J16 – vendredi 26 juin 2026 – Rovaniemi / Sodankylä

Et bien la soirée a été à nouveau animée dans les laavu ! Après le départ des grands-parents et de leur petite-fille, ce sont 5 jeunes qui sont arrivés sous des trombes d’eau et qui ont pris place dans le laavu de gauche. Puis un jeune couple, un grand gaillard d’une vingtaine d’années volubile et sa compagne blonde beaucoup plus réservée, est venu me tenir compagnie. Comme d’habitude, nous échangeons en anglais.

Alors que je fais réchauffer le reste de mon copieux plat de ce midi, je me rends compte que ma bombonne de gaz commence à donner des signes de fatigue. Je leur demande où je pourrais en acheter sur Rovaniemi avant de reprendre la route. Il m’indique le magasin Prisma. Mais, à la fin de leur repas, le jeune me propose de me vendre celle qu’il avait en réserve dans son sac à dos. J’accepte. Cela m’évitera de poireauter demain matin. Je lui demande aussi la marque de son anti-moustique (BushMan), le mien n’étant guère efficace.

Une fois les dîners terminés et la pluie interrompue, les deux laavu se vident de leurs occupants. Je reste seul dans ce superbe endroit. Je profite du brasero pour bouquiner au chaud et devant le spectacle de Dame Nature.

Ce matin, j’émerge peu avant 7h du mat’. Le temps de plier les gaules, de déjeuner, de retrouver HakaOne, après 800m de marche avec mes 2 sacoches et ma tente en bandoulière, de recharger mon fidèle compagnon, de sortir du mauvais sentier caillouteux, de descendre les 1.500m de piste forestière, de refaire les 4ms pour rejoindre la sortie de Rovianemi, il est 8h30 lorsque j’attaque ma remontée vers le nord en empruntant un réseau cyclable fléché « Artic Circle« .

Après avoir franchi une belle bosse tout à gauche pour me mettre en jambe puis parcouru quelques kms, j’arrive au fameux village du Père Noël. A l’entrée de ce grand complexe touristique, un parking est rempli de camping-cars de toute nationalité. J’en repère deux français (59 et 82). Sur la gauche se trouve le panneau indiquant le « Cercle polaire arctique« . Je demande en anglais à une dame de m’immortaliser devant. 

A son accent, je comprends de suite que j’ai affaire à une française. Effectivement, c’est le 59 qui gagne. Ils sont de Lille. Son mari est à une cinquantaine de mètres devant mais ne se joint pas à notre conversation. Elle m’explique qu’ils sont partis de Lille , parcourus le nord, puis passés par la Norvège avant de redescendre par la Finlande. Ils arrivent du Cap Nord où il faisait 7°C !

On se quitte en se souhaitant bonne route. J’ai bien sûr une grosse pensée pour mon frangin Yves-Marie décédé dans sa 63è année cela fera 2 ans dans 2 jours, pour ma tante Claudie décédée en 2016 à l’âge de 66 ans, et pour oncle et parrain Dédé toujours bon pied, bon œil depuis sa villégiature thaïlandaise. Et oui, cela fera 52 ans que nous sommes montés, tous les quatre, au Cap Nord en Dyane Citroën! J’avais 13 ans à l’époque. Nous avions aussi immortalisé notre passage du Cercle polaire arctique en Suède. Il faut que je retrouve cette photo.

C’est évidemment Dédé et Claudie qui m’avaient transmis ce goût du voyage itinérant. L’année précédente, nous étions allés en Grèce en partant de Tours, cette fois-ci en Simca 1100 ! Depuis que de chemins parcours et de pays traversés …

Revenons-en à ce voyage. Je longe donc la route n°4 (E75) sur une piste cyclable avant que celle-ci ne rejoigne la route pour pratiquement toute la journée. Il y a bien des travaux sur le côté mais la piste n’est pas près d’être opérationnelle. Les hameaux et les maisons deviennent de plus en plus rares. Le premier café est fermé. Il me faut attendre le hameau de Apukka pour trouver une station-service, café, restaurant. Il est 10h00. A l’entrée, je tombe sur un vélo Canyon équipé en bike-paking.

A l’intérieur, je rencontre Olivier, 58 ans, qui vient de Cologne et qui parle parfaitement français. Nous prenons le café ensemble. Comme moi, il monte au Cap Nord (sinon que ferions-nous sur cette route ?).  Il m’explique qu’il est papa au foyer notamment avec sa fille  de 15 ans. Il prend quelques jours en off avant de rentrer. On parle également de retraite. En Allemagne, c’est 67 ans et ça risque de passer à 70 ans ! Autant dire que pour lui, cela parait vraiment très, très loin. On échange nos coordonnées au cas où. Et chacun reprend sa route à son rythme.

De temps en temps, je longe d’immenses lacs où les maisons se font beaucoup plus rares que plus au sud. Peu après midi, j’ai l’agréable surprise de surprendre deux jeunes rennes en bordure de route. Elles se mettent en plein milieu de la route avant de repartir dans les champs. Puis, une heure plus tard, c’est un troupeau avec 5 rennes qui veulent traverser la route. Enfin !!! Il m’aura fallu attendre 1.600kms et 16 jours avant d’en voir. 

Par contre, je commence à avoir sérieusement les crocs. Mais les restaus se font rares dans le quartier. Finalement, peu après 13h, j’aperçois un panneau en bord de route. Il n’est même pas répertorié sur Google Maps. Il se trouve à l’entrée du hameau de Aaltola et est tenu par des chinois. Alors que je rédige ces lignes, une fois mon plat bien épicé « riz-poulet-légumes » englouti avec des baguettes, je suis abordée par une cycliste allemande qui vient d’arriver au restau.

Elle se nomme Catarina et vient de Stuttgart. Elle est aussi en mode bike-paking. Elle monte également au Cap Nord et voudrait s’arrêter dans un laavu à une vingtaine de kms au nord de Sodankylä. Cela me fait trop loin. Je lui propose de tailler sa route chacun de son côté et d’improviser en fonction de la météo vu que le ciel s’assombrit méchamment. Je pars avant elle. Puis, alors que je me suis arrêté pour regarder mes cartes, elle me rejoint. On décide de s’arrêter au premier camping. J’y arrive. Je suis à 10kms au sud de Sodankylä. J’attends. Mais pas de Catarina. Elle n’a pas dû me voir et filer à celui en ville. Ou alors aller à son Laavu. Ou alors mon charme n’opère plus !

Finalement, je m’installe puis prends une bonne douche bien chaude. Je squatte ensuite la terrasse du chalet au-dessus pour passer la soirée. Encore une très longue journée bien éprouvante à cause de cette longue route vallonnée sans piste cyclable pour s’échapper du trafic. Heureusement que j’ai ma musique et mes écouteurs. Et que j’ai fait deux belles rencontres germaniques et vu mes premiers rennes !

Résumé :

120kms, 5h52, 20,4km/h, 620D+ 640D-, beau temps / nuageux, camping


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