J29 – jeudi 9 juillet 2026  – Hatteng / Bardufoss

Suite aux effets diurétiques de ma bière d’hier soir, suis réveillé à 5h du mat’ par une grosse envie d’uriner. D’habitude, je tiens toute la nuit mais là, je dois sortir ma gourde miracle. En effet, depuis une dizaine de jours, j’ai sacrifié ma gourde de moindre contenance pour me soulager en pleine nuit. Tout cela à cause des moustiques. En effet, sortir dans la nuit avec ces saloperies rentrées sous le toit de ma tente n’était vraiment pas envisageable. J’ai la bonne idée de rallumer mon portable et de brancher l’horloge à 7h sinon je crois que je dormirai encore ! A 8h du mat’, je quitte mon abri. Le ciel est plombé. La température est de 15°C. Même les montagnes essaient d’expulser ces pauvres nuages  inoffensifs gris et noir du ciel ! Les montagnes seraient-elles d’extrême-droite ?

Après 4 kms, je suis de retour à Oteren au fond du fjord et je retrouve les routes E6 et E8. Je retrouve ce panneau marron fléché Lyngsalpan. Je pensais que c’était le nom des maisons de randonnée vu hier. En fait, il s’agit de la chaîne de montagnes nommée Alpes de Lyngen. Le point culminant est le Jiehkkevárri qui culmine à 1.834m. Ces panneaux indiquent le départ de rando depuis ces bâtisses. 

Le démarrage est rude ce matin. Le ciel est plombé. Le vent froid me souffle dans le pif. La route est en faux-plat montant.  Les camions et les voitures sont de retour. Seule une petite éclaircie me fait espérer un terrain de jeu plus propice.

Après une quinzaine de kms, j’emprunte à présent l’ancienne route parallèle à cette route principale E6. Je retrouve le calme. Plus aucun bruit si ce n’est celui les trisses des oiseaux et le cri des mouettes. Je passe à nouveau devant de belles maisons, comme celle-ci, au pied du Mont Ventoux norvégien.

Cette fameuse montagne prisée des cyclistes dont nous avions gravi dans la même journée, avec mon increvable Coco, les pentes par les trois versants (Malaucène au nord, Sault à l’est et Bédouin au sud) et, ce, en partant de Vaison-La-Romaine. Une sacré journée !

Je poursuis ma route sous ce ciel plombé. Je suis seul sur ma route parallèle. Je m’arrête devant cette maisonnette en bordure de fjord. Sur le toit, un petit point blanc. C’est une mouette en train de couver. Il n’y a qu’en marchant ou en pédalant que l’on peut remarquer ces petits détails que nous offrent Dame Nature. J’adore.

Par contre, là, j’adore moins quand un gros grain me tombe dessus. J’ai le temps de m’arrêter pour enfiler ma veste de pluie devant ces vaches normandes qui restent imperturbables. Cela ne dure pas. En milieu de matinée, j’arrive dans la ville de Storsteinnes. Je m’arrête dans le Cafe Avec (sic!) repéré pendant ma pause habillage. Le cadre est sympa, les serveuses adorables et mes deux voisines retraitées charmantes.

L’une parlant bien anglais me branche sur le football en me montrant son petit-fils portant fièrement le maillot de l’Equipe de France. Nous parlons également biathlon, sport que j’adore regarder l’hiver. Elle me cite des biathlètes français connus (Raphaël POIREE, Martin FOURCADE, Quentin FILLON MAILLET, Lou JEANMONNOT) et me rappelle aussi que la maman de notre nouveau jeune champion Eric PERROT est norvégienne. Incroyable ! Et puis aussi du Tour de France dont le norvégien Torstein TRAEEN porte le maillot jaune. Ce n’est pas le tout mais il me faut repartir. Je vais contourner les monts Blaatinden (1.378m) et Marfjellet (1326m) par le nord pour éviter la route E6. J’emprunte une route jaune n°7890. En fait, c’est une piste en stabilisé.

Le chantier va durer 25 bornes. Cela ne fait que monter et descendre. J’enchaîne tout à gauche et tout à droite. Par contre, je ne croise que quelques automobilistes qui descendent faire leur emplettes en ville. Dommage que le ciel soit toujours plombé. Au bout de cette route, je tombe sur une nouvelle piste n°7834 longeant un fjord. Je repère le panneau de droite indiquant un parking et, vu l’heure avancée, je m’y rends pour déjeuner.

J’y accède par un sentier avec un panneau d’interdiction aux voitures qui ne doit pas dater d’hier.

Je m’installe sur une table avec vue sur fjord.

Juste sur ma droite, un homme austère travaille dans cette scierie. Je le salue mais il ne me calcule pas du tout. Tant pis.

Je reprends la piste pour descendre au sud et retrouve une route goudronnée à l’entrée de la commune de Målsev.

D’ailleurs j’y arrive quelques kms plus loin. Je passe devant le cimetière parfaitement entretenu, comme tous les jardins des maisons d’ailleurs, aux tombes bien alignées. L’heure avance. J’ai repéré un camping dans la ville suivante. En effet, j’aimerais bien voir le match France-Maroc de la CdM diffusé à 22h. Je traverse le fleuve Måselva, dans le village d’Olsborg, et retrouve la route E6. La circulation y est encore très dense. Je sers les fesses en me tenant sur le bas-côté.

Après quelques kilomètres, j’arrive dans la ville de Bardufoss où il y a un aéroport civil et militaire. Je me dirige vers le camping repéré. En fait, ce sont des lits à louer (cher) dans des tentes déjà installées. Et juste à coté de l’aéroport. Cela ne me plait pas. J’en repère un autre sur Google Maps et m’y dirige. C’est à une dizaine de kms. Là, nouveau chou blanc ! C’est juste une zone aménagée en bordure de rivière. Décidément. Je merdouille. Finalement, vu l’heure, je me décide de retourner au musée-village de Fossmotunet où je m’étais arrêté à l’aller. Auparavant, je fais le plein d’eau chez un particulier. Il m’indique un autre camping au bord d’une cascade réputée mais c’est à 9 bornes et j’en ai plein les bottes.

Je m’installe donc dans ce village datant de la fin du XVIIIè siècle. Il y a plusieurs bâtiments parfaitement conservés … mais fermés à clé évidemment. Même les toilettes, dans la maisonnette de gauche, sont fermées. Le robinet extérieur également. J’ai bien fait de m’arrêter chez ce particulier. Par contre, sous un des passages de la grande grange ci-dessus, je repère une tondeuse à gazon automatique branchée sur une prise électrique en hauteur. Je vais pouvoir recharger mes batteries externes et essayer de visionner le match ce soir. 

Je plante mon bivouac dans le jardin, ceint de la clôture blanche, à l’abri des maisons qui se trouvent de l’autre côté de la route.

Fin de cette longue journée harassante avec encore presque 1.000 mètres de dénivelé et une météo bien maussade.

Résumé :

107kms, 6h34, 16,3km/h, 990D+ 960D-, nuageux, bivouac


Une réflexion sur “J29 – jeudi 9 juillet 2026  – Hatteng / Bardufoss

  1. Youah les photos sont belles même quand le ciel est bouché. Ici il fait 22 degrés en toute fin de nuit et presque 40 en journée. Les feuilles de certains arbres crament sur place. Merci Gaël pour ce brin de frais que tu nous envoies chaque jour. Et chapeau pour ta belle énergie. On a plaisir à te suivre. A bientôt

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire