Après ma longue journée d’hier, je dors comme un loir d’autant plus que j’ai ni ronflement, ni allées et venues dans ma petite auberge. Je suis seul ! J’émerge vers 6h du mat’ alors que le soleil daigne enfin montrer le bout de son nez. Le ciel est bleu mais parsemé de gros nuages menaçants. Comme c’est dimanche, je ne me lève qu’à 7h. En guise de p’tit déj’, ce sera le reste du Tipiak-Thon d’hier soir. A 8h pétantes, je quitte les lieux puis traverse à nouveau Ekenäs pour reprendre ma route EV10.
J’emprunte à nouveau des routes secondaires très vallonnées, bordées d’immenses forêts et de quelques champs cultivés. Il y a également quelques fraisiculteurs ! Des fermes sont disséminées ça et là. Autant dire que je ne croise pas grand monde. Les nuages ont recouvert d’un triste manteau gris le ciel bleuté matinal. La température est de 13°c. Heureusement que les montées me réchauffent quelque peu.
En milieu de matinée, je n’ai traversé que des hameaux ou des bourgades sans aucun commerce. Mon café attendra. Je me retrouve sur la route 52, axe principal entre Ekenäs et Salo. La circulation y est un plus importante. J’aperçois mon premier panneau signalant un risque de traversée d’élan !
J’arrive dans la ville de Perniö presque à l’heure de l’apéro. Un supermarché est ouvert. Je m’y arrête pour faire quelques courses. Dans le centre, tous les autres commerces sont fermés. A la sortie de la ville, je trouve enfin un café près d’une station service.
Cependant, en regardant mes cartes, je m’aperçois que j’ai raté un embranchement pour partir un peu plus à l’ouest et éviter cet axe. Je reprends ma route 52 et bifurque un peu plus haut pour retrouver l’itinéraire EV10 en direction de Teijo. Je pensais m’y arrêter pour déjeuner mais, en consultant Maps, je constate que c’est fermé le dimanche.
Ah les salauds ! Je vais donc pousser jusqu’à cette ville à la même consonnance et nommée Salo. Il est presque 14h. J’ai grave les crocs. Alors que j’arrive dans le centre, j’entends de la musique et aperçois quelques guinguettes installées sur un parking. Je m’y arrête. Il y a effectivement un concert donné par un couple : une jeune chanteuse et guitariste, blonde et longiligne, à la très belle voix et un grand type légèrement bedonnant à la basse.
Je m’installe et commande un plat au nom imprononçable (makkaraperunat). C’est un plat de street food populaire en Finlande. Il se compose de frites et de tranches de saucisse. Je vais prendre quelques calories. Mais j’en ai bien besoin. Je commande également une espèce de beignet avec un café. Alors que je m’installe pour déjeuner, mes voisines me disent de faire attention aux corbeaux qui ont repéré mon appétissant dessert.
J’assiste à la fin du concert puis reprends ma route plein nord en direction de Turku. Après avoir monté une belle côte tout à gauche, j’arrive sur un immense plateau. D’ailleurs, je vais souvent passer sur le grand pour l’arpenter. J’emprunte une route secondaire alors que ligne ferroviaire est sur ma gauche et l’autoroute plus loin sur ma droite. Le vent d’ouest me pousse légèrement aux fesses. J’avance bon train. Des champs encadrent ma route.
Par contre, je me fais la réflexion que je n’ai encore vu aucun élevage d’ovins ou de bovins. L’après-midi s’étire doucement sous un soleil bienvenu. C’est quand même beaucoup plus agréable. J’arrive à l’entrée de Paimio peu après 16h. Je m’arrête pour consulter mes cartes. Il me faut aussi trouver de l’eau pour mon bivouac. Je repère un phare planté au bout de l’estuaire à 8 bornes au sud de la ville. De plus, il y a une station service sise à la sortie de l’autoroute. Je m’y dirige pour boire une boisson sucrée (mes fidèles lecteurs ont dû constater que je m’abstiens de boire une bière !) et rédiger ces lignes. Auparavant, sur une des nombreuses pistes cyclables sillonnant cette ville, je double un drôle d’engin : une caisse sur roulette pour livraison autonome ! On n’arrête plus le progrès (ou les conneries !).
J’arrive à destination. Ce que j’avais pris pour un phare est en fait un poste d’observation pour les oiseaux (remember mon périple de l’an dernier et un bivouac identique dans les pays baltes). J’y accède en passant devant une somptueuse demeure toute rose puis en longeant un petit port où quelques bateaux à moteur sont amarrés. L’accès au promontoire est interdit mais bon … vous me connaissez. Ce ne sont pas 2 fils électrifiés qui vont m’arrêter.
Une fois sur place, je retrouve rapidement mes automatismes pour monter ma tente (installée sous la structure comme cela, s’il pleut, je serai à l’abri), gonfler le matelas, installer le duvet, me laver avec mon gant de toilette, pianoter, effectuer ma séance de Qi Gong puis (« the last but not the least ») dîner.
Fin de cette nouvelle longue journée à vélo. Je pense que je vais à nouveau bien dormir cette nuit !
Résumé :
116kms, 6h25, 18,1km/h, 920D+ 940D-, nuageux, bivouac