Malgré mes bouchons d’oreille sophistiqués (merci ma puce !), les forts ronflements d’un voisin de chambrée, un des désagréments des auberges de jeunesse, m’ont réveillé en plein sommeil. Heureusement, j’ai pu me rendormir avant d’émerger peu avant 7h du mat’. C’est l’heure d’ouverture du p’tit déj’ et il y a déjà foule de jeunes volleyeuses. Après un nouveau copieux p’tit déj’, j’en profite vu que ce ne sera pas le cas tous les matins, il est temps de sortir HakaOne de son cagibi à bagages, de le descendre et de le charger. Peu avant 8h00, je prends la route cap à l’ouest.
Le photographe, qui immortalise mon départ, est un estonien à la carrure et au look de bûcheron canadien. Il est coach d’une des 1.000 équipes (!) présentes à ce tournoi international. Il m’explique que c’est un tournoi réservé aux jeunes filles de 15 à 22ans. Ces équipes viennent des pays scandinaves et baltes. Les russes n’ont pas été invitées vu le contexte géopolitique. Au total, il y a 7.000 joueuses présentes dans la capitale finlandaise. Avec les russes, ce serait 8.000 !
Mon père, ex-arbitre de nationale féminine, doit suivre cela de près, assis, non pas sur sa chaise d’arbitre, mais sur un des nombreux nuages dans le ciel finlandais.
Quant à moi, je sors d’Helsinki endormi à travers ce réseau incroyable de pistes cyclables. Je traverse à nouveau de grands parcs dans lesquels je croise des joggeurs et des promeneurs de chiens matinaux. C’est assez surprenant ce grand calme dans cette petite capitale.
Après une vingtaine de minutes, je rejoins le front de mer. Je retrouve ces odeurs iodées que j’aime tant. J’emprunte alors un réseau de pistes forestières en stabilisé. De temps en temps, une petite plage de sable fin perdue dans une crique invite au farniente. Mais il me faut avancer. De splendides demeures surplombent parfois cette côte déchiquetée. Sur les pontons, bateaux à moteur et voiliers attendent sagement leurs heureux propriétaires. Au loin de petites îles ferment ces immenses baies propices à la navigation. Je longe la mer Baltique avant de traverser la péninsule de Porkkalanniemi en suivant en route secondaire.
En milieu de matinée, il est l’heure de ma traditionnelle pause-café / écriture / rechargement de batterie de mon Google Pixel 5 (qui se décharge bcp trop vite à mon goût). Je m’arrête dans un café-commerce à l’entrée de Kirkkonummi.
A la sortie de cette bourgade, je rejoins l’itinéraire EV10 (Euro vélo n°10) qui fait le tour de la mer Baltique. Finies les belles pistes cyclables, j’emprunte à présent un réseau de routes secondaires vallonnées et bordées de lupins. Ces route serpentent à travers cultures céréalières et forêts immenses. De temps en temps, un point rouge au milieu de ce camaïeu de vert sous un camaïeu de gris marque une présence humaine. Cette couleur doit permettre aux autochtones de retrouver leur maison en cas de brouillard, de neige … ou de beuverie !
Au cours de cette matinée, je croise quelques voitures égarées, un couple de cyclorandonneur en Brompton (célèbre et onéreux vélo pliable anglais), un marcheur nordique, une femme avec une magnifique jument et son poulain. Autant dire pas grand monde. Et je ne suis qu’au sud du pays ! L’heure avance. Je ne traverse aucun village. Je commence à avoir les crocs. Heureusement, peu avant 13h00, je tombe sur un grill à l’entrée de Inga . Je commande un burger poulet.
Après ce déjeuner bien venu, je reprends ma route qui m’emmène en bord de mer. Je retrouve mes petites routes secondaires et mes pistes en stabilisé. En milieu d’après-midi, une pluie fine fait son apparition. Je garde mon coupe-vent en espérant que ça ne s’aggrave pas trop. A l’horizon en bord de mer, cela me semble dégagé. Les montées et descentes s’enchainent. Je me tape même une grimpette à 13%. Alors que je redescends vers la mer, j’aperçois une tache brune dans un champ sur ma gauche. C’est une biche en train de casser la croûte. J’arrive à la prendre en photo avant qu’elle ne rentre dans le sous-bois.
Vers 16h00, je parviens enfin dans la charmante station balnéaire d’Ekenäs. Non, ce n’est pas en Grèce mais bien en Finlande ! Le ciel est effectivement dégagé. Je m’arrête en front de mer pour boire une boisson sucrée, recharger mes batteries, interne et matérielles, et faire le point pour dénicher mon premier bivouac. Las ! Entre-temps, la pluie s’est invitée sur la côte. Cela s’annonce compliqué. D’autant plus que, après cet arrêt, je suis frigorifié.
Mais la chance me sourit encore. En effet, en discutant avec une des jeunes serveuses, elle me dit qu’elle connait une petite auberge de jeunesse sympa pas très loin d’ici. Je regarde sur Booking et, effectivement, je tombe sur Hostel Rosengarden qui se situe à 2kms à l’est de la ville, sur la route par laquelle je suis arrivé. Le lit, dans une chambrée de 4 lits, est à 35€. Je réserve et m’y rends. C’est une grande maison séparée en 2 locations. Dans la mienne, il y a 2 chambrées de 4 lits tous inoccupés ! Je suis seul.
Je prends une bonne douche bien chaude, puis une tisane à la cerise. Je suis requinqué ! Mais j’ai l’impression de m’embourgeoiser quelque peu. Demain, j’entamerai la remontée vers le grand nord. Je verrai en fonction de la météo si je sors ma tente ou pas …
Résumé :
125kms, 6h50, 18,3km/h, 840D+ 840D-, nuageux/pluie, auberge de jeunesse
125 km, belle entame ! Vivement les photos pour les non câblés insta comme moi !
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Effectivement 🤔. Pour une 1ère étape, c’était corsé mais j’espérais ?vraiment trouver le grand soleil à l’arrivée 😂.
Tu peux également retrouver mes vidéos contenant quelques photos de la journée sur mon Facebook (recherche DUREAU Gaël). Si tu as FB évidemment 😉
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ni Facebook, ni insta, juste WhatsApp, Strava 😥
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Zut ! Pour les photos, mon geek préféré (mon fils) ne trouve pas de solution à mon pb WordPress (à part prendre un abonnement qui coûte une blinde 🙁)
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