J2 – sam 30/05 – Condom(32)-Villandraut(33)

Bonne nuit de récup pour cette 1ère nuit en bivouac. Réveillé au lever du jour mais j’ai préféré me rendormir pour n’émerger que vers 7h30 et attaquer le traditionnel rituel du matin : habillage, dégonflage du matelas, «rangeage» du duvet, pliage de la tente et de la bâche, emplissage des sacoches, petit-déjeunage et enfin décollage vers l’étape suivante. Il est 9h. Il fait grand beau. Une belle journée s’annonce …

Après une vingtaine de kilomètres et quelques belles bosses, nous entamons une longue descente et sortons du Gers pour arriver dans les Landes du sud du Lot-et-Garonne. Vers 10h30, nous traversons le village au nom prémonitoire de « SOS ». A ce sujet, je profite de ce blog pour appeler solennellement notre très cher et estimé Président-Roi à lancer un « Grenelle de la désertification rurale ». SOS Village à l’abandon !!! En effet, je ne peux que déplorer en traversant cette charmante bourgade le nombre de maisons et de commerces à vendre. Au cours de mes nombreux périples à travers la France profonde, je constate que ce phénomène ne fait qu’empirer. Qu’en sera-t-il après le passage dévastateur du COVID-19 ?

Nous profitons quand même de l’ouverture du café-bar-tabac du village pour prendre 2 cafés à emporter que nous dégustons sur la place du village à côté d’un banc de p’tits vieux papotant sur leurs douleurs et maux respectifs. La patronne du commerce nous explique qu’elles et son mari venaient d’acheter et de finir les travaux d’agrandissement pour ouvrir une plus grande salle quand le confinement a été prononcé. Ils espèrent tenir le coup …

Puis nous repartons à travers ces longues routes traversant la forêt landaise, de grandes prairies de fougères et quelques grandes parcelles plantées de maïs (pensée émue aux agriculteurs qui se coltinent ses immensités à travailler « conventionnellement ». Arrêt photo dans le village d’ARX et de sa magnifique église fortifiée.

Au détour d’une piste forestière, j’aperçois au loin un chevreuil. Quelques kilomètres plus loin, c’est une biche que nous effrayons alors qu’elle était au bord de la route. J’adore voir des animaux sauvages pendant ces longues journées à travers la campagne. Cette nuit, Vincent a entendu un chevreuil qui jappait (?) pas loin de notre campement. Moi je dormais trop profondément …

L’heure avance. Nous allons donc nous arrêter à ALLONS (ben oui !) où nous trouvons un café-restau avec une terrasse ombragée. Petit bémol : les cafés-restaurants n’ont toujours pas réouvert. Nous demandons donc à la dame qui tient l’endroit si nous pouvons nous installer sur une table en terrasse pour pique-niquer si nous prenons une bière. Elle accepte fort gentiment. Quel plaisir de déguster une bonne Heineken bien fraîche après cette matinée sous le cagnard. Cela me rappelle aussi mes jeunes années quand nous partions avec nos parents, mes 3 frangins et moi serrés à l’arrière de la 404, et que nous nous arrêtions dans ce genre d’endroit où était indiqué « Panier accepté ». Manger à 6 au restau était réservé pour les événements exceptionnels !

Après 1h30 de pause à déjeuner puis à essayer de faire communiquer (sans succès) mon antique tél Androïd v.4.5 avec mon tout récent iPad, nous reprenons la route sans, au préalable, avoir contemplé le nid d’hirondelles dans le coin de la terrasse. Pensée pour mes collègues de notre liste Ecosol dont le symbole est ce bel oiseau en voie de disparition.

Après un nouvel arrêt « Il est 4h … À la bonne heure … » pour déguster mon Schweppes agrume accompagné d’un abricot bien mûr, mon GPS perso (le Riri v.1961) m’indique que nous pourrions nous arrêter à Villandraut. J’acquiesce. Cela me rappelle aussi des souvenirs lorsque, il y a 3 ans, nous avions loué un chalet au « Domaine du Roi de Kysmar » (sic!) pour venir y courir le Trail du Sauternes le samedi, y gagner qq bonnes bouteilles (Coco 1ère et moi 1er V2H) puis participer le lendemain à la course VTT ! Comme les châteaux ouvraient aussi leur porte pour des dégustations gratuites, autant dire que le week-end avait été bien chargé à tout point de vue …

Finalement nous trouvons un bel emplacement sur un base de découverte le long du Ciron, cette rivière à l’eau froide qui serpente dans la vallée et qui permet justement aux Sauternes d’être ce qu’il est ! Suite aux inondations récentes, des plages de sable blanc sont apparues sur la pelouse verte. Nous enfilons nos maillots de bain pour un plouf rafraîchissant après cette journée bien chaude. Après avoir récupéré la seule table encore valide, nous cassons la croûte, zigouillons quelques moustiques trop téméraires et, à la tombée du soleil, rentrons chacun dans sa tente (avec un e) pour se refaire la cerise. Dodo !!!

Résumé : 95kms, 450D+, 5h00, 19.0km/h, bivouac

J1 – ven 29/05 – Blagnac (31)-Condom(32)

La dernière nuit fût vraiment trop courte. Rentré à minuit de l’apéro chez Loïc, je voulais finir la publication du prologue avant de partir. Quand j’ai qq chose dans la tête, je suis du genre tenace. J’ai donc attaqué la fin de l’article pour finir à 2h30 du mat’. Autant dire que lorsque le réveil a sonné à partir 7h15, je n’étais pas spécialement frais comme un gardon !

J’avais RDV à 9h chez Vincent à Tournefeuille et, vu que les sacoches étaient bouclées, j’avais un peu de marge. Mais, comme d’hab’, j’ai toujours un truc à faire au dernier moment. Et puis, il fallait que je ferme l’appart’ pour 3 mois. Donc surtout ne rien oublier !!! Ne pas faire comme la fois où je suis parti voir Gwen à Gradignan à vélo à Noël sans ma CB.

Poubelle descendue. Eau coupée. Tout rangé nickel. Il n’y avait plus qu’à tout descendre et charger la bête. Évidemment j’ai chopé la barrière du train de 8h55 et suis donc arrivé avec toujours 5’ de retard. Un café avalé. Les traditionnelles photos du départ. Et à 9h30 nous prenons enfin la route direction plein ouest en suivant la trace du Garmin de Vincent.

Les premiers kilomètres sont toujours aussi pénibles à devoir s’extraire de la tentaculaire métropolitaine toulousaine. Puis nous arrivons sur mes routes d’entraînement de vélo de course du côté de Léguevin ouïs les charmants villages gersois de Cologne et de Sarrant. Vers 12h30, pause déjeuner à Solomiac au bord d’un lavoir immense.

Nous passons ensuite à Avezan où était organisé un trail très sympa que nous avions couru avec Coco dans le cadre du Challenge des Trails d’Occitanie qu’elle avait d’ailleurs remporté et moi fini 1er V2H. La chaleur commence à se faire sentir alors que nous attaquons les 1ers tape-culs en direction de la très belle cité de Lectoure connue pour son délicieux melon. Et 1er couac du périple : mon iPad que j’avais installé au-dessus de ma sacoche sous sa protection plastique pour suivre la ro tue sur ma carte Maps.me, se met en mode alerte en indiquant que la température est trop élevée. On pourrait faire un cuire un œuf dessus ! Et il n’y a pas que l’iPad qui est en alerte température … Il va falloir revoir ma stratégie d’utilisation de la carte. Par contre, le rechargement par système eWerk et batterie tampon marche nickel.

Pause à l’ombre pour recharger les gourdes qui se vident bien vides. Je commence à accuser le coup et m’endors sur le banc ! Vincent me dit qu’il aimerait bivouaquer du côté de Condom. Damned … encore une trentaine de bornes et j’en ai plein les bottes. Ça cogne dur et les jambes le deviennent aussi … dures. Je m’accroche et nous finissons par arriver à Condom. Nouvelle pause dans une boulangerie où nous dégustons une boisson bien fraîche accompagnée d’un gâteau largement mérité.

Il nous faut maintenir sortir de Condom et trouver l’endroit repéré par Vincent le long d’une petite rivière. Nous y arrivons après avoir emprunté un chemin menant à des champs. 1er bivouac. 1ère «douche » avec l’eau extraite de la rivière. 1er dîner mais sans une bonne bière bien fraîche hélas. 1ère attaque de moustiques. 1ère rédaction de mon article sur l’iPad en position couchée. 1ère nuit sous la tente. Le bonheur est dans le pré …

Résumé : 120kms, 1.200D+, 6h30, 18.3km/h, bivouac

J0 – Prologue du Tour d’Europe (?) à vélo …

Il y a 8 mois déjà, je rentrais de mon périple d’Orléans à Budapest en empruntant l’EV6. Le « test aux limites » en solo s’était avéré positif et j’envisageais donc avec sérénité d’entamer mon Tour d’Europe en partant de Toulouse direction plein ouest puis plein nord et, ce, à compter de début mai 2020.

