J12 – lundi 22 juin 2026 – Parhalhati / Hailuoto

La nuit a été pour le moins ventée. Heureusement que j’avais bien arrimé la tente et qu’il y avait une rembarde pour me protéger. Après ma routine matinale, je reprends la route peu avant 8h. Mais avant de continuer, je voulais dédier cette journée à ma belle-sœur Corinne, expert-comptable bientôt retraitée et dissectologue. C’est la femme de mon p’tit frangin Franck (futur retraité et pongiste) dont je vous ai parlé hier.  Elle fête ce jour son anniversaire qui se rapproche dangereusement d’une barrière fatidique. Mais je n’ai rien dit ! Gros bisous à tous les deux.

Après m’être tapé les 4 kms de chemin pour rejoindre la route, je retrouve l’E08. Je vais longer cette voie pendant une vingtaine de bornes. Heureusement, j’emprunte à nouveau une piste cyclable, de monstrueux poids lourds avec remorques empruntant cet axe. Le vent me posse au cul et j’avance bon train. Je laisse la ville portuaire de Raahe sur ma gauche et file jusqu’à Pattijoki où je bifurque au nord pour emprunter la route 813 en suivant la côte.

En milieu de matinée, je traverse la bourgade de Siikajoenkylä dans laquelle je pense m’arrêter boire mon café. Hélas, comme dans beaucoup de ces bourgades et comme dans les pays baltiques, une supérette fait office de tout ! Sauf que, dans celle de village, il n’y a pas de machine à café. La jeune propriétaire me propose de m’en faire un. Sympa. Je m’assieds sur un banc à l’extérieur du magasin pour le déguster, accompagné d’un beignet à la fraise.

Je suis surpris de voir les quelques clients s’arrêtant devant ce magasin laisser tourner leur moteur. Peut-être une habitude hivernale pour ne pas couper le chauffage ? Quant à la clim, ici, il n’y en a pas besoin vu la fraicheur apportée par le vent frisquet.

Après cette pause-café toujours bien venue, je repars. A la sortie de la bourgade et après avoir franchi le fleuve Siikajoki, je bifurque à gauche pour emprunter une encore plus petite route et longer la mer. Je traverse à nouveau forêts de pins et cultures céréalières. La lumière à travers ces forêts tapissées de mousse est fantastique. Je me régale les yeux et les narines avec ces odeurs de pin frais. Par contre, aucune trace d’animaux sauvages. Je pensais vraiment voir des cervidés. Mais, à part les panneaux, je n’en vois pas la queue d’un. Dommage …

Alors que j’avance à bonne allure, j’entends le bruit caractéristique d’une roue de vélo de course. En effet, un cycliste arrive à ma hauteur. Il me baragouine quelque chose en finnois. Je lui réponds que je ne parle qu’anglais. Et lui non ! Je comprends juste qu’il rentre « home« . Nous avançons de concert à 27 km/h. Mais, à ce rythme_là et vu les faux plats, je ne vais pas tenir jusqu’à sa maison ! Au bout d’un moment, il me salue et je le vois filer avant qu’il n’emprunte un chemin à gauche. Drôle de rencontre …

Après ce détour le long de la mer, que j’aperçois de temps en temps, je reprends la route 813. Peu avant d’y arriver, je me retrouve presqu’en face à face avec un cycliste circulant à gauche de la chaussée. Je me décale bien à gauche pour le laisser passer. En le croisant, je m’aperçois que c’est « une personne porteur de la trisomie 21 » ! Heureusement, il est casqué avec un gilet jaune. Forcément, j’ai une grosse pensée pour mes ami.es de L’Arche-en-pays-toulousain. Et, notamment, pour Cyprien, également triso, qui circule à vélo et qui se tape l’aller/retour depuis son foyer sis à nn jusqu’à L’Arche chaque jour et par tous les temps. Comme quoi, rien n’est impossible !

Je continue sur cette route un petit moment. J’aperçois à nouveau un panneau dont je ne vous ai pas encore parlé. Je le vois depuis mon départ. Il s’agit du dessin d’un phare (?) avec comme inscription « Rantatie Strandvägen » traduit en finnois par « Route de la plage« . Puis je bifurque pour me rendre à Liminka bay. J’y ai repéré un hôtel-restau. Le cadre est superbe. Le bâtiment tout en bois également. Je m’installe à table avec vue imprenable sur la baie. Je commande une pomme de terre farcie à du renne fumé « roasted reideer – paahdettua poroa« . Puis café/gâteau chocolat évidemment ! C’est délicieux. Si vous avez l’occasion de vous balader dans le coin, je vous recommande cet endroit.

Il est l’heure de reprendre la route après avoir visité le superbe centre d’observation consacré aux oiseaux. J’en connais un, le maître de mes clés et de ma plante (Pascal E. pour ne pas le nommer), membre de la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) qui se régalerait. Il y a même un tétras empaillé. A ce sujet, je recommande vivement, à celles et ceux qui ne l’ont pas encore vu, le superbe film « Le Chant des forêts » de Vincent MUNIER avec son père et son fils. Cela parle notamment de la disparition de cet oiseau emblématique des Vosges, de transmission, d’observation du vivant, de la connerie humaine, … 

Quant à moi, je repars en longeant la route 813 jusqu’ à Liminka. Puis j’emprunte une petite route longeant la voie ferrée pour arriver au sud d’Oulu, grande ville de plus de 200.000 habitants. Je vous reparlerai d’un autre film au sujet de cette ville mais demain. Plutôt que d’y aller, je suis le conseil de ma serveuse d’hier et je file vers l’embarcadère de l’île d’Hailuoto. Par contre, je dois me taper 14 bornes vent dans le nez. Et ça souffle fort !

Mais, après avoir suivi une belle piste cyclable balisée, je me retrouve sur une mauvaise route avec peu de circulation. Bizarre. J’arrive finalement devant le minuscule embarcadère de Varjakanssari ! J’ai suivi bêtement ma trace dont l’objectif initial pointait sur une tour d’observation à 500m de là. Et, comme j’ai décidé au dernier moment de me rendre sur la grande île ce soir, je dois reprendre cette méchante route pour effectuer les 7 derniers kms avant d’arriver au bon endroit.

Effectivement, il y a beaucoup plus de circulation. J’arrive pile-poil alors que les dernières voitures embarquent. Je suis le seul vélo. Sur ma gauche, un camion aménagé et bariolé porte un écusson « The Baltic sea circle 2026« . Cela fait plusieurs fois que je vois des véhicules avec cet écusson. D’ailleurs, après avoir débarqué, j’en croise d’autres qui foncent à vive allure pour choper l’embarcadère. Je vais me renseigner.

Après une traversée de 7 kms en longeant le futur pont qui est en fin de construction, je débarque sur l’île (ou plutôt presqu’île maintenant !). Il me faut maintenant trouver un point de chute. Surtout que je commence à fatiguer après cette longue journée à pédaler. Finalement, je repère un tout petit port avec une jetée en plein vent. Je m’y rends. C’est parfait. Je suis seul et, vu le vent qui souffle et le peu de végétation, je ne serai pas emmerdé par ces satanés moustiques.

Fin de cette nouvelle belle journée finlandaise sous le ciel bleu et un soleil printanier.

Résumé :

137kms, 6h34, 21km/h, 190D+ 190D-, beau temps, bivouac


Laisser un commentaire