J4 – mardi 6 mai 2025 – Edirne / Lalkovo (BG)

La nuit a été calme, seulement perturbée par le ronflement d’un polonais que je n’ai même pas entendu rentrer. Heureusement, j’ai mes boules Quiès. Je me réveille en même temps que le jeune autrichien de Vienne. Il est arrivé hier en train avec 12 h de retard. Cela me rassure. Il n’y a pas que la SNCF qui merdouille. Et il repart ce matin à 9h à Istanbul. De mon côté, je me prépare en déjeunant d’une pâtisserie orientale achetée hier. A ce sujet, en me baladant, je me suis goinfré de fruits (fraises à 1€ le kg, abricots, cerises). Puis je file vers le premier pont d’Edirne, qui enjambe le Tunca, que je n’ai pas voir hier soir.

Le second de même construction, un peu plus loin, enjambe la rivière Meriç. Sur cette rivière, un magnifique bassin d’aviron a été construit avec tribune des 2 côtés. Puis je remonte à travers la vieille ville pour admirer les monuments ratés lors de ma balade.

Je quitte Edirne en suivant l’Eurovélo13. Il n’y a aucun panneau. Seul mon tracé me permet de la repérer. Après être sorti de la cuvette, je traverse une immense plaine marécageuse puis céréalière. La route est plate. J’avance bon train. Au loin, de nouvelles collines m’attendent. Elles doivent marquer la frontière avec la Bulgarie.

Par contre, je ne traverse aucun village. Quelques-uns se trouvent à 1 ou 2 kms de cette belle route très peu empruntée. Je fais un détour dans l’un d’eux mais pas de café. Je ne croise que quelques tracteurs ou voitures descendant à la ville. Dans les collines, je finis enfin par traverser le village de Donbay. Pas de café non plus. Mais un comité d’accueil à la sortie. Les mâles dominants de deux bandes de chiens errants se chicanent. J’attends la fin des hostilités pour continuer ma route.

Un peu plus haut, alors qu’une voiture vient de passer, c’est une tortue terrestre qui interrompt ma progression. Je m’arrête pour la faire traverser avant qu’elle ne se fasse écrabouillée.

Je me rapproche tranquillement de la frontière. Arrivé sur un plateau à l’embranchement de deux petites routes, une troupe d’une dizaine de soldats fait le guet. L’un d’eux m’arrête et me demande mon passeport. Après l’avoir contrôlé et appelé un supérieur, il me le rend. Ils ne me paraissent pas hostiles. Je comprends qu’ils surveillent l’entrée de « commandos » ?!? Quelques-uns roupillent alors que d’autres viennent se taper le portrait avec moi au milieu. Par contre, je n’ai pas l’autorisation de les prendre en photo. Avant de repartir, le plus sympa de la troupe aux lunettes de soleil à l’américaine m’offre une barre chocolatée bienvenue. Peu de temps après, j’aperçois en contrebas la frontière.

Avant d’y descendre, je fais un crochet par le village d’Hamzabeyli. J’y bois mes deux derniers çay avant de quitter la Turquie. En descendant vers la frontière, je m’arrête dans un magasin duty-free afin d’y claquer mes 220TL restantes (environ 5,50€). Je repars avec des fruits, 5 barres de céréales, une tablette de chocolat et un Ice-tea bien frais ! En 3 jours et demi, je n’ai dépensé que 50€ (hors hôtel) en frais de bouche et café.

J’arrive à la frontière avec, toujours, cette petite pointe d’angoisse. L’accueil bulgare n’est pas des plus transcendants. Il y a même un douanier pointilleux qui me demande d’ouvrir mes sacoches. Quant aux conducteurs de poids lourds, ils en ont pour un certain temps vu la file de camions, turques, bulgares, roumains et ukrainiens qui patientent dans les deux sens. Après à peine 50kms en Turquie, à 11h30, j’entre en Bulgarie, zone européenne.

 La première partie, je roule sur une 2 voies à la chaussée défoncée par endroits. Faut que je fasse gaffe avec ce va-et-vient de camions. Ensuite, le bitume a été refait à neuf (mais pas encore marqué) et je me régale avec vent dans le dos. En une petite heure, j’arrive dans la ville de Elhovo.

Je suis obligé de monter plein nord jusqu’à cette ville avant de redescendre au sud en suivant un axe tracé vélo (TC ???). Mais je ne peux pas couper à travers champs. Une rivière sans pont empêche ce raccourci. Arrivé dans cette grosse bourgade, je m’arrête en plein centre dans un endroit nommé Club Top. Je commande un poulet frit vu que c’est un des rares plats traduit en anglais. La serveuse m’amène le plat : une escalope de poulet seule dans son assiette avec une tranche de citron mais sans accompagnement. Je demande alors des frites. Évidemment, ce sont des allumettes congelées. Avec une bière quand même ! Bon, cela ne restera pas dans les annales de la gastronomie bulgare …

Au moment de payer, je me rends compte que l’addition est en Lire Bulgare (BGN) et non pas en Euro. Heureusement, je peux payer avec ma CB. J’avais zappé cette info. En regardant de plus près, je me rends compte que tous les pays de l’est (excepté la Slovaquie) ne sont pas en zone euro. Je me dirige vers le DAB le plus prêt mais ma carte Revolut est refusée. De plus, les rares banques ou Western Union trouvées sont fermées. Me voilà bien sans liquidité ! D’ailleurs, j’ai voulu m’offrir une glace en sortant du restau et j’ai essayé de payer en euro pour voir. Pas possible. La jeune et gentille glacière m’en a fait cadeau. Sympa. Je reprends ma piste TC dont je trouve des panneaux signalétiques.

Par contre, le peu de villages traversés sont fantomatiques. Beaucoup de manufactures sont à l’abandon ainsi que de nombreuses maisons. C’est assez lugubre comme ambiance. De plus, la magnifique route empruntée à travers une campagne boisée et vallonnée est pratiquement déserte. Je ne croise que quelques voitures jusqu’au terme de cette journée. J’arrive enfin dans le village de Lalkovo. Aucun commerce. Personne. Maisons à l’abandon. Et je n’ai pratiquement plus d’eau pour mon bivouac. Heureusement, j’aperçois un vieil homme qui sort de sa maison. Je peux remplir mes 3 gourdes au robinet de son évier extérieur.

Je sors du village où se dresse une petite église blanche. Mais les maisons aux alentours semblent à l’abandon pour la plupart. Je monte la bosse avant de m’enfoncer dans la forêt pour y trouver un endroit calme où monter mon bivouac.

Le ciel se couvre et devient menaçant. Je plante ma tente sous un chêne majestueux. Juste à côté, j’ai repéré une belle pierre où poser mon auguste fessier. Je n’ai plus qu’à dévorer le peu de pitance achetée ce midi (fruits, chocolat et barres de céréales). Si tout va bien, je devrais trouver un Décathlon à Burgas, où je devrais être après demain, pour acheter cette foutue cartouche de gaz et trouver une banque pour retirer des pépettes bulgares.

Résumé :

101kms, 5h50, 17,3km/h, 1.130D+, beau temps, bivouac


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