J48 – mercredi 15/7 – Den Oever(PB) / Burdaard(PB)

Endormi au coucher du soleil, réveille au lever. Je vis comme les poules depuis quelques temps. Sauf que les poules ne font pas encore de vélo ! Il fait frisquette de bon matin mais je déjeune tout de même en haut de la digue pour profiter à nouveau du spectacle matinal. Par contre, ma bonbonne de gaz est vide et j’ai juste de quoi faire bouillir l’eau pour mon thé. Il va falloir que je trouve un magasin pour trouver la même ou carrément changer ma popote qui commence à dater sérieusement. Je plie ensuite mes affaires sans trop perturber les lapins et canards du champ voisin.

A 8h00 pétante, c’est reparti mon kiki. Je roule sur la digue en profitant encore du paysage qui me rappelle bizarrement la Gaspésie parcourue l’hiver dernier en voiture alors que je rendais visite au fiston à Montréal. On dirait en effet que ce « lagon », bordé par de nombreuses îles au large identiques à une barrière de corail, est gelé ! Juré, je n’ai encore rien bu ce matin.

Je profite aussi du spectacle d’oies sauvages en formation qui file pour le sud. Quelle chance j’ai d’être dans le paysage ! Même si c’est parfois rude et exigeant mentalement et physiquement, je me rends compte du bonheur d’être là au rythme de mes coups de pédale et de mes envies. Je pense souvent aux personnes de l’Arche qui n’ont pas cette chance de pouvoir voyager librement et je leur dédie cette journée.

J’arrive enfin devant la fameuse digue de 26 kms de long qui permet de rejoindre facilement la région de la Frise. Je tournicote en suivant les panneaux de l’EV12 mais tout est en travaux et je ne tombe que sur des barrières infranchissables. J’essaie de l’autre côté mais cela me mène sur l’entrée de l’A7 et un contrôleur dans sa tour m’interdit de rentrer sur le terre-plein. Et merde alors ! Vais-je devoir me coltiner tout le tour pour remonter vers le nord ? En ressortant, je tombe sur un panneau rose qui indique un bus gratuit pour les vélos. Ouf ! J’arrive à l’arrêt au moment où le bus arrive. Le conducteur descend et m’invite en français et avec le sourire à monter à l’intérieur après avoir enlevé mes sacoches. Le pays du vélo vous disais-je !

Un autre cyclotouriste arrive chargé. On s’installe et entamons la conversation. Il s’appelle Peter, 56 ans, médecin à l’hôpital d’Amsterdam qui habite à 25kms de là et se tape l’A/R à vélo de course. « Une heure environ en fonction du vent et le même temps que les autosolistes !» me dit-il. Il a effectivement la forme. Par contre, il ne sera à la retraite (« to retire » en anglais … j’aime bien ce terme de se retirer de cet univers de plus en plus taré) qu’à 68 ans. Il effectue le même trajet que moi mais en partant de la frontière sud pour monter à la frontière nord et couper un peu de son métier stressant. Il m’apprend également que la longue piste cyclable est en travaux pendant 2 ans.

A l’arrivée, on se quitte car je comprends qu’il a un timing plus serré que le mien et qu’il se tape 125kms par jour. De mon côté, j’essaie de prendre mon temps et repars du côté digue (2 itinéraires étant proposés aux cyclistes) où je pédale entre crottes et moutons.

J’arrive dans le port d’Harlingen et me balade dans ce petit Amsterdam avec tous ses canaux et ses jolies rues.

Je finis par dénicher un café super sympa où je m’octroie ma pause matinale et pose pour un rare selfie (« j’ai les yeux bien cernés et les cheveux qui poussent et blanchissent » me dis-je)

Puis je sors de cette bien jolie ville et récupère l’EV12 pour longer à nouveau la digue. Mais il est un peu plus de midi et il y a embouteillage de moutons (le général De Gaulle aurait dit de veaux …) sur le périphérique pour aller au Mac Do et consommer dans la galerie marchande du Leclerc. J’arrive à me frayer un passage.