Mais un coronavirus, responsable d’une maladie infectieuse respiratoire nommée COVID-19, est apparu en ce début d’année et a complètement bouleversé l’ordre planétaire. A ce jour cette pandémie a causé la mort de presque 350.000 personnes à travers le monde dont 28.500 en France. Nous sommes entrés en guerre (dixit notre président) puis en période de confinement à partir du 17 mars (le surlendemain des élections municipales mais j’y reviendrai) pendant de longues semaines; le ministre-général en chef de l’agriculture demandant même de « rejoindre la grande armée de l’agriculture ». Diantre !

Je fus donc dans l’obligation de décaler mon départ ne sachant plus trop bien ni où, ni quand je pourrais partir. Finalement, le déconfinement fût prononcé le 11 mai et j’envisageai alors de me préparer à partir début juin bien qu’une restriction de circulation à plus de 100kms de son domicile soit imposée. Je prendrais donc le risque de me faire verbaliser voire refouler. Mais, comme le virus a l’air de perdre de sa vigueur, la phase 2 du déconfinement devrait entrer en vigueur bientôt. Et puis, je pense que je risque beaucoup moins de contaminer ou d’être contaminé sur mon p’tit vélo à rouler sur les routes de campagne plutôt que d’aller faire mes emplettes dans Toulouse ou Blagnac !

Mais revenons sur cette gestation de presque 9 mois depuis mon retour de Budapest. J’ai donc terminé ma mission Airbus pour AtoS et fait mon pot de départ le jeudi 28 novembre avec presque 100 collègues qui étaient venu à la présentation de mon film « Le grand saut dans l’inconnu » projeté dans la salle du RIE. Beaucoup d’émotion, de joie mais aussi de nostalgie mêlée lors de cette soirée mémorable.

Puis ce fût mon départ pour Montréal afin de rendre visite au fiston qui n’avait pu venir pour fêter ses 20 ans avec la famille fin juillet. Pendant ces 3 semaines au Québec, j’entrepris de faire le tour de la Gaspésie … mais en voiture et en gîte d’accueil. Superbe expérience dans des paysages à couper le souffle. Je testais également l’iPad, offert pour mon départ, en vue de préparer ce périple à vélo et notamment le téléchargement des cartes pour éviter d’emmener des cartes « papier » : test concluant si tant est qu’il faut que l’iPad soit alimenté !

Puis avec le fiston nous allâmes passer la semaine de Noël à Boston en prenant le train comme lors de notre voyage à New-York l’année passée. Bien que pas trop friand des grandes métropoles, je dois avouer que j’ai bien aimé l’atmosphère de cette ville entre histoire et modernisme américain.

Et puis ce fût le retour à Montréal et les derniers jours avec le fiston avant un départ toujours aussi poignant après ces longues journées passées ensemble à échanger entre autre sur notre vision du monde et de l’avenir.

De retour à Blagnac, j’entamais une nouvelle vie. Après un réveillon passé avec mes 3 piliers incontournables à mon équilibre, je débutais une nouvelle carrière parallèle et en politique et en maraîchage !

En politique tout d’abord où je rejoignais la liste conduite par la pugnace et visionnaire Marie-Pierre que je cotoie depuis de nombreuses années au sein d’association environnementale (ABAVE) et militante pour les modes doux (2P2R et AUTATE). Cette liste avait pour objectif de proposer une vision novatrice, écologique, solidaire et citoyenne de la gestion municipale et attaquer aussi ce bastion qu’est la mairie blagnacaise détenue depuis des décennies par des potentats locaux et, ce, au sein d’une liste hétéroclite de personnes venues majoritairement du monde associatif. Cette liste dont le symbole est l’hirondelle, disparue depuis des années avec l’augmentation des produits chimiques, insecticides et pesticides, et le doux nom est ECOSOL pour « Liste Citoyenne, Écologique et Solidaire ». Ce furent des semaines intenses de réunions, de débats, de discussions, d’engueulades aussi où, à partir d’une feuille blanche, il nous fallait bâtir tout un programme et convaincre le plus grand nombre de citoyen.nes à partager nos idées. Mais que de belles et riches rencontres durant ces semaines ô combien animées ! Las, ce foutu virus s’invita à la fin de la campagne et perturba le scrutin. En effet, le maire sortant fût réélu, à 45 voix près, dès le 1er tour mais ne rassemblant qu’un électeur inscrit sur 5 (soit 20% des suffrages avec un taux d’abstention avoisinant les 60%). Quant à nous, 15% des électeurs nous firent confiance, plaçant notre liste en 3è position avec 2 élu.es au Conseil Municipal mais aucun hélas au Conseil Métropolitain. Résultat ô combien honorable mais me laissant une désagréable pointe d’amertume au vu du scrutin du 15 mars et des risques pris par tous …

Et puis, ce début d’année marqua aussi mon arrivée à l’Arche-en-Pays-Toulousain et la rencontre du monde du handicap mental et aussi du maraîchage. Difficile de résumer en quelques lignes les moments tellement forts et humains partagés durant ces 5 mois. Que j’aimerais que la société puisse prendre exemple sur ces personnes dites « handicapées » mais tellement humaines, vraies et empatiques. Spéciale dédicace à notre couple de tourtereaux la merveilleuse Alice et la pipelette Cyprien, à la belle et attentionnée Marie-Paule, à la si réservée mais si forte Isadora, à ma groupie Sandrine « Il est beau Gaël », à Fred le bûcheron canadien, à Kevin inventeur du « Gaël Monfils » gag à répétition, à David mon chauffeur préféré, à Pierre-O fana de la vie plus belle et trop cool, à Olivier le sage cycliste, à Antoine qui n’est pas lent mais pas très rapide non plus, à Hugues l’attentionné et à toutes les autres personnes que j’ai la chance de côtoyer au quotidien lors des repas ou activités.

Et puis comment ne pas non plus évoquer toutes ces personnes qui accompagnent au quotidien tout ce petit monde : assistants, administratifs, éducateurs, encadrants …

Enfin j’aimerais aussi revenir sur ces 2 mois de confinement où nous avons travaillé en équipe réduite avec le personnel de l’ESAT afin d’assurer la continuité du maraîchage interdépendant du cycle des saisons, et où des liens forts se sont créés durant ces rudes journées avec Guillaume le boss babos mais pas si guignol que ça, Carmina son bras droit à la main de fer dans un gant de velours, à Anne si ronde, si douce et si humaine, à Mathilde à la foi si forte dans ce monde si cruel, à Clément la grande gueule au gros cœur, à Benoît notre réservé cuistot qui nous régale tous les midis, à Marc l’homme à tout faire bientôt retraité et à Cyril le triathlète-manager de cette équipe de branques aux grands cœurs !

Et puis aussi, pendant cette période, nous avons également créé en association avec Stéphane le mari de Florence, la RH qui m’a permis de m’insérer dans ce projet, un atelier d’entretien-réparation de vélos. Pour l’instant, après avoir suivi une formation à la Maison du Vélo, nous ne faisons qu’entretenir et remettre en état le parc de vélos des personnels et personnes accueillies à l’Arche. Mais quel bonheur de redonner vie à une vieille rogne et de voir la joie de son propirétaire lors du retour de la bête !

Et enfin, j’aimerais aussi saluer tous les potes des Kikikours, du Stade Toulousain Cyclisme sans oublier mes confinés préférés sans qui cette période aurait été beaucoup plus compliquée.

Le week-end de l’Ascension, j’achevais mes derniers préparatifs avec de bonnes doses d’ascenseur émotionnel : réception et montage du kit eWerk pour récupérer l’électricité de la dynamo, montage des pédales semi-automatiques, découpage et collage de la bâche de tente, chargement des cartes et configuration de l’iPad.

Le dimanche 24, je faisais ma dernière rando dans les Pyrénées ariégeoises.

Le mardi 26, lors de la traditionnelle réunion hebdomadaire de l’Arche, Eric le directeur de l’Arche lui aussi sur le départ et qui m’a accueilli au sein de sa communauté, Florence et Guillaume me faisaient cadeau de mes nouvelles sacoches Ortlieb et du rétroviseur qui me permettrait de regarder en arrière sans trop me retourner sur mon passé tourmenté et, ce, pour service rendu à la Nation. Stéphane lui me remettait un fanion de l’Arche-en-Pays-Toulousain que je me ferais une joie de fixer sur mon vélo et de trimbaler à travers mon périple. Le soir, je finissais la soirée en charmante compagnie devant un délicieux dîner.

Le mercredi 27, je finissais mon dernier jour à l’Arche en ayant pris soin de planter le Master dans le virage de la mort-qui-tue pour bien marquer mon départ. Le soir, je retrouvais mes confiné.es préféré.es pour fêter la fin des hostilités .

Le jeudi 28, je finissais de préparer mon vélo, chargeais mes 4 sacoches puis filais arroser mon départ chez mon pote Loïc avant de clôturer ce 1er article à une heure bien avancée.

