tournée familiale. Ce n’est pas si souvent que je remonte dans les terres familiales. Comme d’habitude, je décolle à 9h après avoir pris congé de Jean-Michel, ce grand cousin du même âge que moi avec qui nous passions nos vacances enfantines.

Comme j’ai pu charger Géovélo sur mon nouveau joujou, je vais tester en grandeur nature si ça fonctionne bien. Me voilà parti à suivre le point qui devra me mener aux Sables. Par contre, la météo a changé : la température n’est plus que de 15°c, le ciel est bas, la pluie s’est invitée et surtout le vent qui souffle fort de N-O, pile-poil dans ma direction. La journée risque d’être coton … Je quitte donc à regret l’île de Ré pour rejoindre le continent.

Le Géovélo me mène à travers petites routes et chemins carrossables au N-E de La Rochelle.

Puis je rejoins les réserves naturelles des marais et après avoir franchi le canal de Luçon, je retrouve la VélOdyssée.

Le vent ne faiblit pas. Je l’ai pleine poire et je ne peux tirer que le 36x??. J’avance péniblement à 12km/h. Je sens que la journée va être longue. De plus, de gros grains me tombent sur le coin du museau m’obligeant à m’abriter de temps en temps pour ne pas être complètement trempé.

Et, pour finir, je ne rencontre personne. Morne plaine dans ces paysages plats cultivés sur de grandes surfaces.

Et pour finir, aucun village traversé ! Par contre, en longeant un champ, j’aperçois un chevreuil qui, me voyant, prend la fuite en suivant parallèlement la route. J’essaie de le suivre mais, comme il n’a pas de sacoches à se trimballer, il finit par traverser ma route une centaine de mètres devant moi et prendre la poudre d’escampette. Le temps s’écoule doucement et mon ventre commence à crier famine mais je n’ai pas refait les courses. Finalement, je finis à arriver à 14h à St-Michel-de-l’Herm et trouve par bonheur un petit supermarché ouvert. Je fais quelques emplettes et m’arrête sous un abri-bus devant l’entrée de l’Abbaye Royale du XIé siècle vu qu’un gros orage éclate. Je me restaure copieusement, m’arrête prendre un café dans le bar-restau de cette bourgade et reprends la route.

Je finis par retrouver l’océan où il ne fait pas bon se baigner et m’arrête manger une barre énergétique devant la maison de Clémenceau à St-Vincent/Jard.

Les kilomètres sont interminables d’autant plus que la piste suit pendant de longs kms une route très fréquentée. Heureusement, on bifurque ensuite dans une forêt qui coupe le vent mais qui coupe aussi les pattes avec ses raidards à grimper. Je n’en vois pas le bout et l’heure avance … Finalement, j’arrive aux Sables sous un ciel menaçant. Il est déjà 19h et il me faut trouver un camping. Vu la météo, j’ai envie d’une bonne douche et trouver un endroit sec où dîner.

Par contre, je n’ai pas voulu m’arrêter dans les campings 4* repérés aux Châteaux-d’Olonne et me retrouve dans les Sables. Il me faut contourner les ports puis sortir de la ville pour finalement trouver mon bonheur à Olonne/Mer. Il est 20h. Le camping est fermé et semble en travaux. Je tape l’incruste et m’installe à l’abri d’un auvent de mobil-home après avoir pris une douche froide. Dîner Tipiak. Par contre, alors que je rédige ce blog, un vigile passe et me repère. Conciliabule. Il doit appeler le proprio et repasser. J’espère ne pas me faire virer. On verra bien …

Résumé : 130kms, ?D+, 7h00, 17.0km/h, camping

J7 – jeudi 4/6 – La Rochelle(17) / La Flotte (île de Ré-17)

Bien que couché fort tard (voire tôt), je suis réveillé au lever du soleil mais je feignasse un peu pour émerger vers 7h15. Rituel habituel. Je dis au revoir aux 2 « suédoises » et à 9h pétante je pars du camping pour rejoindre l’île de Ré.

