Heureusement que j’avais mis l’alarme à sonner pour 7h sinon je crois que je dormirais encore ! En effet, hier soir, j’ai dû attendre le départ du ferry Hurtigruten de 22h30 en direction du nord avant que la salle ne se vide définitivement. Peu avant 23h, je pouvais intégrer ma chambre d’hôtel particulière en l’occurrence les toilettes handicapées !

Mais quel confort. Chauffage, eau chaude, toilette, espace. Je n’ai pas été du tout enquiquiné. Après avoir déjeuné, j’astique HakaOne qui doit passer en salle d’opération ce matin. En effet, il faut que je change de chaîne. Elle est au bout du rouleau. J’ai repéré un magasin de sport outdoor Retur en cherchant ce hall d’attente hier soir. Et je dois passer ce matin à 9h.

Pour commencer cette nouvelle journée automnale sous le ciel gris et en ce jour de Fête Nationale française, je voulais la dédier à mon frangin Franck, le 3è de la fratrie, qui fête ses 62 ans et son départ à la retraite. Après avoir accompli sa formation chez les Compagnons du Devoir, il commence sa carrière professionnelle de pâtissier-traiteur au superbe domaine de Villarceaux dans le Vexin puis ensuite celui d’Aveny. Après beaucoup d’années les mains dans la pâte, il décide de reprendre la supérette de son village de Limetz-Villetz avant de descendre dans les Mauges de notre Anjou natale. Bon anniversaire frangin. Je t’aime !

A 9h pétantes, après avoir nettoyé HakaOne, je suis devant l’entrée du magasin. Je suis accueilli par un jeune morbihannais. Incroyable ! Il me dit que le mécano n’arrive qu’à 10h. Je lui demande alors si je peux utiliser le pied de l’atelier pour changer ma chaîne qui n’aura tenu que 1.500kms. Faut dire que je lui tire sur la tronche.

En bricolant, on discute du pays. Il m’explique qu’il a fini ses études à Oslo et que, après, il a eu l’opportunité de prendre ce poste de vendeur ici. Il s’y plait énormément même avec le mois et demi de nuit, les aurores boréales et la pleine lune compensant. Il me dit également que les norvégiens ont une relation au travail différente de la nôtre. C’est plus une activité sociale et l’ambiance est beaucoup plus cool qu’en France. Quant à la boisson, il me raconte également qu’ils ne boivent pas la semaine mais se lâchent grave le samedi soir avant d’aller à la messe protestante le dimanche matin ! Il me convainc également de faire le tour de l’île de Gimsøya et de voir la petite église. OK. Après 30 minutes, je paie ma chaîne alors qu’une indonésienne de Jakarta et un couple québécois font leurs emplettes. Incroyable n°2 ! Il est 9h30. Sur les conseils de mon breton, j’enfile ma tenue de marin-pêcheur. Il est temps de quitter cette agréable ville portuaire de Svolvaer, spot de beaucoup d’amoureux de la montagne.

Effectivement, il pleut. Mais, avec ma tenue irlandaise, même pas mouillé ! A nouveau, brume et pluie enveloppent ces paysages sauvages. Après avoir emprunté une piste cyclable bien vallonnée pendant une dizaine de kms, je passe devant la cathédrale des Lofoten construite en bord de mer.

Puis je retrouve la route E10 avec toujours autant de circulation. Sur le bas-côté, un nouveau panneau de prévention « Partagez la route » alerte les conducteurs sur la présence de cyclistes.

La route longe alors la côte sud, ô combien déchiquetée, de cette île d’Austvågøya puis remonte au nord vers celle de Gimsøya.

Alors que j’arrive au pont qui relie ces deux îles, je m’arrête devant ce bâtiment. Aucun panneau n’annonce de café. Pourtant, à l’intérieur, se trouve un magasin et un café associatif. Bien intuité. Je m’arrête pour déguster un délicieux brownie maison accompagné d’un café bien chaud. Je profite de cet arrêt pour tomber ma tenue de pluie.

Il est déjà midi. J’attaque la montée de ce pont d’une longueur de 800 mètres.

Comme à chaque franchissement de ces ponts, la pente est rude et le vent traître. Là, il souffle à 8m/s. Hier, c’était le double. Une fois sur l’autre rive, je quitte la route E10 puis pars à droite pour faire le tour de cette île avec ses 7 sommets dont le plus élevé culmine à 700m.

J’emprunte à nouveau une petite route étroite avec ces arrêts M pour pouvoir se croiser. Sur ma droite, je passe devant cette superbe ferme au toit herbeux et aux panneaux solaires.

J’arrive devant la charmante église de Gimsøy. Effectivement, rien que cette église valait le crochet.

