Alors que je dors du sommeil du juste, nu comme un bébé, dans mon duvet, je suis réveillé par un froid intense. Je regarde mon téléphone : 23h57. J’enfile mon tee-shirt à manche longue et retourne dans les bras de Morphée. Puis mon sommeil est à nouveau interrompu, malgré mes boules Quiès, par des coups de fusil ! J’essaie de me rendormir. Mais ma nuit va être hachée par le froid intense qui me gèle les jambes et les pieds. Trop la flegme de me lever pour sortir mon collant long de course à pieds. Je verrai cela pour la nuit prochaine. J’émerge à 6h45 avec le soleil levant. Je suis gelé. Je plie rapidos le campement, ingurgite une barre de céréales, quitte ce joli lac pour retrouver le soleil et me réchauffer la couenne.

Je retrouve ma route, traverse le village endormi de Sinekli et file vers Edirne. Je prends à nouveau une route de traverse où de gros camions citernes font de même. J’arrive dans le ville de Beyciler. En ce dimanche matin, c’est jour de marché.

J’en fais le tour avant de trouver une boulangerie ou j’achète quelques pains ronds, du fromage et du jambon.

Puis je trouve un café-patisserie où je peux déjeuner d’un çay et d’un chausson, non pas à la crème comme j’avais cru comprendre, mais à la viande ! Je prendrai ensuite un éclair au chocolat pour finir sur un goût de sucré.

Je reprends ma petite route de campagne. En bord de route, j’aperçois des cigognes. Mais le temps que je m’arrête pour les prendre en photo qu’elles prennent peur et s’envolent à tire d’aile. Dommage que les chiens errants ne réagissent pas de la même façon. Je continue mon chemin vers la grande ville de Çerkezkoy que j’aperçois au loin avec ses grandes tours de béton. Je trouve enfin un café où je peux me connecter à la wifi. Et deux nouveaux çay pendant que je mets à jour mes cartes et mes écrits. Il est 10h30. Je reprends la route toujours sous un ciel bleu splendide. Je roule à travers un grand plateau avec des champs cultivés à perte de vue.

J’en profite justement pour mettre la grosse plaque. Avec le vent de 3/4 dos, j’ai enfin l’impression d’avancer. De temps en temps je traverse des villages ruraux. Dans la plupart, il y a un café, un magasin et une mosquée évidemment.

Vers 12h30, je traverse celui de Göçerler. Je repère une terrasse avec des hommes attablés. Je m’y arrête et demande, par geste, si je peux manger. Apparemment non vu qu’il n’y a pas de cuisine mais uniquement un coin pour faire chauffer le çay. Un des clients se lève et m’emmène à son magasin à côté. Je choisis mon pain et il me prépare un toast dans une salle attenante. Je m’installe pour dévorer ce gros sandwich fromage/saucisson.

Puis le patron s’installe devant moi et casse la croûte en nourrissant son chat plutôt éflanqué. C’est plutôt insolite comme déjeuner. Par contre, je ne croise aucune femme. Elles doivent être aux champs à bosser sous le cagnard ou aux fourneaux pour nourrir ces messieurs. Dans le coin, il y a du boulot pour les féministes. A 13h00, heure de la prière, je repars. C’est incroyable la différence de température par rapport à ce matin. Cela me rappelle mon trek au Maroc.

En traversant le village suivant, je m’arrête faire un siestou. Il fait vraiment chaud et le casse-croûte me reste sur l’estomac. Pendant ce temps-là, le paysan au tracteur bleu part au champ.

Et c’est reparti pour cette longue route monotone et ensoleillée. Un rien attire mon œil. Ici, c’est un paysan au milieu de son champ de blé. Je ne sais pas trop ce qu’il fabrique.

Heureusement, je trouve un peu de fraicheur dans un cimetière où je m’arrête pour faire le plein d’eau. J’adore la sérénité de ces cimetières musulmans.

Je reprends ma route après avoir branché mes écouteurs. Je me demande où je vais bien pouvoir camper ce soir au milieu de tous ces champs. Il n’y a ni lac, ni forêt à l’horizon. Alors que l’heure avance et que je me dirige vers la ville de Lüleburgaz, j’aperçois deux cyclotouristes au loin. Je reviens sur eux. Il s’agit d’un couple suisse alemanique Andreas et Nicole qui ont trouvé un hébergement en ville du nom de Cyclist Academy. Je demande si je peux les accompagner. Ils acquiescent. Il s’agit d’un endroit incroyable géré par la municipalité. Il y a une piste d’apprentissage de vélo

Et un atelier participatif avec également deux chambrées de 4 lits mises à disposition des voyageurs itinérants. J’ai du bol vu qu’il ne restait plus qu’un seul lit. Les autres sont occupés par un couple de chiliens, un d’allemands et un espagnol solo.

Par contre, alors que je veux réserver une chambre à Edirne pour demain soir, je rencontre un gros souci de CB. Cette fois-ci, je n’ai pris que ma carte Revolut pour payer sans frais à l’étranger. Mais il semblerait que je doive payer avec des livres turques et pas des euros. Pour une journée, je n’ai pas envie de changer mes devises avec, cette fois-ci, des frais. Heureusement, Pascal me dépanne à nouveau en me fournissant les coordonnées de ma carte Fortuneo avec laquelle cela fonctionne correctement. Va comprendre Charles !
Résumé :

100kms, 5h34, 18km/h, 825D+, beau temps, auberge de jeunesse