Le vendredi 29 au matin, je prenais le départ pour retrouver mon pote Riri qui allait m’accompagner les premiers jours sur ce long périple vers l’inconnu.

Pour connaître la suite, il vous suffit de consulter les articles à partir de ET20-J1.

J25 – Epilogue

Je suis rentré depuis quelques jours déjà. J’ai repris mon train-train quotidien. Mais je sais que je repartirai bientôt pour de nouveaux périples.

L’expérience a été ô combien concluante. Bien sûr les conditions météorologiques ont été clémentes malgré quelques jours pluvieux et le froid matinal. Les rencontres ont été belles et enrichissantes.

Mon nouveau vélo a été hyper performant et est très confortable. Je ne pense même pas investir dans une selle Brooks. Il faudra juste que je trouve un dispositif pour recharger mon téléphone, et éventuellement une tablette, à partir du moyeu de la roue avant. Et également que j’achète un sac étanche pour protéger ma tente.

Au niveau fringue, il faut aussi que je me procure une veste chaude et peu encombrante pour les soirées fraîches, des gants chauds et imperméables, un sac de compression pour stocker mes habits.

Et puis pour finir, the last but not the least, le bonhomme a tenu le coup. A part qq kilos perdus inhérent à ce type de périple, j’ai relativement bien supporté cette solitude tant redoutée. Evidemment, quelquefois, le partage et l’échange manquent. Ce blog est aussi une manière de combler ce manque. Et également de communiquer par écrit interposé.

De plus, le fait d’être seul oblige à se responsabiliser et à ne compter que sur soi. Il n’est alors plus possible de décharger sa colère ou sa frustration sur l’autre en cas de coup dur. On apprend alors à mieux se connaître, à surmonter ses peurs, à aller vers les autres, à recevoir de la nature, à apprécier des choses très simples (un bon lit, un repas chaud et équilibré, une bière en fin de journée …) et aussi à ne pas dépasser ses limites.

Les étapes

LES DÉPENSES

J24 – dim 22/09 – Budapest(Ho)-Toulouse(31)

Réveillé de bonne heure par les 4 nanas de la chambrée d’à-côté qui devaient avoir un avion à prendre vu l’heure matinale à laquelle elles ont émergé. Il est 6h. Budapest s’éveille. Et je n’ai plus sommeil !

Comme j’avais prévu d’aller courir, cela tombe plutôt bien. D’autant plus que la journée va être longue et chargée … J’enfile mon corsaire (pris par erreur à la place d’un collant long !) et tee-shirt puis je file à la fraîche vers l’île Magrit, distante d’à peine 1 km, pour tester la fameuse bande en tartan repéré la veille en me baladant. Cette bande part du stade et permet d’effectuer le tour de l’île (5kms) sur du souple. Avec ma grosse paire de trail, mon genou arthrosé et aucun footing depuis 3 semaines, cela tombe plutôt bien. Je cours une cinquantaine de minutes, rentre à l’hôtel en évitant quelques clodos dormant à même le trottoir, me douche, déjeune puis range tout mon barda de façon à n’avoir que 2 grosses sacoches et une petite à trimbaler à l’aéroport.

La fameuse piste en tartan …

Comme j’ai un peu de temps devant moi (mon vol n’étant quà 18h30, j’ai réservé un taxi à 14h afin d’avoir de la marge au cas où), je décide d’aller aux Thermes, spécialité avec le gulasch et la soupe à la grimace de la capitale hongroise. J’opte pour les Thermes Szent Lukács de l’autre côté du Danube mais facilement accessible à vélo depuis l’hôtel. Je vérifie les heures d’ouverture et ne prends que l’argent nécessaire (4.100FI soit +10€). Cependant, n’ayant pas pris mes affaires de piscine (me baigner dans la Loire, le Rhin ou le Danube ne m’enchantait pas particulièrement), je prends mon corsaire de càp bien moulant et direction les Thermes. Après m’être assuré auprès de la personne au guichet que « my competition swimsuit » serait accepté, je m’acquitte des droits d’entrée, récupère un bracelet électronique et me dirige vers les vestiaires. Las ! Le bracelet ne fonctionne pas. Je me renseigne auprès d’un cerbère aimable comme une porte de prison. Je crois comprendre que je suis dans la partie soin et thermes. Il me faut monter au 1er étage où le casier fonctionne avec entrée simple. Je me change et me dirige vers le bassin extérieur. Je trempe un orteil accroché à l’échelle. Brrr … Je pensais que l’eau serait plus chaude. Je m’apprête à m’immerger lorsque je vois un second cerbère, tout autant sympa que le 1er, se dirigeant rapidement vers moi et me montrant ma tête. Pas de bonnet de bain ! 1.000 Ft l’achat. Bon, le porte-monnaie est vide, la plaisanterie assez duré et le temps suffisamment passé, je me change et redescends à l’accueil où je vais trouver son hôtesse. Après palabre en anglais, français et gestais, j’arrive à me faire rembourser.

Retour à l’hôtel un peu dépité par ce refus d’obstacle. Décidément, depuis ma séparation, je n’aurais pas mis souvent les pieds (ni le reste) dans l’eau. Il est 10h30. Il faut que je m’active car j’ai encore le vélo à plier. Auparavant, j’aimerais le passer au jet. Grâce à « Google mon ami », je repère une station de lavage à 3kms de l’hôtel et m’y rend rapidos. A l’entrée du tunnel, je vois une belle rampe de lavage à jet. Je demande à la personne à l’accueil, tout aussi aimable que les cerbères de la piscine, si je peux laver mon vélo moyennant finance bien sûr. Refus catégorique. J’insiste. Nouveau refus … en me montrant la caméra de surveillance. Je n’insiste pas. Il m’indique une station service où, malgré la présence d’un tuyau, j’essuie également un refus poli de la caissière.

Pour l’anecdote, j’aperçois un panneau annonçant la tenue du marathon la semaine prochaine. Le seul vu tout au long de mon séjour ! J’espère que les bénévoles sont un peu plus aimables que les personnes que j’ai pu croiser durant mon cours séjour.

Bon, je n’ai plus qu’à rentrer à l’hôtel et m’atteler au lavage manuel, démontage et empaquetage du vélo. Nouveau contre-temps. Il manque 5 cms pour rentrer le vélo dans le carton. Suis obligé de démonter également le porte-bagage avant. Le temps tourne. Il est presque 13h lorsque je finis le paquet-cadeau. Pffff …

Tout est plié. Il me reste quand même le temps de déjeuner. Je file à pied au restaurant que j’avais repéré pour mon anniv’ mais qui était complet. Coup de bol, il reste une table en terrasse. Je commande le fameux goulash et un poulet au paprika accompagné de gnocchis en précisant bien qu’à 13h55, je devrais être parti, taxi oblige. A l’heure donné, je règle l’addition et reviens dare-dare à l’hôtel où le taxi m’attend.

Le chauffeur, malgré sa corpulence, m’aide à charger tout mon barda et départ pour l’aéroport. Comme beaucoup de chauffeurs de taxi, celui-ci s’extrait à vive allure du centre-ville et de la périphérie pour rejoindre l’aéroport. C’est vrai qu’à 14h un dimanche après-midi, la circulation est plutôt fluide. Après 45′ de trajet, il me dépose à l’aéroport. Je lui règle la somme relativement modique de 25€ (je pensais m’en tirer pour beaucoup plus) et lui laisse un généreux pourboire à son grand étonnement.

Il me faut trouver un chariot pour déposer l’encombrant carton et toutes mes sacoches. Je suis obligé de tout laisser devant l’entrée du hall et de faire fissa. Une fois tout le barda chargé, une envie pressante m’oblige à laisser le chariot devant les toilettes. A mon retour, un personnel de l’aéroport m’attend pour me sermonner vu que j’ai laissé mon bagage sans surveillance ! Je lui fais comprendre en anglais et par geste que, vu la volumétrie du bestiau (1,65*0,20*0,80), à part uriner dans les jardinières, il m’est difficile de me balader dans les pissotières avec le chariot. Le ton monte. Je me calme et lui demande si je peux aller m’asseoir au café à côté et laisser mon chariot derrière la claie qui sépare le café du hall. Nouveau refus ! Décidément, les budapestois(es) ne me laisseront pas un souvenir impérissable … Je me dirige donc vers la sortie pour trouver un banc et rester à côté du chariot.