Je remarque sur le côté droit des points d’ancrage pour l’arrimer à la terre ferme. Il faut dire qu’elle penche légèrement à gauche, comme moi d’ailleurs !

Sur le côté se trouve un cimetière avec uniquement des stèles où les morts reposent en paix entre mer et montagne.

Je remarque également une pierre tombale

Devant cette église, une petite plage de sable fin inviterait presque à la baignade dans cette eau turquoise. Je reviendrai cet été !

Il est 13h. Je pense que, ce midi, je vais faire un pique-nique quand je traverse le hameau de Vinje. Sur la droite, une bâtisse avec supérette en libre-service et salle pour déjeuner m’accueille. Pour une fois, les prix sont corrects (hamburger, donuts, café pour 12€). La salle est bondée de locaux qui cassent la croûte et discutent fort. Je profite de cette ambiance locale pour rédiger ces lignes avant de reprendre ma route.
Plutôt que de faire tout le tour de l’île et de la partie marécageuse, je coupe par la route n°7624 pour retrouver la route E10 et franchir le pont qui relie cette île à celle de Vestvågøya. Par contre, à la sortie du pont, je prends la route orange n°615 qui passe au sud de cette île alors que la route principale passe au nord pour rejoindre Leknes. De là, j’aperçois le mont Svargginden (696 mètres) et les petits points blancs au pied qui sont des voitures.

Quant à moi, je retrouve la tranquillité. La route est de moins bonne qualité mais quel pied de rouler sans bruit et sans odeur de pot d’échappement mal réglé. Je longe à nouveau la mer derrière une étendue marécageuse.

De temps en temps, je traverse un hameau perdu entre cette immensité grise et ces massifs impressionnants dont le Håtinden culmine à 650 mètres d’altitude. Au centre, une superbe maison à presque les pieds dans l’eau et peut bénéficier de cette belle plage de sable blanc.

Je continue à suivre la côte alors que la pluie tombe toujours. De l’autre côté au sud, il me semble apercevoir un point blanc. Je pense que c’est l’église de Stamsund, ma destination finale. Par contre, comme à chaque fois, il me faut contourner un nouveau fjord.

Au fond de ce fjord, se trouve un village dans lequel il y a un camping avec des bungalows à louer. J’hésite un moment. J’ai vraiment envie de me poser. Je ne dois plus être trop loin. Je pousse encore un peu la machine.

Après une vingtaine de minutes, j’entre dans Stamsund. Je récupère la piste cyclable, passe devant l’église qui domine la ville (c’était bien le point blanc aperçu au loin), m’arrête dans la supérette Joker de cette ville d’un millier d’âmes. Après avoir fait quelques emplettes pour ce soir, je m’installe à une table où le café est offert. Deux hommes discutent. Le plus jeune qui doit avoir mon âge parle anglais. On taille la bavette pendant un long moment parlant de nos vies respectives. Il se nomme Knutt Andersen. Je lui laisse l’adresse de mon blog. Peut-être lira-t-il ces lignes …

Puis je me dirige vers l’embarcadère de l’Hurtigruten. Je trouve la salle d’attente qui m’a l’air bien sympa. Mais elle est fermée à clé. Il n’y a personne alentour. Tant pis. Il faut que je trouve un plan B. Je consulte Booking.com et déniche un lit dans une auberge de jeunesse juste à côté du magasin Joker. Je m’y rends. L’endroit est superbe. Il donne sur le port de pêche.

Dans cette auberge de jeunesse, je rencontre un couple de français, Guillaume originaire de Parentis-en-Born et Magalie de Narbonne et leurs deux enfants Arthur et Léa. Il y a également un autre couple franco-allemand de bourlingueurs, Elise et Michaël originaire d’Hambourg (grand voyageurs à vélo notamment au Canada et en Amérique du Sud). Ils vivent dorénavant en Finlande. Ils se sont d’ailleurs rencontrés dans cette auberge de jeunesse il y a quelques années. De cette rencontre est né Auguste âgé de 13 mois.

Les hommes sont allés à la pêche cet après-midi avec un pêcheur du coin, à bord de la barque orange amarrée sur le ponton. Guillaume a ramené une superbe morue.

Michaël va la découper et la préparer.

Et Gaël va la déguster. Ce soir, c’est repas de fête avec, en plus, des légumes cuisinés et une super sauce maison. Et en dessert des crêpes.

Après la défaite de la France, je vais faire un tour sur le port pour digérer le repas et la déception..

Quelle journée à nouveau !
Résumé :
82kms, 4h50, 17km/h, 580D+ 580D-, pluie, hôtel
