J21 – mercredi 7 août – Gob an Choire / Barnatra

Comme depuis pas mal de matins, c’est à nouveau la pluie qui me réveille alors qu’elle est aussi bien tombée cette nuit. J’attends que ça se calme avant de plier mes gaules. Je profite de ces quelques rayons de soleil pour déjeuner rapidos. Le ciel est à nouveau menaçant. Les nuages accrochent ces petites montagnes et ouvrent les vannes.

Autant dire que ma séance de Qi Gong est reportée. Une fois que tout est plié, je m’apprête à repartir après avoir enfilé tee-shirt, veste d’hiver et veste de pluie sans oublié mes jambières (il doit faire autour de 10°c). Mais, un méchant grain éclate. J’ai juste le temps de m’abriter sous un arbre et de le laisser passer. Peu avant 8h00, je remonte la voie cyclable empruntée hier mais vent dans le dos cette fois-ci. Je sors de l’île en passant de mon stade de hurling.

Comme devant toutes les maisons, les pelouses sont superbes. Il n’y a pas que les anglais qui peuvent se vanter d’avoir de beaux gazons. D’ailleurs, ces pelouses de sport feraient le bonheur de beaucoup de clubs nationaux français. Je longe à nouveau ces tourbières sous un ciel noir mais avec quelques trouées bleues. Je me demande comment est venue l’idée à nos ancêtres de creuser la terre pour se chauffer ?

Je continue à rouler entre 2 averses sur ma Greenway avec ces passages canadiens à franchir que j’évoquais hier.

Peu après 9h00, je rejoins Mulranny. Cette fois-ci, je bifurque à gauche sur la N59 pour quelques kilomètres en remontant plein nord, vent de 3/4 dans le dos. Puis l’itinéraire EV1 m’emmène à l’ouest dans la pampa. J’évite ainsi la ville de Ballycroy (et mon café matinal) du comté de Mayo dans le Connacht. Je fais un crochet pour aller voir l’abbaye et le Doona Castle (château complètement en ruine).

Au loin, j’aperçois l’impressionnant massif de Slievemore (671m) qui s’élève à la pointe nord de Achill Island. Puis il me faut à nouveau rejoindre la N59 afin de traverser l’Owenmore River au bout de ce nouvel estuaire. Ça redevient à nouveau dangereux de circuler sur cette nationale limitée à 100km/h où il n’y a pas beaucoup de place pour les vélos. C’est le moins qu’on puisse dire.

Heureusement que les Irlandais sont respectueux des distances de sécurité (excepté quelques véhicules immatriculés D pour Dublin). Je traverse à présent le Wild Nephin National Park. Ce sont de longues lignes droites à travers un paysage relativement plat de landes et de forêts de pins. Vraiment sans aucun intérêt. J’essaie d’apercevoir des animaux sauvages mais, à part un lièvre ce matin, je n’en vois pas beaucoup.

Peu avant midi, j’arrive enfin dans le village de Bango Erris où je me pose pour prendre un Full Irish Breakfast dans un café nommé Sizzlers. Les jeunes serveuses sont charmantes et souriantes. A la table d’à côté, deux hommes âgés, en train de déjeuner également, échangent en gaëlique. Bien sûr, je n’y entrave queue de chique. A 12h30, je reprends la route. Le ciel se couvre à nouveau.

Ensuite, je reprends des petites routes dans la cambrousse pour éviter la route régionale. Par contre, je me dirige plein ouest en suivant la rivière Owenmore. Et qu’est-ce qui passe qu’on se dirige vers l’océan ? Ben oui, on se prend le vent plein fer. Je vais mettre une bonne heure pour attendre la côte. J’avance péniblement à 10km/h courbé sur HakaOne. Et au milieu coule la rivière … Si vous n’avez pas vu ce film de et avec Robert Redford, je vous le conseille vivement (sur grand écran).