Après quelques minutes de relative tranquillité, un impressionnant convoi de véhicules de police et de grosses cylindrées aux vitres teintées viennent stationner à proximité de l’endroit où je me trouve. Des gardes du corps et des policiers s’extirpent des véhicules et sécurisent la zone. Des chinois(e)s sortent à leur tour des voitures puis encadrent un poussah qui, lui, à bien du mal à s’extraire d’un de véhicules. J’imagine que c’est un ponte (ministre, homme d’affaires ?) en visite officielle qui rentre dans son pays accompagné de nombreux conseillers et une charmante dir’ com’ je pense. J’essaie discrètement de prendre une photo mais, évidemment, un des gardes du corps m’aperçoit et s’approche de moi rapidement. Je devine à travers son regard mauvais. que j’aurais mieux fait de m’abstenir. On se croirait dans un mauvais film policier. Il faut dire qu’avec mon énorme carton et mon look débraillé, je n’ai pas le physique du cadre supérieur en goguette et, forcément, j’attire l’attention. Finalement, il ne m’écrabouille pas mon portable du talon (de toute façon, je ne suis plus à quelques photos écrasées !) mais me fait comprendre par le geste de me tenir à carreau. OK guy ! D’ailleurs, ce n’est qu’en insérant la photo que je m’aperçois que j’étais devant l’emplacement réservé au protocole.

Le temps s’écoule aussi tranquillement qu’une journée à vélo de rando. Avec mes dernières pièces et billets de florins (forint hongrois), je m’achète un mauvais sandwich et me dirige vers l’embarquement. Il est 17h00 et je préfère anticiper que de me retrouver dans la cohue. Bien m’en prend. En effet, j’avais réservé un bagage en soute, en sus du vélo évidemment, et un bagage en cabine. Mais 2 sacoches ne font pas un bagage ! Donc je suis obligé de retourner dans le hall, où j’avais repéré l’empaqueteur des lilas au cas où, faire plastifier mes 2 sacoches et ne faire plus qu’un seul bagage. Quand on dit que les voyages forment la jeunesse …

A 18h30, après être passé dans un hangar (faisant office de salle d’embarquement) où 4 jeunes français me précédant ont dû s’acquitter de 25€ chacun pour cause de bagage à main ne rentrant pas dans l’intransigeant gabarit de M. Ryanair, l’avion prend son envol et quitte le sol hongrois. C’est avec une pointe de nostalgie que je vois s’éloigner au loin les lumières de Budapest. J’aurais bien continué mon périple encore plus à l’est. Plus tard peut-être …

Vers 21h00, je récupère mon carton en bon état et mes sacoches puis sors de l’aéroport blagnacais où m’attend, ponctuel, l’ami Vincent. Pour une fois, c’est lui qui vient me chercher. Retour dans mon petit meublé où je n’ai même pas une boisson à proposer à Vincent. Je lui raconte rapidement quelques péripéties avant qu’il ne me quitte. Puis j’entreprends de défaire et de ranger mes 3 sacoches. C’est vite fait, bien fait : toutes les fringues au sale et le reste dans les placards. Le vélo attendra demain soir pour être dépaqueté et remonté. Au dodo avant de reprendre le chemin du boulot à 10h30 demain où ne me restera plus que quelques semaines à tirer avant la semi-retraite. Mais ça, c’est une autre histoire …

Fin du périple

J23 – sam 21/09 – Budapest(Ho)

Déambulation pédestre tout au long de la journée dans le centre historique …

Déambulation cycliste de nuit dans le centre historique …

Résumé : 24kms – 2h00 – 12km/h – hôtel

J22 – ven 20/09 – Szob(Ho)-Budapest(Ho)

Réveillé à 7h à l’aboiement des chiens. Heureusement car mon alarme était programmé sur le samedi. Incroyable comme on perd la notion du temps et des jours qui s’écoulent au rythme tranquille de la progression du vélo et de sa douce routine. Il fait à nouveau un froid de canard après une magnifique nuit étoilée. Dernier pliage de tente (trempée !). Je déjeune dans le grand coin cuisine avant de partir pour ma dernière étape et rejoindre le terminus de mon périple : Budapest.

Puis je retrouve la piste EV6 à la sortie du bac et serpente au nord du Danube sous le soleil matinal qui me réchauffe la couenne. Arrivé à un village, un panneau indique Vàc alors que je veux me rendre à Szentendre. Je retraverse donc le Danube … et me retrouve à l’ombre et … sans piste !

Mauvaise pioche. Tant pis, je continue en alternant route et mauvais chemin. Je m’arrête prendre un mauvais café dans un bouiboui au bord du Danube. Puis je poursuis ma route jusqu’au pittoresque village de Szentendre où ont lieu des animations civiques (pompiers, militaires, gendarmes, …) pour tous les écoliers du coin.

Après avoir fait quelques emplettes dans le village, je m’arrête pique-niquer au bord du Danube et faire sécher tente et tapis de sol avant rangement définitif. Budapest se rapproche et l’angoisse des arrivées dans les grands villes m’étreint. La circulation se fait de plus en plus dense. Les premières zones commerciales et industrielles apparaissent. Puis la banlieue triste avec ses grands boulevards et ses immenses HLMs. Et évidemment plus aucun panneau EV6 (ou alors bien planqué).

Traversée périlleuse : pont ou boulevard ?

Je me fie à mon pifomètre (et aussi au GPS sur la fin) et finis par trouver ma chambrée dans l’hôtel sis au 3é étage d’un immeuble accessible par une cour intérieure où je pourrais déposer mon vélo. Le propriétaire, ancien escrimeur et parlant un peu le français, m’accueille et me fait la visite. Il est 15h30 et je vais pouvoir me poser après 2.300kms de vadrouille !

J’y croise 2 zombis comme compagnon de chambrée. L’endroit est fonctionnel mais pas spécialement coquet ni propre : 3 grandes chambrées (6 lits dans la mienne) , 1 seule salle de bain, 2 WCs et une cuisine. Pour 11€ la nuit, je ne vais pas non plus faire la chochotte quand même. Je pose mon barda et dépose mes sacoches dans le placard fermé à clé. Puis je pars en repérage pour trouver le magasin de vélos où je dois récupérer mon vélo le lendemain matin. C’est à 500m à pied. Nickel chrome ! Et je fais une virée à vélo jusqu’au point info touriste au nord de la gare.

Le soir, pour fêter mes 58 piges, je me tape la cloche dans un restau hongrois (Red Pepper) à quelques mètres de l’hôtel. Celui que j’avais repéré un peu à l’écart du boulevard est malheureusement complet. Tablée japonaise. Musique moderne. Repas très correct (bière, soupe servie dans une boule de pain, civet de cerf accompagné d’un verre de vin rouge hongrois, dessert maison). Solitude assumée sans être désirée. Un peu tristoune tout cela …

Je pars ensuite faire une balade toujours à vélo dans le centre historique avant de retourner me coucher.

Résumé : 65kms – 4h00 – 16,3km/h – hôtel

J21 – jeu 19/09 – Komàrom(Sl)-Szob(Ho)

Réveillé à 8h30. C’est la 1ère fois que je me réveille si tard. Il faut dire qu’il a fait un froid de gueux (5°c au réveil) et que j’étais trop bien dans mon duvet bien au chaud. Et puis, la fatigue doit s’accumuler aussi … Je me suis levé également 2 fois pour uriner à poil en pleine nuit étoilée. Faut vraiment être taré ! Belle surprise une fois sorti de la tente : 2 petits pains enveloppés dans un pochon déposés par le proprio sur mon vélo. Vraiment top ! Je les garderai pour mon pique-nique.

Je reprends la route dans la campagne pour éviter l’axe principal et tombe par hasard sur « La Ferme aux 1.000 vaches » : un énorme complexe agricole avec une multitude de bâtiments où sont entassées des vaches … alors qu’il y a des champs immenses tout autour.

Je continue ma route et retombe quelques kms plus loin, en arrivant sur Komàrom, sur un fléchage EV6 alors que je pensais être hors circuit. Apparemment, il y a un itinéraire bis qui passe en Slovaquie. A Komàrom hongrois, je traverse le Donau pour aller à Komàno slovaque où se trouve une immense forteresse abandonnée en bordure du fleuve.

Je prends mon café dans un bar-restau sympa où des couples s’arrêtent déjà pour déjeuner alors qu’il n’est que 11h. A la sortie de ces 2 villes jumelles, je file en direction de Stùrovo (Sl) après m’être assuré d’être dans la bonne direction !

La piste n’est vraiment pas terrible mais j’y fais quand même des rencontres surprenantes.

Et notamment 2 jeunes roumains partis de Vienne, chargés léger vu qu’ils dorment en Warm Shower tous les soirs et rentrant dans leur pays. Je m’arrête déjeuner à l’endroit où il passent le bac. Une fois reparti, je me rends compte que j’aurais dû les suivre. En effet, je me retrouve sur des chemins de sable ou de gravier où il n’est pas facile de progresser.

Finalement, je traverse un pont immense pour basculer à nouveau du côté Hongrois à Esztergom où se trouvent une superbe basilique et un château perché sur un promontoire et protégeant l’accès au Danube.

Ne trouvant plus de fléchage EV6 (décidément, cela devient un vrai jeu de piste !), je poursuis ma route en direction de Visegràd où je retombe sur la piste qui oblige à traverser à nouveau le Danube !

