J79 – jeudi 16 février – Port Dickson / Melaka

Le pli est pris. Tel est pris qui croyait prendre. Le parti pris des choses n’a pas de prix. Donc à 7h00, on se réveille. A 7h30, les malabars se barrent de cette barbare barre d’immeubles. D’ailleurs, ce méga-hôtel m’a fait penser à celui du sublime film Shining de Kubrick avec son hall immense, ses longs couloirs déserts, son ambiance étrange. Mais ni neige, ni montagne, ni bascule vers la folie. Quoique …

A 7h45, nous nous arrêtons devant le premier restau hindou où nous prenons notre traditionnel p’tit déj’. C’est blindé. Beaucoup de travailleurs s’arrêtent déjeuner dans de tels endroits avant de rejoindre leurs boulots.

A 8h15, nous prenons la route vers Melaka (en malaisien). Ce matin, c’est encore Nico qui s’y colle pour tracer la route. Mon traceur Maps.me se plante aléatoirement. Je vais le supprimer et le recharger ce soir. Il faudra aussi que je recharge mes cartes. Quant au traceur Mapy.cz de Nico, plus performant, je ne peux pas charger les cartes sur mon iPhone SE. Et, pour finir en beauté, le traceur GoogleMaps n’a pas la fonctionnalité « vélo » en Malaisie. Vu le réseau routier presque exclusivement dédié aux automobiles, cela ne m’étonne guère. Nous empruntons enfin de jolies routes vallonnées à travers de vraies forêts. Un régal.

Dans ce cheminement campagnard, nous longeons des fermes d’élevage de bovins et, à nouveau, de poulets. Les structures sont toujours les mêmes. Les pauvres poules ne doivent pas voir beaucoup le jour et encore moins gambader dans les prés.

Nous redescendons à présent vers la côte en empruntant la route 138. Près de l’embouchure, nous traversons le fleuve Sungai Linggi alors qu’un pêcheur rentre au port.

En milieu de matinée, nous nous arrêtons à Tanjong Dahan pour notre pause syndicale : citron glacé pour Nico et café noir chaud sans lait (kopi ô pana) pour moi. L’endroit est bondé. A côté de notre table, un gars costaud entame la conversation. Il est marin et travaille pour Gaz de France. Il déjeune avec son équipe avant de partir dans un port dont nous ne saisissons pas le nom. A une autre table, c’est une famille avec parents, fille et garçon handicapé mental, grand-père maternel qui nous interpelle. Et puis, il y a le patron qui met l’ambiance dans son restau en présence de sa petite famille.

En fin de matinée, nous rejoignons la mer à Kampung Sungai Tuang. La plage est propre et ratissée. Cependant, nous n’y voyons aucun plagiste. Seul un pêcheur ramène sa barque au sec aidé par sa femme. Au large, les méthaniers attendent pour décharger leur cargaison.

Nous continuons notre pérégrination en suivant la côte par une petite route. Nous retrouvons le plaisir du cyclotourisme quelque peu gâché par ces longues lignes droites sur des routes étroites et très empruntées, à travers les palmeraies. Malheureusement, il nous faut remonter dans les terres pour éviter le Canjuers malaisien, un terrain militaire interdit occupant un large territoire jusqu’à la mer. Peu après midi, nous déjeunons à Kampung Sungai Duku dans un des restaus au croisement de la route principale 5 et de notre route M161. Comme nous ne sommes pas très loin de la mer, ce sera poisson pour moi ce midi. Je ne sais pas ce que c’est mais il est succulent. La sauce est « légèrement » épicée.

Nous repartons avec une belle côte à gravir avant de redescendre vers la côte. Le traceur de Nico nous envoie ensuite dans la pampa pour éviter de continuer sur la route 5. Ça devient du grand n’importe quoi. Nous nous retrouvons sur des chemins à peine balisés. Je crains à tout moment de casser une roue ou d’exploser un pneu. Avec ce vélo, je ne suis pas équipé pour de tels passages. Heureusement que j’ai fait un peu de VTT.t

Peu après, nous nous posons dans une gargote fermée pour une micro-sieste. Et nous repartons pour une nouvelle séance de tournicotis. J’ai parfois l’impression de tourner en rond. Je ne sais pas si on arrivera un jour à Melaka. C’est clair que, tout seul, j’aurais taillé au plus direct pour en finir au plus vite. Des immeubles apparaissent enfin. On se rapproche. Nous empruntons un grand boulevard urbain avant d’entrer dans le centre-ville. Vers 16h00, nous rejoignons notre auberge de jeunesse réservée ce midi. Comme à Bangkok, nous allons dormir dans un box …

… avec son petit lit Dousset, je veux dire douillet !

En fin d’après-midi, nous partons dîner dans le quartier hindou d’un tandori poulet particulièrement épicé. Beaucoup de touristes se baladent dans la vieille-ville. Cela nous fait bizarre après ces longues journées sans croiser aucun occidental ou touriste. Notamment des singapouriens qui adorent se faire balader dans ces pousse-pousses hyper kitchs.

Après avoir dégusté un Magnum chocolat belge truffé pour éteindre l’incendie du palais et des lèvres, il est temps de rentrer dans nos boites. Demain, ce sera journée off pour visiter la ville à pied.

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