J74 – lundi 21 juin – Fontanelle / Torre dell’Orso

« Un jour sans fin ». Et oui, comme dans ce superbe film avec Bill Murray, la journée commence comme celle d’hier, d’avant-hier, même si je ne suis pas réveillé au son de la marmotte … Toujours le même rituel. A 7h00, je quitte mon bivouac dans la pinède pour prendre la route en direction de la pointe sud de la péninsule italienne.

Je sors de la pinède pour retrouver ma petite route qui longe la côte. En ce premier jour de l’été, c’est beaucoup plus calme qu’hier. Il n’y a plus grand monde sur les plages si ce n’est un pêcheur d’éternité.

Le ciel s’est couvert d’un voile bleuté. Cela n’est pas pour me déplaire d’autant plus que ça grimpe pour arriver à Santa Maria de Leuca. Je croise quelques cyclistes et joggeurs matinaux qui me saluent toujours d’un petit signe ou d’une parole sympa. Au bout d’une heure trente de mise en jambe, j’arrive enfin à ce village de bout du monde.

J’en fais le tour et grimpe jusqu’au sanctuaire d’où la vue est splendide.

Je m’arrête au café « De finibus terrae » qui, comme son nom l’indique, marque la fin de la terre italienne. Dorénavant, je vais entamer ma remontée vers le nord en longeant la Mer Adriatique après avoir longé la Mer Tyrrhénienne à l’ouest et Méditerranéenne au sud ! Après avoir bu mon café, je vais jeter un œil à la basilique sise sur cette grande esplanade. Je tombe sur un couple de cyclotouristes italiens qui arrivent de Rome via un voie cyclable dont je n’ai pas compris le nom !Comme ils ne parlent qu’italien, la jeune femme de l’accueil du musée vient nous faire la traduction anglais / italien. Vraiment trop cool.

J’attaque ensuite la face est de ce périple italien. Et là, je ne suis pas déçu du voyage. C’est tout simplement grandiose. Je suis seul sur une petite route qui serpente en suivant la côte. Le décor est minéral. J’avais déjà repéré quelques bories de l’autre côté. Mais là, des bories aménagées ou non sont posées dans ce décor rocailleux.

Et je dois avouer que j’aimerais bien m’y poser pour siroter une bière bien fraîche surtout qu’il doit y faire bien frais également à l’intérieur. Malgré cette brume (de chaleur ?), il fait un sacré cagnard …

En remontant, le décor devient moins abrupte et moins minéral. Je retrouve mes cubes blanc et de petites criques ou calanques où quelques baigneurs matinaux profitent de ce somptueux décor. De nombreuses grottes sont accessibles aussi depuis la mer. J’y reviendrais un jour avec mon canoë. Sinon c’est obligation de prendre le traîne-gogo habituel. Mais beaucoup sont fermés.

En fin de matinée, j’arrive à destination de Castro. Je m’arrête sur un promontoire en bonne compagnie. Je rencontre également deux frangins randonneurs qui viennent de partir de Castro et vont à S.M. De Leuca en suivant la route. Ils sont déjà fin cuits après quelques kms !

Je profite d’une petite panetteria pour y acheter une focacia aux oignons et un gâteau de la mort qui tue. Sans oublier ma bonne bière bien fraîche évidemment ! Je vais déjeuner sur une placette ombragée donnant sur la zone de baignade et la grotte du village. Je rencontre 2 couples de cyclos italiens en vadrouille dans le coin. Puis je m’allonge sur mon banc et dodo ! Je suis réveillé en plein sommeil par le hurlement de deux gamines accompagnées de leurs parents qui parlent aussi très forts. J’enlève la casquette de mon visage, ce qui permet de m’isoler du monde extérieur, et leur fais comprendre qu’ils pourraient être encore un plus bruyants ! Comme je suis réveillé, je n’ai plus qu’à repartir. Je repasse devant la boulangerie pour y acheter un autre gâteau mais c’est fermé. Dommage ! Le décor est toujours aussi aride. Les cigales, elles, s’en donnent à cœur joie. Dans ces cas-là, je ne pense même pas à brancher ma musique.

En milieu d’après-midi, après avoir traversé une zone militaire en empruntant une route pas du tout empruntée, j’arrive dans la magnifique ville de Otranto. Comme hier, une partie est fortifiée à la Vauban. Je me balade alors dans ses ruelles où les commerces de bouche et d’artisanat (plus ou moins local) jouent à touche-touche. Il y a même une installation de gradins pour un concert à venir au pied des remparts. La vie reprend petit à petit ses droits et ses plaisirs …

Je sors de cette partie fortifiée pour reprendre mon chemin …

… non sans avoir jeté un dernier coup d’œil à cette cité.

Par contre, à partir de maintenant, je retrouve un paysage déjà connu. Plus verdoyant, plus plat, plus fréquenté aussi hélas puisque les Lidos refont leur apparition. J’essaie de suivre un itinéraire cycliste fléché pour éviter la route principale. Mais, comme souvent, le fléchage n’a pas dû être testé. M’enfin … Je parviens quand même dans la station balnéaire de Torre dell’Orso. J’y fais quelques emplettes et remplis mes gourdes d’eau en prévision du bivouac à venir.

Sur la promenade, je rencontre un jeune cyclotouriste italien d’origine ukrainienne, Micha, petit mais gabarit musculeux, longs cheveux blonds au vent, torse nu, tatouages au bras, short hawaïen et sandalettes. Plus le look surfeur que cyclo. Comme à chaque fois, on s’enquiert de nos parcours respectifs. Lui est parti depuis les Abruzzes où il vit et descend vers S.M. De Leuca. Il est la recherche d’une grotte que des amis lui ont indiquée. De mon côté, j’aimerais monter jusqu’à San Cataldo à portée de fusil de Lecche où je dois me rendre pour y trouver ma fameuse bonbonne de gaz Décathlon ! Finalement, en sortant de la ville, je dégote un endroit sympa pour mon bivouac. Je m’y arrête. Et qui je vois débarquer quelques instants plus tard ? Micha. Il me montre la fameuse grotte. Effectivement, c’est génial. Il a prévu de rejoindre ses amis pour dîner avec eux et d’y dormir après. Je m’installe de mon côté et vais la squatter pour ma soirée !

On y accède par le haut de la falaise à travers des escaliers creusés dans ce rocher friable, un peu comme le tuffeau du Val de Loire. Un autre escalier descend au niveau de la mer. Je prends l’apéro sur ma terrasse 5* avant de dîner au son du clapotis des vaguelettes qui viennent lécher le pied de la falaise. D’ailleurs un père et sa fille viennent me saluer au passage avant de descendre pêcher.

Résumé : 95kms, 6h00, 15,8km/h, temps très chaud, bivouac

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