J22 – jeudi 22 avril – Costa de Lavos / Foz do Arelho

Ce matin, c’est grasse mat’ ! Je me réveille vers 8h et je tire aussitôt les stores pour voir quel sera le programme de la journée : ciel bleu cotonneux. Après la pluie, le beau temps ! Il est donc temps de me préparer, de bichonner mon destrier et de reprendre la route. Par contre, juste avant de partir et alors que j’allais remplir mes gourdes, la gourdasse se casse la binette dans l’entrée sur le béton ciré. Je tombe sur le genou et me tords le gros orteil. Avec un peu d’ArnicaGel et un Doliprane, j’espère que cela va aller. Je quitte à regret cette superbe demeure contemporaine …

… mais ô combien anachronique dans cette station balnéaire désuète.

Je suis obligé de reprendre la route N109 détestée pendant 7 à 8 kms puis je bifurque à droite pour revenir vers l’océan. Après la circulation intense de ce jeudi matin et ces poids-lourds chargés de pins me frôlant sans ralentir, je retrouve la tranquillité de ces landes dévastées par l’incendie de ??? Les pins morts, dont je parlais hier, sont en fait calcinés. Je circule à nouveau sur une Ciclovia, piste cyclable rouge en dehors de la circulation, et j’arrive vers 11h en bord de mer dans la station balnéaire de Pedrogao. C’est quand même beaucoup plus agréable quand le soleil est de la partie. Mais les mauvaises conditions météo font aussi partie du périple et il faut l’accepter. Et puis, il faut bien qu’il pleuve pour arroser les cultures !

Cette nuit, j’ai pu recharger mes appareil iBidules. Je dois dire que, avec mon système eWerk qui permet de les recharger aussi en roulant grâce à ma roue avant avec dynamo, je suis relativement autonome. De plus, je peux aussi charger une petite batterie autonome. Il me faut une journée pour la recharger et, ensuite, elle peut charger 50% de mon iPhone en cas de besoin. Je me pose dans un café en bord de mer et profite de ce spectacle magique. Allez il est temps de repartir et de longer cette magnifique côte sauvage.

Je retrouve ma piste cyclable toute droite à travers cette lande désolée. Le vent vient de la mer et ne me gêne pas. Par contre, hier, je crois qu’il venait plein sud et qu’il a dû amener cette dépression. J’avance bon train. 50kms parcourus en 2h30 ! Par contre, dès que je prends une racine ou que je roule sur des pavés, l’orteil me rappelle à ses bons souvenirs. J’ai bien peur qu’il ne soit fracturé ! Je m’arrêterai dans une pharmacie à Nazaré pour consulter et acheter du sparadrap.

Il commence à faire faim. Je m’arrête dans une station balnéaire récente sans aucun charme Pedra do Ouro et m’installe dans un bar-snack pour recharger les batteries. L’assiette de frango est copieuse et je repars repu. Je continue sur la piste jusqu’à Nazaré. Après avoir visité la cathédrale qui est ouverte, je vais admirer le paysage du haut de la falaise.

C’est toujours aussi impressionnant ! Par contres, les vagues monstrueuses ne sont pas au rendez-vous. C’est ici que sont surfées les plus grands vagues au monde. Cette année, une française a surfé une vague de 32m de haut !

Je rencontre 2 couples de français à la retraite qui ont également élu domicile dans le coin. Je commence à discuter vélo avec l’un des deux qui est cycliste mais cela n’a pas l’air de plaire à sa femme. Il me souhaite alors bonne route et ils s’en vont ! Je n’ai plus qu’à descendre dans le centre et me balader à vélo dans les petites ruelles puis sur le front de mer où les tables des bars et glaciers sont fortement occupées. De la mer, la vue sur la falaise est également impressionnante.

Je sors de Nazaré et me dirige vers Sao Martino do Porto en empruntant la N-242 qui me gave rapidement. La piste cyclable a disparu et la circulation y est intense. Dès que je peux, je prends à droite et escalade un coteau pour me retrouver sur une route de crête beaucoup plus agréable. D’ailleurs, depuis Nazaré, le paysage a complètement changé. Les longues plages et la lande sauvage ravagée par l’incendie ont fait place à des falaises, des collines et des vallées où les maraîchers sont de retour. J’arrive dans l’immense lagon (lagoa) de Sao Martino protégée par un étroit chenal.

Je reste le long de la côte en direction de Foz do Arolho. L’horloge tourne et j’aimerais bien trouver à nouveau un bivouac avec vue sur mer. Le second chemin que je repère est le bon : aucune habitation alentour, chemin praticable, loin de la route, vue sur mer. Je ne descends pas trop bas (après il faut remonter la pente !) et trouve un emplacement plat idéal pour planter la tente. C’est parfait.

Par contre, ce qui est moins parfait, c’est l’état de mon orteil. Il est bien pété vu l’état bleuâtre du bestiaux. Mais bon, cela aurait pu être pire. J’aurais pu me péter un genou ou le bras ou je-ne-sais-quoi. Pour pédaler, cela devrait le faire. Cela me rappelle d’ailleurs deux anecdotes. La première en jouant au foot, pieds nus sur la plage, avec des allemands (remake de France-RFA 1982) et le fiston. J’avais voulu contrer un ballon. Mais crac. Mon fils m’avait traité de chochotte. Et le lendemain quand je lui avais montré l’état de l’orteil, il me chambrait moins : tout bleu, doublé de volume et triple fracture ! Heureusement, c’était la fin des vacances. La seconde en sortant de la piscine à Blagnac. J’avais voulu faire comme les pros en m’appuyant sur le rebord du bassin et en filant un battement de jambes pour remonter hors de l’eau. Mais j’avais shooté sur la margelle. Et un autre orteil fracturé … ce qui avait beaucoup amusé les maîtres-nageuses. Moi moins !

J’allais clôturer cette nouvelle journée quand j’entends mon portable sonner alors que je pensais ne rien capter. C’est mon ami Gaugau, grand voyageur à vélo, qui venait aux nouvelles et me donnait des infos pour traverser Lisbonne. Avant hier, j’avais pu converser avec mon vieux frère Riri et la veille avec mon vieux compère Boubou. Et puis aussi avec l’ami Nico du Petit Nice en Ariège. J’ai pu aussi avoir des nouvelles de mon ami Loïc futur retraité d’Air France, de mes amies Laurence en plein changement pro et Jessy en plein changement perso. J’ai aussi régulièrement des news de mes potes de L’Arche et du Stade. Et bien évidemment ma fille Gwendoline en plein changement également et mon fils Titouan bientôt en fin d’étude. Cela fait vraiment du bien de pouvoir discuter de temps en temps pour rompre un peu cette solitude assumée. Bon, il est déjà 20h et j’ai les crocs ! A demain …

Résumé : 100kms, 5h00, 20km/h, bivouac

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