J48 – mardi 28 juillet 2026 – Kvernbua /  Våler

Ce matin, malgré mes bouchons d’oreille, c’est le toc-toc-toc de la pluie sur la toile de ma tente qui me réveille. Il est 6h30. J’ai encore dormi comme un loir. D’ailleurs, je n’ai pas besoin de berceuse pour m’endormir. Pour cela, je lis L’Equipe et feuillette Libé. A ce sujet, c’est mon dernier jour d’abonnement. Je vais m’abonner à Valeurs actuelles.  Je plaisante. Ce sera Mediapart pour soutenir l’indépendance de la presse libre. Je consulte mon site météo YR. La pluie devrait cesser incessamment sous peu. Je me lève peu avant 7h. La pluie a cessé comme par miracle. Je démonte, mets ma tente pendant que je déjeune puis plie les gaules. Je quitte ce  cimetière, toujours aussi bien entretenu, avec vue sur le lac Storjøen.

tente de pointer le bout de son museau. Ce serait bien qu’il soit un peu plus téméraire. J’en ai un peu marre de cette chape de plomb au-dessus de ma tête. Je retrouve ma superbe route orange n°237. De nombreuses coupes de pins ont fait place à des champs de céréales ou à des pâturages où paissent tranquillement veaux, vaches, moutons.

Je traverse le hameau endormi de Sjølisand. D’ailleurs tout le monde roupille ce matin. Il n’y a personne sur la route. Tant mieux. Après quelques kilomètres, le lac se rétrécit et redevient rivière Rena. Un panneau marron, indiqué Krigsminne (mémorial de guerre), m’invite à une pause. Il s’agit d’un ancien camp de prisonniers russes (1943-45). A la fin de la guerre, ils étaient 240 logés dans 30 baraquements.

Il est accessible depuis un pont de singe, l’ancien pont en dur ayant été détruit.

Je le traverse.

Au milieu coule une rivière encadrée par une haie de pins. Le ciel s’éclaircit enfin. De l’autre côté, il n’y a plus aucun bâtiment. Dame Nature a repris le dessus. Par contre, un campement de pêcheurs suédois se trouve là. Deux vans sont stationnés dans cet endroit accessible par des chemins. Leurs occupants roupillent encore.

Quant à moi, je reprends ma route qui retrouve la courbe de niveau de la rivière. Je m’arrête à nouveau dans le hameau de Deset pour admirer cette superbe demeure datant du XIXè siècle. 

Le paysage s’assagit. Les monts font place à des collines. La route devient presque plate. J’ai l’impression de me retrouver sur mes longues routes finlandaises, les saloperies de moustique en moins.

J’avance bon train dans ce calme troublé uniquement par le chant de quelques oiseaux et le bruit de torrents formés par des blocs de rochers.

Puis la végétation devient de moins en moins dense.

J’approche de la ville de Rena, du même nom que la rivière. Je fais un crochet pour y accéder. Je me pose enfin dans un café. Cela faisait un bail. J’y commande mon traditionnel svartt kaffe og skolebrød !

Je me régale. Je profite de cette pause pour pianoter sur mon clavier. Puis je vais faire quelques emplettes chez Spar pour mon pique-nique de ce midi. En effet, je repars pour une trentaine de kms, à destination de la ville d’Elverum, sur ma route secondaire orange devenue n°235. Il n’y aura ni village, ni commerce, ni café. Effectivement, il n’y a personne ! Même pas d’automobilistes qui doivent emprunter la route verte n°3 sur la rive gauche du fleuve Glomma, après que la rivière Rena se soit jetée dedans à Rena ! Vous suivez ? Je fais un nouvel arrêt devant cet abri où sont accrochés les trophées de chasse. Il y en a partout dans ces pays scandinaves où les habitants sont férus de chasse, de pêche, de sport et, bien sûr, de nature.

Je continue à rouler à bonne allure sur cette route plate avec le vent qui me pousse légèrement dans le dos. Vers 13h30, je décide, en accord avec moi-même, de m’arrêter pour déjeuner. Je consulte mes cartes et repère un endroit pas trop loin de la route (mais pas au bord non plus) où il semble y avoir des rapides (indsetfossen). Arrivé sur zone, je descends un chemin à travers la forêt et tombe dans un grand champ de patates Rouge des Flandres me semble-t-il.