Peu avant 14h, je retrouve le bord de mer et de grandes plages de sable fin. Cependant, vu le vent qui souffle fort, il n’y a personne. A part, une jeune femme cyclotouriste que je croise alors qu’elle descend à vive allure une pente, vent dans le dos. On se salue. Au loin, j’aperçois encore les 2 sommets de Achill Island alors que les herbes sont bien couchées par Eole . Bientôt, je les laisserai à jamais derrière moi.

Je me dirige ensuite vers le village de Béal an Mhuirthead (Belmullet). Ce village est classé dans les Tiny Town. J’ y arrive par de nombreux lotissements aux maisons identiques. Puis je passe par la jetée et sa piscine d’eau de mer. Cela me rappelle celle de St-Malo. Il y a un demi-siècle, nous habitions là-bas et il n’y avait qu’une piscine d’eau de mer. Sinon il fallait se rendre à celle de Dinard. Nous y allions une fois par semaine avec la maman d’un copain dans une Daf. Souvenir, souvenir …Les nuages s’accumulent à nouveau au loin sur Achill Island alors qu,’ici il fait grand beau.

Je fais le tour de cette petite ville coincée entre la Broadhaven Bay à l’ouest et la Blacksod Bay à l’est. A part cette situation et ces grandes rues commerçantes avec quelques vieilles anciennes et maisons peintes, je ne trouve pas ça incroyable. J’en profite quand même pour faire des emplettes. Je ne suis pas sûr de traverser d’autres villages.

En effet, vu les belles conditions météo et le vent dans le dos, je décide de poursuivre ma route pour remonter au nord sur la côte. Avant d’attaquer la traversée d’une vingtaine de bornes de cette nouvelle péninsule, je trouve un improbable pub en bordure de route. Je m’y arrête pour ma Guinness Time. Il n’y a qu’un client. Cela sent le renfermé. Et le tenancier n’accepte que le cash. Mais par contre, il a la wifi ! J’en profite pour rédiger ces lignes avant de reprendre la route.

Mais, avant cela, je reviens sur mes comtés (county) et provinces irlandaises. Les comtés dépendent d’une ville principale qui donne souvent son nom à ce comté (comté de Cork, Dublin, Galway, …). Ces comtés sont qualifiés par une ou deux lettres que l’on retrouve sur les plaques d’immatriculation des véhicules (chiffres, lettres, chiffres). Par ex, C correspond au comté de Cork, D pour Dublin, G pour Galway, MO pour Mayo, …).

Alors que je discutais avec ma fille au téléphone, la patronne me propose de dormir dans leur champ. C’est cool mais j’aimerais essayer de trouver un bivouac en bord de mer. Bon allez, 17h viennent de sonner. Je reprends la route R314 pour couper la pointe. Mais une bifurcation à gauche qu’emprunte l’EV1 me fait cogiter. Je consulte ma carte. Allez zou. Je tente le coup. Je grimpe une petite route qui longe la côte. J’essaie un premier chemin à gauche : fermé par une barrière. Je continue et, un peu plus loin, une barrière en bord de route n’a pas de cadenas. Je m’arrête, jette un œil dans le champ en contrebas, repère un replat en bord de falaise. Parfait ! Je descends mon barda pour planter ce superbe bivouac.

A gauche, j’aperçois la pointe de la péninsule de Belmullet « cette jolie petite ville ».

A droite, c’est celle de Cill Ghallagáin où je vais passer demain.

Une fois le bivouac installé, je fais ma séance de Qi Gong dans ce cadre extraordinaire. Puis il est temps de casser la croûte. Après cette journée qui n’avait pas très bien commencée, malgré un incroyable lever de soleil, elle se termine en apothéose avec ce coucher de soleil que j’admire depuis ma tente.

Encore un beau parcours avec du dénivelé qui diminue …

Résumé : 104kms, 6h03, 17,2km/h, 529D+, pluie / beau temps, bivouac


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