La Rochelle est vraiment une ville où il fait bon circuler à vélo (et bon vivre aussi je pense) : de vraies pistes cyclables sécurisées, balisées, sans trop de discontinuité, donc beaucoup de cyclistes de tous âges, donc beaucoup moins d’autosolistes (ou des automobilistes respectueux des cyclistes et des piétons), donc moins de bruit, moins de pollution, moins de stress. CQFD. Espérons que la mairie de Blagnac persévère dans sa volonté de redonner de l’espace public aux vélos et aux piétons. Évidemment, le changement d’habitude fera toujours râler certains. Mais, à terme, c’est la majorité qui sera gagnante. La minute militante étant passée, je reviens à mes moutons. En l’occurrence, mon vélo. Donc je quitte La Rochelle sans problème pour emprunter le pont de l’île de Ré.

Je vais passer la journée à vadrouiller à travers cette île que j’aime beaucoup. D’abord côté sud par Ste-Marie-de-Ré, Le Bois-Plage, La Couarde, Ars-en-Ré puis St-Clément jusqu’au phare des Baleines. Un peu de jardinage dans les marais du Fier. Et enfin retour par la côte nord par St-Martin et La Flotte.

Sans oublier une pause pique-nique fort sympathique le long de la digue à l’ouest d’Ars-en-Ré.

Ce périple me rappelle des souvenirs de vacances avec mon fils Titouan il y a quelques années déjà où j’avais loué une yourte dans une camping en aire naturelle de St-Clément-des-Baleines. J’y suis retourné mais plus de yourte. Par contre, hasard de la vie, alors que j’essayais de retrouver mon chemin avec Google Maps dans les marais du Fier, appel téléphonique : le fiston qui prenait des nouvelles depuis Montréal !

D’ailleurs, cela est étonnant de circuler à vélo sur l’île de Ré en ce moment. Très peu de monde. Les maisons secondaires sont pratiquement toutes fermées ainsi que les campings. Seuls les artisans et les employés municipaux sont à l’ouvrage pour préparer l’ouverture de la saison. Je me suis donc régalé à parcourir l’île de long en large et sur les chemins de traverse .

En fin d’après-midi, j’arrive à La Flotte où je me tape une bonne bière en terrasse devant le port avant de rejoindre Jean-Michel qui arrive de son boulot. Nous dînons d’huîtres et d’un délicieux bar, cuisiné par ses soins, en provenance directe de la poissonnerie de son fils Guillaume. Puis nous tentons de configurer l’iPhone avant d’aller rejoindre Morphée.

Résumé : 100kms, ?D+, 6h00, 16.1km/h, hébergement

J6 – mercredi 3/6 – St-Trojan-les-Bains(17) / La Rochelle(17)

Nuit calme malgré les bruits d’animaux aux alentours. Réveil et préparation routinier et départ peu avant 9h00. Par contre, l’échauffement matinal est rude. Il nous faut encore parcourir des chemins ensablés avant de retrouver la route bitumée. En VTT, ce n’est pas simple. En VTC encore moins. Alors en VTC avec sacoches … On finit quand même par quitter l’île d’Oléron et retrouver le continent.

Ce sont les derniers kms que je parcoure avec Vincent. Ne plus voir l’adhésif AUVA (Asso des Usagers du Vélo d’Angers … et oui c’est le vélo du papa Rivoire qui roule encore), en le suivant va me manquer. Et pas que ! Ces 5 jours de vadrouille ensemble ne fera que consolider notre amitié qui dure depuis plus de 25 ans. La route sans mon Maître sera plus monotone. Mais avant cela, il nous faut boire notre dernier café ensemble. Nous faisons un détour par le village au nom charmant de « Bourcefranc-le-Chapus » (j’adore !) mais le café n’est pas très sympa et les 2 du port fermé. Nous reprenons donc la route vers Marennes où nous pouvons nous poser pour déguster un café … gourmand. Délicate intention du Riri.

A la sortie de ce sympathique café, chacun reprend sa route. Moi au nord, Vincent à l’est. Dernière accolade et à dans quelques semaines. Je perds mon consciencieux routeur, mon Wind Cooper, mon alter-égo en égale humeur, mon old brother de coeur.

Sans GPS, je me fie à mon pifomètre (et à ma mémoire) pour me guider vers La Rochelle. En effet, j’étais déjà passé par là à vélo avec ma Coco pour aller de Bordeaux à Nantes … courir le marathon. Bref. Je finis par arriver à Rochefort, célèbre cité de par son passé maritime, après avoir emprunté la route des marais de la Moëze, traversé le village fortifié de Brouage mais sans passer par le pont transbordeur en travaux qui permet de traverser la Charente.

