En ce 50è jour de périple, c’est le train, et non le train-train, qui me tire du sommeil à 6h du mat’. La ligne de chemins fer est de l’autre côté du fleuve mais certains trains font un boucan d’enfer. Notamment un, hier soir, qui tirait je ne sais combien de wagons chargés de troncs de pins. Je me prépare sous un soleil voilé.
Je quitte cet endroit où, en 1872, se tenait la ferme Nabben. C’était l’une des six fermes situées en contrebas de Store Heberg. Dans cette ferme s’installèrent Bernt Olsen et Henrikka Monsdatter. Ils eurent dix (!) enfants. Le mari trouva un emploi au moulin à bois de Funnefoss. La maison s’élevait sur 2 étages. Des dépendances étaient construites derrière. Ils élevaient 2 cochons et cultivaient des pommes de terre, des légumes et des arbres à petits fruits. Cette maison fut habitée jusqu’en 2004 avant qu’un incendie ne la détruise. Cela nous ramène à la triste actualité.

Bernt devait travailler dans ce moulin rouge (sic!) où j’ai failli bivouaquer hier.

Après avoir traversé le pont au-dessus de la centrale hydroélectrique, je retrouve ma route n°175 toujours aussi calme. Je traverse à nouveau des cultures céréalières et des champs de patates.

Je profite d’une station de lavage pour nettoyer HakaOne avant d’arriver dans la capitale. Comme moi, le pôvre en avait bien besoin.

Après avoir traversé la ville de Årnes, je continue ma route sinueuse et vallonnée. J’adore. Je quitte la route n°175 qui part à l’est. Arrivé à Rånåsfoss, j’emprunte le pont qui enjambe le Glomma. Au loin, une nouvelle centrale récupère la force du fleuve pour la transformer en électricité. Cela me rappelle le Danube et ses nombreuses centrales qui produisaient de l’électricité pour chaque ville.

Une fois le fleuve traversé, ma trace m’envoie le long du fleuve sur une belle piste. Mais, vu que la route grimpe sec à droite, cela me paraît étrange.

Je la suis un moment avant qu’elle ne devienne un sentier ! Je suis en mode « Cyclotourisme » mais là quand même, il ne faut pas exagérer, cela devient du VTT ! Je préfère faire demi-tour plutôt que de partir dans la pampa.

J’emprunte dorénavant la route orange n°173 puis la 171. Oslo est enfin indiqué. Je me rapproche. A Lørenfallet, je m’arrête dans une station-service Circle K pour ma pause café-tafékoi.

Il est 11h. Je repars. Je suis à 38kms de mon AirBnB. J’entends les avions dans le ciel. La circulation s’intensifie quelque peu. Je me rapproche de la capitale. Cependant, le vent d’ouest est toujours aussi fort. De plus, depuis que j’ai quitté le fleuve Glomma, les montées deviennent de plus en plus raides. Pourtant, je contourne un massif dont le sommet Bjørnholen n’est qu’à 349 mètres. Depuis l’entrée Lørenfallet, j’emprunte une belle route cyclable …

… qui me tient éloigné des véhicules en tout genre. C’est vraiment le pied.

Vers midi, je passe au-dessus de la fameuse route E6. C’est un flot incessant de véhicules qui vont ou partent de la capitale.

Quant à moi, après m’être arrêté faire des courses pour mon pique-nique, je fais la circulation pour que ce poids-lourd tente de passer sous le pont de l’E6. C’est vraiment chaud patate. Après avoir créé un sacré bordel, je laisse le chauffeur se démerder. Je ne sais pas s’il est passé ou resté coincé.

Pu après, pour éviter de longer la route E6 sur une piste cyclable protégée par un haut parapet, ma trace m’envoie dans la forêt. Je m’y arrête pour casser la croûte.

La circulation devient dense. J’arrive dans les quartiers périphériques d’Oslo en empruntant toujours le réseau cyclable et suivant l’itinéraire cyclable n°4.

Vers 14h30, j’arrive dans le centre d’Oslo. Je me pose pour boire un café et réaliser que je viens de boucler mon Tour d’Europe à vélo. Soit 33.500kms en 5 étapes : Blagnac-Oslo en 2020, Blagnac-Venise en 2021, Venise-Istanbul en 2022, Istanbul-Tallinn en 2025, Helsinki-Oslo en 2026. E
En 2023, c’était mon Tour d’Asie de l’est (10.000kms) et 2024 mon Tour d’Irlande (3.000kms). Cela commence à faire des kms …

Une fois arrivé dans Oslo, je me rends à l’adresse indiquée pour récupérer les clés de mon AirBnB. J’attends le proprio nommé Ingvild. En fait, c’est un brésilien originaire de Sao-Paulo qui arrive. Cela fait 9 ans qu’il habite Oslo. Il a investi dans ce petit appart comprenant deux chambres, une kitchenette et une salle de bain, en plein centre au 4è et dernier étage sans ascenseur. Les 2 chambres ont été transformées en dortoir de 4 lits. A 36€ la nuitée, il ne faut pas demander la lune non plus. La moindre chambre solo, avec SdB commune, est à 100€.
« Et la suite ? » me direz-vous. Et bien, je vais faire relâche jusqu’à samedi matin, puis prendre la direction de Stockholm. Comme cela, j’aurais aussi fait le Tour de la Scandinavie ! En fait, comme (presque) tous les ans au 15 août, je vais retrouver ma belle-sœur Florence et sa maman Monique en leur fief du Claret, dans le superbe village haut-perché d’Ampus (Var). Je retrouverai mes neveux, nièces et cousine Valérian & Candice, Hugo & Leslie et leur petite de 2 mois Marilou, mon frangin Manu, sa fille Zoë & Maxence. Manqueront à l’appel mes enfants et mon frangin Franck & Corinne, sa fille Eloïse & Médéric. Cette année, nous fêterons les 50 ans du mas acheté par Monique & Riton. C’est devenu, en quelque sorte, la maison familiale que nous n’avons pas eu.

Plutôt que de rentrer et déprimer à Blagnac en ce début août où tout est fermé, je prendrai un vol Stockholm-Nice. De là, mon frangin Manu viendra me récupérer. Voilà le plan.
Résumé :
71kms, 4h45, 14,9km/h, 540D+ 660D-, beau temps, hôtel
