Cette nuit, j’ai fait un drôle de rêve. Allongé sur mon matelas dans ma petite cabane en Finlande, j’ai rêvé d’un grand ciel bleu immaculé. Il devait être vers 5h du mat’. Alors que j’étais bien blotti au chaud dans mon duvet, je m’éveille à nouveau peu avant 7h du mat’. J’ouvre les yeux. Mon rêve s’est révélé réalité. Un grand ciel bleu, presque immaculé, m’accueille en ce 6è jour de périple. Alléluia !!!
Installé confortablement sur une des banquettes en bois, je déjeune à nouveau copieusement. Le campement est vite plié. Vers 7h30, je quitte cet endroit inespéré vu les trombes d’eau (cf vidéo sur mes RS) qui se sont abattues hier soir. J’attaque cette nouvelle journée avec la patate. C’est quand même beaucoup plus sympa de rouler sous le ciel bleu. Cette journée va me ramener sur la côte baltique que je vais longer en remontant au nord.
J’emprunte la splendide route n°1953 qui serpente à travers forêts et cultures. Quelques fermes sont disséminées dans cette paisible campagne. Elles sont toutes très bien entretenues. Les pelouses des maisons sont également fraichement coupées. D’ailleurs, celles où la pelouse n’est pas tondue, indique une maison secondaire voire abandonnée. Après une quarantaine de minutes, je longe le lac repéré hier soir. Justement des résidences secondaires (à la haute pelouse) sont posées autour de ce lac. Peut-être y aurais-je trouvé un abri ?
Après avoir traversé le village de Lokalahti, je rejoins la grande route n° 196. Une piste cyclable la longe. Heureusement vu que la circulation y est plus dense. Je profite d’une pause pipi pour installer mon panneau solaire afin de recharger ma batterie autonome. Autant profiter de M. Râ pendant qu’il est présent. Cette route mène à la ville portuaire de Uusikaupunki. Je quitte l’itinéraire EV10 pour rejoindre le bord de mer. Hélas, au loin, la petite île d’Hanko et d’autres îlots bouchent à nouveau l’horizon.
Je rebrousse chemin puis pars à la recherche d’un café dans le centre. La ville est quelque peu tristoune. Dans le café, les tables sont occupées par des couples de retraités. Je ne dépare pas trop dans le décor ! Après avoir bu mon café, servi comme souvent à la cafetière, et dévoré une viennoiserie, je reprends la route. Le soleil est toujours présent. Pourvu que cela dure … Je retrouve la route n°196 qui m’emmène à Pyhäranta.
Je longe à nouveau la côte mais dans un estuaire. Donc je n’aperçois toujours pas l’horizon. Mouettes et sternes me tiennent compagnie. A la sortie de la ville, la route n°196 bifurque à l’est pour rejoindre l’autoroute E08. Quant à moi, je continue plein nord par une petite route parallèle à la côte. De temps en temps, entre les pins, j’aperçois la mer.
Alors que je viens de sortir du charmant hameau de Santtio, traversé par une piste en stabilisé, je vois au loin un couple de cyclotouristes arrêté sur le bord de la route. Je m’arrête à leur hauteur. C’est un couple d’allemands d’Augsburg au nord-ouest de Munich. Comme moi, ils sont partis d‘Helsinki et espèrent monter au Cap Nord. Lui s’appelle Tomas et elle … Bug ! Et bien je ne sais plus. J’ai oublié son prénom. Alzheimer me guette. On papote un moment avant de reprendre chacun sa route à son rythme.
Vers 13h, j’arrive dans la ville portuaire de Rauma (40.000 habitants, très florissante au XIXè siècle grâce au commerce avec les suédois). Et comme chacun sait : « Tutte le strade conducono a Rauma ! ». Facile. Je m’arrête dans un restaurant en bordure de canal. Au menu ce midi, c’est poulet / frites ou fish & chips. Pour changer, j’opte pour le poisson. Décidément, ce n’est pas très varié. Cependant, il y a un buffet de crudités en entrée et du pain. Avec le café, des galettes au chocolat sont à disposition. Et tout cela pour la modique somme de 14€. D’habitude, c’est le prix d’un plat. Je comprends pourquoi c’est blindé.
Après ce copieux déjeuner, il est temps de reprendre la route en direction de la ville portuaire de Pori. Je verrai en fonction de la météo et de ma fatigue où je pose mes gaules. Cependant, vu mon copieux déjeuner, la fatigue s’installe déjà. Une sieste s’impose. Je sors de la ville. A la première forêt traversée, je trouve une clairière avec un tapis de mousse pour me poser. Je m’octroie mes 30 minutes syndicales. Merci Patron !
A mon réveil, cela va beaucoup mieux. Je peux appuyer sur les pédales sans ballonnement. Je poursuis ma chevauchée fantastique en empruntant à nouveau de belles petites routes de campagne. La trace EV10 a la bonne idée de nous faire traverser le manoir de Vuojoki sur les rives de la rivière Eurajoki. Fondé en 1626, ce manoir fût jadis l’une des plus grandes exploitations bricoles de la province de Satakunta.
Par contre, à la sortie de ce manoir, la trace EV10 m’envoie au sud-est à Eurajoki alors que je dois monter au nord-ouest. J’emprunte plutôt la route bitumée qui part à gauche. Très rapidement, elle se transforme en piste légèrement taulée. J’ai bien fait de mettre des pneus « Schwalbe Marathon Plus Tour » en 700x35C qui me permettent de passer sans problème sur ces pistes. L’an dernier, j’avais pas mal galéré avec mes pneus Schwalbe typés route.
Je retrouve la trace EV10 plus haut et file bon train jusqu’à la bourgade de Luvia où je m’arrête faire quelques emplettes pour mon dîner. Puis je descends rejoindre le bord de mer sur la pointe de Laitakari. Une pelouse en front de mer et devant un terrain de jeux m’invite à poser mon bivouac. Sur une petite plage attenante, quelques jeunes se baignent. Auparavant je file au phare avec vue magnifique sur le Golfe de Botnie sur la Mer Baltique.
Encore une très belle journée surtout avec ce ciel bleu et ce soleil enfin présents.
Résumé :
125kms, 6h28, 19,3km/h, 480D+ 490D-, beau temps, bivouac