Réveillé comme d’hab’ vers 6h30 du mat’ après une longue nuit de sommeil réparatrice. J’ai dû m’endormir vers 21h. Autant dire que j’aurais eu du mal à assister à l’incroyable victoire des norvégiens sur les brésiliens. Ce matin, le ciel est encore bleu immaculé. Quand j’émerge vers 7h, il fait déjà 21°C. Je plie les gaules, déjeune puis me rends aux toilettes pour remplir mes gourdes.

Je retombe sur le jeune bulgare rencontré à la sortie du tunnel de la mort qui tue. J’apprends qu’il se surnomme Vince (Venceslas). C’est lui qui bivouaquait à droite de la photo. La tente verte, elle, est occupée par deux jeunes arrivés fort tard hier soir. Le bulgare me dit qu’il part faire des enregistrements sonores à la cascade un peu plus haut dans la montagne. Quel drôle de métier ! Cela lui permet d’en vivre et de voyager à vélo à son rythme. Comme Niki hier qui bosse de temps en temps puis part en voyage avec l’argent gagné. Peu avant 8h, je reprends la route E06.

Je retrouve le bruit sourd des poids lourds qui sont de retour. Comme vous le constatez, la bande cyclable n’est pas très large. Heureusement, nous ne sommes pas en France. La majorité des conducteurs attendent avant de doubler ou se déportent bien sur la gauche. A ce jour, je n’ai rencontré que deux abrutis, dont un camping-cariste (je n’ai pas pu voir sa plaque tellement j’ai eu peur), qui m’ont vraiment frôlé les miches. Après une dizaine de kms, je passe devant le hameau de Aisaroaivi avec sa magnifique chapelle perdue au milieu de nulle part.

Je parcours un immense plateau désertique parsemé de quelques paquets. Et moi, je joue avec les miens de plateaux. J’enchaîne de longs faux-plats montants sur le plateau du milieu puis de longs faux-plats descendants sur le grand plateau. Je croise, en se saluant, quelques cyclotouristes montant vers le Cap Nord. Puis c’est un défilé de gars en mobylette trainant une cariole. Et aussi, huit Crazy Food Trucks bariolés se rendant à je ne sais quelle manifestation. Mais, il n’était pas hier au Festival des Troll …

Je finis par arriver en haut du col de Sennalandet (rien à voir avec le fameux pilote automobile brésilien) qui culmine à 385 M.O.H. (meter over h??). Je m’arrête devant une ferme, à l’ambiance lugubre, désertée de ses habitants. Puis j’attaque une belle descente. Certains cyclos croisés sont à la peine.

En bas, près d’un lac et d’un village de mobil-home, de samis peut-être, je m’arrête près de ce magasin de vente de peaux et de bois de rennes. Je demande à la vendeuse si, par un heureux hasard, elle n’aurait pas du café. Hélas non. Je lui conseille justement d’en proposer. Comme cela, les gens s’arrêtent pour boire un café et regardent la marchandise. C’est ce qu’on appelle en marketing, je crois, un « produit d’appel.

Je repars. Puis grimpe à nouveau un petit col à 280m suivi d’une belle descente virageuse avant d’apercevoir la mer en contrebas.

J’arrive du côté nord de la baie d’Alta que j’aperçois au fond. A l’entrée du village de Rafsbotn, je m’arrête devant un commerce tenue par une jeune asiatique. Toujours pas de café. Plus loin, j’essaie à un petit camping en bord de mer. Toujours chou blanc. Il est 11h. Je suis en manque. Finalement, ce sera à l’entrée d’Alta que je trouverai ma dose quotidienne, dans une boulangerie-pâtisserie, accompagnée d’un succulent brownie au chocolat maison.