Pause casse-croûte à l’ombre des bâtiments de la Corderie Nationale et je reprends mon chemin vers La Rochelle. Je finis par retrouver la VélOdyssée à travers les marais d’Yves. Malgré une partie vraiment désagréable le long de la 4 voies, la piste cyclable s’étire en bord de mer. Par contre le méchant vent de nord-ouest ralentit ma progression.

Et, comme si cela ne suffisait pas, à une dizaine de kms du but, je double nos 2 suédoises tant espérées avec l’ami Riri. Deux cousines, Bénédicte infirmière à Gap et Julie prof à Toulon (vraiment du sud de la Suède !), en vadrouille sur l’EV1 jusqu’à Roskoff. Elle chemine tranquillement en papotant. Comme personne ne m’attend à la maison, je taille la route avec elle.

En passant sur le port des Minimes, je me remémore ce marathon de La Rochelle couru avec mes petits de la section Course à pieds de Telis/Sema/AtoS : Birgit, Hélène, Laurence, Didier, Jean-Bernard et Alain. J’en oublie peut-être. Il y avait eu de forts orages toute la nuit et il pleuvait dru au réveil. Nous n’étions pas très fier. Mais, à l’heure du départ, le ciel s’était éclairci et je partais pour attaquer cette barre des 3h pas encore franchies. Hélas, sur la 2nde boucle, le vent se leva et je prie le mur dans la tronche aux Minimes pour échouer en 3h06.

Arrivé au camping municipal de La Rochelle, je m’arrête et les quitte. Las, il est fermé. Tant pis, j’en repère un autre au nord de la ville. Auparavant, je dois trouver une boutique pour acheter le fameux iPhone qui devrait me simplifier la vie. Après avoir demandé à quelques passant.es et cheminé sur le magnifique réseau cyclable rochelais, je dégote l’objet de mon désir. Il faudra que je le configure ce qui n’est pas gagné.

Je finis par trouver ce camping 4* (l’emplacement n’est que de 15€) en lisière d’une grande zone commerciale de Beaulieu. Je m’installe et en profite pour faire la toilette complète du bonhomme et du vélo. Et qui je vois dans les sanitaires ? Mes 2 suédoises. Je pars ensuite à la recherche d’un MacDo pour trouver de la Wi-Fi (celui du camping est payant et, vu qu’il est 19h passé, fermé) mais je me contente du Burger King local beaucoup moins loin. Vu le monde, je ne commande rien et m’installe à l’étage où je passe ma soirée à essayer désespérément de configurer le fameux iPhone et de charger les photos sur le blog. Mais quel réseau de m…. Et puis, faute dire aussi que la faune locale m’a l’air beaucoup moins sympa que celle croisée depuis qq jours. D’ailleurs, de jeunes surfeurs s’installent à la table d’à côté et je profite de leur conversation sur leurs exploits respectifs.

Je rentre fort tard me coucher un peu dépité. Demain je resterai dans le coin vu que mon grand-cousin Jean-Michel m’invite à passer la soirée dans sa maison secondaire à la Flotte sur l’île de Ré.

Résumé : 100kms, ?D+, 6h00, 16.1km/h, camping

J5 – mardi 2/6 – Palmyre(17)/St-Trojan-les-Bains(17)

Réveillé par les p’tit zozos vers 7h du mat’. Rituel habituel. Prêt à décoller à 9h00. Cependant, en me préparant, je réalise que nous sommes mardi et que c’est la reprise à l’Arche après ce long week-end de Pentecôte. Il est 8h30, Carmina a dû descendre aux serres avec une partie de l’équipe pour la récolte du semi-gros et du marché de mercredi alors que Guillaume est peut-être parti aux 15 Sols avec le reste de la Dream Team. L’atelier ESAT de Vincent et Mathilde doit s’activer alors que Anne et Benoît commencent à préparer le repas du midi. J’ai coupé depuis 5 jours déjà mais je dois avouer que toutes ces belles personnes, encadrants et handicapés (« personne en situation de handicap mental » pour les QQ-la-praline), me manquent. Depuis 5 mois maintenant, toute cette communauté est devenue ma seconde famille avec qui j’ai plaisir à partager, discuter, rigoler, s’engueuler parfois. Bon, trêve de nostalgie, il nous faut reprendre la route et remonter toujours plus au nord. Quoique …

Nous empruntons à nouveau la VélOdyssée et roulons hors circulation sur une belle piste cyclable en forêt. Nous avons décidé ce matin d’aller faire le tour de l’île d’Oléron. Après avoir traversé la Seudre, nous arrivons en vue de l’île, tout du moins la presqu’île puisqu’un pont la relie au continent.

