Réveillé à nouveau aux aurores. Après avoir plié les gaules et déjeuné sur l’herbe (thé/pain/miel … Le frigo est vide !), je sors de ma forêt peu après 7h du mat’. Après 1km de piste et 3kms de route, je rejoins le village. Puis je reprends ma route en direction de Tokaj (prononcé Tokoï). Mais, en cette belle journée printanière, les contrariétés débutent.

En effet, au lieu de tourner à gauche, je file sur la piste cyclable qui m’emmène au village suivant de Timar ! Je ne sais où mon esprit était parti … Tant pis. Pourtant, c’était évident avec la colline sur ma gauche. Demi-tour et arrivée à Tokaj, village connu pour ses fameux vins. En arrivant, pas évident de repérer les vignes. Un panneau me montre qu’elles sont plutôt sur la colline. Je me dirige ensuite vers l’embarcadère pour aller voir le château sur l’île en face : fermé … Tant pis.

Je me dis qu’un bon café me ferait du bien. Je me dirige donc vers le centrum. Mais il est impossible d’y accéder vu les travaux de piétonisation en cours. Tant pis. J’en trouve finalement un qui fait également pâtisserie. L’accueil est glacial. Tant pis. J’aurais bien aimé également déguster ce fameux vin mais, il est un peu tôt, et les Vinoteka sont fermées. Tant pis. Après ce café glacé accompagné d’un gâteau pas terrible, je retrouve ma belle piste cyclable avec son air de repos, sa station de gonflage, son robinet d’eau fraiche. Mais en carafe … Tant pis.

Ce village, ces vignobles, cette piste cyclable longeant ce bord de grande rivière me rappellent mes terres natales angevines et mes terres d’adoption tourangelles avec leurs magnifiques bords de Loire, fleuve le plus beau du monde évidemment. Sur ces collines, le paysage devient beaucoup moins monotone que les longues lignes droites bordées de cultures céréalières. Je passe enfin devant des vignobles. Tant mieux.

A 10h30, je traverse le village de Bekecs après avoir traversé la ville de Szerencs. Dans cette ville, comme dans beaucoup d’endroits traversés depuis mon arrivée en pays magyar, je suis surpris par la forte population d’origine rom. Je m’arrête dans un bar enfumé où trône une belle collection de vieux postes de radio.

Il est 11h. Je reprends ma route, toujours sous le cagnard, en direction du village d’Eger à une centaine de kms à l’ouest. Pour éviter d’emprunter la route nationale 37 (2*2 voies), ma trace me renvoie dans la pampa. Je circule sur une petite route, vent dans le nez, soleil dans le pif, moral dans les chaussettes avant de revenir le long de cette RN, traverser ce merdier et repartir plein ouest dans la pampa. Évidemment, je me prends pattes chaudes. Tant pis. Pas trop envie de me viander au milieu de ce cloaque.

Je retrouve une petite route rectiligne et vallonnée à travers ces immenses plaines céréalières. De ce côté, un joli camaïeu de vert pour des blés plus ou moins mûrs. Vers 13h, alors que j’en ai pleins les bottes entre la chaleur, le vent dans le pif et les paysages monotones, j’arrive enfin dans le village de Gesztely (au Scrabble, celui-ci rapporte cher … j’en profite pour passer le coucou à Flo ma belle-soeur ampusienne et sa cop’s Valérie).

Après hésitation, départ/retour, je m’installe finalement chez Etterem, une pizzeria qui fait aussi des plats. Sinon, il fallait que je file jusqu’à Mizkolc (pas mal non plus au Scrabble) mais, franchement, je suis cuit dans tous les sens du terme. La première chose que je fais en rentrant dans un café ou un restau, c’est de chercher une table avec une prise à côté. Cela me permet de recharger téléphone et tablette sans trop taper dans mes deux batteries autonomes chargées par mon panneau solaire. Cela paraît futile quand on a de l’eau et de l’électricité à porter de main, mais je vous assure que cela devient vraiment important en road-trip à vélo. D’ailleurs, je vous salue bien.

En parlant d’eau, ce qui est super depuis que je suis entré en Hongrie, ce sont ces pompes à eau de couleur bleu. Il y en a dans tous les villages et cela me permet d’avoir de l’eau fraiche. Sinon, au bout de 30′, elle est déjà chaude. Quant au restau, il ne restera pas dans mes annales gastronomiques. Par contre, les serveuses étaient très agréables. Ce qui n’est pas le cas de mon milieu d’après-midi. J’arrive en effet dans la grande ville de Miskolc qui compte presque 150.000 habitants. De plus, c’est un noeud routier et ferroviaire. Autant dire que c’est le bordel !

Je suis scrupuleusement ma trace qui me fait passer, comme souvent dans toutes les métropoles européennes, par une zone industrielle, puis une zone commerciale (avec un Décathlon), puis une zone populaire avec HLM, puis une zone urbaine, puis une zone ferroviaire (je m’y arrête pour y faire mes emplettes dans un magasin COOP où je me fais engueuler par une des caissières vu que je n’ai pas pris de panier), puis une zone urbaine, puis une zone résidentielle en bordure de forêt, puis une zone populaire en sortie et une zone pavillonnaire pour finir. Je n’en vois pas le bout.

L’heure avance méchamment. Je voudrais atteindre l’orée du Bükki Nemzeti Park. Finalement, j’arrive à prendre une piste forestière en sortie de la dernière zone. Je monte tout à gauche (26*32) jusqu’à trouver enfin une clairière au croisement de plusieurs pistes. Il est 18h. Je peux enfin me poser ! Au menu, ce soir, mon chef m’a préparé une salade de tomates, fromage brebis (en tube !), mayonnaise citron (en tube aussi). Puis yaourt cerise accompagné de petits biscuits chocolatés.
Quelle journée mes aïeux !
Résumé :

102kms, 6h17, 16,2km/h, 526D+ 335D-, beau temps, bivouac