En ce 63è jour, je suis déjà rentré en phase de décompression. En effet, après avoir dîné d’une pizza accompagnée d’une pinte de bière et m’être couché vers 22h hier soir, j’ai ronqué sans interruption jusqu’à plus de 8h ce matin ! Cela ne m’était pas arrivé depuis une éternité. Je prends mon p’tit déj’ puis il est temps de faire le grand ménage dans mes affaires. En effet, je décide de poubelliser mon vieux duvet qui m’a servi pendant ces 7 années de périple à vélo ainsi que tous mes vêtements de cycliste que j’ai utilisés pendant ces 2 mois. Je ne garde que mon super short Ventura. L’idée est de repartir avec 2 grandes sacoches dont une, bien usée, qui contiendra une petite. Contrat rempli !

Il est 9h30. Je peux prendre la direction de la station de train d’Oppeland. Je quitte ce quartier résidentiel, avec cet hôtel en sous-sol borgne et fonctionnel, sous un magnifique ciel bleu.

Je retrouve mes belles pistes cyclables en dehors de la circulation. Ça roule même en ce milieu de matinée.

Sur la contre-allée réservée aux piétons, je croise des promeneurs de chiens. Ceux-là ont l’air de vouloir aller dans des directions opposées. Quant à moi, je poursuis la mienne de direction.

Mais avant cela, je m’arrête devant l’ancien stade olympique (Stockholms Olympiastadion), datant de 1912 pour les JO, à l’architecture en briques rouges. D’ailleurs, il ne dépareillerait pas à Toulouse. Il a une contenance de 14.500 places et près de 35.000 places en configuration concert.

Comme partout en Scandinavie, la confiance est de rigueur. Il est donc ouvert au public qui peut s’entraîner sur cette piste olympique. Cela va être compliqué de retrouver la mentalité étriquée et individualiste de nos contrées latines.

Les tribunes sont en bois, les piliers peints également. En plein centre de la tribune principale couverte se tient la loge royale également couverte !

Même les deux tours, à chaque extrémité du stade, ont une architecture particulière. J’aimerais bien voir une compétition d’athlétisme dans cet endroit. L’ambiance doit être géniale. D’ailleurs, les championnats d‘Europe se tiennent actuellement à Birmingham devant un public très clairsemé. Pourtant, les britanniques, férus d’athlé, y brillent. Comme quoi, « nul n’est prophète en son pays ».

Après cette visite qui me rappelle de bons souvenirs de course à pied avec, notamment, des arrivées de marathon en moins de 3 heures dans le stade olympique d’Amsterdam et dans le stade Louis-II de Monaco. Le marathon de Stockholm se finit également dans ce stade mais je ne l’ai pas couru.
Après cette visite matinale, je reprends ma piste cyclable (cykel gata). Même en ville, dans des quartiers résidentiels, le vélo est prioritaire. Ici, deux pistes cyclables (une montante et une descendante) occupent une grande partie de la voirie. Les véhicules sont autorisés à l’emprunter. En France, c’est l’inverse. Quant aux CVCB toulousaines où les cyclistes sont autorisés à emprunter une bande contre le trottoir, vous savez ce que j’en pense …

Après 5 kms de balade matinale, j’arrive à ma station de Odenplan. Juste à côté se dresse la belle église Gustaf Vasa. A l’intérieur, l’acoustique y est très bonne. Des concerts d’orgue sont même donnés le midi. Dommage que je ne puisse y assister. A cette occasion, j’ai une pensée pour l’organiste Guillaumine, l’organiste rencontrée à Bodø en Norvège.

Par contre, la station où je m’arrête n’est pas autorisée à embarquer des vélos. Je dois me rendre à l’arrêt suivant à 500 mètres de là. J’y arrive.

Derrière l’entrée principale se trouve un ascenseur (hiss). Une fois dans la station, je composte mon billet électronique réservé avec l’appli SL.

