J40 – lundi 20 juillet 2026 – Berg / Kolvereid

Hier soir, alors que je dinais à l’abri du hall de la chapelle, un bikepaker est venu me rendre visite après avoir rempli sa gourde au robinet du cimetière. Il filait sur Vennesund à 20 bornes d’ici alors qu’il était 20h passées. Après mon dîner, je suis parti sous ma couette, la température ayant sacrément chuté avec l’arrivée de gros nuages menaçants. J’ai regardé le début de la finale mais, vu le jeu produit (enfin pas de jeu du tout), je me suis endormi assez rapidement. En pleine nuit, j’ai été réveillé par une grosse averse.

Au réveil , ce matin, le ciel est à nouveau plombé. La température est de 11°c, ressenti 7 ou 8° avec l’humidité. Après avoir déjeuné, fait sécher ma tente et ranger mon barda, je quitte, en ce 40è jour de périple scandinave, ce beau bivouac. Je reprends ma route plein sud vers 8h.

Alors que je passe devant une prairie où des vaches paissent tranquillement cette herbe grasse, je vais vous parler de cette filière agricole. Et oui, je vous rappelle que je suis petits-fils de paysan sarthois, petit producteur de lait.

Depuis un moment, je passe devant de très belles fermes plus ou moins importantes. Comme partout, elles sont très bien entretenues. Les machines agricoles vont de pair avec ces infrastructures. En effet, je croise de temps en temps d’énormes tracteurs avec, en remorque, des machines ultra modernes pour faire les roundballs.

Une fois le lait collecté, des camion-citernes, principalement de l’enseigne Tine, viennent le ramasser.

Puis, il est acheminé dans ces usines de traitement pour en sortir bouteilles de lait, yaourts, produits laitiers divers et variés qu’on trouve partout dans les commerces norvégiens.

D’ailleurs, en voici un exemple lors de mon arrêt-emplette de cet après-midi.

Après cette digression laitière, je continue mon p’tit bonhomme de chemin alors que le ciel bleu essaie de percer. Je m’arrête devant le lac de Sundshopen. Ce lac est composé d’un mélange d’eau de mer et d’eau douce appelé eau saumâtre. Cette jetée qui s’étend jusqu’à l’endroit où le fond du lac plonge brusquement, crée un lieu d’accostage naturel. De tels quais en pente font partie du paysage côtier norvégien depuis des siècles. 

Je poursuis ma route en direction du port de Vennesund. Je n’en suis plus très loin. Je me fais doubler par quelques véhicules immatriculés en Norvège qui ont l’air d’accélérer la cadence. Moi, je ne peux pas aller plus vite que la musique ! Je m’arrête même pour prendre une photo de ce fjord à marée basse. Finalement, j’arrive peu avant 10h. Une file de véhicules patientent. Je passe devant tout le monde pour me positionner à l’entrée du ferry, privilège des déplacements en mode doux, actif, vertueux, tranquille, libre, non polluant, non bruyant … Je veux bien évidemment parler des piétons et des cyclistes. Celui-ci arrive peu de temps après. J’embarque et profite de la courte traversée d’une quinzaine de minutes pour boire mon café et manger un cake. Le paiement est à nouveau automatique.

Je débarque dans le petit port de Holm avant de retrouver la route en°7. Je longe à nouveau la côte. Par contre, la pente s’accentue sacrément pour passer au-dessus du petit fjord de Lysfjord. Ce matin, je n’aurais emprunté que trois tunnelet. Ce nouveau mot sera à incorporer dans le Larrousse 2027. Sa définition est la sauivante : tunnel d’une longueur de moins de 500 mètres dans lequel il n’est pas nécessaire mettre des bouchons d’oreille.

Puis je bascule vers un nouveau fjord. Au fond, se trouve le camping de Kjelleidet. Alors que midi n’a pas encore sonné, je m’y arrête pour déjeuner d’un hamburger frites suivi d’un café-brownie. Avec ça, je devrais tenir l’après-midi d’autant plus qu’il va s’avérer corsé (l’après-midi pas l’hamburger !).

Dans ce sympathique endroit tenu par un couple au bord de la retraite, je remarque ce panneau. Ce n’est pas complètement faux. Pour les non anglophones : « Ce qui compte le PLUS dans la VIE est ce que nous faisons pour les AUTRES« .

