J27 – mardi 7 juillet 2026  – Isnestoften / Oksfjordhamm

Waouhhhh !!! Hé bé, quelle nuit les ami.es ! Elle me rappelle la fameuse nuit en Irlande il y a 2 ans où, vers 2h du mat’, je me suis retrouvé à loilpé sous des trombes d’eau alors que le toit de ma tente venait de se détacher. Cette nuit, après qu’il a commencé à pleuvioter, je rentre au chaud. Mais, les hallebardes commencent à tomber. Puis, le vent ayant tourné, la tempête se lève. Cela dure toute la nuit. La tente est secouée dans tous les sens mais tient bon. Par contre, je suppose que l’eau, qui tombe drue, s’accumule dans une légère cuvette sous ma tente. Je me retrouve donc avec le matelas gonflable trempé.

Avec l’humidité qui remonte, j’enfile mes jambières et me couvre, en plus de mon tte-shirt à manche longue, avec ma doudoune. J’attends patiemment que le « jour » se lève. A 6h30, je suis déjà d’attaque. Dans un des sept blockhaus, je trouve un mur qui me protège du vent pour déjeuner tranquille. Je profite de ce moment pour étendre toutes mes affaires trempées. Vers 8h30, je quitte ce magnifique spot (par beau temps) avec ce lagon qui permet d’atteindre à pied l’île (à gauche).

Le ciel est plombé. La température a chuté à 10°c. Mais il ne pleut plus. Je quitte mes blockhaus alors que ma voisine doit encore dormir. Après 5 kms de petite route calme, je retrouve la route E6. En ce mardi matin, cela ne circule pas pour le moment.

Revenons à nos moutons. Le long de la route, les torrents et les cascades dégueulent dans les fjords l’eau ingurgitée cette nuit. Ça déborde de tous les côtés.

Je longe un immense fjord qui s’enfonce loin dans les terres. De l’autre côté, j’aperçois la charmante église d’un hameau perdu accessible par la route n°882 qui arrive sur un cul de sac en bord de mer.

La route est plate. Le vent me pousse légèrement aux fesses. J’avance bon train. En milieu de matinée, j’arrive au bout du fjord dans le village de Bognelv. Un banc de sternes ou de mouettes rieuses (joker!) tient réunion en bord de fjord. J’hésite à m’arrêter boire mon café dans le commerce local. Finalement, je file jusqu’au village suivant de Burfjord au fond du fjord du même nom.

Après avoir bu mon café dans le commerce, qui fait office de station-service, superette, café et restau, nommé « Café E6« .Le cuisinier argentin papote, en italien, avec de nombreux motard.es en pause également. En sortant, l’un d’eux me demande où est le moteur. Je lui montre mes deux cuisses, ce qui les fait bien rire. D’ailleurs, mes moteurs vont servir vu que je vais me taper mon premier col de la journée dans la foulée.

Mais, auparavant, je rencontre Alexis, en mode bike-paking, qui monte au Cap Nord en provenance de Namur. Au départ, on converse en anglais pour se rendre compte que ce sera plus facile en français ! En tant que belge, il me parle du scandale Balogun, joueur américain suspendu contre la Belgique mais repêché par Infantino, président de la FIFA, à la demande de Trump. Que d’honnêtes, belles et sympathiques personnes. Heureusement, les belges ont écrabouillé les USA. La morale est sauve. Chacun reprend sa route, lui vers le nord, moi vers le sud.

Vers 13h30, je m’arrête déjeuner à Badderen dans le même type de commerce. Ce midi, ce sera fish&ship. Je discute avec  un norvégien qui m’explique que, si la Norvège est indépendante, c’est grâce à la France et à la défaite de Napoléon à Waterloo. Suite à sa victoire, l’Angleterre a demandé au Danemark de rendre sa souveraineté à la Norvège. On en apprend tous les jours. Quand il me demande quelle est ma date de retour et que je lui dit que je ne sais pas, il me fait, cette fois, référence aux Vikings en me disant « Va où te pousse le vent !« . Cela me va bien comme devise. J’adore ces rencontres de café. Mais, il me faut repartir. Surtout qu’un gros morceau m’attend. Sans le savoir, je vais grimper sur un des sommets que je vois au loin (sur la photo du dessus). Après une très longue montée, je pense avoir fini. Mais non, le tunnel est interdit aux vélos.

Je bifurque donc à droite pour emprunter l’ancienne route. Je suis surpris de voir que j’emprunte aussi l’EuroVélo1.

J’arrive enfin au sommet de ce col. Quelle grimpette ! Par contre, les nuages accrochent les sommets qui culminent à 1.000 mètres. 

Je m’arrête sur le parking sommital pour admirer le paysage.  J’y rencontre un couple de grenoblois en camping-car. Je papote de nos parcours respectifs avec le gars alors que sa femme regarde aux jumelles le troupeau de rennes posés sur un névé. On se souhaite bon voyage.

Il est temps d’attaquer la descente. Avant cela, j’admire ce bel hôtel au toit herbeux.

J’admire aussi ce superbe arc-en-ciel qui plonge dans le fjord. Incroyable !

La vue de l’autre côté du fjord n’est pas mal non plus. Le ciel bleu perce un peu. J’espère qu’il fera beau en bas. J’attaque la descente vertigineuse, sous le crachin et dans le froid. Couché sur le vélo, je bats mon record à 61km/h !

Je reviens au niveau de la mer sous un ciel beaucoup plus clément avec de belles éclaircies. L’heure avance. Il me faut à nouveau trouver un endroit où dormir. Je regarde mes cartes.  La route E6 longe à nouveau la mer. Je repère un camping à une quinzaine de kms. Encore une petite heure de route. Finalement, je me dirige vers un parking aménagé pour camping-cars. Déjà, je refais le plein d’eau. Puis, à côté, sur le terrain de foot, je dégote un emplacement sympa. J’étale mon barda pour le faire sécher alors que le vent souffle et que le soleil brille un peu. J’en profite pour faire ma toilette et partir en repérage au cas où …

Coup de bol. Je tombe sur ce kiosque un peu à l’écart et caché par un bâtiment devant. La porte ferme mal et est bloquée par un rocher. J’entre. C’est propre avec vue imprenable sur la mer, le fjord et les sommets enneigés. Ce sera parfait pour cette nuit ! Je vais dormir au sec.

Malgré la météo maussade, encore une magnifique journée à vadrouiller dans ces fjords sauvages.

Résumé :

97kms, 5h31, 17,6km/h, 1170D+ 1220D-, nuageux, squat


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