J42 – mercredi 22 juillet 2026 – Sjøåsen / Mosvik

Une fois tout mon linge et ma tente rangés et pliés, j’ai pu profiter de ma « cabine », nien au chaud et au sec après ces journées et ces nuitées ô combien humides. Après une bonne nuit de sommeil dans le noir, je me réveille comme d’hab’ vers 6h30. Je traine un peu dans mon lit douillet. Puis, après un rapide mais copieux p’tit déj’,  je vais faire un tour le long du fleuve.

à 8h pétantes, je quitte ce « Holmset Camping » à taille humaine et sans trop de monde. Le ciel est toujours aussi plombé. Cependant, un coin de ciel bleu apparaît derrière l’arbre. Ce serait bien qu’il déchire tous ces nuages.

Après quelques kms parcourus, je passe le cap des 4.000 bornes. Je ne pensais pas en faire autant. Il faut dire que descendre la côte en longeant les fjords rajoutent quelques km au compteur. Alors que je passe devant une maison, je remarque cette superbe Volvo PV544  B18. Je ne suis pas forcément fan des bagnoles mais je dois dire que celle-ci a de la gueule. Pour les mateurs, le B18 est un moteur à quatre cylindres de 1,8L à soupapes en tête produit par Volvo de 1961 à 1968. Elle a donc à peu près mon âge. Plutôt bien conservés les deux ! Évidemment, cette Volvo me rappelle celle mon grand frangin une C70 cabriolet décapotable qui a fini aussi prématurément que mon frère.

Après les montagnes d’hier, c’est la campagne que je traverse ce matin. Je longe le fleuve en empruntant la route n°17 très calme en ce début de matinée. Je roule dans un océan de vert. Cependant, un bruit suspect m’interpelle. Depuis un ou deux  jours, j’entends, de temps en temps, des craquements au niveau de ma pédale gauche. Je m’arrête pour vérifier si ce n’est pas la cale, sous ma chaussure de pédale automatique Mavic, qui est desserrée. En fait non. C’est carrément l’axe de la pédale qui est en train de rendre l’âme. Faut dire aussi que je leur tire sur la gueule avec tous ces tape-culs. Il va falloir que j’en change rapidement si je ne veux pas finir mon périple en pédalant sur une seule jambe !

Alors que je sors de cette vallée en quittant la route n°17 pour rejoindre cet immense fjord en empruntant la route jaune n°6995, la pluie se remet à tomber drue. Je me pose pour enfiler ma tenue appropriée. Le long de ce fjord, les nombreux canards noirs se carapatent en me voyant débarquer. La pluie n’a pas l’air de les troubler plus que ça. Moi si. Je traverse ensuite la bourgade de Vellamelen. J’espère y trouver un café mais tous les commerces ont fermé, excepté une Coop. Dommage.

Cela me fait penser à cette putain d’autoroute A69 dont les recours ont tous été épuisés malgré un dossier en béton des opposants. Le gestionnaire ATOSCA avec un contrat de concession de 55 ans va aussi se faire des couilles en or comme Vinci, Eiffage, Abertis, .… Le prix a été baissé de 30% sur la partie tarnaise, baisse prise en charge par l’Etat donc le cochon de contribuable ! Pour faire ces 51kms, il faudra débourser 6,77€. Mais qui de l’activité des villes et villages contournés ? Quant à la question environnementale et humaine, je n’en parle même pas. Une vraie catastrophe !

Je descends ensuite plein sud vers la mer en empruntant une toute petite route de campagne (la n°6982). A part un jeune paysan, que je salue en passant, sur son tracteur en train d’épandre du lisier dans son champ, je ne croise vraiment pas grand monde. Après avoir franchi quelques collines, j’aperçois la mer au fond. En fait, non c’est un immense fjord qui ressemble à une mer intérieure.

Après une belle descente, j’arrive au bord de ce fjord. C’est l’étale. Il ne me reste plus qu’à contourner ce fjord avant d’arriver à ma première destination de la journée : Steinkjer.

En longeant la côte, je passe devant la charmante presqu’île de Kalvøya. Une grosse demeure rouge trône en son centre.  Les proprios ne doivent pas être emmerdés par les voisins !

