Finalement, la nuit n’a pas été si calme qu’espérée dans mon abri extérieur. En effet, la pluie s’est de nouveau invitée. Et, comme le vent fort et froid venait du nord, en plein dans le sens de l’abri, j’ai pris les embruns. Ce matin, quand je me réveille, l’avant de la tente est trempé. Je mets le tout à sécher sur les poutres pendant que je déjeune. Il ne faut pas que je traine car j’ai mon ferry à 8h30. Si je le rate, il me faudra poireauter 1h30.

J’ai regardé hier sur mon appli ROME2RIO que je vous recommande. Cette appli donne toutes les possibilités de transport entre deux points et même les horaires. Je décolle à 7h40. J’ai onze kilomètres et Google Maps m’indique 42 minutes de trajet. Je quitte cette baie beaucoup moins sympa sous la pluie qu’hier soir.

Je file bon train. Après quelques kms, j’ai repéré un tape-cul de 800m à 8% à grimper. Après ça redescend. Je file vers le port. Au bout de 35′, j’y suis. Je file dans la waiting room faire le plein d’eau. J’y rencontre Peter, un suisse de Zurich qui a passé la nuit là. Il est en mode bike-paking et est parti du Maroc. Il monte au Cap Nord avant de redescendre en avion. On se souhaite bonne route. Et chacun part de son côté. Le traversier arrive au port. J’embarque. Trente minutes plus tard, je débarque à Lund. Il fait gris. Il pleuviote. Il ne fait pas très chaud. Rien de bien engageant. Je coupe la pointe avant d’enjamber l’îlot de Garsøya en franchissant 2 ponts. Sur ma droite, une plage inviterait (presque) à la baignade.

De l’autre côté, ce serait plutôt à la pêche sur cette barque rouge. Je laisse sur ma gauche le site archéologique de Smines.

Je contourne ensuite le fjord de Slasvatnet. Ça grimpouille sec. Et ça mouille aussi avec la pluie qui s’invite de temps en temps. Je passe ensuite dans le hameau de Slasnes en fond de fjord. J’espère y trouver un café. En effet, un charmant camping borde la baie. Mais le lieu de vie avec café est fermé. Dommage. Je continue mes pérégrinations. Je franchis à nouveau un pont avant de revenir sur le continent. Je me retrouve sur une route de montagne entourée de forêts d’épicéas et de bouleaux, et tapissée de fougères et de mousse. Il n’y a personne. Arrivé en haut du col, j’aperçois en bas de grands lacs.

Alors que je suis seul au monde, je me fais doubler par une vingtaine de véhicules à la queue-leu-leu qui doivent débarquer du port d’Ølhammeren en provenance de l’île de Jøa. Une fois cette procession passée, je retrouve ma quiétude et la pluie.
Puis, j’attaque la descente entrecoupée de tape-culs qui font bien mal aux pattes. Je franchis un nouveau pont pour arriver sur l’île d’Elvalandet. Au sud de ce pont, j’admire ce bras de mer qui va jusque dans la baie de Ramsvika où je rends. C’est un véritable labyrinthe ! Je m’y perds entre fjords et lacs. De plus, vu la météo pour le moins humide, c’est très compliqué, avec mes gants Mapa, de brancher mon téléphone portable sur mon appli GPS Mappy.com pour suivre le tracé. Heureusement qu’il n’y a pas d’intersection et que la route vélo n°1 est bien indiquée.

Au nord, ce fjord va se jeter dans la mer !

Je franchis encore 2 ponts pour enjamber l’île d’Hellsoya avant d’arriver enfin dans la baie de Ramsvika. De nombreuses maisons sont plantées tout autour de cette large baie. Je pense y trouver un endroit où me poser pour déjeuner. Mais il n’y a aucun commerce. La pluie redouble. Je m’arrête à l’abri d’un garage d’un particulier pour y consulter mes cartes. Effectivement, il n’y a rien dans ce village.
Il me faut traverser une nouvelle pointe avant d’arriver dans la ville côtière de Namsos (15.000 habitants) au fond du Namsenfjorden. Malgré sa consonance grecque, elle n’a vraiment rien à voir avec ces villes toutes blanches baignées de soleil. Cependant, cette ville est connue comme la capitale du rock en Norvège.

Je peux enfin me poser pour déjeuner d’une foccacia au poulet suivi d’un délicieux brownie chocolat accompagné évidemment de son café à volonté qui s’est fait attendre. Cette pause déjeuner est vraiment la bienvenue après ces 60 bornes éreintantes et ces 4 heures de vélo sans avoir croisé le moindre commerce. Avant de repartir, je vais faire un tour dans le centre et sur le port.

Une fois la panse bien remplie et le moral remonté, je repars sous la flotte. Ce n’est pas le déluge mais une bruine persistante qui mouille bien quand même. J’emprunte, comme d’habitude dans toutes ces villes scandinaves, une piste cyclable qui traverse la ville et va même bien au-delà. Une fois la piste terminée, je retrouve le bord de route bien détrempé de la route n°17 qui arrive du nord-est. Je retrouve également le croisement incessant des véhicules. Je m’étais trop habitué au calme de la montagne de ces derniers jours. Heureusement, deux tunnels interdits aux vélos me permettent de retrouver ce fameux calme.

Il y a même en endroit où je me serais bien posé pour faire un bon siestou. Mais les conditions ne le permettent pas trop. Dommage …

Heureusement, cette portion de route est beaucoup moins casse-pattes que ce matin. Ce sont à nouveau de longs faux-plats montants et descendants qui longent le fjord de Sjøåsen. J’arrive d’ailleurs dans cette bourgade vers 17h. Je m’arrête à la Coop Marked du coin pour faire mes emplettes. La patronne, parlant quelques mots de français, est super sympa. Vu mon état lamentable, elle m’offre le café que j’accompagne d’un délicieux gâteau à la cannelle. Je lui demande où je pourrais dormir ce soir. Elle me répond que l’hôtel en face a définitivement fermé, que l’espace avec un abri juste en face, repéré sur ma carte, est interdit aux campeurs mais qu’il y a un camping à quelques encablures d’ici dans ma direction. Je m’y rends.
C’est effectivement un charmant camping qui donne sur le fleuve Argårdselva se jetant dans la mer à Sjøåsen. La proprio est également fort sympathique et m’offre un nouveau café. Je dois vraiment être dans un sale état ! Le prix de l’emplacement pour une tente est de 300NK (27€), celui d’une cabine le double. Vu que ma tente est trempée et qu’il continue de pleuvoir, j’opte pour ce petit chalet au chaud et au sec. J’en profite pour laver tout mon linge et sécher toutes mes affaires, tente et matelas compris.

Hé bé ! Quelle journée encore ! Je n’arrête pas de me répéter mais je n’ai vraiment pas trop le temps de m’ennuyer. Entre l’horaire du traversier à respecter, la météo compliquée, les paysages sauvages, les 8 ponts à traverser, la recherche d’un commerce, les grosses montées (encore 1.300D+), les heures défilent à toute vitesse. Par contre, j’espère que la météo va revenir au beau. Il y en a, n’est-ce pas Pascal C., qui espère la pluie. Comme je lui ai dit, j’échange un peu de soleil contre un peu de pluie. Demain, il fera jour. On verra bien …
Résumé :
94kms vélo + 9kms ferry, 6h18, 14,9km/h, 1.310D+ 1.310D-, pluie, camping