Pont que nous empruntons avec vue superbe sur la baie avant d’arriver à Château-d’Oléron où nous trouvons un café d’ouvert et où nous pouvons enfin nous installer en terrasse et déguster ce café matinal servi à table par une charmante serveuse qui plus est. Cela faisait si longtemps (je parle du café servi, pas de la serveuse) … Visite ensuite de l’impressionnante forteresse Vauban et des anciennes maisons de pêcheur transformées en atelier d’art.

Puis nous partons par le côté est de l’île à travers les marais salants et les innombrables parcs d’ostréiculture.. Le temps passe et il commence à faire faim. Comme nous avons de déguster des huîtres (ce serait dommage d’avoir des envies de Cassoulet à Oléron !), Vincent a repéré un endroit à Fort-Royer qui a l’air sympa. Mais, avant de le trouver et d’y parvenir, il nous aura fallu jardiner un peu. Faut dire que cette baraque est bien planquée et qu’aucun panneau n’en indique l’accès vu que c’est situé dans la réserve naturelle de Moëze-Oléron.

Mais lorsque nous arrivons sur place, quel enchantement ! Accueilli par l’affable patron qui nous annonce que nous sommes ses premiers clients (nous aurons droit à l’apéro, un délicieux Pineau, offert), nous rentrons dans la cabane qui, de l’extérieur ne paie pas de mine, mais est très bien arrangée à l’intérieur. Il nous faut choisir entre les différentes spécialités d’huîtres nature, froide, chaude. Nous commandons également une terrine d’anchois au piment d’Espelette pour accompagner l’apéro. Puis arrivent nos huîtres froides, mais cuisinées, accompagnées d’un vin blanc d’Oléron : un délice ! Ensuite assiette de gambas. Puis huîtres à la framboise, chocolat et gâteau salé en dessert. Nous repartons enchantés quoique Vincent, qui tenait à m’inviter, ait trouvé l’addition iodée …

Au service officiait aussi la sœur ainsi que le fils du patron, handicapé mental (décidément après mes pensées matinales) et, au cuisine, le chef très sympa. Après ce délicieux repas, nous reprenons la route vers le nord et, toujours sous un chaud soleil printanier, arrivons enfin au phare de Chassiron qui marque la pointe nord de l’île. Après avoir admiré le paysage, nous redescendons côté ouest. Est-ce la fatigue, la chaleur, la mauvaise route ? Mais je ne trouve pas cette partie très attrayante sauf quelques images fugaces …

Les kilomètres défilent, l’heure avance. Il nous faut trouver un bivouac pour cette nuit. Après avoir rempli la vache à eau au dernier cimetière sur notre itinéraire, nous nous enfonçons dans la forêt domaniale de St-Trojan en empruntant « la piste de défense des forêts contre l’incendie ». C’est large, ça monte et ça descend. De nombreuses pistes partent de tous les côtés mais impossible de trouver un endroit sympa pour bivouaquer. A part un chevreuil et quelques promeneurs, c’est inhospitalier. Nous jardinons 45’ avant de trouver enfin un endroit où planter nos tentes. Ce n’est pas le pied mais ça ira. Il est déjà tard et il nous faut dîner; les huitres c’est bon mais ça ne nourrit pas son cycliste ! Et dire qu’en allant pisser en fin de soirée, j’aperçois à 200m d’où nous sommes, une superbe clairière tant recherchée. Dommage … Il est tant de faire dodo. Vincent reprendra sa route pour rentrer à Toulouse via la Dordogne et j’aurais pas mal de choses à finaliser …

Résumé : 110kms, 250D+, 5h45, 19.1km/h, bivouac

J4 – lundi 1er juin – Blaye(33)-La Palmyre(17)

Préparatif habituel qui nous prenne 1h30 chaque matin. Donc départ à 9h00 de Blaye direction nord-ouest. Nous traversions les vignes des 1ères côtes de Blaye. Je comprends le nom de cette appellation en enchaînant les méchantes montées qui se succèdent. Par contre, je m’aperçois dans les descentes que mon compteur ne monte pas bien haut. Je pense que c’est la pile RS2032C de l’émetteur qui fatigue. J’en achèterai une dans le village suivant mais cela ne résoudra pas le bug. D’après Vincent, c’est un problème d’interférence avec ma dynamo et l’eWerk. Cela me convainc d’autant plus à relancer la consommation nationale et à investir dans un téléphone high-tech sur lequel je pourrai charger l’appli Geovélo.

