J2 – vendredi 19 juillet – Dublin / Wicklow

La soirée a été courte. J’ai eu droit, comme d’hab’, à la couchette du dessus. Aucun respect pour les anciens ! Par contre, la lumière est restée allumée un moment. Pas évident de s’endormir même avec la tête sous l’oreiller. Par contre, j’avais pensé à prendre mes boules Quiès. Bien m’en a pris vu les ronflements de l’endormeur de service.

Cependant, une fois dans ma couchette, je me suis rendu compte d’un erreur de débutant : je n’ai pas pensé à prendre mes adaptateurs de prise. Donc impossible de recharger mes appareils avec la prise électrique irlandaise. Mais je peux les recharger avec mes batteries autonomes … sauf que je n’ai pas le câble USB correspondant pour mon nouveau téléphone Androïd Google Pixel 5 acheté par le fiston en Malaisie. Qu’est-ce que c’est pénible ces problèmes de téléphonie !!!

Après avoir pris mon p’tit déj’ compris dans le prix, je prends enfin la route et je quitte le Canbe Gardner House Hostel. Il n’est que 7h30 et il n’y pas beaucoup de monde dans les rues. Le ciel est toujours aussi menaçant et les pubs aussi avenants, alors que, en arrière-plan, j’aperçois le stade de football gaélique.

La circulation à vélo est facilitée par un réseau cyclable relativement cohérent et peint en violet ce qui facilite la praticabilité et la continuité. Après quelques kilomètres, je rejoins presque le bord de mer et les docks. J’enjambe alors le fleuve qui va se jeter plus loin dans l’océan et qui coupe la ville en deux.

Mon nouveau traceur me fait emprunter d’agréables chemins qui longent une rivière. Je passe ainsi devant l’Aviva Stadium. Les nuages se déchirent enfin pour faire apparaître un coin de ciel bleu. Enfin … Le soleil ne devrait pas tarder à faire aussi son apparition.

Je traverse ensuite la magnifique et verdoyante université de Dublin (UCD). Je profite de la présence de ce lac pour faire une halte réparation. En effet, ce matin, mon pneu avant était à plat alors que je l’avais fait regonfler chez Décat’ hier après pompage manuel. Je soupçonne une crevaison lente. Une fois la chambre à air démontée, je la trempe dans l’eau pour m’apercevoir que c’est la valve qui fuit légèrement. Je pense qu’elle a pris un pet au casque (en langage rugbystique : une Jaminetterie) lors du chargement un peu brutal. Je la change par une neuve, la regonfle et repars.

Peu de temps après, c’est la batterie de mon téléphone qui se retrouve à plat. Je branche le GPS sur mon iPad pour retrouver le bord de mer. SI je ne trouve pas le matos, je n’aurais qu’à suivre la mer sur ma main gauche. Finalement, je m’arrête dans une supérette TESCO. Il y a un magasin de téléphonie mais qui n’ouvre qu’à 10h. J’ai le temps de prendre un café dans le bar d’à côté pour patienter. Je m’approche. Ça parle français par ici. Une jeune femme toute bronzée converse dans la langue de Molière avec un des barmen. Elle travaille à Dublin et rentre de vacances du Cap d’Agde. Quant au barman, c’est le frangin du proprio. Ils sont franco-irlandais et devinez de quelle ville ? Toulouse ! Et oui, le monde est petit. Je patiente au-delà de 10h avant de trouver mon bonheur : câble et prise.

Je peux repartir l’esprit tranquille. Quelques kms plus loin, je parviens enfin en bord de mer. Dommage une voie de chemin de fer la longe et en interdit l’accès. J’attendrais un peu plus loin pour la découvrir. Et, ce, en empruntant une magnifique piste cyclable qui a été construite en récupérant une voie de circulation. C’est ce qui s’appelle de l’Urbanisme Tactique. C’est ce que j’aimerais mettre en place à Blagnac en créant des sens uniques dans le centre, en récupérant ainsi de la place pour créer de vrais pistes cyclables sécurisées et de vrais trottoirs aux normes. Il y a encore du boulot …

Je reprends donc la piste et poursuis ma route plein sud. La banlieue huppée aux belles maisons à colombage en bord de mer et aux grosses voitures stationnant devant fait place à des paysages plus sauvages. ÇA Y EST … J’Y SUIS !!! La route étroite serpentant le long de mer commence à s’élever. Les premières Hill font leur apparition. Ça grimpe. Quand je redescends sur la côte, je découvre une côte rocheuse ciselé. C’est magnifique. Et puis, dans les petites villes côtières, les habitants se baignent dans les ports à l’abri des vagues. Ils sont fous ces irlandais ! Vu la température extérieure, l’eau doit paraître bonne.

