J32 – dimanche 2 mai – La Palma del Condado / San Leandro

Suis réveillé par le froid. Cela faisait longtemps. A 7h30, j’émerge. Le soleil aussi. Pas un nuage à l’horizon. Pas un pet de vent. Mais ça caille grave. Je plie les gaules et déjeune vite fait avant de reprendre la route A-472. J’ai gardé ma doudoune et alterne pour mettre une main dans la poche. Le paysage est plus vallonné donc forcément moins monotone.

Je commence à croiser mes premiers groupes de cyclistes du dimanche matin. La plupart sont des clubs et roule par paquet d’une trentaine de coureurs. Quand je me fais doubler, j’essaie bien d’accrocher les roues mais les gars ont plutôt tendance à accélérer. Toujours ce concours de quéquettes entre cyclistes ! Et pas question de se faire sucer par un bargeot avec ses sacoches … J’arrive quand même à revenir sur un gars en léger surpoids dans une grande montée qui me mène à Sanlucar la Mayor. Le gars est tout surpris de me voir revenir à sa hauteur alors qu’il m’avait déposé sur le plat. On s’amuse comme on peut … Après cette montée en rythme, je m’arrête pour ma pause-café. Auparavant, j’avais également fait une pause pour voir décoller un drôle de champignon poussant au milieu des blés.

En me connectant ce matin, je reçois des nouvelles de Valou, une ancienne collègue d’AtoS que j’avais coaché en course à pieds. Elle est partie vivre à Brisbane en Australie depuis quelques années déjà. Elle vient de courir un trail de 42 bornes avec 2.300m D+. Elle est même monté sur le podium ! Sa fille a déjà 6 ans. Encore un coin que j’aimerais découvrir pendant mes grandes vacances … Pour l’instant, je poursuis mon Tour d’Europe et repars en direction de Séville distant d’une vingtaine de kms. Les villes dortoirs s’enchaînent les unes après les autres. La circulation devient plus dense. Cela sent la grande ville. Je finis par y arriver par une belle piste cyclable verte … mais avec un bel obstacle en plein milieu ! Je suis obligé de virer toutes mes sacoches pour pouvoir passer cette chicane avec, au fond, la Tour Sevilla.

Aparavant, je m’étais arrêté au Décathlon, à l’entrée de la ville et ouvert en ce dimanche, pour y faire quelques emplettes. En effet, comme ma bouteille de gaz est pratiquement vide, j’ai décidé de virer mon ancienne popote et d’en acheter une nouvelle. Las, toujours pas de « Jetboil ». Tant pis, je prends le modèle en-dessous qui fera l’affaire. La mienne est vraiment obsolète. Je balance aussi mon matelas gonflable rapiécé de partout. Avec ma tente, tout ce matos m’accompagne depuis tellement longtemps. Ils ont fait tous les grands sommets pyrénéens avec moi … et Coco également : Mont-Perdu, Vignemale et Aneto. Que de souvenirs en commun … J’arrive dans le centre historique où je m’y arrête déjeuner en profitant du spectacle fluvial.

Séville. C’est effarant comme cette ville, pour moi et certainement pour beaucoup d’amateurs de foot de ma génération, est marquée par la 1/2 finale de CdM de 1982 : l’attentat de Schumacher sur Battiston, l’extase de Giresse en prolong’, la rentrée de Rummenigge, le péno manqué de Bossis. Et des larmes à n’en plus finir …

Ensuite je me balade en mode touriste dans le quartier historique. C’est toujours aussi charmant. D’autant plus que le centre est interdit au voiture. Ne circule que le tramway en site propre (pour les béotiens, ce n’est pas les rails qui sont nettoyés tous les jours mais le fait qu’aucun véhicule ne peut circuler dessus contrairement à notre tramway toulousain et blagnacais). Donc que des piétons et des cyclistes. Aucun bruit. Quel bonheur de se balader en ville dans ces conditions.

Je retourne du côté de la cathédrale et du château, malheureusement fermés tous les 2, mais où se baladent toujours les calèches baladant les quelques touristes de passage.

Bon, ce n’est pas le tout mais j’aimerais bien retrouver l’océan. Je sors de Séville en suivant, comme à l’aller, une belle cyclable verte m’emmenant dans la périphérie. Et là, le choc est rude. Après les banlieues dortoirs, je traverse les zones industrielles. Avec Amazon qui draîne un nombre impressionnants de poids-lourds. D’ailleurs, certains chauffeurs sont dans leur cabine en attendant, j’imagine, l’ouverture des dépôts demain matin. Quel drôle de métier aussi …

Puis j’emprunte une petite route qui me fait longer le golfe du Guadalquivir. Je dois avouer que là, c’est tout au mental (et au Téléphone qui me booste grave). La route rectiligne et plate traverse des plaines immense de culture. Et dire qu’il y a un paysan sur son tracteur en train de labourer le champ à droite. C’est à se flinguer !

Vers 18h00, je m’arrête dans un des rares villages traversés pour y boire une bière, recharger mon iPhone et y acheter une boite de conserve pour ce soir. Cela me fait penser aux villages mexicains dans les westerns.

Je vais essayer de rouler encore un peu avant de me poser je ne sais où … Finalement, en arrivant dans le village d’après, je repère un pont. Je n’ai encore jamais dormi sous les ponts ! Le vent s’est levé. Le paysage est toujours aussi désespérant plat et monotone. J’inspecte les lieux. En mettant les bottes de paille comme pare-vent, ce sera parfait. La journée a été encore bien remplie et l’après-midi assez difficile comme cela. Je finirais cette route demain matin. Je me pose.

Je dîne, finis mon bouquin de Françoise DORIN et assiste au spectacle de la rentrée du troupeau de moutons dans leur enclos accompagné pour le berger et ses chiens. Et tout cela avec le coucher de soleil en prime !

Résumé : 115kms, 6h00, 16,7km/h, 3.000kms, bivouac

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