J10 – samedi 27 juillet – Kenmare / Cahersiveen

Après avoir assisté au superbe discours de notre cher Président Macron acclamé par la foule en délire (pour l’anecdote, il nous a fait une Hollande, son maître vénéré, avec cette pluie battante !) puis à la fin de cette longue cérémonie d’ouverture des JO, j’ai rejoins mon lit douillet réservé en bas. Manque de bol, le gars au-dessus de moi et celui d’à côté ont sorti l’artillerie lourde. Malgré mes boules Quiès, j’ai migré, en plein nuit, avec couette et bagage dans le salon du bas. Dehors, il tombait des cordes. J’aurais bien dégusté sous la tente …

J’ai pu alors roupiller tout mon soûl. Comme je n’avais pas d’heure, j’ai attendu que les jeunes bougent. Ce n’est qu’à 8h30 que j’ai émergé. De toute façon, je dois attendre le bon vouloir du mécano. Après avoir salué mes compatriotes, je me rends en ville pour déjeuner végétarien. Pas envie de manger de la charcutaille ce matin.

Puis j’appelle le fiston qui fête aujourd’hui ces 25 piges. Déjà !!! Que le temps passe vite … J’aurais dû être avec lui pour marquer le coup et profiter de ce séjour pour faire un périple à vélo dans le coin. Mais le décès brutal de mon frangin Yves-Marie et la venue surprise du fiston à ses obsèques ont changé mes plans.

A 10h00, je récupère ma roue avec les 2 rayons montés et deux autres offerts au cas où … À 10h30, je reprends la route. Je sors de cette charmante ville et attaque la première bosse de la journée en suivant le fléchage EV1. Après quelques kms, je m’aperçois que j’ai oublié mes 2 rayons dans la garage. On ne sait jamais. Demi-tour et retour à la case départ. J’attaque à nouveau la montée qui va contourner par la droite le mont Derrygariff à 382m d’altitude. Je me fais doubler par une jeunette dans une tenue rose fort seyante. Je garde mon rythme. La journée va être longue.

Une fois, cette mise en jambe terminée et le col franchi, je bifurque à gauche en laissant la route nationale N71 qui va direct à Killarney, chef-lieu du district de même nom, en traversant le National Park. Je longe ensuite le lac de Lough Barfinnihy (j’aime bien ces noms gaëlique) où quelques pêcheurs taquinent la truite. Je m’enfonce alors dans des paysages montagnards alors que le ciel bleu m’accompagne généreusement ce jour.

Après être redescendu quelque peu, je traverse une forêt de pins dont une partie a été couchée par de méchants vents.

Après déjà 2 heures de balade irlandaise, j’attaque le 2è col. Celui-ci grimpe gentiment à 4 ou 5% excepté la partie finale …

… dont le pourcentage est de 9,8% (autant dire 10% les gars !). Là, c’est tout à gauche, debout sur les pédales. Je dois dire que ke 32 dents à l’arrière est le bienvenu. Je traverse le troupeau de brebis sorties de leur parc en espérant qu’une d’elles ne va pas me faire tomber.

Je franchis avec soulagement ce Ballaghbeama Gap. Pas de chute. Pas de rayon cassé. Le test de résistance est bon. Par contre, en me retournant, la pente est effectivement impressionnante. Devant aussi d’ailleurs. J’atteins les 59,8 km/h (presque) dans la partie sommitale de la descente.

Arrivée sur un grand plateau, je croise un marcheur qui emprunte The Kerry Way. Lui suit ses panneaux marrons et moi mes vélos bleus.

Je traverse alors un plateau immense où il n’y pas âme qui vive. Puis il me faut franchir le 3è obstacle de la journée avec, cette fois-ci, un final à 10,6% ! Sur la photo prise en haut de ce col, devinez où est la voiture de Charlie ?

J’attaque une dernière descente avec destination Waterville au fond où on aperçoit l’Atlantique. Après m’être arrêté prendre cette photo et discuter avec un vacancier irlandais et ses enfants, je pars juste devant lui alors qu’il tire une remorque chargée de vélos. Je dévale la pente à presque 60km/h. Je lui mets un sacré vent. Il me doublera plus loin sur le plat en me saluant par des coups de klaxon.

Il me reste encore une quinzaine de kms pour atteindre le bord de mer. J’emprunte une petite route de campagne où je ne vais croiser personne. Je n’ai toujours pas déjeuner depuis ce matin. Et, hormis un café en haut du 1er col, je n’ai croisé que brebis, béliers, moutons, veaux, vaches, cochons (heu non) et quelques fermiers. Je me pose dans un charmant endroit avec vue sur mer où je commande le plat du jour : tartine de saumon et gambas. C’est délicieux. Le meilleur plat à ce jour. Ce plat est cuisiné avec des morceaux de poivrons et d’aubergines et accompagné d’une belle salade. Je termine par un café et un scone (petit pain peu sucré avec des raisins).

Il est presque 16h30. Je quitte ce joli village au fond de la baie et reprends ma route en suivant la côte et remontant vers le nord. Je pense rouler encore une petite heure avant de me poser. Pour info, ce village de Waterville est jumelé avec le village français de EauTown. Ce village français, situé à équidistance entre les communes de Létais et Liver, a la particularité de n’avoir qu’un feuillage jaune sur tous les arbres de cette commune.

Plutôt que de suivre l’EV1 et de longer la petite pointe, je décide de couper et de rejoindre en direct Cahersiveen. Mauvaise pioche ! J’empreinte la N70 et ça circule pas mal. Je n’ai pas bien intuité sur ce coup-là. Quoique … À part les sauvages collines dont l’Homme a remodelé les formes, je n’ai plus grand chose à admirer.

J’arrive enfin à Cahersiveen que je traverse à ville allure. La route est vraiment défoncée. Je passe devant un magasin de cycle sur ma gauche. Les rayons ont fait le job. Terminée la bricole. Je poursuis ma route mais je me prends un mauvais nid-de-poule. J’entends un grand clac à l’arrière. Un rayon vient à nouveau de péter ! C’est pas vrai !!! Demi-tour pour me rendre au magasin de vélo (qui vend aussi de l’électro-ménager !).

Le jeune qui tient la boutique allait fermer. Je lui explique mon problème et me dis qu’il faut que je revienne demain matin dimanche vers 10h30. Pfff … Je lui demande si, par hasard, il n’aurait pas une roue en 700, double-paroi pour K7 10 vitesses. Il part regarder dans son stock. Il en a une. YES ! Il me propose même de me la monter quitte à faire un peu de rab. Je repars avec une roue neuve … mais avec les vitesses mal réglées. Sur le pied à vide, ça allait. Mais, avec les sacoches, ce n’est pas parfait. Je verrais cela demain.Après m’être arrêté faire quelques courses, dont une Guinness bien fraîche et bien méritée, je taille à nouveau la route pour me rendre à l’endroit que j’ai repéré. Ces derniers kms sont interminables. Après une grande descente, j’arrive enfin à destination. Il y a bien un emplacement mais je dois acquitter 10€ (en espèces évidemment) pour pouvoir planter ma tente devant les mobil-homes et le front de mer. Je vais me laver dans les toilettes municipales avant de m’installer au-dessus de la plage de sable fin en admirant le coucher de soleil.

Encore une magnifique journée qui avait très bien commencé et qui se termine très bien également malgré ce nouvel intermède spoke.

Résumé : 102kms, 6h05, 16,8km/h, 1.0780D+, beau temps, bivouac


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