J13 – mardi 23 juin 2026 –  Hailuoto / Li

Ce matin, c’est le clapotis des vagues contre la jetée qui me tire du sommeil vers 4h du mat’. J’étais même en train de rêver (cauchemarder ?) que les vagues passaient par-dessus la jetée et que l’eau commençait à envahir ma tente ! Souvenir de mon escapade irlandaise d’il y a 2 ans où, pendant une tempête, le toit de ma tente s’était détaché et je m’étais retrouvé à loilpé dans mon duvet sous des trombes d’eau !

Finalement, j’émerge vers 6h30. Je prends un p’tit déj’ avec les restes de mes provisions (reste de muësli avec du thé et gâteaux secs !). Il va falloir que je refasse les courses et le plein d’eau. Je suis presque à sec. A 7h30, je quitte ce bivouac venté pour me diriger vers l’ouest de l’île. Auparavant, je bifurque pour aller voir l’Organum qui m’intrigue.

Après avoir emprunté une piste forestière, j’arrive à cet endroit. Ce n’est qu’une sculpture en béton assez originale réalisée par Hai Art. Elle a été conçue par le célèbre artiste acoustique Lukas Kühne.  De plus, une belle maison en bois, avec toilette sèche à côté, a été bâtie récemment. Malheureusement, elle n’apparaît pas encore sur mes cartes. Hier soir, il aurait fallu que je fasse dix bornes en plus … mais cela aurait été un bivouac au sec et sans vent.

Puis je reprends ma piste aux étoiles avant de retrouver la route n°816 traversant cette île de 30 kms de longueur. Je m’arrête au superbe cimetière de Hailuoto pour refaire mon plein d’eau. Par contre, il n’y a rien à voir dans cette bourgade bâtie au centre de l’île. Vu sa position, elle sert d’approvisionnement avec deux supermarchés, une station service, une grande école, un bâtiment administratif  et quelques maisons.

Je file tout droit, vent dans le nez, à travers une immense forêt de pins et quelques cultures jusqu’à la pointe de l’île à Marjaniemi.C’est un ancien village de pêcheurs. Les petites maisons rouges ont été transformées en résidence secondaire. Dans le port, un magnifique 2 mâts, deux bateaux de sauvetage en mer et quelques bateaux de pêche sont amarrés. De l’autre côté, des surfeurs profitent du vent pour faire mumuse dans cette mer sombre et inhospitalière. Un bel hôtel-restau domine le large. Je n’y entre pas pour prendre mon café vu que la salle est occupée par de vieux couples en train de déjeuner. Je ne voudrais pas, à nouveau, faire tâche comme avec Iker, surnommé Le Flamant Rose et moi La nouille jaune, en Norvège 2020.

Au début du XXè siècle, cette île comptait près de 2.500 habitants vivant pour l’essentiel de la pêche. Aujourd’hui à peine 1.000 personnes y résident.

Il ne me reste plus qu’à faire demi-tour et reprendre le chemin inverse, mais, cette-fois-ci, vent dans le dos. Le premier café à Hailuoto n’ouvre qu’à dix heures. Trop tôt. Le second, devant un camping rural, est fermé. Le troisième sera le bon. C’est une petite bicoque en bois tenue par une charmante jeune femme. Elle me sert un café frais et une part de gâteau caramel-rhubarbe. Un délice ! Elle est pâtissière et peintre ! Ces tableaux sont exposés dans l’arrière boutique et sur la façade de son bâtiment. Après cette pause fort sympathique, je file bon train jusqu’à l’embarcadère.

J’y arrive alors qu’une file de voitures fait la queue. Je passe devant tout le monde, privilège de cyclistes ! Au bout d’une dizaine de minutes, le traversier arrive. Je suis le premier à monter à bord et également à en sortir. J’ai oublié de dire que la traversée est gratuite et que l’immense ouvrage (7kms de long avec 2 ponts dont un  pour que les bateaux puissent passer dessous) aux travaux pharaoniques, ouvrira en octobre.

Cette escapade sur l’île me fait penser à la chanson mélancolique de Michel JONASZ : « Les vacances au bord de la mer ». Je vous laisse découvrir les paroles qui me rappellent ma jeunesse et les problématiques financières de mes parents avec 4 garçons à élever et un seul salaire de contremaître qui rentrait. Autant dire que « Les palaces, les restaurants. On faisait que passer devant« . 

Après 20 minutes de traversée que j’occupe à noircir ces lignes, je reviens sur le continent. Je n’ai plus qu’à reprendre la piste cyclable en sens inverse et aller, vent dans le dos, jusqu’à Oulu en j’arrive en début d’après-midi. En centre-ville, je m’arrête déjeuner dans un restau « Rooster » avec un menu en libre-service pour 14€ (crudites à volonté, boulettes de viande / frites / légumes, brownie au chocolat, café). Il faudra que j’en parle à Henri pour organiser un prochain TGV (Tourisme-Gastro-Vélo) avec le STC (Stade Toulousain Cyclisme).

Il est 14h30 quand je reprends la route en direction de Kemi. Je vais essayer de m’en approcher au maximum afin de faire un arrêt au stand demain.Auparavant, je me balade dans Oulu, belle ville plantée en bordure de mer. Dommage qu’une usine avec 2 tours crachant leurs fumées gâche le paysage. Je connaissais cette ville grâce au documentaire « Bike vs Cars » de 2015. On y voit, entre autres, des écoliers se rendant à l’école à vélo en plein hiver et sous la neige.

D’ailleurs, depuis ce matin, je ne fais que circuler sur des pistes cyclables. Même en suivant la route secondaire 847 puis la roue européenne E08, un axe cyclable longe ces voies. De plus, à chaque croisement, le cycliste est prioritaire. Que de retard nous avons en France sur ce sujet ! 

Finalement, j’arrive dans la ville de Li (oui, Li). Je m’y arrête faire mes emplettes et consulter mes cartes. Je repère un Outdoor Shelter à 5 bornes du Market. C’est parti mon kiki. Par contre, pour y accéder, je dois emprunter un parcours de 2 planches juxtaposées pendant 500 mètres. Autant dire que c’est plutôt périlleux. L’abri est spacieux. Quelques promeneurs défient les moustiques particulièrement présents dans ces marécages en bordure de mer.

Quant à moi, je vais essayer de dormir dans mon abri après cette nouvelle longue journée de cyclotourisme finlandais.

Résumé :

125kms, 6h12, 20,1km/h, 330D+ 330D-, beau temps, bivouac


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