En attendant le bac, je rencontre un couple originaire d’Oman. IL est déjà 17h15 et le bac n’arrive qu’à 17h45. Le soleil est déjà bien bas et il commencer à cailler. Les 2 tourtereaux ont déniché un hébergement en dur et me propose de les suivre. Vu q’il fait beau (malgré le froid), je décide de bivouaquer après avoir rejoint l’autre rive.

Finalement, à la sortie du bac à Szob (sic !), je tombe à pique sur un camping et pause ma gaule. Je suis tout seul. Le camping, l’emplacement et les sanitaires sont superbes et vraiment pas cher (7€). Certainement le plus beau camping depuis mon départ. De plus, il y a une grande pièce au RDC de la maison où je peux faire ma popote et rester au chaud pour bouquiner. Le pied !

Auparavant, je suis allé au troquet du village boire une bière. Le café est bondé et ça picole grave. Ca parle fort en hongrois. Je n’y comprends rien mais l’ambiance est tout de même sympa. Retour au camping pour un gros dodo face au Danube.

Résumé : 85kms – 4h45 – 17,9km/h – camping

J20 – mer 18/09 – Bratislava(Sl)-Komàrom(Sl)

Le 1/2l de bière de la veille m’a obligé à me lever 2 fois pendant la nuit alors que les toilettes étaient à l’extérieur de ma chambre. De plus, les voisines sont rentrées tard. Donc nuit hachée et réveil tôt. De ce fait, j’en profite pour trouver une chambre sur Budapest assez proche du magasin de vélos où Titouan m’a trouvé le carton d’emballage pour mon vol retour et ne décolle (à vélo) qu’9h00. Je sors de Bratislava au pifomètre et tombe sur le nouveau quartier d’affaires … où se trouve des bureaux AtoS !

Je retombe sur l’EV6 où, après la sortie de la ville et avoir hésité sur une direction, je rencontre un couple de québécois que je rencontrerai à plusieurs reprises au cours de la matinée en fonction de nos arrêts respectifs. Il faut dire que les panneaux d’indication ne sont plus très nombreux et que la piste est en bitume mais en bien mauvais état avec de drôles d’inscription.

ORBAN gitan (sic!)

Je m’arrête pour visiter la jolie bourgade de Mosonmagyaróvár (atchoum !) et faire quelques emplettes …

… Avant de me pauser sur un banc public pour pique-niquer le long d’un bras du Donau et pas très loin d’un jeune couple d’agriculteurs hongrois.

Puis nouvel arrêt dans la ville de Györ :

En sortant de Györ, je repars encore au pif et trace tout droit vers Komàrom qui n’est pas sur la trace de l’EV6. Manque de bol, à la sortie de Göngù, la piste cyclable en bordure de route s’arrête net; je dois continuer sur la route bidirectionnelle très empruntées et je n’en vois pas le bout. Aucun village à l’horizon, plus d’eau et l’heure qui passe. Je ne croise que 2 jeunes prostituées et un énorme sanglier. Ca sent le plan galère …

A Acs, village lugubre aux petites maisons avec potager, je m’arrête à la seule maison où j’aperçois un peu de vie : une ado toute étonnée de me voir débarquer de nulle part. Elle pars me remplir mon bidon d’eau, reviens, me le tend avec un grand sourire et me regarde partir comme si j’étais le messie. Emouvant.

Je reprends la route décidé à m’arrêter bivouaquer avant d’arriver à Komàrom vu qu’il est déjà tard. Et, coup de bol incroyable, je tombe sur Natura Kemping en bordure de route. Le propriétaire m’offre une bière et la possibilité d’utiliser le auvent de la seule caravane présente sur le terrain. Il est 19h15. La nuit tombe déjà et le froid aussi. Je dîne et bouquine à l’abri avant de rentrer sous ma tente et de me glisser dans mon duvet.

Résumé : 115kms – 5h45 – 20km/h – camping

J19 – mar 17/09 – Vienne(Au)-Bratislava(Sl)

Réveillé une nouvelle fois aux aurores. Heureusement que j’ai pris mes boules Quiès sinon il m’eût été impossible de dormir vu le boucan de la nuit (rocade, train). Mais je ne pars qu’à 8h30 et retrouve très facilement l’EV6 qui est de ce côté du Donau.

Le coin tente occupé par quelques cyclotouristes.

Cependant, la sortie de la périphérie de Vienne n’est vraiment pas terrible. Il me faut traverser une immense raffinerie avant d’entrée dans le « parc national des Prairies du Danube » (Donau-auen national park). Malheureusement, la piste est en travaux à de nombreux endroits et j’emprunte des déviations (umleitung) très bien fléchées mais pas terribles.

Je m’arrête un long moment à Orth pour ma pause-cacafé (et grosse chocolatine mais pas très fraîche) afin d’essayer de régler mon problème d’espace disque pour stocker mes photos sur mon tél portable. Finalement, une nouvelle fois, je vais en perdre une grande partie après les avoir effacées de mon portable pensant, à tort, qu’elles avaient été synchronisées sur Google Photo et le fameux cloud. Avec une connexion Wifi aléatoire, seules 14 photos seront sauvegardées par ma fille Gwen. Pour un informaticien, je suis vraiment une pipe ! Et je suis d’autant plus en colère contre moi que j’avais promis à Pierre et à Mathilde de leur envoyer celles prises ensemble.

Orth-an-der-Donau et ma taverne à droite (photo récupérée)

Je reprends la route dans la parc national et à Hainburg-an-der-Donau, la piste s’arrête pour emprunter une route à travers la plaine.

Radfahren verboten – Bicyklovanie zakázané.

Le temps se couvre et un vent frisquet d’est se lève faisant chuter la température. A l’approche de la frontière austro-slovaque (et donc de Bratislava), je m’arrête déjeuner à l’abri d’un entrepôt désaffecté. J’en profite pour réserver une chambre dans la capitale slovaque. Je reprends la route et franchis quelques kms plus loin l’ancien rideau de fer dans une atmosphère de circonstance.

Ligne de démarcation

Le choc est d’autant plus important que, en arrivant à Bratislava, les pistes cyclables deviennent rare, le revêtement chaotique, les maisons tristounettes, les trams vieillissants et le temps maussade ! Après avoir jardiné un peu pour trouver mon hôtel (Freddie) perché en haut de la colline qui domine le centre-ville et une grosse frayeur quant à ma réservation (2 hôtels du même nom dans le quartier), je monte à ma chambre (très correcte pour 28€), pose mes sacoches, prends une bonne douche et repars en expédition en milieu d’après-midi. Je trouve cette ville vraiment atypique en pleine modernisation mais au charme tellement suranné.

A travers le centre historique …

En début de soirée, je trouve une brasserie très sympa où je dîne pour 10€ d’un poulet accompagné de gnocchis maison et sauce aux champignons accompagné d’un 1/2l de bière. Tout cela en regardant un match de hockey du championnat slovaque …

Retour à l’hôtel à vélo et gros dodo dans un bon lit.

Résumé : 75kms – 4h00 – 18,8km/h – hôtel

J18 – lun 16/09 – Vienne(Au)

En ce jour de « repos », je fais grasse mat’ et me lève à 7h30 ! P’tit’ déj’ rapide et je décolle pour ma journée viennoise. Je récupère un plan de ville à la réception après avoir acquitté mes 2 nuits et me dirige vers le Zentrum. Ce n’est pas compliqué, il n’y qu’à suivre les pistes cyclables le long des nombreux bras du Donau et de traverser sur les passerelles dédiées aux piétons/vélos. Que du bonheur et, une nouvelle fois, quelle différence avec notre minable réseau cyclable toulousain pour pas ne pas dire hexagonal à quelques exceptions près. Il faudrait vraiment que nos politiques franchouillards évoluent quant à leur obstination idéologique du « tout-bagnole ». Dans le centre-ville, même topo : un réseau fiable et efficace.

Visite du Prater en premier : immense parc d’attraction en plein centre-ville. De bon matin, c’est quelque peu mort et tristounet. Mais bon, de toute façon, je ne suis pas un farouche adepte de la fête-à-neuneu.

Puis je me dirige ensuite vers l’hyper-centre et, là, j’en prends plein les mirettes. Il n’est qu’à regarder les photos (si je ne les ai pas supprimées d’ici là !). Je vadrouille à pied et à vélo dans le centre. Je trouve également un opticien et apprends que c’est ma branche de lunette qui est cassée. Je devrais donc finir la semaine avec, en espérant que ma réparation de fortune (colle forte + scotch) tienne. Le midi, je pique-nique frugalement et rapidement pour profiter au maximum de la journée. Et je repars me balader et aussi faire quelques emplettes; le frigo est vide !

Les principaux monuments :

A travers la ville :

En suivant les pistes :

Sur le retour, et alors que les nuages ont refait leur apparition, je décide de m’offrir un restau dans un endroit non touristique. Je dîne d’un plat roboratif avec entrée, bière et, en dessert, un superbe gâteau au chocolat maison pour la modique somme de 16€. Je me rends compte que le moindre repas pris à l’extérieur est d’autant plus apprécié que mon régime ordinaire est simple et frugal.

