Réveillé à 6h30 du mat’ comme d’hab’ après une superbe nuit dans ma window room. Heureusement, depuis quelques temps, j’ai retrouvé mon masque COVID noir, trainant au fond de ma trousse de toilette. Je m’en sers comme bandeau sur les yeux pour cacher la luminosité nocturne. Ce matin, le ciel bleu a refait son apparition. Un léger nuage accroche les sommets de l’autre côté du fjord. Un pur bonheur matinal accompagne mon p’tit déj’ pris sur une table. Quel luxe !

Peu après 7h30, je quitte mon Home Sweet Home, titre d’une superbe chanson d’une tristesse infinie de Peter Gabriel sur son 2è album de 1978. Je passe devant le parking à camping-cars qui s’est bien rempli dans la soirée. Sans commentaire. Vous savez ce que j’en pense …

Je retrouve ma route E69 et mon EV1. Cet itinéraire EV1 est aussi appelé « Atlantic Coast Road » et « Vélodyssée » pour sa partie française. J’en avais emprunté un tronçon lors de mon premier périple de Blagnac à Oslo en 2020.

A ce propos, j’ai oublié de vous conter l’anecdote du vieil homme érudit rencontré hier au restau. Il m’a également parlé de BicyclettMan, cyclotouriste français hyper connu, qu’il avait eu l’occasion d’héberger chez lui.

Je retrouve donc ma route E6 particulièrement calme ce matin. Et ça me va très bien ! Les conditions météo sont parfaites. La route longeant un nouveau fjord est très agréable et relativement roulante. Alors que j’emprunte un morceau d’ancienne route fléchée EV1, je tombe sur un magnifique veau qui broute paisiblement dans un champ dans un décor de film. Je pense que c’est de la race des Highlands. J’en avais vu en Ecosse. Les adultes ont de grandes cornes.

Il est trop mignon avec sa frange qui lui tombe devant les yeux. Ses potes viennent nous rejoindre dont un magnifique spécimen marron mais qui reste un peu à l’écart. Je les laisse à leur occupation favorite : brouter !

Je repars tranquillou dans ces paysages de rêve. Je retrouve la route E6. La circulation est toujours aussi calme. Alors que j’emprunte la piste cyclable à l’entrée de la bourgade de Storslett sise au fond du fjord, j’entends un bruit bizarre. J’ai dû passer sur quelque chose. Puis, un peu plus loin, c’est un bruit métallique qui m’interpelle. J’espère que je n’ai pas perdu la barre d’attache de ma sacoche avant. Tout semble normal. Mais, en regardant sur ma gauche, je m’aperçois que je n’ai plus de rétroviseur ! C’est la partie fermée puis le miroir qui sont tombés. Je remonte pour les récupérer. Je refixe le tout en les solidifiant avec un serre-?

Rien de catastrophique. Je traverse cette bourgade puis file jusqu’à celle de Sørkjosen pour faire une pause cacafé (spéciale dédicace à ma puce), accompagné d’un cookie chocolat noir maison (forcément), dans un superbe hôtel-restaurant nommé På Taket Kafé (Café sur le toit) qui donne sur le port. J’en profite pour recharger également les batteries de mes appareils. Je fais le plein d’eau aux toilettes et je repars. Je parcours une centaine de mètres quand je m’aperçois que j’ai oublié ma gourde aux toilettes. Quelle gourde ! Demi-tour gauche. Et c’est reparti. Toutefois, mes fidèles lecteurs remarqueront que je n’ai encore rien perdu (lunette, porte-monnaie, sandale, …). Je touche du bois, en l’occurence la table sur laquelle j’écris ces lignes.

Alors que je repars de l’hôtel, je vois un couple en mode bike-paking qui passe sur la piste cyclable. Je pars en chasse patate. On s’amuse comme on peut. Par contre, pour éviter le tunnel, on part à nouveau dans la pampa sur l’ancienne route. Et là, ça grimpe sec pendant 5 bornes. La jeune femme moins chargée file devant, son compagnon suit derrière et moi je m’accroche sur la plaque du milieu à 10km/h. Alors qu’on arrive pas loin du sommet, qu’elle n’est pas ma surprise en apercevant au loin Vince le bulgare poussant son vélo. J’arrive à sa hauteur, lui demande si tout va bien, me dit que oui, qu’il a pris le bus hier pour éviter la montée du col et qu’il est peu cuit. Je le quitte à nouveau. J’arrive en 3è position mais pas loin derrière ce jeune couple. Ils font un stop alors que j’attaque la descente (60,3km/h, record non homologué). Je longe à nouveau un fjord avec sur ma droite l’ile d’Uloya et au fond des sommets qui culminent à 1.600 mètres !

Le spectacle est toujours aussi grandiose. Je ne vois pas les kilomètres défiler tellement il y a de choses à voir. Là, c’est cette vieille bâtisse au toit de terre qui fait face à ces sommets. C’est absolument sublime. Si vous ne savez pas quoi faire pendant vos vacances, je vous recommande vivement de venir ici. De plus, la température y est vraiment agréable par rapport à nos régions tropicales.

