En ce lundi 27/7, je me réveille avec 7°C au thermomètre. J’aurais préféré 27°C ! Et, en ce jour anniversaire, je dédie évidemment cette journée à mon fiston Titouan qui fête (déjà !) ses 27 ans puisque né en 1999 (3×9=27).
En numérologie, ce chiffre 27 symbolise la sagesse, l’intuition et l’élévation spirituelle. Il unit le chiffre 2 (la dualité, l’empathie, la coopération) et le chiffre 7 (l’esprit, l’analyse, la quête intérieure). Sa réduction mystique donne le 9 (2+7), le chiffre de l’achèvement et de l’altruisme. Hé bé ! On trouvera ce qu’on voudra là-dedans. Mais certains traits le caractérisent bien.
Quant à moi, je plie les gaules après une nuit glaciale. Normal, le ciel est dégagé. Enfin presque …

Je quitte les bords de la Glomma et la vallée pour partir en montagne. Plutôt que de partir à l’ouest en empruntant la route orange n°30, j’ai prévu de partir à l’est par la route jaune n°2218 en contournant le massif de Kommeren (1168m).

La route est quelque peu abîmée, certainement par les hivers qui doivent être particulièrement rudes et longs. D’ailleurs, dans la montée, je double un camion de la voirie avec un ouvrier qui rebouche quelques trous. Mais le spectacle est à nouveau grandiose. Je monte tranquillement tout à gauche en profitant un max. Après 50 minutes de grimpette, je n’ai parcouru que 8 bornes.

Et n’ai vu pratiquement personne. Quelques maisons au toit enherbé sont éparpillées ça et là. Si vous êtes solitaire et amoureux de la nature sauvage, celle-ci est à vendre (til salgs). Par contre, je n’ai pas le prix.

J’arrive sur un immense plateau avec lacs et marécages. Toujours pas grand monde à l’horizon.

Je longe à présent la rivière Brya. Au loin, le Kommeren domine tout le massif avec 3 autres sommets à plus de 1.000 mètres. Puis j’attaque la descente.

Quelques fermes sont plantées sur des plateaux herbeux et font face à cet impressionnant massif. Dans toute la matinée, je ne traverse que les hameaux de Brydalen, Finnstad et Unset. Autant dire que je peux faire une croix sur ma pause-café. Je longe également le lac de Finstadsjøen, d’un e longueur de 3kms, alimenté par la Brya et encaissé entre deux montagnes.

La pente du massif commence à s’adoucir. Je ne devrais plus tarder à rejoindre la vallée et retrouver la route n°30. En effet, un peu plus bas, je retombe dessus dans le hameau de Elvål. Après 3 heures de route, je n’aurais croisé qu’une dizaine de véhicules, trois petits écureuils et un lièvre mais toujours pas d’élan. Je n’ai plus qu’à suivre la route n°30 qui me mène à la bourgade de Bergset. Il est presque midi. Je m’arrête à la COOP du coin pour y faire mes emplettes, m’acheter un sandwich et le dévorer sur une table à l’extérieur.

Puis je file au Rendalen Bygdemuseum dans une belle maison joliment décorée qui fait boutique, café, restau. Vu que j’ai déjà déjeuné, ce sera un café sans sucre, sans lait accompagné d’un gâteau coco.

Puis, avant de repartir, je vais juste faire un tour dans le parc pour voir cet ancien village aux vieilles maisons en bois. Un autre plus grand bâtiment accueille le musée. Pour visiter le tout, j’en aurai pour une bonne heure. Mais la route m’attend.

Après avoir repris la route n°30, je la quitte à nouveau alors que j’arrive au lac de Lomnesjøen. J’emprunte à présent la route jaune n° 2212. Celui-ci fait 5 kms de long et est alimenté par la rivière Rena. Au bout de ce lac, je reviens vers la route n°30. J’entre ensuite dans la bourgade de Åkre qui ne compte qu’une centaine d’habitants.

Un panneau marron indique Pilgrimstone une curiosité à 300 mètres de la route. Je m’y rends. Il s’agit d’une pierre marquant la mémoire de l’histoire des pèlerinages. Celles-ci est une des plus remarquables datant du moyen-âge. Il y a un signe MI clairement marqué dessus qui pourrait signifier l’an 1.050 ou le point médian. En effet, cette bourgade est à mi-chemin entre Oslo et la cathédrale gothique de Nidaros sise à Trondheim. Elle était un point de passage des pèlerins qui venaient de l’est et du sud pour se rendre à Nidaros.

Derrière cette pierre se trouve la skole, l’école de la bourgade et des bourgades aux alentours j’imagine. Elle est immense et d’une architecture originale pour une école je trouve. Devant, se trouve un gymnase et un terrain de foot. Impressionnant !

Je reprends ma route et, après quelques kms, j’arrive dans une plus grosse bourgade nommée Åkrestrømmen. Là, je bifurque à nouveau à l’est pour contourner cette fois-ci le lac de Storjøen en empruntant la route orange n°237. Celui-ci est immense. Il est d’une longueur de 41 kms pour une largeur d’un km à la louche. De gros nuages noirs refont leur apparition. Normal, il est 15h passé. Je me prends un grain sans conséquence.

Cependant, contrairement à la route n°30 en face qui m’a l’air de suivre la courbe de niveau du lac, la mienne me fait faire quelques belles grimpettes. D’ailleurs, en haut d’une d’elles, je m’arrête à nouveau pour voir Den store stenen traduit tout simplement par « La grosse pierre ». Effectivement, elle est impressionnante. J’imagine qu’elle a dû se décrocher du massif derrière et venir se planter là.

Pour se rendre compte de sa taille, il faut observer la table de pique-nique qui est à son pied sur la gauche. De plus, des arbres poussent au-dessus. Je profite d’une de ces tables pour déguster mon skolebrød quotidien. Par contre, sur cette aire de repos, il n’y a plus de toilette. Ce qui m’enquiquine bien vu que je suis bientôt à sec.

De l’autre côté de ce promontoire, j’admire la vue sur le lac en contrebas et ces 3 massifs bosselés au centre. Avant de repartir, je consulte mes cartes. La prochaine bourgade de Sjølisand est à 18 kms. Juste avant, il y a le camping Botillen au pied du lac. Comme hier, je n’ai pas trop le choix vu la configuration des lieux avec la montagne abrupte envahie de pins des 2 côtés.

Alors que j’arrive au-dessus du camping sis au pied du lac alors que je suis encore assez haut, ce qui promet une belle remontée demain matin, je passe devant le chemin qui mène à l’église. Demi-tour. Je le prends. L’église est magnifique. De plus, un bâtiment, qui devait servir de résidence au pasteur, m’invite à me poser.

Il y a évidemment de l’eau dans le cimetière et je devrais même pouvoir récupérer de l’électricité à la prise pour l’illumination de l’église. Tout cela est parfait. Je plante le bivouac derrière la maison pour ne pas être vu depuis la route. Je récupère un banc pour m’installer confortablement et rédiger ces lignes. Puis ce sera l’heure de casser la croûte. Au menu ce soir : purée / saucisse.

En lisant les commentaires de blog, je viens d’apprendre que l’article sur La Dépêche du Midi vient de paraître ! En effet, un journaliste m’avait contacté en fin de semaine dernière. Je ne pensais pas que ce serait si rapide. Merci à Jean-Claude Petit, correspondant sur Blagnac et à Julian Rebillard pour avoir retranscrit fidèlement notre bel échange.

Résumé :
106kms, 6h26, 16,5km/h, 1.010D+ 1.180D-, beau temps / nuageux, bivouac
