J12 – mardi 9/6 – Bouin(85)/Le Pouliguen(44)

Rituel habituel pour un départ à 9h. Je vais saluer mes hôtes et reprends mon parcours à travers les marais. Je dois dire que je sature un peu de ces paysages et que j’ai hâte d’arriver sur les côtes bretonnes. Et puis, je trouve que les vendéens ne sont pas particulièrement accueillants à mon grand regret vu mes origines. A peine un signe de tête et un bonjour de temps en temps pour répondre à mon bonjour jovial. Décevant. Même dans les commerces où je m’arrête, il n’est pas facile de lier conversation. Tant pis.

Je m’arrête boire mon café dans le pays des Retz à Les-Moutiers-en-… et finis par quitter la Vendée, la VélOdyssée, les marais, les huîtres et les moules, le vent et les Chouans. Me voici enfin en Bretagne tout du moins en Loire-Atlantique, éternel débat. Je rejoins la VélOcéan qui fait aussi partie de l’EV1.

Le paysage change. Les maisons de granit font leur apparition. La mer s’invite à nouveau dans le décor avec ses anses aux plages de sable, ses rias et ses rochers. A l’entrée de Pornic, je tombe sur le moulin Dousset. Forcément, je pense aux châtelains du Petit-Nice (Gisèle et Francis) qui sont en pleins travaux pour agrandir leur demeure et que je salue, à mon jovial pote Nico du Montcalm, à mon un peu moins jovial mais néanmoins très sympathique Eric, à ma belle et rebelle Jessy; tous ces potes avec qui j’ai partagé de beaux moments « virtuels » pendant le confinement. Bise à tous et à bientôt pour de belles rigolades mais aussi engueulades autour de bons petits plats accompagnées de bonnes bouteilles.

J’arrive enfin dans Pornic, cité toujours aussi charmante que dans mes souvenirs de jeunesse. Je roule un moment avec un marseillais futur retraité, ancien VTTiste, qui a une villégiature ici. Il m’indique une bonne boulangerie où j’achète mon pain quotidien et mon 1er Kouign Amann.

Je dégusterai mon pique-nique (reste de la terrine aux foies, œufs de la ferme, fromage, gâteau) dans un cadre magnifique en face de l’île de Noirmoutier.

Je reprends la route et continue à longer la côte sans forcément suivre la VélOcéan qui bifurque dans les terres. Je préfère rester au bord de l’océan et traverser ces villages et ces ports : Pornic, Préfailles, St-Michel-Chef-Chef (la fameuse galette St-Michel et les sablés de Retz), St-Brévin-les-Pins. Autant de communes qui évoquent des vacances passées dans le coin avec les frangins et Gêne lorsque nous habitions Angers.

Puis arrive le pont de St-Nazaire qui franchit l’estuaire de la Loire si chère à mon cœur. Il y a juste une bande cyclable avec les véhicules qui me frôlent les miches.

Pas terrible. D’autant plus que je surplombe les fameux chantiers de l’Atlantique où 2 monstres sont en construction. Ces immeubles flottant, véritable catastrophe écologique en terme, entre autres, de consommation, pollution, destruction des rivages abordés, inflation des prix dans les villes visitées (cf Venise), qui attire les gogos prêts à payer peu cher des vacances flottantes mais à dépenser des fortunes pour picoler. Et puis sur l’autre rive, les vestiges des bateaux transportant les pièces de l’A380 de Nantes à Blagnac, autre catastrophe écologique désastreuse. « Cela fait bosser du monde » me rétorquera-t’on. Oui mais à quel prix pour notre futur et celui de nos enfants ?

Je traverse St-Nazaire par de belles pistes cyclables différenciées au sol et bien signalées comme j’aimerais en voir dans toutes les villes pour faciliter la continuité des axes cyclables et la visibilité pour les voitures et les piétons …

et par d’autres aménagées provisoirement (la fameuse « Urbanisation tactique » ou comment récupérer de l’espace aux voitures pour la redistribuer aux modes actifs : piétons et cyclistes) qui a fait des émules dans beaucoup de villes. Espérons que Blagnac suive le mouvement … Mais ce n’est pas gagné. Je vais y venir.