Juste en contrebas se trouvent les rapides. Après avoir étendu tente et bâche noire de protection d’HakaOne, je me pose sur la pierre plate pour déjeuner. Chez Spar, je me suis composée une salade de 700gr (13€) avec pennes à la crème, poulet, boulette de viande, crudités et croutons. En dessert, ce sera kanelbolle.

Je me régale en profitant de ce cadre somptueux. Après ce copieux déjeuner, je n’ai plus qu’à faire un bon siestou avant de reprendre la route.

Je file toujours bonne allure jusqu’à la ville d‘Elverum, comptant 22.000 habitants, carrefour entre plusieurs vallées. Comme d’habitude, j’emprunte une piste cyclable quelques kms avant d’y arriver. Puis je n’ai qu’à suivre le fléchage qui m’emmène dans le sentrum. Là, je me pose pour boire un café. Devant le café, se trouve une place où sont érigées deux statues figurant la vie d’autrefois qui ne devait pas être facile. 

Au milieu de cette place, le parking à vélos est blindé. Cela m’évoque une réunion semestrielle avec les représentants de la mairie, de TISSEO (tram et métro) et des grandes sociétés blagnacaises (Airbus, Aéroport, AtoS, …) au sujet du réseau cyclable. J’avais évoqué le fait que, à la vitesse où se développaient les infrastructures cyclables, celles-ci seraient bientôt saturées vu l’augmentation constante de cyclistes. Beaucoup avait ri. Aujourd’hui, comme dans d’autres domaines environnementaux, on rit mais jaune !

Au cours de ma vie de militant engagé au niveau associatif (2P2R, AYAV) puis politique (ECOSOL), je m’étais évidemment fait traiter d’éco-terroriste, d’ayatollah du vélo, de khmer vert, j’en passe et des meilleures … J’avais le rêve de voir ma ville enfin vraiment apaisée en mettant en place de l’urbanisme tactique (mise en place d’un vrai réseau cyclable et piéton en reprenant une voie de circulation partout où c’est possible notamment dans l’hyper-centre). A Blagnac, nous avons les CVCB (Chaussée à Voie Centrale Banalisée) où le vélo sert de ralentisseur aux véhicules. « Ça Va. C’est Bien ! » nous dit-on. « De toute façon, vous n’êtes jamais content. » Ben non. C’est de la merde ! Quand je vois ce qui se fait dans tous ces pays du nord de l’Europe et le comportement de chaque usager, nous sommes vraiment à la ramassage complet.

Au vu du résultat des dernières élections, j’ai laissé tomber toutes ces activités. Je préfère dépenser mon énergie, avec mon fidèle compagnon HakaOne qui, lui, ne me prend pas la tête, sur ces routes que je ne me lasse pas d’arpenter.

Ce n’est pas le tout mais l’heure avance. Lors de ma pause-café, j’ai décidé de rallonger un peu ma descente vers Oslo en partant au sud-est pour emprunter la route orange n°210 et continuer à longer le fleuve Glomma mais rive droite. Sinon, la route directe était de descendre plein sud coincé entre la fameuse route E6, la voie ferrée et le fleuve Mjøsa. Là, je suis à nouveau seul au monde entre pinèdes sur les hauteurs et cultures en plaine. Arrivé à Braskerud, je me pose pour étudier mes cartes. J’ai la possibilité de traverser le fleuve et de me poser dans un camping comme j’adore. Ou bien d’aller sur le site de saut à skis de Våler à quelques encablures. J’y arrive. Le tremplin de 90 mètres à gauche est vraiment impressionnant. Il y a également un tremplin de 65 m et deux tremplins école tous pris dans la végétation luxuriante. Je fais le tour des bâtiments de cette station. Tout est ouvert avec, à l’intérieur, du matériel, des skis, des chaussures, … C’est hallucinant !!! 

Je décide de me poser dans la cafétéria où il y a également un stock de café, thé, boisson, … Ce sera parfait pour passer la soirée.

Encore une magnifique journée de cyclotourisme avec cette superbe route en profil descendant avec très peu de circulation longeant rivière et fleuve. Et, cerise sur le pompon, le retour du soleil et d’un peu de chaleur (+20°C !).

Résumé :

107kms, 5h46, 18,6km/h, 610D+ 740D-, beau temps / nuageux, squat


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