J49 – mercredi 29 juillet 2026 – Våler /  Bjertnestunet

Hier soir en me couchant, j’ai laissé ouvert le rideau côté est. Ce matin, dès que le soleil est passé au-dessus des monts, un rayon est venu me tirer de mon sommeil vers 6h du mat’. Je tire un peu avant de me préparer. Vu que je n’ai pas grand-chose à plier, je suis d’attaque peu avant 8h. Il est temps de reprendre ma route vers Oslo. Je quitte avec regret ma cafétéria.

Mais, avant de prendre la route, il me faut vous raconter ma balade digestive d’hier soir. En effet, je suis monté en haut du tremplin K90. Pour ce faire, il a fallu que je gravisse d’abord 300 marches pour m’emmener au niveau du sautoir. Des plaques avec des noms sont posées. Je ne sais pas si ce sont les personnes qui ont sauté ici ou des personnalités du village ?

La montée a été un peu plus longue que prévue. En effet, des framboises des bois poussent entre les marches. Autant dire que j’ai fait une razzia (d’ailleurs mon bide me l’a reproché ce matin). Au niveau du tremplin d’élan, il y a le poste des juges pour le style en vol. De fait, les règles reposent sur un équilibre précis entre la distance parcourue, le style et la conformité du matériel notamment la taille des skis par rapport à l’indice de masse corporelle !

Je grimpe ensuite les 224 marches qui m’amènent en haut du sautoir. Sur la droite, des numéros correspondent aux barres de départ (ou portillon) qui servent à ajuster la vitesse du sauteur avant son envol. Les portillons sont choisis pour ajuster la vitesse, sécuriser les sauteurs en cas de vent par ex ou décider par l’entraîneur.

Une fois là-haut, la vue est superbe mais se jeter dans cette pente abrupte doit être vraiment impressionnant. Comme est également impressionnante toute cette structure construite en bois.

Avant de redescendre mes 524 marches, j’admire le paysage alors que le soleil décline derrière moi à l’ouest. 

Le fleuve, lui, suit son cours.

Avant de repartir, je salue une dernière fois ce site.

Je retrouve ma route n°210. C’est toujours aussi calme. L’irrigation est de sortie. C’est bien la première fois depuis mon départ que j’en vois. Cette grande plaine doit être le grenier à blé et la cave à patates de la Norvège.

Alors que je roule tranquillou avec un fort vent d’ouest quelque peu perturbant, j’aperçois une forme brune en bord de route. C’est un renardeau qui a dû se faire faucher par un automobiliste. Depuis mon départ, c’est le premier mammifère fauché que je vois alors que j’ai vu beaucoup (trop) d’oiseaux écrasés. Il n’aura pas vécu bien longtemps le pôvre.

Après cette triste vision, je continue ma route. En milieu de matinée, je traverse le fleuve dans la commune de Brandval pour aller boire mon café.

Bof … il s’agit en fait d’un supermarché Joker. Mais, surprise,  un bar donne sur le côté du magasin. Le cadre Brandval Festival est quand même plus sympa !

Après avoir repris ma route n°210, je parcours quelques kms avant que l’effet diurétique du café et l’obus ne m’obligent à m’arrêter faire une pissouille. Le long d’un torrent, je remarque ces arbres attaqués à la base par des rongeurs (castor, ragondin, ?).

Plus loin, c’est une plantation de gazon qui me frappe la rétine.

En milieu de journée, j’entre dans la ville de Kongsviger (18.000 habitants). Je monte direct à la forteresse par une rude pente à +15%. Cette forteresse a été bâtie en 1.737, comme indiqué sur ce bâtiment blanc, pour défendre cet endroit stratégique au carrefour de quatre vallées.

Du haut, la vue est magnifique au sud …

… comme au nord.

Je fais le tour de cette forteresse où se trouve également un musée sur la gauche. Je ne m’attarde pas vu que je n’ai toujours pas déjeuner.

Je fais quand même un tour dans le vieux centre en dessous de la forteresse. Ce restaurant rose à la terrasse blindée incite à me poser mais, vu la belle météo, je préfère aller pique-niquer en bord de fleuve.

Je prends une dernière photo de cette belle maison, avec un vélo repeint tout en vert accroché au mur de gauche, avant de descendre en ville, trouver un supermarché pour y faire mes courses puis filer à la recherche d’un endroit sympa pour casser la croûte.

Après être sorti du merdier entre la sortie de ville, le pont à traverser, la voie de chemin de fer à éviter et la route principale verte E16 qui mène à Oslo à contourner, j’emprunte à présent la route orange n°175 qui longe toujours le fleuve mais rive gauche. Après quelques kms, je m’arrête sur cette aire de pique-nique en bordure de fleuve. Parfait pour avaler une nouvelle copieuse salade composée.

Après un siestou, je repars. De gros nuages noirs s’accumulent au nord sur les monts qui culminent à 600 mètres. Pourvu qu’ils y restent. Par contre, le vent d’ouest est toujours bien présent. Et, comme je descends vers Oslo au sud-ouest, je l’ai un peu dans le pif. Je fais une pause café dans un restau chinois à Skarnes. J’en profite pour rédiger ces lignes. On ne sait jamais … Je consulte également mes cartes à la recherche d’un point où me poser ce soir. Je repère des shelters du côté du hameau de Bjertnestunet à une quinzaine de bornes, soit une petite heure de route. C’est reparti. Par contre, ça se gâte vraiment.

Arrivé sur zone, je vais d’abord voir celui qui se trouve derrière une ancienne usine transformée en Musée des travailleurs industriels de Funnefoss (Funnefoss industriarbeidermuseum). Bof, un peu trop près de la route. De plus, je me rends compte que j’ai oublié de remplir ma seconde gourde. Et je ne trouve aucun point d’eau autour. Je remonte alors le fleuve en empruntant un chemin. J’arrive devant un grand lotissement aux belles maisons avec un petit port donnant sur le fleuve. Le shelter est là mais un peu trop près de toutes ces habitations. Je profite de la présence d’un résident pour lui demander de l’eau. Puis je remonte le chemin où j’ai repéré un endroit sympa, à l’écart du chemin, avec une table pour me poser. C’est parfait. 

Après cette belle journée ensoleillée à traverser la campagne, longer le fleuve et visiter cette inattendue forteresse, je me pose pour dîner puis réserver une chambre à Oslo. Et oui, demain, je bouclerai mon Tour d’Europe à vélo ! En l’écrivant, j’ai un peu de mal à réaliser. On en reparle demain  si tout va bien …

Résumé :

106kms, 6h28, 16,4km/h, 450D+ 500D-, beau temps, bivouac

Le pic en rouge représente la montée à la forteresse !

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