J21 – mercredi 1er juillet 2026 – Utsjoki / Karigasniemi

Que c’est bon de dormir dans un vrai lit sous un toit ! Ce sont des choses simples dont on ne se rend même plus compte. Et dire que, en France, il y a encore des familles avec des enfants qui dorment à la rue. En 2017, c’était un des engagements de Super-Macron selon lequel personne ne devrait plus dormir à la rue, migrants compris. On n’en est bien loin hélas …

Le renne en balade devant le poste frontière hier

Ce matin, alors que pour une fois j’étais dans le noir complet, je me réveille peu avant 7h du mat’. Hier soir, je pensais regarder le match France-Suède mais, à minuit heure locale, je roupillais depuis belle lurette. Cependant, j’ai regardé la qualif’ de la Norvège contre la Côte d’Ivoire. Vu l’ambiance, j’espère pouvoir regarder le 1/4 de finale en Norvège. Cela devrait être chaud patate.

Peu avant 8h, je quitte mon petit chalet. Je pense à déposer la clé dans la boîte dédiée. Le ciel est couvert mais, au sud, c’est bleu ! J’ai vraiment bien fait de faire un break hier. Je traverse à nouveau Utsjoki endormi. Sur ma droite, je passe devant le restau d’hier midi et, au fond, le grand magasin où on trouve de tout. J’ai même trouvé une paire de lacets, les miens étant en train de lâcher. 

Puis je bifurque à gauche devant le poste frontière pour emprunter la route n°970 en direction de la ville de Karigasniemi distante de 101 kms. Une paille !

Je repasse devant le village de vacances Deatnu où j’ai dormi la veille. Puis je file plein sud en longeant le fleuve Tana (Teno en finnois et Deatnu justement en same), et non pas la rivière comme écrit hier. Ce fleuve marque la frontière entre la Finlande et la Norvège sur 256 kms. Ce fleuve est notamment réputé pour la pêche au saumon sauvage.

J’attaque par de belles montées, avec un vent de face venant du sud qui me tiendra compagnie toute la journée. Ce vent s’engouffre entre les deux versants des montagnes finlandaises et norvégiennes. De temps en temps, j’aperçois de beaux chalets en bois en bord de fleuve. 

Le long de la route, depuis un moment, sont positionnés ces panneaux. Mon traducteur me dit « Terres domaniales« . J’ai plus l’impression que ce sont des panneaux de direction pour les moto-neiges. A vérifier …

Alors que le voile nuageux s’est déchiré, je rencontre à nouveau un beau renne mâle (poro en finnois, bohccot en same) au milieu de la route. 

Il n’a pas l’air très farouche. Je ralentis en arrivant sur lui. Il s’en va tranquillement dans les frondaisons.

J’ai vraiment bien fait d’écouter Emmanuelle de la « Ferme des Huskis » et, aussi, de partir sous le beau-temps. En effet, les paysages sont grandioses. Par contre, c’est plutôt physique. J’enchaîne de grosses montées / descentes vent dans le nez …

… sur une belle route sans aucune circulation. Je ne croiserai qu’une vingtaine de véhicules dans la journée.

Peu avant 10h, en traversant le hameau de Tanssijoki, je repère un petit camping sur la gauche, avec un café, non indiqué sur mes cartes. Je m’y arrête. Au-dessus de ma table est affiché un tableau avec les fameuses prises de saumon. Impressionnant ! Je profite de cet endroit pour acheter un sandwich. En principe, je ne devrais pas trouver d’autres café-restaus avant de parvenir à destination.

Je continue mon petit bonhomme de chemin en dominant le fleuve. Sur ma droite, en contrebas, j’aperçois un hameau norvégien aux maisons rouges et, au fond, des montagnes encore enneigées.

Je continue à monter et descendre en fonction du profil de la route. Celle du côté Norvège est beaucoup plus haute. Emmanuelle m’avait bien conseillé de rester côté Finlande.

Après 3 heures de vélo, je passe devant le panneau qui m’indique que je suis à mi-route. La journée va être longue.

A partir de là, la route devient un peu  moins exigeante. Quant au fleuve, de grands bancs de sable viennent magnifier ce paysage. Cela me rappelle ma Loire natale.

Je progresse tranquillement dans ce beau décor alors que les nuages refont leur apparition. Je ne suis plus qu’à 29 kms du but.

Par contre, il commence à faire faim. Il est 12h40. Je m’arrête sur un parking où est stationnée une remorque contenant des pieux en bois servant à délimiter les parcs à rennes. Comme il n’y a pas de banc, je m’assois sur cette remorque pour dévorer mon sandwich.

Un peu plus loin, je passe devant un cimetière perdu au milieu de nulle part.

Je reprends ma route. Je commence à accuser la fatigue entre les raidards montés à 5km/h et le vent de face. Plus que 11 kms. Une grosse demi-heure.

Il est 14h20 quand j’arrive enfin dans cette ville de Karigasniemi. J’en ai plein les bottes ! Comme à chaque entrée de ville, une piste cyclable m’attend sur la gauche de la chaussée. Je me dirige vers le centre.

Après avoir failli faire un strike avec quatre ados à vélo stationnés en plein milieu de la piste cyclable, je m’arrête au magasin de la ville pour y refaire mes emplettes. En chargeant ma sacoche avant gauche, contenant popote, réchaud et bouffe, je m’aperçois que j’ai perdu l’écrou de la vis de la barre d’attache. Je sors un collier de serrage pour consolider l’attache en attendant de trouver l’écrou adéquat.

Puis je pars au café du camping, juste à côté, pour boire un café et consulter mes cartes. J’en profite pour demander le prix d’un emplacement. C’est 25€ sans électricité. Un peu cher quand même. J’entame la conversation avec le fils de la patronne pour lui demander où je pourrais trouver un laavu dans le coin. Il recherche sur ses cartes et m’en dénichent un à une dizaine de kms. J’apprends qu’il a bossé à Edimbourg, ville que je connais bien, vu que j’y étais monté 2 fois en auto-stop, avant de passer mon bac, pour rencontrer ma correspondante. Il me montre également le site d’un ami à lui qui voyage à travers le monde à vélo. On papote un moment. Je lui fais remarquer que payer 25€ pour juste prendre une douche chaude, c’est quand même un peu cher. Finalement, après m’avoir offert un second café, il me propose l’emplacement à 10€. Vendu !

Je m’installe. Mon emplacement domine la rivière Inarijoki qui se jette dans le fleuve Tana un peu plus au nord.

Je m’installe puis vais prendre cette fameuse douche chaude fort bien venue. Comme à chaque fois, les sanitaires sont d’une propreté incroyable. Je monte ensuite dans la pièce commune. C’est également nickel. Je m’installe à une table pour rédiger ce blog quotidien en buvant une bière « Saku » devant un portrait de lapons.

Ensuite, j’irai justement dans une tente identique pour faire griller mes saucisses achetées tout à l’heure !

Après avoir vu tous les autochtones manger leurs saucisses cuites au feu de bois dans les laavu, j’avais trop envie d’essayer. Cela tombe à pic ! Ce sera donc deux saucisses chaudes pour ce soir et deux saucisses froides pour mon p’tit déj’ demain.

Encore une magnifique journée de cyclotourisme malgré les côtes et le vent.

Résumé :

100kms, 6h00, 16,7km/h, 770D+ 710D-, beau temps / nuageux, camping


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