Par contre, comme nous ne vivons pas (heureusement) dans un monde parfait, le 1er ascenseur est en maintenance. Ce sera descente périlleuse dans l’escalator.

Le second fonctionne et me mène au quai avec une trentaine d’entrées possibles dans le train qui mène à Uppsala. Je rentre sans problème avec mon vélo. Comme les quais d’accès sont tous du même côté, contrairement à certaines lignes en France, je n’ai pas à déplacer mon vélo. Après une vingtaine de minutes, j’arrive à destination. Dans le centre de cette petite ville, je m’arrête dans une bageri pour ma fika. J’en profite pour rédiger ces lignes avant de me rendre au magasin de vélo Cykelhuset.

Il se trouve dans la zone commerciale de la ville. Pour y arriver, je dois passer au-dessus de l’autoroute E4 et de la route jaune n°268. Je me rends à l’atelier. Comme prévu au téléphone, un carton d’1,60m m’attend. Parfait. Je viendrai le chercher une fois l’appart récupéré et le vélo posé. En attendant, je vais à l’ICA du coin pour me composer ma salade. Puis je me rends en direction de mon AirBnb. Emmanuel, le proprio, n’arrivera qu’à partir de 17h. Je me pose dans un parc pour déjeuner et siester.

Par contre, les bouchons d’oreille sont obligatoires. En effet, cette ville se situe dans le couloir aérien. Je me rends ensuite chez Tant Iris, un endroit fort cosy, pour y boire mon café post sieste. Pour l’instant, tout se goupille parfaitement.

A 17h, je me rends à l’adresse de mon AirBnB à quelques encablures du café. Emmanuel Ayemere Garreth m’attend. Il rentre en train de Stockholm où il travaille comme chef de chantier. Il a l’air bien crevé. Il me dit qu’il se couchera vers 20h pour partir bosser à 5h du mat’. Il me laissera l’appart avec des clés. Ce bel appart avec 2 grandes chambres est au 3è étage de cette petite résidence surplombant la ville. Pour 40€ la nuit, c’est beaucoup plus confortable que mon lit dans ma chambrée mixte de 6 personnes de Stockholm. Mais c’est en périphérie.

Une fois HakaOne grimpé et attaché dans la cage d’escalier du 3è, je retourne à pied à l’atelier de vélo distant de 1,5kms. Le vélociste et le carton m’attendent.

Je n’ai plus qu’à fixer mon tendeur comme bretelle et retourner à l’appart. Pour une fois, je fais un selfie avec mon carton en bandoulière.

Je rentre alors qu‘Emmanuel sort de la douche. A mon tour d’en prendre une bonne après cette suée. Puis nous taillons la bavette sur le balcon. Il est d’origine africaine. Il s’était installé comme photographe à son compte. Marié, père d’une fille, la pandémie a tout fait exploser. Il s’est retrouvé avec un dette importante à rembourser. Il a donc dû changer de métier. Puis bosser dur pour rembourser ses emprunts. Comme il me dit, depuis un moment, sa vie c’est boulot / train / dodo. Il ne voit sa fille que le week-end. Il est tellement crevé qu’il ne peut même pas faire de sport à part un peu de salle le samedi. Je lui dis d’essayer de profiter quand même car la vie passe vite. Il est 20h. Je le laisse et pars m’acheter de quoi casser la croûte dans un parc. Et oui, les magasins ferment tard ici et sont ouverts le dimanche. Je pique-nique devant la Cité d’Or avant de rentrer me coucher.

Bonne nuit les petits. Demain, ce sera « The last but not the least » avec une longue et stressante journée en perspective.
Résumé :
14kms, 1h10, 12km/h, 0D+ 0D-, beau temps, hôtel
mais quel périple, et quels récits…. merci pour ces notifs que je reçois et lis tous les jours. Bon retour au pays et bonne prépa du suivant 😅
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