J5 – samedi 16 avril – Zagorje / Valbiska (Krk)

Ce matin, c’est le vent qui m’a réveillé dès potron-jacquet (cela faisait longtemps que je ne l’avais pas placé celle-là !). Je me réveille aux aurores pour coucher mon vélo de peur qu’il ne tombe et pète le rétroviseur. Ça souffle fort. Heureusement, ma tente est à l’abri. J’essaie de me rendormir sans succès. Il fait encore super beau. Pas de rosée sur la tente que je plie avant de m’installer pour mon p’tit déj’ royal (céréales&yogourt aux cerises, thé à la bergamote, tartines miel&confiture mûre).

Alors que je finis de ranger mon barda, 3 randonneurs bien chargés passent sur le chemin et m’interpellent à la vue de mon panneau solaire déposé à recharger. Oui, oui, c’est bien à moi ! Je reprends la route 66 qui n’est pas très empruntée ce matin. Tant mieux. Par contre, entre les faux-plats et le vent dans les naseaux, le démarrage est brutal. Mais le paysage est superbe : la garrigue d’un côté, la mer de l’autre et de petits villages perchés sur des éperons rocheux … et Rijeka tout au fond.

Plus j’approche de cette grande ville, plus je traverse ou surplombe des stations balnéaires où les hôtels 5* doivent se faire une rude concurrence pour attirer les touristes allemands. En milieu de matinée, j’entre dans Rijeka où je m’arrête pour boire mon café matinal, télécharger l’Equipe et Libé, prendre connaissance de mes messages& mails et rédiger ces quelques lignes. Il est temps de repartir avant d’attaquer la traversée de la baie de Ribeka.

Auparavant, je traverse la ville en admirant un superbe complexe athlético-footballistique me rappelant, en plus petit, celui du stade Louis-II de Monaco où j’avais terminé un de mes nombreux marathons.

Je me balade dans le centre de cette ville portuaire construite à flanc de montagnes. Toujours autant de monde surtout en ce samedi. Je prends note pour la prochaine pièce de Shakespeare en Croate. Cela doit être croquignolesque !

Je m’arrête dans un petit commerce pour y faire provision de bouche, notamment une excellente saucisse fumée, avant de me poser sur un banc en bordure d’un chenal et de contempler la lutte fratricide entre une mouette blanche, une mouette marron et un corbeau gris-noir pour s’octroyer la bectance de ce que je devine être une anguille de mer. Je laisse les recherches des noms précis de ces bestioles aux spécialistes de la question. La blanche l’emporte sur la marron qui l’emporte sur le gris-noir. Et ça se chicane dur ! Quant à moi, ce sont les pigeons qui se bagarrent pour récupérer mes quelques miettes. On s’occupe comme on peut ma bonne dame …

Une fois rassasié, je prends la direction de l’île de Krk. Non, non, je n’ai pas raté une voyelle. Pour ce faire, mon chez Maps.me me fait contourner le réseau routier très dense et m’envoie sur les hauteurs. Ça grimpe sec. De plus, le vent n’a pas faibli et je l’ai pleine face. Je passe notamment par Skrljevo. Alors là, au Scrabble, pour le placer celui-là, bon courage. Faudrait que je demande à Henri du Stade Toulousain Cyclisme, scrabbliste (?) invétéré. Puis par Hreljin où je m’arrête boire un café et me reposer vu que j’en ai plein les bottes des raidards.

L’ambiance est un peu glauque. Imaginez un bar de village assez sombre où tous les vieux célibataires du coin, jeunes et moins jeunes, se retrouvent et picolent en fumant. Au bar, une jeune femme entre 25 et 30 ans, plutôt mignonnette mais d’une pâleur à faire peur. De plus, elle est maquillée à l’égyptienne avec un trait de crayon noir partant de chaque œil vers ses tempes. Ses doigts se terminent par des ongles violets de 3 cms au moins. Elle fait l’effort de me parler anglais ce qui est ses rare. Après avoir bu mon café, je pars en lui laissant un pourboire et mon plus joli sourire.

Je finis par arriver en vue de l’île de Krk, tout du moins la presqu’île puisqu’on y accède par un pont. Le vent est si violent que je manque me gameller à plusieurs reprises. Cependant, je le récupère vent dans le dos à la descente de ce pont et je déboule à +50km/h sur cette île (mon compteur indique 71,54km/h de vitesse max pour la journée mais il a dû un peu trop picoler aussi !). Je me retrouve de l’autre côté de la baie où j’étais ce matin.

Je me balade dans les quelques stations balnéaires de l’île. Toujours autant d’allemands. Rien de bien folichon non plus. C’est propre et fonctionnel. A l’allemande quoi !

Je décide de me diriger vers l’embarcadère de Valbiska plutôt que celui de Krk. La route est beaucoup moins fréquentée et j’aurais plus de facilité pour trouver un bivouac je pense. Une fois arrivé dans ce cul-de-sac, je récupère pour le ferry demain matin, fais quelques emplettes et remonte la pente à 8% pour m’embarquer dans un mauvais chemin où j’espère trouver un coin tranquille pour bivouaquer.

Tout au bout de ce long chemin se trouve un bâtiment avec une arrivée de ligne électrique mais un 4×4 est posé devant. Je me pose donc un peu plus haut sur un emplacement herbeux où ma tente de montagne tiendra sans problème. Il est temps de me poser et de déguster ma 1ère bière croate : une Ozujsko. Allez le SCO !

Résumé : 100kms, 5h35, 17,9km/h, beau mais venté, bivouac

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