J6 – mardi 6 avril – Billela/Laredo

Réveillé à 6h du mat’, je me dis qu’il est un peu tôt pour se lever et me rendors. D’habitude le soleil qui tape sur la tente me tiens informé. Mais là, pas de soleil. Donc je m’éveille à nouveau à 8h30. Hé bé quelle nuit ! Je pense que la machine a besoin de récupérer. Donc je l’écoute. Par contre mauvaise surprise lorsque je sors la tête de la tente. Pas de soleil (donc pas de réveil !) mais de gros nuages qui s’amoncellent sur les monts alentours. Cela faisait bien longtemps que je n’avais plu rouler sous la pluie mais je crois que je vais y avoir droit. Je me prépare et quitte à regret ma petite chapelle si accueillante.

Après quelques hectomètres et, alors que j’ai déjà mis mes jambières et ma veste d’hiver, je m’arrête pour enfiler ma fameuse tenue de marin-pêcheur : pantalon ciré, veste de pluie et gants Mapa ! Me voilà redevenu la nouille jaune. Mais au moins je suis protégé et les voitures me voit. Il pleut dru. Et, de plus, j’attaque par un col de 5kms. « Beautiful day » disais-je hier en pensant à mes ami.es de l’Arche …

Par contre, en ce 6 avril, j’ai une grosse pensée affectueuse pour ma tante Geneviève qui fête son anniversaire. C’est presque comme notre grande sœur vu que mes parents se sont beaucoup occupés d’elle jeune et que nous n’avons pas un grand écart d’âge. Maintenant c’est elle qui s’occupe de maman qui file sur ses 84 ans mais hélas partie dans un autre monde. Gros bisous Gene !!!

Les toboggans s’enchaînent et je finis par revenir en bord de mer à Gorliz. Comme souvent, le ciel est plus dégagé sur la côte. Mais pas pour longtemps car je reprends une belle bosse en direction de Bilbao où j’arrive en milieu de matinée. Je profite d’une station-service pour vélo pour regonfler mes pneus et donner un coup de jet à mon destrier. Alors que je vais pour repartir, un gars à VTT arrive un peu vite dans le virage à gauche (cf photo : derrière les piquets bleus) et se prend une belle gamelle sur la chaussée humide ! Plus de peur que de mal, il repart en rigolant.

Je ne m’attarde pas trop tôt dans Bilbao et ne vais même pas revoir le célèbre musée Gugenheim. Il pleut à nouveau et je n’ai qu’une envie : sortir de la ville ! J’emprunte le traversier pour me rendre de l’autre côté de la rivière qui sépare cette ville en deux.

A la sortie, je me tape un gros coup de cul puis montée constante pour sortir de la ville à travers un labyrinthe de pistes cyclables. Une fois extrait de ce merdier, je trouve encore une charmante chapelle où je m’arrête déjeuner à l’abri après avoir fait quelques emplettes chez un boulanger/traiteur. La pluie ne s’arrête pas !

Je reprends la route malgré tout. Il faut bien que je continue d’avancer malgré ce temps froid (10°C) et humide ainsi que ces successions de montées/descentes. J’ai l’impression d’être revenu 10 mois en arrière et d’être à nouveau en Norvège. Mais seul. Sans l’ami Iker que je n’ai pas arrivé à joindre malgré plusieurs tentatives avant et pendant ce début de périple. Si tu lis ce blog Iker, donne de tes nouvelles. Beaucoup de lecteurs, et moi aussi bien évidemment, s’inquiètent !

Arrivé à Muskiz à la limite du Pays-Basque, je suis attiré par une certaine effervescence qui règne dans cette petite ville. Je comprends vite que le Tour du Pays-Basque va passer dans la commune. Comme personne ne m’attend, je décide de patienter pour voir passer une course cycliste avec des spectateurs comme au bon vieux temps. Dès que les premières voitures des équipes passent, précédées par une horde de motard toute sirène hurlante, l’excitation de mon enfance remonte à la surface. Je me remémore les fois où mon grand-père maternel m’emmenait voir passer le Tour de France près d’Angers … Et puis, ces étapes aussi que je vais voir passer dorénavant dans les Pyrénées. Une échappée précède le peloton de quelques minutes. Les Movistar et les Ineos sont en chasse. J’aperçois aussi des coureurs français d’équipes françaises (Cofidis, AG2R, FDJ). Les gars sont toujours aussi affûtés et roulent comme des avions. Je les envie un peu … Mais chacun son trip.

Une fois les coureurs passés, la route est réouverte et je reprends ma route vers Castro-Urdiales en bordure de mer. Je passe en Cantabrie. D’ailleurs, les forêts de pins font place à des forêts d’eucalyptus. J’arrive dans cette ville côtière qui me rappelle bien des souvenirs. En effet, alors que j’avais une vingtaine d’année, j’étais parti avec la mère de ma fille pour deux semaines de vacances vers le Portugal à bord de ma Golf VW bleue (achetée à l’ancien secrétaire de FC Tours de la belle époque). On voulait partir à l’étranger mais sans dépenser trop d’argent. Le voyage fût épique : moteur serré à Belin-Beliet (mon père St-Bernard est venu me dépanner), embrayage coincé à Melhada au Portugal (dépanné par Fernando un garagiste expatrié à St-Maur-des-Fossés), voiture fracturée et toutes nos affaires volées à Lisbonne et enfin roue avant explosée sur un terre-plein central à l’entrée de cette ville ! Véridique. Pour conjurer le mauvais sort, nous sommes retournés l’année suivante au mariage de la fille de Fernando.

A la sortie de cette ville, deux options se présentent à moi. Soit je suis mon GPS et repars dans la pampa avec la pluie sur les hauteurs, soit je suis la N-634 qui longent plus ou moins la côte. Je choisis la 2è option et emprunte à nouveau des tronçons du Chemin de St-Jacques. Je passe aussi devant un restaurant de bord de mer où nous nous étions arrêtés avec Coco pour y déguster un excellent poisson. Le restau est désormais à l’abandon. Las, la route reprend de l’altitude mais la circulation est très calme et les paysages toujours aussi somptueux.

L’heure avance et je décide de m’arrêter à Laredo où je repère 2 campings. J’ai envie d’une bonne douche et d’une boisson chaude et de pouvoir me poser au sec. Mais cette grande station balnéaire paraît bien déserte en ce début avril. Il faut dire que la météo n’invite ni à la promenade, encore moins à la baignade. Je finis par trouver le 1er camping : fermé ! Puis le 2ème marqué ouvert : fermé également ! « Zut ! » me dis-je pour rester poli. Je n’ai plus qu’à trouver un coin tranquille pour planter ma tente. En poussant mon vélo dans des chemins de sable empruntés par quelques cavaliers, je finis par trouver mon bonheur. Ce sera parfait pour cette nuit. Je dîne rapidement et pianote ce texte assis sur le tronc d’un eucalyptus qui n’a pas supporté l’érosion de la côte. Et au dodo pour me mettre au chaud. Il est 20h20 et j’ai les pieds, les mains et le bout du nez gelés. Le ciel est clair sur la mer; demain il devrait faire beau …

Résumé : 93kms, 6h00, 15,5km/h, bivouac

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