J75 – mardi 22 juin – Torre dell’Orso / Torre di Guaceto

Nouveau réveil aux aurores. J’essaie de traîner un peu. Mais, comme je dois aller au Décathlon de Lecche, cela ne sert à rien de partir trop tôt. Vu que ma tente est exposée plein est, je finis par me lever et déjeuner en haut de la falaise. Puis je salue Micha, également réveillé, qui m’a l’air d’avoir « la tête dans le cul » ce matin. Il n’a pas dû sucer que des glaçons hier soir … Je quitte ce nouveau campement pour reprendre ma route au nord.

La route est calme ce matin. D’autant plus que j’emprunte l’ancienne route toute droite coupée à la circulation. J’imagine qu’il y a trop d’accidents mortels vu le nombre de stèles sur cette longue portion sous les frondaisons.

Avant d’arriver à San Cataldo, je bifurque à gauche en direction de Lecche, 15 kms à l’intérieur des terres. Le paysage est toujours autant aride. Comme hier, des incendies ont ravagé nombre de secteurs. C’est tellement sec qu’un moindre mégot balancé par la fenêtre doit déclencher des ravages.

J’arrive un peu avant 9h dans Lecche. Je me dirige vers le Décathlon en suivant mon GPS. Sur le chemin, je repère un magasin réparant les téléphones. Il ouvre à 9h30. Je me pose alors dans un café d’habitués tenu par Marco et son papa qui doit approcher les 80 balais. A 9h30, je vais au magasin mais l’addition s’avère corsée : 95€ pour une réparation à 18h00. Tant pis. J’espère qu’il tiendra le coup jusqu’à mon retour.

Je profite d’être pas trop loin du Centro Istorico (prononcez Tchentro sinon on vous regarde avec des yeux ronds !) pour me balader.

Au détour d’une église, je rencontre un couple de bordelais (forcément avec mon maillot du Stade …) qui ont fait un Bordeaux-Bari en avion + voiture de loc + hôtel pour visiter les Pouilles. Je continue ma balade dans les ruelles ombragées au charme toujours aussi latin !

Puis je reprends ma direction du Décathlon à travers zones industrielles et commerciales toujours aussi déshumanisées. Avant d’y arriver, je tombe à nouveau sur un vendeur de cerises et abricots. Je rachète un mezzo kilo de ciriglie. Le vendeur ne parle qu’italien. Il me pose des questions dont je pense comprendre le sens et réponds comme je peux. Mais, comme souvent dans ces cas-là, le gars parle plus fort comme si j’allais mieux comprendre ! Ces cerises sont au demeurant excellentes.

Arrivé au Décathlon, je suis accueilli par le patron du magasin qui me fait rentrer mon vélo dans un local et me sers de guide dans mes achats en répétant à chaque employé d’où je viens. Je trouve mon bonheur et repars sous un méchant cagnard. Il n’y a plus un poil de vent et il doit faire +40°C . Le paysage est toujours aussi aride. A part quelques masseria (ferme) en pierre, perdues au milieu de ses immensités plantées d’oliveraies, il n’y a pas âme qui vive dans le secteur.

En fin de matinée, je retrouve en fin le bord de mer à Casabalate. Le vent souffle fort. Et cela fait un bien fou de retrouver un peu de fraîcheur. Je fais quelques achats et m’installe en bordure du petit port pour déjeuner et siester. A mon réveil, je me fais brancher foot par les ados que l’on voit au fond.

A Casabalate, petit port dans les Pouilles,

Sortis de nulle part, arrivent trois jeunes fripouilles.

De foot, ils me parlent et sortent une dépouille :

Mondial 2006 … Ça me casse les couilles !

Puis je vais prendre un café ristretto en front de mer avant d’attaquer à nouveau la route. Le vent souffle. La mer est agitée. Le soleil est présent. La vie est belle ! Je me dirige maintenant vers Brindisi, ville connue pour son passage en Grèce depuis l’Italie en évitant de passer par les Balkans. Je traverse dorénavant de grandes plaines céréalières et des vignes à perte de vue. J’imagine que c’est ici qu’est fabriqué la Grappa (eau de vie de marc de raisin) avec cette énorme distillerie.

Puis je m’arrête dans un « hôtel » à l’abandon. Les pièces intérieures sont immenses. Il y a plusieurs chambres, chacune avec SDB et WC. J’accède en haut de la tour par un petit escalier caché derrière un salon avec cheminée. Les huisseries et carrelages sont neufs. C’est étonnant ! Je suis toujours curieux du pourquoi et du comment ces demeures ont été abandonnées. Mais je ne le saurais pas.

J’arrive à Brindisi en milieu d’après-midi. Je rentre dans le centre-ville et en fais vite le tour. Je m’arrête déguster une gelato al cioccolato e mango avant de faire une pause-photo sur le port où sont amarrés des bateaux de guerre sous les remparts.

Par contre, après avoir consulté mes cartes, je m’attends à une partie de plaisir pour finir la journée. En effet, comme lors de mon épuisant cheminement le long de la SS106, je vais être obligé de suivre l’autoroute SS379 – E55 qui mène à Bari en suivant une route de service. Je n’ai pas le choix. Les plages ne sont accessibles que par des culs-de-sac. C’est d’ailleurs l’un d’eux que je vais emprunter pour mon bivouac quotidien. Et mon choix ne s’avère pas trop mal !

Je parviens dans une petite crique, à côté de la Torre Aragonese di Guaceto, où il n’y a plus personne; les derniers baigneurs ayant pris la navette pour les ramener au parking voiture. La mer est calme et m’invite à la baignade. Même si je n’ai pas pris suffisamment d’eau dans mes bidons, je ne peux résister à cet appel. A poil et à la flotte !!!

Que c’est bon après cette journée passée à transpirer sous le cagnard. Je me rince avec peu d’eau vu que la mer est beaucoup moins iodée que sur l’Atlantique. Puis je dîne enfin chaud de mes pâtes Rana. Il est 20h30 et le soleil est déjà couché. Alors que je finis de dîner, 2 VTTistes débarquent. En discutant, j’apprends que l’un d’eux travaillent pour Airbus et qu’il est venu bosser avant le Covid sur Blagnac. Le monde est vraiment petit. Je vais attendre la nuit noire avant de rejoindre mon matelas et mon sac à viande pour une bonne nuit réparatrice.

Résumé : 100kms, 5h45, 17,4km/h, temps très chaud, bivouac

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