J14 – mercredi 14 avril – Mino/Laxe

Bien qu’il n’ait ni plu, ni neigé, ni fait trop frisquet, ni trop venté, j’ai très mal dormi. Un appel téléphonique hier soir, avant de rejoindre mon duvet, m’a particulièrement perturbé. Que la communication peut être compliquée parfois ! Je me lève un peu plus tôt que d’habitude et, à 8h30, je prends mon p’tit déj en bordure de mer.

Il est temps de reprendre la route. Cependant, j’ai concocté une trace qui évite La Corogne. Je n’ai vraiment pas envie de me taper la traversée de cette grande ville, ni des grands axes qui la desservent. Je suis donc scrupuleusement mon GPS qui me fait tournicoter, monter et descendre au sud de « A Coruna ». La trace me fait passer par un charmant chemin qui longe une petite rivière. C’est plat et roulant. Personne. Que le chant des oiseaux et de l’eau qui ruisselle. J’aurais aimé que ce chemin soit encore plus long …

Je traverse en « ligne droite » et arrive en-dessous l’aéroport à Culleredo où je m’arrête pour ma pause café-scribe. Auparavant, j’ai aperçu un drôle de jardin. Je n’avais encore jamais vu cela. Ce jardin est parsemé de pneus et d’enjoliveurs peints. Peut-être un garagiste à la retraite qui a la nostalgie de son boulot …

Il me faut repartir. J’ai toujours un peu de mal à quitter ces endroits chaleureux. Je discute en baragouinant en espagnol pour répondre aux interrogations des clients qui me voient débarquer avec mon barda. Beaucoup pense que je fais le Camino. Je regarde les infos. J’écoute les gens. Cela fait un peu de vie dans ces journées solitaires. Et je pense évidemment à la situation en France où ce lien social est complètement rompu depuis si longtemps.

Je rejoins enfin l’océan à Arteixo, grande cité portuaire. Paraît-il que la Galice ressemble à la Bretagne, le pays de l’artichaut. Entre nous, et sans aucun chauvinisme, je préfère la Bretagne. Et là, je suis aussi arrivé au pays de l’Arteixo ! Content de retrouver l’immensité sous un ciel bleu de carte postale.

Par contre, ça grimpe sec à la sortie de la ville. Je retrouve des routes peu empruntées mais ô combien vallonnées. Je me fais doubler par un cycliste assez costaud et essaie de le tenir dans la montée d’une belle bosse. Mais, avec les sacoches, pas évident de le suivre. Je le retrouve alors que je viens de m’arrêter devant un café-restau à l’entrée du joli port de Calon.

Il est 13h30. Il y a du monde. Il y a un « menu del dia ». Ce sera parfait pour ce midi d’autant plus que le cadre est à nouveau grandiose ! Et le menu gargantuesque : salade de pâtes au thon, fricassée de poulet/frites (portion pour 2 !), flan maison, café, vin limé pour 8,50€ !!! Le sketch est que la serveuse m’avait apporté une carafe de rouge avec une bouteille de limonade (que je croyais être de l’eau gazeuse). Je me sers une verre d’ « eau gazeuse », m’aperçois que c’est de la limonade et demande une 2nd verre pour le vin. La jeune serveuse rigole et me dit qu’il faut mélangé les deux : du vin limé !

Je quitte ce restau sympa et, plutôt que de reprendre la route principale, j’emprunte le sentier que vous apercevez sur la colline au fond. Et là, je passe mes plus belles heures depuis mon départ ! C’est un véritable enchantement. Je longe la mer. Je suis seul. Quel sentiment de liberté et de plénitude absolue.

Je parcours pas mal de kilomètres sur ce chemin. Malheureusement, ce chemin se termine. Mais par une belle image. Un couple de surfeurs seul sur la plage du bout du monde.

Comme souvent, à une période sympa succède une période plus compliquée. Comme dans la vraie vie quoi ! En effet, il me faut remonter sur la route principale qui se trouve beaucoup plus haut. Et là, je dois dire que j’en ai bavé grave. Tout à gauche debout sur les pédales à zigzaguer sur une petite route interminable avec une sacrée pente. J’ai bien cru que j’allais poser pied à terre. Au bout de cette route, j’arrive à Buno, un village de potiers. Je m’arrête pour admirer les différentes œuvres exposées en vitrine. J’ai évidemment une pensée pour Hélène, la mère de mon fils Titouan, qui en plus d’être une voileuse, fait de la poterie notamment du raku.

Je poursuis ma route en traversant direct par la route AC-419 puis en empruntant un chemin côtier qui longe la baie. J’arrive enfin à Laxe où je me pose pour boire une bonne Estrella Galicia bien méritée ! Là, des petits vieux me demandent où se trouvent le moteur sur le vélo (le syndrome Armstrong ?). Je leur montre mes cuissous. Et cela les fait beaucoup rire … Je file ensuite vers le phare où j’espère trouver un endroit calme et sympa. Trouvé avec vue superbe sur le cap Fisterra où j’espère passer demain.

Il est grand de se toiletter, dîner, d’aller admirer le coucher de soleil sur le phare en bavardant avec mon vieux-frère néo-retraité Riri (comme mon ainé Yves-Marie !) puis lire l’Equipe. J’y apprends la défaite du PSG mais qui se qualifie quand même pour les demies. Elle va peut-être enfin y arriver cette cohorte de bras cassés. Mais franchement, aucune émotion. D’ailleurs, j’espère qu’ils seront bien démobilisés pour le match de Coupe de France contre le SCO. Allez le SCO. Allez au dodo !

Résumé : 95kms, 6h05, 15,6km/h, vitesse max=64km/h, bivouac

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