J46 – dimanche 26 juillet 2026 – Gåre / Tynset

La nuit fut parfaite sur mon canapé alors que la pluie tombait dehors. Je n’ai entendu aucun bruit. Ce matin, les népalais (donc ils deviennent jolis ?) dorment. J’imagine qu’ils font de grosses semaines et que le dimanche, c’est récup’. Mais quand même, quelle improbable rencontre avec ces népalais maçons dans la pampa norvégienne. Vers 8h, je reprends la route. Je sors de ce hameau en empruntant un des 3 ponts (un nouveau, un ancien barré, un pour le chemin de fer) franchissant le torrent.

Après un départ tranquille, les choses vont vite se corser. En effet, je vais grimper dans la montagne. Cela commence gentiment sur ma petite route en suivant le torrent.

Je profite du paysage et de la température relativement clémente ainsi que de quelques rayons de soleil devant ce paysage toujours aussi grandiose.

De temps en temps, une maison me rappelle que je ne suis pas seul au monde.

En effet, en ce dimanche matin, la circulation est pour le moins très calme. Vers 9h30, je traverse la bourgade d’Ålen. Il n’y a qu’une station-service ouverte. Peu après, je quitte le fleuve Gaula qui monte à l’est prendre sa source. Je poursuis ma route. Je grimpe entre les monts du parc national à l’ouest et d’autres monts à l’est.

Au sommet, je me pose pour enfiler ma veste et mes gants d’hiver. Les nuages ont repris possession du ciel. Et un vent froid d’ouest me frigorifie. La température est tombée à 12°C. J’attaque enfin la descente en longeant la frontière suédoise qui doit être à une cinquantaine de kms à l’est. Je suis dorénavant la rivière Rugla. Je commence à avoir les crocs.

Peu après midi, j’arrive enfin à Røros, ville classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1980. Je me pose d’abord dans un restau au cadre rustique. J’y commande et dévore un hamburger au renne. Puis je termine le reste de la pizza de la table d’à-côté ! En effet, une famille, avec 3 garçons dont le plus jeune particulièrement agité, s’est installé à la table d’à côté alors qu’il y avait de la place partout (le fameux syndrome de la serviette de plage). Le père a passé son repas sur son portable et la mère aux toilettes. J’exagère mais à peine. Quand ils sont partis, ils ont laissé le quart de leur pizza. « Faut pas gâcher ! » comme disait Guy Roux. Après ce copieux repas, je pars me balader à pied dans les rues aux maisons colorées.

Dans d’autres rues, ce sont ces vieilles maisons en bois au toit enherbé qui font le charme de cette petite ville d’à peine 6.000 âmes.

Je vais également faire un tour à l’église qui date de 1870.

Après cette petite balade digestive, il me faut repartir. J’ai forcé la trace de mon GPS pour suivre la route 30 alors que, lui, me forçait à partir dans la pampa. Après quelques kms, je comprends pourquoi. La circulation est beaucoup plus dense que ce matin. Dois-je continuer ou bifurquer dans la pampa ? Je tombe sur un os. D’ailleurs j’y arrive justement à Os. Je consulte mes cartes et décide de prendre le chemin de l’école buissonnière. J’emprunte alors la piste qui longe la voie ferrée.

Effectivement, c’est beaucoup plus calme. Par contre, la piste suit les reliefs et pas forcément le tracé rectiligne de la voie ferrée. Mais je suis au calme et en sécurité. J’ai toujours la crainte que quelqu’un me culbute par inattention ou malveillance. Là, cela ne risque rien.

Je retrouve la route n°30 avant d’arriver dans la petite ville de Tolga. Auparavant, je passe devant quelques fermes dont un des bâtiments est orné de statues.

Arrivé à Tolga, je traverse le pont avec vue à l’est sur le Gråhøgda qui culmine à 1.543 mètres. Au loin, des tremplins de saut dominent le paysage. J’ai bien envie d’aller y faire un tour.

Mais avant cela je me pose dans la station-service YX qui fait aussi office de café-snack et de musée du village. A l’intérieur, il y a en effet une expo vintage sur Caltex, Texaco et d’autres objets vintage comme ce juke-box.

Je voulais aussi me poser pour voir l’arrivée du Tour de France mais je découvre que le départ est à 17h. Finalement, je décide de monter voir les tremplins à ski. Je monte une belle bosse avant d’arriver au pied. Il y a 4 tremplins dont le plus grand est assez impressionnant. Mais ce n’est même pas le plus grand de Norvège !

Avant de redescendre, j’admire la vue sur la vallée.

Puis, vu l’heure, je consulte à nouveau mes cartes. J’ai repéré un shelter à l’entrée de Tynset. C’est à 17kms. Le profil est descendant. Si je roule bien, à 20km/h soit 3′ au km, je peux y être dans 50′. Allez je tente le coup. Je m’arrête à la gare faire le plein d’eau chaude pour ma toilette de chat. Tout est  à nouveau nickel. Puis je prends la route secondaire jaune n°2222 parallèle à la voie ferrée . Le revêtement est super. J’avance bon train. Au loin, j’aperçois le Mont Ventoux avec l’observatoire en haut qui apparait dans un coin de ciel bleu alors qu’un voile gris le menace. En fait, je pense qu’il s’agit du Storbellingen qui culmine à 1.140 mètres

J’arrive sur zone. Je traverse le pont aux traverses de bois qui enjambe la rivière Glomma. Mon shelter m’attend au pied de ce pont. Il est superbe. J’ai vraiment bien fait de tenter le coup. Je n’ai plus qu’à m’installer pour regarder les 15 derniers kms du TdF et passer la soirée tranquillou.

Encore une intense journée de cyclotourisme entre la montée de ce col à 700 mètres d’altitude, la descente vent froid dans le nez, la visite de Røros, la route n°30 quelque peu chargée, les chemins de traverse pour l’éviter, la pause à Tolga et la dernière partie en contre-la-montre pour rejoindre Tynset !

Résumé :

101kms, 6h39, 15,2km/h, 1.000D+ 780D-, nuageux, squat


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