De gros nuages noirs font à nouveau leur apparition. Un crachin breton s’invite à la balade. Je vais longer cette grande baie pour arriver au pied du promontoire au fond dans la brume.

En traversant les stations balnéaires, je découvre à nouveau de superbes devantures de magasin. Celle-ci donne vraiment envie de rentrer à l’intérieur pour faire ses courses. Cela change des supermarchés aux structures moches et impersonnelles.

Après celle de Killiney, je vais grimper une belle côte où je suis obligé de tout mettre à gauche. Je me tire la bourre avec un groupe de cyclistes femmes. On bascule ensuite dans la baie suivante et le village de Bray où je vais m’arrêter pour manger en bord de mer mon premier copieux Fish&Chips. A 14h00, après ce déjeuner et une pause-café, je reprends la route. A nouveau, avec ces nuages, les lumières sont magnifiques. Je retrouve un peu les paysages bretons vus lors de ma première escapade en direction d’Oslo.

Par contre, il me faut contourner le promontoire avant de retrouver la route côtière. Et, comme souvent, ce début d’après-midi est moins sympa. J’emprunte la route côtière qui dessert Greystone. La circulation y est dense et je suis obligé d’emprunter le trottoir dès que je peux. Passé cette ville qui dessert l’autoroute M11, la route se rétrécit encore mais devient beaucoup plus agréable. Je longe de grandes propriétés bordées par des murets ou des haies de fougères odorantes.

Je croise ou me fait doubler par quelques cyclistes solitaires qui m’encouragent dans ces tape-culs qui s’enchaînent. Mais quel bonheur de me retrouver sur ces routes tant désirées. Bientôt la ligne blanche disparaît. La circulation se fait rare. L’autoroute tracée dans l’autre vallée doit happer les autres véhicules. Tant mieux. Peu avant 16h, j’arrive à Wicklow. Je m’y arrête dans un pub typique pour boire une Guinness bien méritée et profiter de la wifi. Dommage ce pub diffuse du golf et de l’équitation alors que j’espérais voir la fin d’étape du Tour de France.

Cela fait la deuxième en 2 jours. Promis. Je ne vais pas publier une Guinness tous les jours. Sinon cela va finir par vous saouler ! Bon, il est 16h30 (comme vu sur la photo des câbles), je vais ranger mes affaires, faire quelques emplettes et me préparer pour mon premier bivouac … si je peux y accéder. J’ai repéré une pointe avec 3 phares mais ils sont enclos et je ne sais pas si je pourrais y rentrer. Et bien non. Il y a une barrière qui m’empêche d’y aller. Par contre, malgré les interdictions, des promeneurs passent sous la barrière. J’apprendrai plus tard par l’un d’eux, que le phare a été transformé en gite. Mais qu’il n’est accessible qu’à pied.

Comme j’en ai pleins les bottes, je décide de planter le bivouac sur un terre-plein entre les fougères et surtout à l’abri du vent qui souffle fort sur cette pointe. C’est la première fois que je monte la tente achetée l’avant-veille de partir. Mon ancienne tente, que j’avais planté au pied des plus grands sommets pyrénéens, a fini à la poubelle à Istanbul. Celle-ci est un peu plus compliquée à monter. Je verrais à l’usage.

Je me pose sur un rocher, d’où j’ai pris cette photo, avec vue imprenable sur l’océan afin de casser la croûte.Pour une première sur le sol irlandais, ce n’est pas trop mal … Je vais finir les frites (froides) de ce midi avec une banane en dessert accompagnée d’une tisane « récupération ». Puis, avant d’aller me coucher, je pars faire une balade digestive autour de cette pointe à travers un champ de bruyères. A vous de deviner où se trouve le chemin ?

Retour dans ma petite sente sarcophage pour une bonne nuit de récup’.

Résumé : 75kms, 5h00, 15km/h, 600D+, variable, bivouac


3 réflexions sur “J2 – vendredi 19 juillet – Dublin / Wicklow

  1. Bonne route Gaël. Voyage inspirant car j’aimerais bien explorer ce (ces) pays ! Quand on est sous les nuages penser à la Guiness du soir est réconfortant…

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  2. Bravo bravo, c’est un besoin pour toi et c’est top !
    Je te souhaite le moins de pluie possible car la tente en Irlande ça peut être toute une aventure humide !
    Have good « craic » and enjoy the beautiful colours of green Ireland when the sun comes out

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