Cependant, en sortant du restau, il fait déjà nuit et il me faut retrouver le camping distant de 8kms au moins. Les repères sont différents et ce n’est pas évident avec mon GoogleMaps qui se plante dès que je veux passer en mode itinéraire. Finalement, en longeant le canal, retrouvant un bras du Donau, parcourant les pistes cyclables à travers parcs et jardins, traversant les ponts, j’arrive à bon port. Il est temps de me raser, doucher et recharger la batterie du portable et les miennes aussi par la même occasion. Suis vanné après cette journée dans la foule et la fureur des grands centres. Il me reste une semaine encore à crapahuter et je dois prendre soin de la mécanique. Donc au dodo !

Résumé : 65kms – 5h15 – 12,4km/h – camping

J17 – dim 15/09 – Willendorf(Au)-Vienne(Au)

A nouveau levé à 7h30 pour que Mathilde puisse se reposer un peu et faire la grasse mat’ 🙂 Nous plions nos tentes et décidons de déjeuner, rosée oblige, dans un endroit sec. A quelques kms de là, nous trouvons un endroit sympa dans un joli village.

Super p’tit déj’ avec, en prime, l’éclatant sourire de Mathilde.

Nous traversons cette magnifique région avec ses charmants villages, ses coteaux couverts de vigne (les vendanges ne vont pas tardées) et le majestueux Donau qui serpentent dans la vallée. La matinée est vraiment superbe.

Fête des vendanges avec la bénédiction de l’église

En milieu de matinée, nous nous arrêtons en terrasse d’un bar boire un café pour moi et un jus d’orange pour Mathilde. Puis revenons sur un parcours moins pittoresque mais parcouru par toujours autant de cyclistes. C’est vrai que nous sommes dimanche, qu’il fait un temps superbe et tout incite à la balade sur un tel réseau cyclable continu, sécurisé, jalonné, nettoyé. Que nous sommes en retard sur ce sujet !

Le Donau (sillonné par un bateau croisière) à travers la Wachau

Vers 13h, je propose de nous arrêter dans une guinguette pour changer du casse-croûte quotidien. L’ambiance est sympa, les prix corrects mais le service bien long. Il faut dire qu’il y a abondance de cyclistes ! Je déguste mon 1er verre de vin depuis fort longtemps.

Il nous faut repartir si nous voulons arriver à Vienne pas trop tard. Le vent s’invite de nouveau dans la partie. Le parcours devient plus monotone et périlleux en raison du trafic qui s’intensifie à l’approche de la capitale autrichienne. Mathilde se cale dans ma roue et ne moufte pas. Pourtant je ne fais pas semblant. Vraiment, elle m’impressionne !

Vers 17h00, nous arrivons à l’entrée de Vienne par une belle piste dans un immense parc longeant le Donau. C’est royal. Cependant, après une pause décisionnelle, il nous faut nous séparer. Mathilde a réservé une chambre dans une auberge de jeunesse et, de mon côté, je préfère tant qu’il fait beau à dormir sous la tente. Après ces 2 jours superbes passés ensemble, nos chemins se séparent. Comme avec Pierre, ces instants prennent un peu les tripes mais ils font justement parti du … trip ! Je repère le camping, qui est situé plein est à la sortie de Vienne, et traverse toute la ville sur réseau cyclable : impressionnant !

Réception fermée. Je m’installer, vais prendre ma douche, dîne sur une chaise et au dodo après cette nouvelle journée bien chargée.

Résumé : 110kms – 6h15 – 17,6km/hcamping

J16 – sam 14/09 – Mathausen(Au)-Willendorf(Au)

Levé vers 7h30 por attendre Mathilde qui n’est pas une lève-tôt. Départ à 9h00 sous les nuages. Le vent est également de la partie mais contre nous cette fois-ci. Il le sera toute la journée. Nous nous retrouvons sur les pistes fléchées R1 et empruntant une belle piste cyclable serpentant le long du Donau ou à travers champs et villages protégés par des digues et portes anti-inondation suite aux crues de juin 2013.

En milieu de matinée, traditionnelle pause-cacafé à Grein, charmant village où a lieu un marché de produits artisanaux très sympa.

A la terrasse du café avant d’aller se balader à travers les nombreux stands artisanaux.

Il nous faut repartir et nous longeons le fleuve côté nord où la circulation est dense en ce samedi matin couvert. Il faut qu’il n’y avait pas de bac pour traverser et suivre le bon itinéraire et nous avons eu la flegme de revenir en arrière pour traverser le pont. Mathilde roule vraiment super bien. Vu le vent qu’on se prend dans le nez, je lui apprends à « sucer la roue » et autres termes cyclistes. (cf http://www.gibello.com/publi/vocabulairecycliste.html ).

Après quelques emplettes, nous nous arrêtons déjeuner le long du Donau. Le soleil perce enfin et je m’aperçois que, après mes sandalettes, j’ai perdu ma casquette fétiche blanche gagnée au trail de l’Argent-Double dans l’Aude en avril 2017; trail qui faisait partie du « Challenge des trails en Occitanie » fini à la 1ère place en V2H. Et, cerise sur le gâteau, une branche de mes lunettes est cassée. J’improviserai une réparation de fortune en attendant de trouver un opticien.

Après un long relais tête dans le guidon, nous arrivons à Melk et décidons d’aller visiter la superbe abbaye dont la bibliothèque aurait inspiré l’écriture du livre « Le nom de la rose » d’Umberto Eco.

L’abbaye de Melk perchée sur son promontoire.
La fameuse bibliothèque aux 100.000 volumes (photo récupérée)

Après avoir grimpé la côte pour monter à l’abbaye, il nous faut à nouveau gravir la colline avant de basculer de l’autre côté et retrouver la piste. L’heure file et, à la demande de Mathilde qui ne s’arrête que dans des campings et aimerait passer une nuit en bivouac (pas évident pour une femme seule de bivouaquer en toute sécurité), il nous faut trouver un endroit sûr et sympa. Après avoir traversé le village de Willendorf en fête avec habitants en costumes locaux et fanfare locale et, ne pouvant nous rapprocher du Danube, je prends une petite route qui grimpe sur le coteau, ses arbres fruitiers et les 1ères vignes de la région Wachau. Malgré une petite alerte avec une voiture qui stationne sur un chemin au-dessus de notre emplacement, on finit par s’installer, dîner et à 20h chacun regagne son petit nid douillet vu qu’il fait déjà nuit !

Résumé : 95kms – 5h00 – 19km/hbivouac

J15 – ven 13/09 – Passau(De)-Mathausen(Au)

Réveillé une fois encore à 6h45 au lever du jour, je plie rapidement mon campement qui est une nouvelle fois trempée par la rosée. P’tit déj sous le préau du camping et adieux aux couples lyonnais et je repars pour visiter Passau. Puis départ pour de bon sur la Donauradweg. Les premiers kms, sur piste cyclable évidemment, longent une route et ne sont pas terribles. Par contre, dès que la route s’éloigne enfin, la piste très roulante longe le Donau dans un décor superbe. La piste suit les méandres du fleuve et serpentent à travers des collines boisées.

Piste à l’ombre de la forêt et le majestueux Donau qui suit son cours vers la mer Noire.

De nombreux cyclistes empruntent cet itinéraire. Je passe la frontière autrichienne sans m’en apercevoir. Fini l’EV6, il faut désormais suivre les panneaux R1. Pause-café. Puis achat de pain à Aschach, capitale du haschich. Je prends ensuite la roue d’un tandem électrique puis de 2 gars, dont un à vélo couché, et je file à bonne allure vent dans le dos vers Linz.

Un peu de répit roue dans les sacoches d’un tandem électrique.

Pause-déjeuner le long du Donau où j’en profite une nouvelle fois pour faire sécher ma tente. Après avoir visité une charmante église (sans emprunter le bac pour rejoindre la piste côté nord), j’arrive dans Linz par une route très fréquentée. Visite de cette magnifique ville et, en sortant du centre, je vois une cycliste à l’arrêt en train de consulter son portable, m’arrête, lui dis « Bonjour » en français. Elle me répond dans la même langue et je sais que c’est « la jolie brunette très véloce » dont m’avaient parlé les Lyonnais la veille. Incroyable ! Elle s’appelle Mathide, jeune médecin genevoise.

Nous discutons quelques minutes et repartons ensemble en direction de Vienne. On fait route jusqu’au camping à la sortie de Mauthausen, ville tristement célèbre mais, vu l’heure avancée, nous ne prenons pas le temps d’aller visiter le mémorial du camp de concentration.

Mauthausen

Après avoir planté nos tentes, je fais tourner une machine avec tous mes vêtements cyclistes (ça commence à vraiment sentir le fennec après 15 jours de vadrouille) et allons boire une bonne bière au café-restau du camping. Puis, à la nuit tombante, nous rentrons dîner à côté de notre campement avec la surprise de voir une assemblée, assise en rond devant un feu de campement, écouter un conteur. Boules Quiès impératives avant de se glisser dans le duvet.