Dès l’entrée d’Alta, j’emprunte une piste cyclable qui traverse cette grande ville de ?? Habitants étalés dans 3 baies. L’aéroport international se trouve dans la 1ère. Dans la seconde, je m’arrête faire mes emplettes chez Extra. Quelle n’est pas ma surprise de retrouver Claude (que j’ai malencontreusement nommé Loïc en pensant à mon ami toulousain originaire de Carnac).

On papote un long moment puis nous repartons ensemble. Il est en stand-bye en attendant son avion pour Paris et va visiter le musée à la sortie de la ville. Il a 72 ans. Bon pied, bon œil et langue bien pendue ! C’est un sportif accompli avec plusieurs PBP (Paris-Brest-Paris avec 1.200 kms pour les incultes) à son compteur, marathonien en 3h28 à 70 ans et beaucoup de cyclos et périples à vélo. Dans sa ville de Pontivy et sa Bretagne natale, il est connu comme le loup blanc nommé Claude BERNARD. Un charmant et sacré personnage.

Mais l’heure tourne et je n’ai toujours pas déjeuné. Je décide de quitter la ville et d’essayer de trouver un endroit au calme pour casser la croûte de mon casse-croûte. Adieu Alta !

Alors que je redescends vers un nouveau fjord et que le tunnel (au milieu de l’image) est à nouveau interdit aux modes doux, j’emprunte l’ancienne route un peu plus bas.

Je tombe sur un abribus idéal pour faire la sieste après avoir déjeuné avec vue sur fjord ! Alors que je roupille, j’entends une sonnette de vélo. C’est Vince qui arrive et me demande si tout va bien. Yes man !

Après ma demi-heure syndicale, je repars. Comme d’hab’, le ciel s’est couvert de nuages. La température est également baissée et le vent levé. Mais cela reste très agréable. D’autant plus que le spectacle est toujours au rendez-vous. Je contourne ce fjord pour éviter le tunnel.

Alors que je traverse un village avant de retrouver l’E6 plus haut, je retombe sur Vince à la pause ravitaillement en eau …

… derrière cette charmante église et ce monument dédié aux mineurs du village. Nous échangeons sur le programme de cette fin de journée. Il a décidé d’aller bivouaquer 7kms plus au sud. Je décide de l’accompagner jusque là. Moi, je filerai plus loin. Arrive un autre couple de cyclotouristes. Ce sont mes deux allemands que j’ai suivi pour monter au Cap nord. On les laisse manger leur pizza et on repart.

Nous retrouvons l’E6 qui a emprunté le tunnel puis le pont.

J’abandonne Vince à Talvik sur le parking en bord de mer derrière la supérette du coin. J’espère ue l’endroit lui convient. Moi pas trop. Donc je file comme prévu jusqu’à la pointe où j’ai repéré un emplacement insolite.

A la sortie de ce village, j’aperçois une ferme perchée sur la colline. Des vaches paissent dans le champ devant. Il me reste une bonne dizaine de kms avec encore quelques belles bosses à grimper.

Je quitte la route E6 qui emprunte un tunnel pour couper cette pointe et m’y dirige en suivant l’ancienne route. Je traverse ce village de Isnestoften pour aller de l’autre coté sur un promontoire dominant la baie. J’arrive dans cette zone nommée Alta kystfort. Une tente est déjà plantée. Une femme assise contemple la mer. Je la salue et part plus loin. C’est un endroit où se trouvaient 7 bunkers pour défendre l’entrée dans Alta. Ils ont été dynamité. Cependant, je trouve un endroit incroyable pour bivouaquer avec vue sur mer.

Je dresse le campement, déjeune puis allume un feu pour me tenir chaud. La température a sacrément chuté. Il ne fait plus que 13°C. Alors que je rédige tranquillement ce texte, l’orage éclate. Je rentre vite fait au sec. Fin de cette nouvelle très belle journée avec un final dantesque. Il tombe des hallebardes !
Résumé :
111kms, 6h04, 18,3km/h, 1.080D+ 1.210D-, beau temps/nuageux/pluie, bivouac
