J85 – vendredi 2 juillet – Mestre / Blagnac

Après avoir passé la fin d’après-midi et la soirée dans l’aéroport de Venise avec cette atmosphère si particulière quand le brouhaha des voyageurs échangeant dans toutes les langues, les annonces répétitives au sujet du Covid-19 en italien puis en anglais et les va-et-vient incessants de la journée font place au calme absolu, je prépare mon dernier « bivouac » de ce périple dans un coin tranquille, mon immense carton me servant de cloison.

Auparavant, j’avais rencontré 5 jeunes slovènes (2 filles et 3 garçons) qui montaient en avion à Londres pour redescendre sur Biarritz avant d’attaquer la route de St-Jacques à vélo. Eux avaient embarqué leur vélo respectif dans un carton 2 fois plus petit que le mien. Etrange coïncidence d’ailleurs alors que j’avais attaqué mon périple il y a 3 mois par le même chemin et que j’aurais pu continuer vers la Slovénie ! Je leur donne le plus d’infos possibles et profite de leur scotch restant pour attacher mon carton.

Après une nuit passée sous les néons restés allumés, je suis à nouveau réveillé aux aurores, non pas par le lever du soleil et le gazouillis des oiseaux, mais par les discussions des premiers voyageurs faisant la queue devant le bar-restau à côté de mon campement. Je plie une dernière fois mes affaires, fais une toilette de chat et déjeune à ce restau-bar. Puis j’attends l’ouverture de mon comptoir d’enregistrement. Bien m’en a pris d’être arrivé le premier. En effet, vu la dimension de mon carton, l’embarquement s’avère quelque peu compliqué. Je dois d’abord patienter un long moment avant d’avoir confirmation de bien pouvoir embarqué. Puis aller à un autre comptoir, toujours en me baladant avec mon incombrant chargement, acheter un billet (110€ quand même ce qui ramène le prix du billet à un tarif plus « normal » !), revenir et refaire la queue à l’embarquement pour faire enregistrer mes 2 sacoches, prendre l’ascenseur pour descendre au sous-sol, passer le carton dans le sas des objets XXL (bonjour la manutention !), ouvrir le carton pour vérifier la non-dangerosité du vélo, remonter au contrôle et embarquer, enfin, le dernier dans l’avion !

A 12h30, me voilà revenu à Blagnac-Airport où m’attend Jessy pour me donner les clés de mon futur Home-Sweet-Home. Après un délicieux déjeuner pris dans sa nouvelle demeure, je prends possession de la mienne. La première action est de me taper une bonne douche bien chaude ô combien attendue et désirée. Puis je m’endors devant l’étape du Tour de France. Que cela me fait bizarre d’être rentré !!!

Je récupère ensuite ma voiture qui a passé 3 mois tranquille sous un arbre dans la maison du Parvis de l’Arche où j’ai installé mon atelier de réparation de vélos. La pauvre est dans un bien sale état … (comme son propriétaire à son arrivée !).

Par contre, son moteur n’a pas trop été sollicité pendant ce laps de temps contrairement aux deux miens qui ont accumulé 8.500 bornes aux cours de ce périple et ont bien (trop) profité du soleil avec ce superbe bronzage « Tour de France » !

Pour terminer, je voulais vous livrer un extrait de l’article lu dans l’Equipe du 30 juin entre le cycliste pro (et philosophe) Guillaume Martin et l’écrivain, critique littéraire et passionné de cyclisme Jean-Louis Ezine :

J.-L. E. : … Le vélo me permettait de traverser le monde à la vitesse idéale.
L’Equipe : Et ne pas s’arrêter…
J.-L. E. :
Oui, c’est ça, fuir, s’enfuir, le vélo pour moi, c’est ça. Quand tu pédales à une certaine vitesse, tu ne fais plus partie du monde ordinaire.
G. M. :
Je vous rejoins totalement sur cette histoire de vitesse idéale, de manière très concrète. À pied, je m’ennuie, ça ne va pas assez vite. En voiture, ça va trop vite. À vélo, c’est la bonne vitesse pour profiter du paysage, être présent à l’environnement qui nous entoure. …

Cet extrait résume parfaitement ma « philosophie » du voyage à vélo : « Fuir, s’enfuir du quotidien pour profiter du paysage et être présent à l’environnement qui nous entoure. » A bientôt donc pour l’Epilogue de ce voyage avant une nouvelle fuite pour reprendre la route et boucler la boucle entre Venise et Oslo en 2022 j’espère …

2 commentaires sur « J85 – vendredi 2 juillet – Mestre / Blagnac »

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