Après m’être couché de bonne heure, je suis réveillé vers 4h du mat’ au lever du soleil. Il est quand même trop tôt pour plier les gaules. Mon alarme est réglée sur 7h. Je me rendors en me couvrant la tête de la capuche de mon duvet pour me protéger de la clarté. A 7h du mat’, j’émerge. Le ciel est à nouveau complètement plombé. De la pluie est annoncée dans l’après-midi. Je verrai bien.
Je retrouve également mes automatismes pour le pliage du bivouac. A 7h30, j’attaque mon super p’tit déj’. Ce matin, ce sera thé noir bien chaud, muesli accompagné d’un yaourt au fruit, pain complet avec miel, banane. Avec ça, je devrais tenir jusqu’au déjeuner.
A 8h, je prends la route. Ce matin, c’est morne plaine. Je circule à nouveau sur de belles pistes cyclables longeant la route principale. Tous les axes sont balisés avec des numéros en rouge. L’EV10 est également balisé. Seulement, il ne faut pas rater un panneau, sinon c’est départ dans la pampa ! De temps en temps, je vérifie, sur ma trace enregistrée sur Mappy.com, que je suis bien sur la bonne route. De plus, le comportement des automobilistes finlandais.es est exemplaire : respect des piétons et des cyclistes, doublement sur la voie de gauche, arrêt aux passages piétons.
Que de retard nous avons dans ce domaine ! Je me répète à chaque voyage mais, lorsque je circule notamment dans ces pays du nord et de l’est de l’Europe, je ne peux que le déplorer. Quant au Plan Vélo de super Macron, comme beaucoup d’autres belles promesses (Convention Citoyenne pour le Climat, Cahiers de doléances des GJ, …), il est passé à la trappe. Deux quinquennats gâchés !
Et, pour parler local à Blagnac, avec notre bon maire J.Carles, réélu à nouveau au 1er tour et pour 7 longues années avec son armée de vieux schnocks, cela ne va pas beaucoup bouger non plus. « C’est la démocratie, M.Dureau ! » dit-il. Effectivement. Mais, si les citoyen.nes ne veulent pas changer leurs mauvaises habitudes, notre pauvre planète va morfler grave. C’est déjà le cas. Il se donne quand même bonne conscience avec, comme 1er adjoint, lors de sa dernière mandature, Stéphanie (pour faire sens à l’écologie) et, lors de celle-ci, Camille (encartée EELV mais ouais !).
Quant à moi, désappointé par le résultat des dernières municipales et notre difficile campagne avec ma liste ECOSOL (Ecologie, Solidarité, Citoyenneté), j’ai décidé d’arrêter mes engagements associatifs et politiques.
Revenons à nos moutons, plutôt rares dans le coin. En milieu de matinée, après avoir longé un axe principal, j’arrive dans la grande ville de Turku avec ses plus de 200.00 habitants. Autant dire que je ne m’attarde pas trop. Je la traverse en empruntant le réseau cyclable.
A la sortie de la ville, je passe devant un chantier de construction de ces immenses immeubles flottants parfaitement écologiques. D’ailleurs, à Helsinki, j’avais vu débarqué, d’un de ces monstres, une foultitude de japonais. De suite, les rues du centre sont devenues beaucoup plus calmes. Je plaisante.
Je remarque également un panneau signalétique au-dessus de la 4 voies avec, comme direction, « Björneborg« . J’étais pourtant persuadé que ce grand champion tennistique était suédois ! Après avoir traversé quelques banlieues, j’arrive à Nanntali où je m’arrête boire mon café matinal. Le jeune patron, également cycliste, s’enquiert de mon itinéraire.
Puis j’emprunte un pont me menant à une des 789 îles d’une superficie de plus d’un km2. Au total, c’est presque 180.000 îles et îlots (et 190.000 lacs répertoriés) ! Celle-ci se nomme Luonnonmaa. J’y croise mon 1er couple de cyclotouristes à vélo électrique. Je longe également un magnifique golf entre lacs et forêts. Je retrouve à nouveau la tranquillité des petites routes secondaires et des pistes en stabilisé.
Peu après 13h, j’arrive à Askainen. Je fais une pause devant la charmante église et son cimetière mitoyen très bien entretenu. Hélas, comme en France dorénavant, l’église est fermée. Dans le village, je trouve un restaurant-magasin associatif où je m’arrête déjeuner. Le personnel est super sympa et l’endroit fort agréable. Par contre, au niveau culinaire, ce n’est pas le top. Au menu : pizza, burger ou stick de poulet/frites. J’opte pour le 3è choix. A défaut d’être gustatif, ce sera à nouveau roboratif.
J’ai oublié de signaler que toutes les personnes rencontrées parlent anglais. Ce qui est beaucoup plus facile pour échanger. En finnois, cela serait plus compliqué ! Après ce déjeuner, je reprends ma route vers le nord. La température de 20°c est idéale pour rouler mais de gros nuages noirs s’amoncellent au-dessous de ma tête.
J’avance bon train sur ces petites routes relativement plates. Je double 3 couples assez âgés (enfin plus âgés que moi donc pas si jeunes que ça !) roulant sur des VAE. Après avoir pris une autre route pour suivre l’EV10 et une pause ciré à cause d’une grosse averse, je vais les doubler à 3 reprises. Vers 16h, comme annoncé, la pluie s’invite. Je renfile mon ciré acheté en Irlande il y a 2 ans. Peu avant d’arriver dans la petite ville de Vehmaa, je repère une maison abandonnée en bord de route et m’y arrête pour m’abriter vu la grosse averse.
Je fais le tour des dépendances à l’abandon. C’est vraiment trop vétuste pour y passer la nuit. De plus, je n’ai pas refait le plein d’eau. Par contre, il faudra que je revienne avec mon collègue Pascal pour y récupérer de vieux vélos laissés à l’abandon. Je poursuis alors mon chemin jusqu’à la ville. Je m’arrête dans un magasin Market pour y faire quelques emplettes et consulter mes cartes. Sur Booking, je trouve un hébergement en dur dans un camping en bord de mer mais c’est à 30 bornes d’ici. Cela fait un peu loin. Dommage.
Finalement, je décide de reprendre la route. J’ai repéré un grand lac pas très loin. Peut-être y trouverai-je un endroit pour m’abriter ? Mais, alors que je sors de la ville, j’aperçois un chalet en bois, perché sur un petit promontoire au-dessus du superbe complexe sportif de la commune. Je m’y rends. C’est parfait ! Je n’aurais même pas à monter ma tente. Un banc en bois ceinturant la pièce fera office de sommier. Avec mon matelas gonflable dessus et mon duvet, ce sera nickel. Fin de ce 5è jour très contrasté (paysages, météo, urbanisme, …)
Résumé :
103kms, 5h25, 19,1km/h, 510D+ 500D-, nuageux / pluie, bivouac