Résumé : 120kms – 5h30 – 21,8km/hcamping

J14 – jeu 12/09 – Wörth/Donau(De)-Passau(De)

Magnifique nuit étoilée et pleine lune lorsque je me suis levé (à poil) vers minuit pour le pisse-tisane. Puis réveil avant 7h. La tente est trempée mais je ne dois pas traîner pour retrouver Pierre. A 8h tapante, je le rejoins avec grand plaisir et nous repartons pour une longue journée, Pierre devant retrouver sa compagne à Passau aux portes de l’Autriche.

Nous roulons de concert à travers champs et villages toujours aussi bien entretenus. Dommage que la piste souvent en stabilisé soit en contre-bas du Danube. Arrêt à Straubing pour une pause-café-kirschrollen bien sympa dans une backerei très classe.

Les nuages s’évaporent et le soleil refait son apparition. Les kms défilent plus vite à deux. D’ailleurs je remarque que Pierre se confie un peu plus. Je trouve un magasin de vélos où j’achète mes patins de frein. Nous nous arrêtons déjeuner devant une plage en bordure de Danube et prenons un café au prix salé (2,50€) sans parler de la bt de 0,33cl d’eau gazeuse au même prix.

Nous repartons à serpenter entre les boucles du Donau, les routes de campagne, la voie ferrée, l’autoroute et les villages. Nous empruntons également un bateau pour traverser le fleuve. Un peu de répit dans cette longue journée.

En fin d’après-midi, nous nous rapprochons de la jolie ville de Passau, terminus du Donau allemand, et je dois encore songer à trouver un hébergement. Le paysage change aux abords de l’Autriche et nous rentrons dans des vallons couverts de forêt. Nous approchons de la ville par une piste cyclable (comme d’habitude) longeant une route. Le flux auto devient intense. Toujours cette angoisse d’arriver en ville et de quitter le calme des campagnes. Nous arrivons au sud de la ville et il nous faut traverser une nouvelle fois le Danube mais en passant par le barrage Kachlet de Passau qui produit de l’électricité pour toute la ville. D’ailleurs, ces barrages hydrauliques sont forts nombreux tout le long du Danube et permettent d’alimenter proprement nombre de villes et villages.

L’immense barrage Kachlet et évidemment un cheminement piéton/vélo le log de la structure !

Arrivé à Passau, je quitte une nouvelle et dernière fois Pierre avec qui j’aurais fait un bon bout de chemin. Sa compagne le rejoindra à voiture depuis Sancerre ce soir. Il est déjà tard et je ne visiterai la ville que demain avant de repartir.

Passau et son port de bateau-immeuble

De mon côté, j’ai repéré un camping à la sortie de la ville. A un feu, je demande en anglais à un jeune de m’indiquer le chemin et il me dit de le suivre. Heureusement, parce que, sans lui, ce n’aurait pas été évident de trouver ce petit camping planqué derrière le club d’aviron où se rendait ce jeune.

Rasage, douche chaude et demi au restau du camping tenu par des allemands d’origine italienne où, après réflexion, je me tape une délicieuse assiette de pâtes bolognaises cuisinées par la mama. Repas pris en compagnie de 2 couples français à la retraite, très sympas, en vadrouille à vélo des sources du Danube à Vienne. En discutant, il me parle d’une jeune brunette très pêchue qui roule aussi vers Budapest mais est un jour devant moi. Je le note au cas où … Il est 21h00 et l’heure de rejoindre mon duvet adoré bien chaud.

Résumé : 135kms – 7h30 – 18km/hcamping

J13 – mer 11/09 – Menning(De)-Wörth/Donau(De)

Réveillé à 6h45 avant la sonnerie du clairon. Il a l’air de faire beau. Par contre, c’est bien humide. Je plie les gaules et repars pour une nouvelle journée, le moral au beau fixe. Il fait frais mais, dès que le soleil perce les nuages, cela devient agréable et je peux alors enlever jambière et veste. Aucune nouvelle de Pierre. Tant pis, je trace ma route à travers champs et culture de houblon.

En fin de matinée, j’arrive à l’abbaye de Weltenburg évoquée dans mon guide (« L’EuroVélo6 » par M.Bonduelle aux éditions Ouest France). Après avoir visité l’abbaye ô combien chargée, je m’octroie une pause en terrasse et déguste un très bon et copieux gâteau maison (HäseKuchen) accompagné d’un exposé (7€ mais le cadre est superbe). Puis je monte dans le bateau pour descendre les fameuses gorges du Danube.

Arrivé à Kielheim, je tournicote dans cette belle ville, jonction du canal Rhin-Main-Danube (les 3 grands fleuves allemands) achevé en 1990 et qui permet de relier la mer du Nord à la mer Noire, à la recherche d’un magasin de vélos afin de m’acheter des patins de frein bien usés. Sans succès.

Kielheim
La Befreiungshalle (Halle de la Libération) – rotonde de 58m qui célébre la fin de la sujetion napoléonnienne.

J’essaie de retrouver l’EV6 après m’être fourvoyé en longeant un bras du Danube et m’arrête finalement pour faire quelques courses chez Netto. Et oui, il faut bien manger et ma sacoche avant, prévue pour accueillir mes victuailles, n’est pas bien grande d’où l’obligation de se ravitailler tous les 3, 4 jours. Je trouve un banc en bord de Danube pour me poser, étendre ma tente et me restaurer; tout cela devant une péniche-grue, moteur allumé, qui vient décharger du sable sur l’autre berge en face de moi. Pas cool.

Les villes charmantes, notamment Regensburg, et les visites se succèdent tout au long de l’après-midi. Le fleuve est dorénavant parcouru par d’immenses péniches et d’incroyables immeubles flottants. Bonjour l’empreinte écologique …

Regensburg (Ratisbonne) classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Les pistes, elles, sont empruntées par des couples âgés à vélo électrique, cyclistes, promeneurs et joggeurs. Que ce réseau cyclable et piétonnier est impressionnant !

Je décide de poursuivre jusqu’à Wörth/Donau et merdouille grave (bonjour les orties allemandes) pour trouver un endroit où bivouaquer pas trop près du village et en bordure du Danube. Une fois installée, je ne suis quand même pas très tranquille vu tous les joggeurs, promeneurs et … couple illégitime qui se baladent sur le chemin en contrebas de la digue.

Bivouac humide au réveil.

J’arrive à joindre Pierre qui dîne dans la pizzeria du village où je suis ! Nous décidons de nous retrouver demain matin au même endroit à 8h00 et de repartir ensemble. Le jour se couche déjà. Les moustiques attaquent. Au dodo !

Résumé : 105kms – 5h30 – 19,1km/hbivouac

J12 – mar 10/09 – Dillingen(De)-Menning(De)

Réveillé à 7h du mat’ avec boule Quiès et sans réveil, j’ouvre les « volets » et surprise : du brouillard à couper au couteau … bbbrrrr … Enfin de replonger dans mon duvet bien chaud. Les bisontines bougent aussi à côté. Tant pis. Faut y aller. Je sors du duvet et enfile mon cuissard encore humide après nettoyage la veille. Il fait un froid de canard (7°C) et, avec l’humidité ambiante, c’est « chaud » ! Je me hâte de tout plier bien que la tente soit trempée, de déjeuner sous le auvent du camping et de filer laissant le club des 5 à leur p’tit’déj’. Pas facile de se réchauffer d’autant plus que je n’ai pas pris mes gants d’hiver.

Pause-cacafé dans un restaurant italien à l’entrée de la très pittoresque ville de Donauwörth.

Je repère un magasin Intersport et me renseigne pour trouver une doudoune Eider repérée dans l’Equipe. En effet, je suis parti juste avec ma veste de cyclo et je me rends compte qu’il me manque un vêtement bien chaud lorsque j’arrive le soir au bivouac. Je note cela dans mon calepin. Je sors du magasin sans avoir trouvé mon bonheur et, miracle, le voile brumeux s’est levé et le soleil a refait son apparition. Je tombe les couches (de vêtement … suis pas encore complètement sénile !) et reprends la route au plus près du Danube sans forcément suivre le tracé EV6. Un peu marre de faire des zigzags dans la campagne. A la sortie de la ville, je tombe sur l’usine Airbus Helicopters. Décidément, je n’en sors pas en ce moment …

Je m’arrête déjeuner au bord du Danube et en profite pour faire sécher ma tente et mon tapis de sol. Grand moment de plénitude et cet immense bonheur de « me sentir dans le paysage » comme l’avait évoqué un jour mon ami Vincent Gaugau lors de ses nombreux périples.

Je file sur Neuburg-an-der-Donau, jumelé à la ville de Sète chère à mon vieux-frère Vincent, où le centre-ville est bien plus désert que celui de la cité de Brassens.

J’en profite tout de même pour acheter un appétissant pâté aux prunes qui n’arrive quand même pas à la hauteur de notre spécialité angevine chère à (presque) toute la famille.