J’arrive à la bourgade d’Olderladen où je dois prendre mon ferry (ligne 91) pour rejoindre Lyngseidet. J’en vois un qui vient de partir. Ce n’est pas grave. J’ai tout mon temps.

Arrivé au port d’embarquement, il y a un point café-restau. Il est bientôt 13h. L’heure de casser la croûte. Pour en revenir à ces panneaux, il semblerait qu’il y ait deux langues officielles en Norvège : le bokmål (plutôt au nord et sud-est) et le nynorsk (au sud-ouest); la 3ème étant le same pour les samis norvégiens (lapons). A confirmer pour ces panneaux d’entrée de commune.

En arrivant sur zone, j’aperçois deux canaris déplumés en train de déjeuner. Ayant vu mon maillot de l’Ariégoise, ils m’interpellent en français. Je m’installe à leur table et tape la causette habituelle entre des cyclos qui se croisent : « D’où êtes-vous, d’où venez-vous, où allez-vous ?« . D’ailleurs, à ce sujet, en roulant, j’ai eu une idée. Je vous en reparlerai. Il s’agit de Cathy et Didier qui sont partis du Havre et qui montent évidemment au Cap Nord. Ils m’expliquent qu’ils n’ont commencé le vélo qu’il y a 2 ans depuis leur retraite. Ils vont tranquillou à leur rythme sur leur superbe vélo hollandais Jan Janssen. De temps en temps, ils trouvent un Warm Shower, logis chez l’habitant, pour se poser. Moi, cela fait un moment que je me suis désabonné faisant chou blanc à chaque fois. En discutant, j’apprends qu’ils sont sarthois habitant la commune de Laigné-Saint-Germain, commune au sud du Mans et distant de 22kms du village de mes grands-parents paternaux, Saint-Jean-de-la-Motte (ces noms sentent le terroir). Quand je vous dis que le monde est petit.

Alors que je dévore un sandwich accompagné de mon café et qu’on papote, le ferry arrive à quai. J’ai juste le temps de finir mon dessert, de saluer ce couple fort sympathique de sarthois et de monter à bord avant que le ferry ne lève les amarres. Entre-temps, le couple, accroché ce matin dans la montée, vient d’embarquer. Je les rejoins. Ce sont évidemment des allemands. Comme dit la jeune femme au visage buriné par le soleil « Amazing ! ». Effectivement, c’est absolument incroyable ce paysage. D e plus, je crois que je vais essayer le bikepaking en rentrant. Ils peinent quand même beaucoup moins dans les bosses.

Dernier embarqué. Premier débarqué. Plutôt que de suivre l’EV1 qui part vers Tromsø, grande ville norvégienne, à l’ouest d’où je suis et d’emprunter la route n°91, je décide de descendre au sud par la route n°868 qui longe le fjord Lyngen. Bien m’en a pris. La route est superbe. La circulation y est beaucoup moins dense. Je passe devant de superbes demeures au Norwegian Lifestyle avec belle maison, voiture Tesla, garage avec camping-car à l’intérieur, sauna et vue superbe sur la montagne et sa magnifique cascade.

Un nouveau tunnel de 4kms, à un seul sens de circulation creusé dans la paroi abrupte, m’est à nouveau interdit. J’emprunte alors un charmant sentier bucolique en bord de fjord. Je suis seul au monde.

Quoique … Des moutons paissent tranquillement. Ces deux-là sont surpris par ma présence et détalent au galop.

Au bout de ce chemin, je retrouve la route principale. JE file bon train vent dans le dos sur une route qui devient de plus en plus mauvaise et en travaux. Je vois le fond du fjord où l’eau est presque transparente et verdâtre. J’arrive à destination.

Avant d’arriver à Oteren, je fais un léger détour pour aller voir un lieu déjà repéré sur cette route. En fait, selon un VTTiste croisé devant, il s’agit d’une ancienne école reconvertie en centre de randonnée. De nombreux départs partent sur la droite du bâtiment. La bâtisse est superbe. J’aperçois même une salle de muscu à l’intérieur.

Ce n’est pas le tout. Il faut que j’avance d’autant plus que je n’ai pas trouvé de commerces sur cette route, les deux ayant définitivement fermés. Il me faut donc remonter jusqu’à Hatteng, après avoir retrouvé la route E6, pour faire mes emplettes, et notamment une bière dont j’ai trop envie après cette longue et magnifique journée. Juste en face du magasin Coop et du bâtiment communal, je repère une aire de jeux et, au-dessus, un abri. A côté du magasin, il y a bien un camping mais caravanes et camping-cars sont à touche-touche. Très peu pour moi.

Vu les gros nuages qui s’amoncellent à nouveau sur les sommets, ce sera parfait pour cette nuit. Je monte la tente sous l’abri et me sert de la poubelle comme siège pour mon fragile séant après cette longue journée d’itinérance.

Je n’ai pas vu le temps passé, ni les kilomètres défilés tellement les paysages sont grandioses. De plus, la météo fut encore parfaite et les rencontres incroyables ! Pourvu que ça dure …
Résumé :
121kms, 6h19, 19,2km/h, 940D+ 930D-, beau temps / nuageux, bivouac