Sur cette bonne parole, j’attaque la première montée. Au loin, sur la droite, je laisse l’impressionnat mont Heilhornet qui culmine à 1.058 mètres au-dessus du fjord.

Je ne sais laquelle choisir, je prends les deux : le même paysage mais avec des fleurs blanches et deux jolies maisonnettes en premier plan.

En sortant, je pars à l’ouest vers Kolvereid, à 45kms d’ici, en empruntant la route n°802 et l’itinéraire de la route cyclable n°1. La route n°7, elle, part à l’est pour rejoindre directement le grand port de Steinkjer où il y a la jonction avec la route principale n°6. Cependant, après mon copieux repas, cette première montée et le soleil qui fait son apparition, j’ai comme qui dirait un p’tit coup de fatigue. Une sieste s’impose. Je me pose dans cette cabane – boîte aux lettres pour ma pause syndicale. 

Après trente minutes de repos, je suis à nouveau frais comme un gardon pour attaquer le gros morceau de la journée. Il me reste encore 32 bornes mais, vu le profil sur ma carte, cela ne va pas être du gâteau. Sur ce panneau, je retrouve l’itinéraire n°1 indique mais aussi, ô surprise, le symbole de l’EuroVélo1. Cela faisait un bail que je ne l’avais plus vu.

En effet, ce n’est (hélas) pas une partie de jambes en l’air mais plutôt de casse-pattes, de rompe-cul (coucou Ampus). Sur sa première partie, je longe un fjord (ou bras de mer ?) qui sépare le continent de l’île d’Austra. L’ingénieur qui a tracé la route avait dû picoler. Il n’a pas du tout suivi la courbe de niveau. Cela ne fait que monter et descendre. Puis je traverse une colline qui m’amène dans la baie de Naustbukta. Un commerce est situé à l’intersection des routes n°802 et 771 qui rejoint les îlots de Dolma, Madsøya, Frøvikøya et l’île de Leka. Je m’y arrête pour faire mes emplettes. On ne sait jamais.

J’emprunte à présent cette route n°771 dont je me souviendrai. Elle part plein sud en longeant le fjord puis en coupant par la montagne vers Kolvereid, ville de plus de 2.000 habitants. Les fjords font place à des lacs. Le paysage est toujours aussi grandiose. Par contre, la route est nervurée, défoncée, cabossée, bosselée, effondrée, rapiècée. Et, forcément, il n’y a pas grand monde qui l’emprunte excepté les locaux et quelques fous furieux à vélo. D’ailleurs, je croise un bikepaker qui m’encourage alors que je suis debout sur les pédales à mouliner.

J’attaque la dernière bosse avant de plonger enfin vers ma destination. Mais, alors que je suis en pleine montée, tout à gauche à 6km/h, je me fais doubler par une dizaine de poids-lourds à la queue-leu-leu. C’est une procession de gens du spectacle de la compagnie Hugos TIVOLI (www.hugostivoli.no) qui se rend à Rørvik du 23 au 25 juillet. C’était vraiment pas le bon moment pour me doubler !

Arrivée en haut de la ville, je me pose direct dans une station Esso pour faire, non pas le plein d’essence mais le plein d’eau (suis à sec), boire un café, recharger les batteries et regarder mes cartes. Je repère un abri extérieur sur ma route. Je décide de m’y rendre. Alors que je sors à peine de la ville et que je viens de bifurquer en direction du traversier, j’en repère un autre au bord du lac Horvereidvatnet.

Je m’arrête. Parfait pour cette nuit. J’installe la tente à l’intérieur. Comme cela, s’il pleut, je serai au sec et au chaud.

Encore une sacré journée avec une première partie pratiquement plate et, une seconde, ô combien vallonnée. D’ailleurs, j’ai dû faire les 1.350 mètres de dénivelé selon Komoot (Openrunner est toujours un peu plus généreux) dans l’après-midi ! D’ailleurs, quand vous regardez l’électrocardiogramme ci-dessous, je n’exagère pas !

Résumé :

93kms + 6km ferry, 5h41, 16,4km/h, 1.350D+ 1.350D-, nuageux, bivouac


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