Nous ne dérogeons pas à notre café de la matinée et, après avoir acheté la fameuse pile au tabac-presse et un bon pain de campagne et un sandwich jambon de pays-fromage à 2,50€ à la boulangerie du village de St-Ciers-sur-Gironde, nous papotons avec la patronne du café-restaurant notamment sur la meilleure façon de cuisiner l’anguille. Son conseil : il ne faut surtout pas la dépiauter pour garder le gras.

Nous reprenons la route à travers les 1ères vignes de Pineau et de Cognac vu que nous arrivons en Charente. Arrêt-buffet au charmant port de Mortagne-sur-Gironde où après avoir dévoré mon sandwich, Riri encore affamé après n’avoir mangé qu’une petite boite de thon, est allé acheter 2 tomates farcies avec du riz et une barquette de frites … le vélo, ça creuse ! Une fois tout cela englouti, nous libérons notre table ombragée à 2 couples avec une personne âgée. Un des hommes, ancien cycliste amateur, engage la conversation. Puis il nous offre un verre de Régionalis, un Pastis local inventé par un ami.

Repartir après pareille bombance n’est pas facile. D’autant plus que quelques kms plus loin, il nous faut grimper un mur annoncé à 18% et interdit aux camping-cars; un lieu-dit s’appelle d’ailleurs « Tire-cul ». Là, c’est tout à gauche et debout sur les pédales pour emmener le vélo, les sacoches et le bonhomme en haut ! Nous apercevons au loin la Gironde qui flemmarde avant de se jeter dans l’Océan.

Nous arrivons ensuite au superbe village de Talmont classé « village préféré des français en 2013 ». C’est vrai qu’il est magnifique avec cette église perchée sur son promontoire dominant la Gironde. Après cette halte vélo à la main (toujours délicat de laisser le vélo même attaché sans surveillance avec les sacoches), nous reprenons la route. Mais impossible d’attacher ma cale automatique droite. J’ai beau insister. Nada. Je klaxonne pour prévenir Vincent et m’arrête. Bien m’en a pris, une des vis de la cale était en train de se barrer. Je sors la trousse à pharmacie du vélo et resserre toutes les vis.

C’est reparti mon kiki. Nous trouvons la piste cyclable de l’EV1 (la VélOdyssée) qui nous mènera jusqu’à ROYAN et ses plages de sable blanc donnant sur l’Océan Atlantique. Enfin … Et que c’est bon de sentir ces odeurs iodées et de contempler cet immensité bleue-verte !!!

Nous traversons Royan puis ses communes limitrophes Vaux-sur-mer et St-Palais-sur-mer en suivant une très belle piste cyclable dont une partie a été prise sur une voie de circulation, comme quoi c’est possible ! L’heure tourne et il nous faut penser à trouver un endroit où bivouaquer. Beaucoup de monde sur les plages et dans les rues des communes traversées. Nous nous arrêtons à La Palmyre pour déguster une délicieuse glace à l’italienne « Citron-Framboise ». Trop bonne !

Au loin se dessine le phare de Cordouan qui marque l’entrée dans l’estuaire de la Gironde. Dans les terres se trouve Soulac-sur-mer dernière commune de la pointe du Médoc. J’y ai passé de beaux moments dans cet endroit cher à mon ex où y vivaient, une partie de l’année, ses grand-parents.

Pendant que je me remémore mon passé, Riri potasse ses cartes et pense qu’on pourra bivouaquer un peu plus au nord en suivant la piste cyclable. Seulement les réserves d’eau sont au plus bas et nous n’arrivons pas à trouver de robinet. Finalement, en passant devant le port de plaisance, je repère le portail d’un ponton ouvert, rentre et teste un robinet pour recharger les vaches à eau des bateaux. On refait le plein et c’est reparti. En suivant une piste en sable qui part de la piste cyclable, on déniche notre bonheur. Il n’y a plus qu’à installer le bivouac pour la nuit.

