J7 – lundi 18 avril – Karlobag / Sabunike

Après une bonne nuit de sommeil dans un lit king size et, ce, malgré la tempête au dehors, je prends congé de ma logeuse. Direction Zadar au sud. Le vent a faibli mais je prends garde dès que je ne suis plus à l’abri de la montagne.

La route est sauvage. Aucune habitation pendant de longs kilomètres. La montagne aride me protège du zef. La mer est toujours écumante. Au large, l’île de Rag est aussi chauve que le crâne de Barthez. Cependant, dès qu’une brèche se profile sur ma gauche, je redouble de prudence. Ces fortes rafales de côté me déséquilibrent au risque de m’envoyer à nouveau au tapis. Heureusement, il y a très peu de circulation. Je navigue donc au milieu de la route.

En milieu de matinée, je commence àvoir quelques habitations perdues au milieu de nulle part. Puis ce sont des hameaux de pêcheurs. Et enfin de petites bourgades. Le paysage devient plus vert. Le vent se calme. Je sors enfin de l’Enfer du Sud ! Je trouve enfin un café dans un camping en bordure de mer. Pour ce midi, au menu du restau, il y a aura un gigot d’allemande bien cuite !

Je profite de cet arrêt pour checker mon vélo. En effet, lors de ma dernière chute, mon guidon a dû légèrement bouger. Je le redresse et le resserre. Par contre, ce qui m’inquiète le plus, est le léger bruit sur ma pédale gauche. Benoît, mon formateur vélociste de la Maison du Vélo, m’avait enseigné qu’il fallait être attentif au moindre bruit. Il ne doit y avoir aucun bruit lorsqu’on roule ! Je vérifie la pédale et, effectivement, le roulement de l’axe couine. Je pense qu’elle a dû taper en tombant et l’axe légèrement se tordre. Je vais devoir trouver un vélociste sur Zadar au risque de pédaler sur une jambe.

De plus, j’ai aussi un souci sur l’émetteur de mon compteur. Il n’émet plus. (« Et si le fâcheux n’aimait plus. Peut-être joie de vivre revenue ? »). Je change la pile et ça refonctionne. J’arrive à Gromila à l’extrémité de ce bras de mer coincé entre le continent et l’île de Pag. Je ne trouve aucun endroit où me restaurer. Tout est fermé. Même la charmante chapelle devant ce cimetière aux plaques de marbre noir.

Je remonte ensuite au niveau de l’autoroute pour traverser l’immense pont de Maslenica. Avant cela, je rentre dans ce village pour essayer d’y trouver un commerce de bouche. En passant devant le premier café à l’entrée du village, j’aperçois un vélo de cyclotouriste aux sacoches jaunes. Je finis par dénicher une alimentation en bas du village. En remontant, je fais la connaissance d’Adrien d’Amiens. C’est un prof d’histoire-géo en collège-lycée privé, âgé de 36 ans, parti en vadrouille début février pour quelques mois. Il revient de la montagne croate où la température était de 1°C. Il m’apprend également que ce vent si terrible se nomme le bura et que c’est le plus fort au monde ! Hier, une route a été fermée à cause de pointe de vent à 200kms/h. Je comprends pourquoi j’ai valdingué comme un fétu de paille ! Si vous voulez suivre les aventures d’Adrien :

https://www.polarsteps.com/AdrienDaire/4579966-herodote-a-velo

Comme on prend tous les deux la direction de Zadar, on fait route commune. Cela fait du bien de papoter en français. On attaque la traversée de la péninsule au nord-ouest de Zadar. Les paysages changent complètement avec des cultures et de l’élevage. Je m’arrête dans un cimetière pour faire le plein d’eau. Et là, nous rencontrons une femme, avec sa fille âgée d’une vingtaine d’années, qui papotent en français. Incroyable ! Elles sont de Lyon et rendent visite à sa maman croate qui habite ce village. Et également à son papa enterré dans ce cimetière.

Je leur signale également que la petite route qui traverse ce village est sur l’axe EV8 retrouvé par hasard. Adrien et moi repartons pour finalement nous séparer un peu plus loin. Il décide de suivre la route principale afin de trouver une auberge de jeunesse alors que je poursuis sur l’EV8 qui fait le tour de cette péninsule. Je suis la côte et, après avoir emprunté un chemin côtier, je trouve mon emplacement pour la nuit avec vue imprenable sur les montagnes croates avec quelques sommets encore enneigés.

Fin de cette journée beaucoup moins agitée que la précédente !

Résumé : 105kms, 6h00, 17,5km/h, beau venté, bivouac

Un avis sur « J7 – lundi 18 avril – Karlobag / Sabunike »

  1. salut Gaêl
    j’ai eu également un jour de gros vent, obligé de m’arrêter car le vent faisait tomber des pierres de la falaise d’un côté et de l’autre côté précipice de l’Adriatique. Une grosse peur !
    Pour infos c’est la Bora et non la Bura, je n’ai pas oublié ce vent.
    amicalement
    marcel

    J’aime

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