Je continue mon périple en longeant toujours le front de mer. Je sors de St-Nazaire et trouve un endroit calme où je me pose afin de participer à une réunion à 17h avec la mairie de Blagnac et des riverains de l’avenue Servanty mécontents du passage en sens unique de cet axe pour créer 2 vraies pistes cyclables de chaque côté au grand bonheur de tous les cyclistes. Demande d’urbanisation tactique avec d’autres que j’avais émises mi-avril par courrier à M. Carles le maire réélu. 2 nouvelles riveraines ont été invitées et je dois avouer que leur discours m’a estomaqué.

Que dire ? La désagréable impression d’avoir perdu 1h30 à toujours rabâcher le même discours « pro-vélo-écolo-bobo » et entendre toujours les mêmes remarques désobligeantes : les cyclos grillent les feux rouges, vont beaucoup trop vite, font n’importe quoi, ne sont que 3% donc ne représente pas la majorité donc tant pis pour eux. Et le même constant accablant : « je suis d’accord pour changer mais tant qu’on ne touche pas à mes petites habitudes et à mon petit confort» (en l’occurrence faire un détour à voiture). Affligeant !!!

Je sais intimement que je suis dans le vrai mais ne sais pas si je verrai un jour le résultat concret de tous mes engagements. Et je sais aussi pourquoi je me suis engagé sur la liste Ecosol. A entendre le discours convenu et consensuel de nos vieux élus, cela n’est pas prêt de changer hélas. A toujours vouloir ménager la chèvre et le chou, on ne fait que de la merde ! L’avenir nous donnera probablement raison une fois de plus mais trop tard. (cf nos propositions contre le tracé merdique du tram, la non-desserte initiale de l’aéroport et de la zone d’emploi, la destruction de Pinot pour l’A380, la 3è ligne de métro, la rocade qui devait absorber les bouchons dans Blagnac, …). D’ailleurs, notre tête de liste Marie-Pierre avait encore vu juste sur l’aéronautique.

Bon allez j’arrête et retourne à mon propos. Donc je reprends la route un peu perturbé tout de même et j’arrive dans Pornichet. J’hésite à m’arrêter dans un camping vu que la météo est clémente et mes bidons pleins. Je décide donc de continuer et de trouver un endroit où bivouaquer sans consulter mes cartes. Mauvaise pioche ! Après Pornichet, La Baule-les-Pins puis La Baule-Escoubiac puis Le Pouliguen et pas un seul endroit où planter ma tente. Il est bientôt 20h et je vois un panneau « camping » que je suis. Le 1er qui est le municipal est fermé. Le 2nd aussi fermé mais je peux quand même rentré mon vélo. Nobody. Tant pis. Je repère les sanitaires, fais couler l’eau et en plus elle est chaude. Yes ! Je plante ma tente et on verra bien. Je suis seul sur ce camping et ce n’est pas pour me déplaire. Demain il fera jour. Je dîne de mes derniers restes. Mes provisions sont presque épuisées. Il va falloir que je me ravitaille. Peut-être tiendrai-je jusqu’à Carnac que je pense atteindre jeudi soir si je continue à suivre la côte.

Résumé : 115kms, 6h45, 17km/h, camping fermé

Un avis sur “J12 – mardi 9/6 – Bouin(85)/Le Pouliguen(44)

  1. Bonjour Gaël !
    Ici les suédoises du Sud!!!
    T es tu mis à l abris pendant le passage de la dépression météo? Pour ce qui nous concerne nous l avons anticipé et sommes allées nous réfugier chez ma frangine dans les terres vendéennes. Depuis Nantes nous avons bifurqué vers Montaigu… sommes à l arrêt depuis mardi et les jambes trépignent d impatience mais la pluie n a jamais cessé de tomber depuis! Si tu veux nous donner des news en direct n hésites pas ça nous fera plaisir! Bonne route! Sèche de préférence !! 😉 Julie et Bénédicte

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