Après un dernier virage, j’aperçois la ville au loin. En fait, c’est le quartier résidentiel de Søndre Egge. La ville se trouve derrière la pointe. Comme souvent, je traverse une zone industrielle et commerciale avant d’arriver dans le charmant centre. Je me dirige de suite vers le magasin de sport « Malmo Sport« , créé en 1923, repéré sur mes cartes.

Une jeune femme toute blonde me reçoit. A la vue de mon coupe-vent du Stade Toulousain, elle devine que je suis français et m’adresse la parole dans la langue de Molière ! Et, elle se débrouille très bien. C’est une étudiante qui a appris pendant 4 ans notre langue avant d’aller passer 6 mois au pair à Rouen. A la rentrée, elle doit intégrer l’Université de Grenoble comme ingénieur en Intelligence Artificielle ! Elle est très contente de papoter en français. Moi aussi. Elle me conduit ensuite à l’arrière du magasin où se trouve l’atelier vélo. J’y fais changer mes deux pédales automatiques avant de me diriger vers le restau « Chef » indiqué par la jeune femme.

Le cadre est assez cosy, le jeune serveur métis très attentionné. Pour changer du hamburger, j’y commande un fish&ship de circonstance, ma foi fort bon accompagné d’une purée de petits pois. Par contre, vu le prix prohibitif, des desserts, je vais le prendre dans un café-bakery à côté.

Après cette pause toujours fort appréciée, je reprends la route sous un plafond toujours aussi grisâtre mais avec l’apparition de points bleus. Je passe devant la gare à l’architecture surprenante.

Puis j’emprunte le réseau cyclable qui me permet de sortir de la ville en toute sécurité. Je n’ai qu’à suivre l’itinéraire n°1 norvégien et européen jusqu’à Trondheim. Pour les amateurs de Tour de France, je passe devant une station UNO-X (en jaune à gauche), chaîne de 300 stations-service en libre-service dano-norvégienne. L’essence y est moins chère qu’ailleurs (1,80€ le diésel contre 2€ pour les autres). L’équipe cycliste Uno-X Mobility est évidemment à forte consonance scandinave. D’ailleurs, c’est le norvégien Soren Waerenskjold qui a remporté au sprint la 11è étape la plus rapide de l’histoire, courue à 50,91km/h (!).

Heureusement qu’il y a cette piste cyclable vu que je retrouve la route principale n°6 qui relie Trelleborg au sud-ouest de la Suède à Kirkenes au nord-est de la Norvège. En résumé : falaise, route E6, piste cyclable, train, fjord !

Après quelques kms à suivre l’E6, j’emprunte une passerelle qui m’emmène à l’ouest en empruntant la route n°761. Je laisse derrière moi Steinkjer presque sous le ciel bleu !

Je retrouve mes paysages campagnards avec des plantations  de céréales et, à chaque bourgade, son église protestante, ici celle de Sandvollan, dont les couleurs blanches et grises se marient parfaitement avec celles des nuages.

Plus loin, c’est celle en pierre de Sakshaug qui attire mon regard. Elle est plantée sur une colline dominant le fjord.

Les morts doivent reposer en paix devant cette superbe vue.

Mais, je dois avouer que je suis quelque peu nostalgique des fjords avec leurs monts abruptes et sauvages, des traversées de tunnels et de ponts. Tout cela sent la fin. Je ne vais pas tarder à rentrer définitivement à l’intérieur des terres. En parlant de pont, en voici un nouveau qui enjambe la sortie du fjord et permet de relier les parties est et ouest de cette pointe du continent au-dessus de Trondheim.

Je poursuis ma route vallonnée jusqu’à la bourgade de Mosvik. Il est déjà 17h. Je m’arrête à la COOP du coin faire mes courses pour la soirée. La gérante m’offre à nouveau le café. J’en profite pour consulter mes cartes. Je repère un shelter à la droite du village et un autre à 11kms dans les montagnes. Je me dirige vers le premier : coup de foudre ! Je m’installe pour la soirée. J’installe ma tente à l’intérieur de ce magnifique abri au cas où la pluie s’inviterait à nouveau cette nuit.

Fin de cette belle journée bucolique mais quand même bien vallonnée (presque 1.000m de D+) sous une météo relativement clémente à part ce gros grain ce matin. 

Résumé :

93kms, 5h45, 16,2km/h, 990D+ 980D-, nuageux avec averses / beau temps, bivouac


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