Après dîner, petite balade digestive sur la plage en contrebas en attendant mon 1er coucher de soleil sur la mer. Je pense et j’espère qu’il y en aura beaucoup d’autres …

Résumé : 110kms, 650D+, 5h30, 19.5km/h, bivouac

J3 – dim 31/05 – Villandraut(33)-Blaye(33)

Après une bonne nuit de sommeil, réveillé par le bruit et l’odeur, non pas du marteau-piqueur, mais d’un pic-vert et des humides senteurs. Pas trop de courbature. Un peu mal au fessier. Normal après 3 mois sans vélo si ce n’est pour me balader dans Blagnac. Nous plions les gaules et partons de notre plage de sable blanc en direction de Gradignan.

Après avoir traversé les forêts de pins et de bruyères, nous cheminons toute la journée à travers les vignobles du bordelais. Le matin, ce sera dans le Sauternais. Puis dans le Pessac-Léognan cher à l’ami Nico qui, chaque année lors de notre traditionnel repas de la joyeuse bande des Kikicours, nous fait déguster un magnum de la production familiale. Enfin nous arpenterons les vignes du Margaux jusqu’au début du Médoc.

Autant les senteurs de résine d’hier étaient agréables, autant celle de soufre de ce jour l’étaient beaucoup moins. Mais cela était compensée par la vue des vignes et des nombreux châteaux de leurs propriétaires.

En milieu de matinée, nous avons encore le bol de trouver un bar-tabac-épicerie ouvert, prendre un café en terrasse, faire quelques emplettes et discuter avec le couple de propriétaires ainsi qu’avec les quelques clients qui s’enquièrent de notre périple.

Nous croisons et nous faisons doubler par de nombreux cyclos du dimanche matin qui nous adressent un coucou au passage et quelques mots d’encouragement toujours les bienvenus. J’en profite au passage pour saluer les potes du Stade Toulousain Cyclisme qui doivent s’entraîner à donf’ pour tenter de récupérer les nombreuses sorties passées à la trappe. Quand je vais rentrer les gars, ça va saigner sans les sacoches à tirer !

Nous arrivons en début d’aprèm’ à Gradignan et croisons la piste de l’EuroVélo3 (Espagne-Norvège). Serait-ce un signe du destin ? Je le saurais dans quelques semaines.

Nous pique-niquons rapidement avant d’aller sonner chez ma puce. Les cafés de Dimitri et les muffins poire-chocolat de Gwendoline sont très appréciés. Les conseils toujours très avisés de Dimitri, quant à un futur achat d’un nouvel appareil téléphonique pour remplacer le mien qui est vraiment en fin de vie à tout point de vue, également. Après avoir papoté un moment, il nous faut repartir. Toujours un pincement au cœur de quitter ma puce qui traverse des moments compliqués. Mais je sais qu’elle est très bien accompagnée. Et je sais qu’elle sait que je suis là en cas de coup dur.

Mon GPS Riri nous a concocté la traversée de Bordeaux pour rejoindre le bac de Lamarque à Blaye. Depuis Gradignan jusqu’à la sortie de Bordeaux, nous n’empruntons que des pistes cyclables. Moudenc a du boulot pour s’aligner sur Juppé ! Et ce n’est pas avec ces quelques artères de pistes provisoires qu’il fera le job; même si c’est toujours mieux que peau de zob … On comptera les bouses après le second tour des élections.

La partie entre Bordeaux-lac et les premiers vignobles du Margaux est pénible. Un méchant vent de 3/4 face s’est levé et la chaleur est toujours là. 34°c au Garmin de Vincent. Ça cogne dur. Le bitume fond par endroit. Heureusement, nous arrivons dans le vignoble et de grands arbres en bordure des magnifiques demeures nous font de l’ombre.

Puis nous arrivons enfin à Lamarque où nous attendons le ferry de 18h30 devant une bonne bière en terrasse. Traversée sans problème. Arrivée à Blaye.

On sort de la ville et trouvons un chemin qui nous mène au bord de la Gironde, jonction de la Garonne et de la Dordogne au bec d’Ambès. Nouveau bivouac au pied des vignes avec vue sur le château du vigneron.

Toilette au gant de … toilette et à la savonnette avec l’eau dans la bassine tip-top de Riri.

Nous admirons le coucher de soleil sur la Gironde et regagnons nos duvets respectifs. Bonne nuit les petits …

Résumé : 110kms, 100D+, 5h40, 19.3km/h, bivouac