J3 – lundi 5 mai 2025 – Lüleburgaz / Edirne

Après une soirée fort sympathique en compagnie des couples suisses et chiliens en échangeant en anglais, espagnol et français, nous avons regagné notre chambrée. Ce matin, je me réveille aux aurores et laisse mes 2 couples encore endormis. Je me prépare et suis rejoins par la jeune allemande (dont j’ai oublié le prénom) pour déjeuner. Hier, elle s’est tapée, en mode gravel, les 140kms en suivant la grande route E80 depuis la Bulgarie pour rejoindre cet hébergement. Je vais éviter cet itinéraire. Vers 7h30, je la quitte ainsi que ce superbe endroit dédié aux vélos et aux cyclistes. Pour me mettre en jambe, j’attaque par un sacré raidard pour sortir de la ville.

Je me retrouve sur de petites routes vallonnées à travers la campagne turque. Contrairement à l’E80, la circulation y est très calme. Au loin, j’aperçois une centrale qui doit alimenter toute la région.

De l’autre côté de la route, c’est un berger qui mène son troupeau de brebis à travers de grands pâturages. Contrairement à l’Irlande (cf blog ET2024), ici, rien n’est clôturé. Les vaches et les moutons paissent en liberté mais toujours surveillés. Cependant, des parcelles en bord de route qui doivent servir de résidence secondaire (enfin je suppose) sur lesquelles est installé soit un barnum, une caravane, un mobil-home ou un tiny-house sont entièrement clôturées.

Revenons à nos moutons. J’enchaîne donc de fortes montées et grosses descentes en passant au nord de la vallée avec son axe principal. En empruntant cette route au revêtement sablonneux, j’ai l’impression de me retrouver sur les Strade Bianche de la Toscane. Et, en haut de cette bosse, quel sera le paysage qui s’offrira à moi ?

En milieu de matinée, je m’arrête dans un haras au milieu de nulle part avant de descendre dans la bourgade d’Hazinedar. Devant sont garées de belles cylindrées. Il faut dire que les prix sont un peu plus élevés que dans mes petits cafés villageois. Mais je me fais plaisir avec un délicieux gâteau chocolaté à la pistache et un americano. Cela faisait longtemps. Le patron m’offre le çay avant que je ne reparte.

J’adore ces moments hors du temps et ces pauses café. Les copains du Stade Toulousain Cyclisme et du Vélo Club Blagnac en savent quelque chose. A chaque fois, je les tanne pour nous arrêter dans un café en milieu de matinée. Contrairement à ici, cafés et commerces se font de plus en plus rares dans nos campagnes, sans parler des services publics, des toubibs et du reste. Et après, on s’étonne du mouvement des Gilets Jaunes !

Je continue mes pérégrinations à travers cette charmante campagne vallonnée où je ne croise que très peu de véhicules. Puis, peu avant 11h00, je fais une nouvelle pause dans le village de Demirkapi. Une grande terrasse ombragée en plein centre du village m’invite à me reposer et à me déshydrater. Comme dans le désert marocain, la pause thé sucrée est indispensable !

Les tables sont toutes occupées. Mais 4 hommes m’invitent à m’installer avec eux. S’engage alors une conversation avec la langue des signes. Toutes les tables participent au déchiffrage pour savoir d’ou je viens, où je vais, quel est mon âge, … Je comprends que les 2 personnes sur ma gauche ont le même âge que moi. Ils sont épatés de me voir pédaler comme un dératé ! Chacun veut m’offrir un çay. Au bout de 3, je dois partir. Le jeune patron lui m’offre une bouteille d’eau fraiche. J’adore ces moments de partage et cette hospitalité turque. Mais il me faut repartir.

Je finis par rejoindre la fameuse route E80. Je n’ai d’autres possibilités que de la suivre pendant quelques kms avant d’arriver à Havsa où je fais une pause déjeuner puis de repartir plein nord dans la pampa.

De 14h00 à 16h30, je vais à nouveau enchaîner montées et descentes avec un mauvais vent de 3/4 face. Je n’en vois pas le bout. A chaque haut de colline, je pense voir Edirne. Mais non. Finalement, la délivrance arrive. J’oubliais une anecdote. Vers 15h, je me suis arrêté dans le village de Habiller (en français dans le texte) pour y prendre un çay (à nouveau offert par le patron !). A une table à l’intérieur, 3 hommes assis autour d’un 4ème à l’air de Professeur Tournesol devant son ordinateur. Celui-ci faisait passer une visite médicale à ses 3 patients : prise de poids (avec chaussures !) sur une balance, prise de la tension, prise du tour de taille (avec un mètre de couturière). Hallucinant !

Je n’ai plus qu’à me laisser guider par mon GPS pour arriver devant mon hôtel Limon Pansiyon réservé sur Agoda grâce à l’installation de l’appli Airalo (carte eSim virtuelle dont la 1ère journée est gratuite) ce matin au p’tit déj’ avec la complicité de ma jeune allemande.

Après avoir récupéré ma chambre et m’être douché et changé, je pars explorer le centre historique d’Edirne et ses superbes mosquées.

Selimiye Camii
Eski Cami
Serefeli Camii

Alors que la nuit commence à tomber, je rentre dans mes pénates et déguste ma première bière turque. Je suis complètement abruti par toute cette foule qui se presse dans les vieilles rues piétonnes et toute cette circulation bruyante dans les artères principales de cette belle ville.

Encore une journée bien remplie ! Demain, je vais remonter vers le nord-est à travers la Bulgarie en direction de la Mer Noire. Finalement, après discussion avec moi-même, je vais zapper la remontée vers le Danube par l’ouest.

Résumé :

110kms, 6h20, 17,4km/h, 1.318D+, beau temps, hôtel


Une réflexion sur “J3 – lundi 5 mai 2025 – Lüleburgaz / Edirne

Laisser un commentaire