A la sortie de la ville, je me fais doubler par un VTTiste et décide d’essayer de le suivre. On passe le temps et rompt la monotonie comme on peut. Au bout d’un log moment, le salopiaud finit par descendre la pente de la digue le long du Danube pour prendre un chemin plus roulant en contrebas. J’arrive à Ingolstadt la ville d’Audi où le centre est très animé. Je m’égare un peu et retrouve mon chemin après l’avoir demandé à une cycliste au yeux magnifiques. Je reprends le bord du Danube sur l’EV6 et plante mon bivouac pas très de loin du village de Menning au km 2446,8 (distance de la mer Noire).

Toilette de chat à poil (moi pas le chat !) sur le bord du Danube. Dîner. Lecture. Dodo.

Résumé : 110kms – 6h00 – 18,3km/hbivouac

J11 – lun 09/09 – Riedlingen(De)-Dillingen(De)

Après une nuit superbe dans un bon lit et sans un bruit, je quitte ma petite chambre douillette de cette grande bâtisse sans charme. A noter les panneaux solaires sur le toit. Ceci nous a particulièrement interpellé avec Pierre vu que beaucoup de maisons et de fermes sont couvertes de ces panneaux; nous avons aussi du retard dans ce domaine en France.

Je reprends la route plein est sous un ciel gris mais sans pluie et retrouve l’EV6 après avoir rejoint le Danube, fil conducteur et protecteur. La route empruntée jusqu’à Ulm n’est pas folichonne. Beaucoup de zigzag dans la plaine à travers les champs sans grand intérêt. Je fais tout de même une rencontre sympa dans un café de Ehingen où le patron, âgé de 68 ans, a vécu quelque temps en France et est désireux de parler français. Je fais étape à Ulm, très belle ville fortifiée avec son réseau de canaux et son centre historique au contraste saisissant.

Rayon de soleil enfin !
La pyramide du Louvres a fait des émules !

Peu après Ulm, alors que le soleil perce enfin, la piste en cendrée emprunte la forêt et rejoint le Danube devenu beaucoup plus imposant. Les arbres se reflètent à nouveau à la surface du fleuve où s’ébattent de nombreux palmipèdes. Je chemine en suivant le fleuve sans aucune crainte de rater un panneau et de se paumer dans la cambrousse.

J’arrive à Dillingen où j’avais repéré un camping en bordure du Danube. Des bisontins (4 femmes et un homme) occupent déjà l’emplacement réservé aux cyclistes. Je profite d’un tuyau d’arrosage pour nettoyer à grandes eaux ma monture qui a bien souffert depuis le départ.

Après avoir fait un tour et bu une bonne bière en ville, je dîne et passe la soirée en bonne compagnie. J’ai également reçu des nouvelles de Pierre qui a pu trouver un écrou ( (50€ la réparation quand même !), prendre un train pour rattraper son retard et repartir sur son VTT. On se tiendra informé quant à notre avancement réciproque.

Résumé : 125kms – 6h30 – 19,2km/hcamping

J10 – dim 08/09 – Tuttlingen(De)-Riedlingen(De)

La nuit n’a pas été de tout repos ! Après avoir installé mon matelas et duvet sur le banc de l’abri forestier, le ciel s’est déchiré et la pluie s’est mise à tomber drue. De plus, malgré les boules Quiès, j’entendais les voitures, dont les occupants descendaient du mariage, passer à vive allure sur la petite route détrempée. Le réveil est difficile d’autant plus que le crachin et le froid ont fait leur apparition. J’ai également droit à la visite du cantonnier local qui vient changer les sacs poubelle (un dimanche ?). Même un mulot s’est invité cette nuit et a grignoté mon pochon dans lequel je range ma popote !

Ma cabane au Canada !

Je sors mes vêtements chauds et de pluie et j’attaque la descente à 15% pour arriver à Tuttlingen où, une fois encore, je me plante. Sans aucun panneau EV6, je suis un itinéraire vélo qui me conduit dans la périphérie de la ville. Je retourne dans le centre-ville pour retrouver le Donau et l’EV6 … et Pierre qui attend au feu à gauche du carrefour le long du Danube. Quelle surprise ! Nous repartons donc ensemble sous une pluie fine qui s’accentue au fil de de la matinée.

Pont en bois sur le Donau naissant et sous la pluie !

Vers midi, fourbus et trempés, nous décidons de nous arrêter à Sigmaringen (superbe château perché) pour déjeuner dans le restaurant Traube bien bondé. La piste empruntée ce matin est considérée comme la plus belle du Donau-Radweg bavarois. (Lexique : Donau=Danube, Rad=roue, Weg=chemin, Radweg=piste cyclable, Fahrrad=vélo). Sous la pluie, le charme n’est malheureusement pas le même.

Sigmaringen … sous le soleil (photo récupérée !)

Après un excellent déjeuner, nous repartons … sous une pluie battante. Après quelques kms parcourus, nous nous arrêtons à l’abri dans le centre de Scheer. Ca se calme un peu et on repart. Mais Pierre me dit que son vélo réagit bizarrement. Nouvel arrêt devant la Feuerwache locale : l’écrou de son axe de roue arrière s’est fait la malle sous le déluge ! Impossible pour lui de continuer. Heureusement des passants baragouinant anglais et français nous indiquent qu’il y a un magasin de cycles dans le patelin; Pierre passera donc la nuit sur place. Ne lui étant d’aucun secours, je reprends ma route à nouveau en solo.

En fin d’après-midi, j’arrive dans jolie bourgade de Riedlingen et me mets en quête d’un hébergement. Evidemment, le réseau ne passe pas bien et j’arrive avec difficulté à dénicher une chambre dans un hôtel situé à l’orée d’un lotissement à Altheim à qq kms de là : « Jimmy Pizza & Kebab ». Paiement cash (49€).

Riedlngen aussi sous le soleil (photo récupérée)

Quel dimanche !!! Je peux enfin faire sécher mes affaires trempées, nettoyer mes sacoches maculées de boue et laver leur propriétaire. Que c’est bon de se retrouver au chaud et au sec après une telle journée …

Résumé : 100kms – 6h00 – 16,7km/hhôtel

J9 – sam 07/09 – Kaiserstuhl(Ch)-Tuttlingen(De)

Après une excellente nuit et un p’tit déj’ royal, il est temps de reprendre la route avec Pierre pour une longue journée direction Schaffhausen. Les vélos sont chargés, la remorque aussi. C’est reparti mon kiki sur le Rheintal-Weg !

Nous suivons le Rhin sur des pistes forestières puis débouchons sur de charmants villages. Sûrement une des plus belles parties empruntées jusqu’à ce jour.

Cependant, à un moment, nous ratons un embranchement (fourche mal indiquée) et nous égarons dans la campagne. Après avoir un peu jardiné, nous arrivons finalement à la jolie ville historique de Schaffhausen du côté Suisse; celle du coté allemand est fermée et je ne peux donc pas aller voir les fameuses chutes de Rhin !

Voilà ce que j’ai raté !

Nous nous arrêtons boire notre traditionnel café du matin et Pierre décide de poursuivre sa route, vu qu’il connaît déjà le coin, alors que je préfère m’arrêter pour visiter cette charmante bourgade. Nous resterons en contact au cas où …

Je me retrouve à nouveau seul (et sans carte). Cela fait partie du trip. Je continue jusqu’au superbe village de Stein-am-Rhein où s’achève le parcours lacustre du jeune Rhin qui débouche du lac de Constance (Bodensee), long de 63kms et large de 14kms pour une superficie de 536km2, avant de devenir navigable.

La place très colorée du village

A la sortie du village, je retrouve la piste et remonte plein nord pour rejoindre les sources du Danube en longeant à l’ouest le Bodensee. Je vois beaucoup de cyclo-sportifs et remarque une plaque sur leur vélo. Je suis tombé sur le Bodensee-Radmarathon : cyclo de 220, 150 ou 80 kms. Je prends la roue d’un groupe et file à +26kms/h jusqu’à Radofzel à 25kms de là !

Je perds les panneaux EV6 et décide de m’arrêter dans ce village où a lieu une fête locale alors que le groupe file dans la direction où je vais. Dommage. Je retrouve finalement l’EV6. Là, ça se corse sévèrement avec de méchants raidards puis un petit col qui grimpe jusqu’au-dessus de Tuttlingen. L’heure avance et je n’en vois pas le bout. J’aimerais arriver en haut du col avant la nuit afin de pouvoir bivouaquer ou plonger sur Tuttlingen mais sans savoir si je pourrais trouver un camping, le réseau ne passant pas. Alors qu’un mariage a lieu dans une auberge, je continue ma route et finis par trouver un abri forestier où je décide de m’arrêter. D’autant plus que le temps est en train de tourner et que de gros nuages s’accumulent … Il est 18h30. J’en ai plein les bottes. Je dormirai au sec sans avoir à monter la tente.

Résumé : 125kms – 7h00 – 17,9km/hbivouac