De grandes plantations de blé et de pommes de terre ou de grandes prairies où paissent moutons, vaches et chevaux s’étalent au pied de la digue avec parfois une ferme immense et très bien entretenue où on ne peut pas se tromper de propriétaire !

Il est l’heure de casser la croûte mais dans ce coin difficile il va être difficile de trouver une épicerie voire un restau ou une friterie ouverte. Ce ne sont que de petits hameaux éparpillés dans la campagne. Je prends quand même la tangente et, coup de bol (ou énorme malchance on verra plus tard), je tombe sur un marchand ambulant dans son bus réaménagé. J’achète quelques provisions dans de délicieuses croquettes et essaie de retrouver la digue pour aller déjeuner.

Malheureusement, je me plante de chemin et me retrouve nez-à-nez avec un canal. Il y a une espèce d’embarcadère de fortune. Plutôt que de rebrousser chemin, je me fais une épreuve à la Koh-Lanta : traversée de canal en me halant avec un câble, démontage de sacoches, passage de grillage, remontage de sacoches et montée sur la digue !

Arrivé en haut de la digue où je profite du paysage à marée basse, je me pose pour déjeuner …

… cherche mes lunettes de soleil : perdues ! OH MERDE !!! Je laisse le vélo en plan, fais demi-tour, retraverse le canal, remonte le chemin en courant. Rien. Je déjeune vite fait et repars à vélo pour faire le tour que j’ai fait depuis mes achats. Je rencontre des paysans qui me donnent le n° de tél du commerçant mais n’arrive pas à le joindre. Impossible de me souvenir si je les avais sur le nez ou sur la tête en sortant du bus ou pas. Tant pis pour moi. Je rappellerai ce soir au cas où …

Je me pose et réfléchis. Il me faut une nouvelle paire de lunette de soleil et une bouteille de gaz ou une nouvelle popote plus « moderne » que mon antique popote en alu qui prend le vent. Je cherche donc un Décathlon ou magasin outdoor et en repère un à Leuwarden. Allez où c’est parti à travers la campagne. Finalement je n’irai pas à Groningue pour suivre le conseil de mon pote David. Une fois de plus, je fais le chemin en n’empruntant que des pistes cyclables alors que je suis en pleine cambrousse. C’est vraiment impressionnant. Et en ville, c’est pareil, je n’ai qu’à suivre mon GPS sur le réseau cyclable pour arriver devant le Décathlon du coin. J’y fais mes emplettes et me dirige ensuite vers le N-W pour récupérer l’EV12.

Je suis un canal très sympathique et finis par m’arrêter dans un petit camping au bord de ce canal. Il est déjà 19h00. Je n’ai plus de batteries sur mes iMachins et bien envie de prendre une bonne douche bien chaude.

Je m’installe sur l’emplacement réservé aux tentes et ne serai pas dérangé par les voisins, vais prendre ma douche bien chaude puis m’installe sur une table pour dîner. Je partage la table avec un couple en camping-car, Georges et Aline (en français) qui sont avec leurs jumeaux et un autre fils. Ils sont en vacances avec les parents de Georges qui, eux, ont un bateau amarré dans le petit port. J’explique à Georges ma mésaventure avec mes lunettes et se propose de téléphoner aux commerçants du bus ambulant. Las, ils n’ont rien trouvé; la dame ne se souvient d’ailleurs m’avoir vu avec une paire de lunettes de soleil. Les aurais-je laissées lors de mon café ce matin ? Ensuite, Georges me propose de charger mon iPad dans son camping-car plutôt que de le brancher dans la lingerie. Trop sympa.

Je me retire dans mes appartements après cette journée contrastée, bucolique mais ô combien merdeuse à tout point de vue.

Résumé : 95kms, 5h25, 17.8km/h, camping

Un avis sur “J48 – mercredi 15/7 – Den Oever(PB) / Burdaard(PB)

  1. Félicitations Gael
    tu nous fait vraiment partage ton aventure
    De plus tu arbore bien le maillot du Stade Toulousain Cyclisme
    Le club t’offriras une nouvelle tenue à ton retour
    Bise j louis

    Aimé par 1 personne

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