J15 – jeudi 15 avril – Laxe/Fisterra

Encore une belle et longue nuit de sommeil. Même rituel matinal et à 9 heures pétantes, je prends la route en direction du Fisterra (la fin de la terre) que je vois juste en face. Mais il y a plus de 50 bornes pour y aller.

Je traverse à nouveau ce charmant port de Laxe et emprunte l’AC-433 pour couper cette péninsule. La température est de 8°C et le vent souffle sur ce cap. Comme tous les jours, la route monte et descend. Je traverse à présent des forêts de pins et d’eucalyptus. Les parcelles sont délimitées par des murets de pierre. A un endroit, il y a de gros blocs de granit posés sur la colline qui me rappellent le Sidobre. Et puis, je retrouve mes silos à grain mais une nouvelle fois différents des précédents avec une croix dessus.

Par contre, je ne peux que déplorer les nombreux détritus jetés dans les fossés : canettes d’Estrella et de Coca, sachets de chips, masques, paquets de cigarette, … Les espagnols sont aussi dégueulasses que nous ! Cela me change des pays nordiques … Peut-être faudrait-il commencer par éduquer nos enfants dès le plus jeune âge. Et trouver une solution, non pas répressive financièrement, pour les adultes mais plutôt par des Travaux d’Intérêts Généraux; en l’occurrence poser une journée de congé pour aller nettoyer les bords de route ou de rivière. Le problème est de choper les salopiots qui balancent leurs détritus par la fenêtre. Sur ces considérations environnementales, je m’arrête prendre mon petit café matinal un peu avant « Ô ponte de porto » et enlever mes couches (buff, gants, vestes, jambières). Il est 10h30 et le soleil tape déjà. Je traverse cette commune et suis attiré par une grande fresque murale ornant une école.

Immédiatement je pense à Marie-Pierre, féministe convaincue et convaincante. Et aussi à cette chanson de Jean Ferrat : « La femme est l’avenir de l’homme ».

Le poète a toujours raison

Qui voit plus haut que l’horizon

Et le futur est son royaume

Face à notre génération

Je déclare avec Aragon

La femme est l’avenir de l’homme.

Et j’imagine si notre liste était passée aux élections municipales avec toutes nos femmes énergiques (Laurence, Martine, Thérèse, Françoise, Danièle, Margot, Virginie, Corinne et toutes les autres), qu’aurions-nous fait de différent en cette période compliquée ? Certainement pas cette politique paternaliste et condescendante représentée au niveau local par notre bon maire M. Carles et tous ces élus engoncés dans leur petit costume foncé et étriqué et leurs certitudes de vieux mâles alpha ! Il n’y qu’à lire et écouter les discours de notre maire actuel et de ses prédécesseurs, et aussi de nos représentants nationaux, notamment sur l’écologie, puis de déplorer amèrement les tristes résultats. J’ose espérer que nous aurions fait au moins aussi bien ! D’ailleurs je continue de fourbir mes armes et d’affûter mes arguments avant de revenir sur un sujet qui m’est vraiment resté en travers de la gorge.

Tout en réfléchissant à cela, je me rends compte au bout de quelques kilomètres que je suis du mauvais côté de l’estuaire ! Damned. J’ai raté la bifurcation dans le village. Demi-jour et je retrouve la bonne route. Je serpente à travers la campagne. Les pentes sont plus douces et beaucoup de fermes et de hameaux sont disséminés ça et là. L’herbe a déjà été coupée pour l’ensilage. Les troupeaux paissent tranquillement dans cette belle campagne.

La terre est noire et doit être bonne (il faudrait que Guillaume la goûte !). Je file tranquillement libre comme l’air. Ne trouvant pas de commerce, je m’arrête à nouveau dans un restaurante de campagne pour y déjeuner copieusement pour un billet de 10€. La salle est immense et pratiquement pleine. Il est 14h. Je repars. En me rapprochant à nouveau de la côte, le relief s’accentue et je retrouve mes toboggans où je jongle avec mes rapports de vitesse entre tout à droite et tout à gauche. Je commence à avoir les doigts endoloris à force de constamment changer de rapport. Heureusement que je suis équipé en Shimano-Déore (modèle de transmission).

Au bout d’une route interminable, j’arrive enfin au phare de Fisterra. Donc à la pointe la plus à l’ouest de l’Espagne.

Comme d’habitude, il n’y a personne excepté un couple dont le mari me tire le portrait barbu et hirsute … mais toujours aux couleurs du Stade !

Je redescends dans le village et trouve une auberge de pèlerins. Il est 16h et je m’arrête. Je vais me poser pour réviser mon vélo, laver mon linge et reposer le pèlerin qui en a plein les bottes !

Résumé : 70kms, 4h15, 16,8km/h, auberge

3 commentaires sur « J15 – jeudi 15 avril – Laxe/Fisterra »

  1. Bravo Gaël. Nous aussi, ça nous est resté en travers de la gorge l’édito de Carles et son mot d’écologie totale. A quoi penses tu quant tu pédales? Tes amis de l’Arche te suivent au jour le jour. Même sur le petit marché, place des marronniers, on parle de toi le mercredi aprem.Allez bon courage pour les montées!

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    1. Hello les ami.es,
      Je prépare un texte. Il y a vraiment d’autres façons de régler ses comptes … même pour quelqu’un qui n’est pas son ennemie ! Hé bé justement, je pensais ce matin à MP (cf dernier article) et j’ai raté la bifurcation : 5kms et une montée en plus ! Faut pas penser, faut juste pédaler 🤪 !

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